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Quelques jours en Seudre

Nous somme quelques uns à aimer cet étrange paysage du bassin de la Seudre où la marée basse dévoile des montagnes de vase le long des chenaux. Aussi ce fut avec plaisir qu'on reçut l'invitation à participer aux Hauts de Seudre en cette fin aout 2018, manifestation organisée par PNCM, Patrimoine Naviguant en Charente-Maritime.
Aussi mit-on à l'eau nos jolis canots, les uns à Chatressac, l'autre à La Tremblade, les plus malins parce qu'ils  habitent à côté optèrent pour Port Paradis.

dans les chenaux de Seudre
Comme il se doit, après une tranquille remontée du fleuve, et un regroupement des diverses escadrilles devant le chenal de Mornac, nous abordâmes le port à la voile, le vent s'y prêtant opportunément. L'accueil, comme de coutume, fut parfait, et la soirée passée dans un restaurant où nos hôtes ont leurs habitudes fut des plus conviviales. Comme il faisait doux et sec, la nuit sous nos petites tentes se passa sans incidents. 

Chalouppe de l'Hermione en Seudre

Il fallait être lève-tôt, car il s'agissait pour ce premier matin de suivre la marée descendante pour aller picniquer à l'embouchure sur un banc découvrable où foisonnent les couteaux. La modestie du vent nous condamna à un train de sénateur, en compagnie de la chaloupe de l'Hermione, et ce fut un peu tardivement que nous abordâmes le banc de sable convoité qui ne découvrit pas et à défaut de pêche au couteaux, pour le pâté nous sortîmes les nôtres, les pieds dans l'eau. La tête aussi car il s'était mis à pleuvoir! Mais déjà il est temps de rehisser la voile, car si le reflux nous amena, le flux nous remporte vers l'amont où notre guide du jour nous fit visiter quelques chenaux secondaires que nous parcourumes plus aux avirons (à mains ou à essence) qu'à la voile qu'on gardât pour faire joli. Bien nous en prit car le vent forcit bientôt et nous pûmes revenir du bout du monde en louvoyant dans le chenal étroit, puis de nouveau en Seudre, tirer quelques bords pour le plaisir et rentrer jusqu'au port de Mornac grace au déplacement de l'air. Les Hauts de Seudre se termineront par un repas en commun grâce aux ressources de nos sacs et aux cageots de moules que des bénévoles feront cuire pour la collectivité.

Chenal en Seudre 2018

Comme on se sent bien dans ce coin de marais sur nos canots légers, il avait été convenu que nous remettrions le couvert et passerions encore deux jours entre vapistes entre les berges vaseuses. Lever au petit matin, mais trois quarts d'heure plus tard que la veille du fait de l'heureux décalage de la marée, petit déjeuner encore offet par PNCM sur le quai, et nous revoilà partis à quatre bateaux vers les sables de la plage de Ronce les Bains. Le début du voyage fut magique, dans le calme du fond de Seudre, seuls sur l'eau, avant que les ostréiculteurs ne nous rattrapent bientôt sur leurs extraordinaires embarcations poussées par 350 cv. On signalera qu'à part deux ou trois inévitables butors, ces professionnels se montrent attentifs à nos frêles barcasses et nous font souvent un petit salut amical. Le vent léger poussant dans le sens de la marée descendante, nous avions l'impression de nous trainer, mais finalement nous pûmes aborder assez tôt à la pointe sableuse et déjeuner en regardant les brisants qui marquent le début du Pertuis de Maumusson de redoutable renommée.
La remontée se fit le vent dans le nez, heureusement suffisant, nous obligeant à tirer des bords en compagnie d'une jolie Billie-Jane que nous abandonnâmes pour embouquer le chenal du Pélard et retrouver des amis à Port Paradis.

Lasse de Marennes
Port Paradis est un coin secret et qui doit le rester, aussi n'en fairons-nous aucune publicité. Il y avait du monde pourtant ce soir là pour fêter le retour sur l'eau après quelques travaux de la "Vaga Luna", lasse marennaise classée monument historique. Un banquet à la Astérix se tint face au soleil couchant et l'orage qui menaçait au loin. La météo avait annoncé un coup de vent. Il vint. Brutalement. Accompagné bientôt de grands abats d'eau qui mirent fin en un instant aux agapes. Les tentes, couchées dans l'herbe du talus où nous les avions plantées furent abandonnées à leur sort et nous trouvâmes refuge dans la cabane de l'ami qui accueillait l'évènement. Une dame partie avec le vent revint aussi y trouver asile après qu'un poteau électrique se fut abattu sur sa voiture.

En attendant l'orage
La navigation du lendemain se limita à un retour au moteur jusqu'à Chatressac où stationnaient nos remorques. Il ne resta plus qu'à rentrer chez soi faire sécher le matériel.

Chavirages volontaires

CHAVIRAGE ET REDRESSEMENT :
ESSAIS LE 8 AOÛT À PORT-NEUF

Dans un chenal bien protégé, sans clapot et avec une température digne du mois d'aout, nous avons fait deux essais de chavirage, surtout pour tester les capacités à remonter à bord à soixante-dix ans, afin de ne pas vivre sur les souvenirs des muscles d'antan.

Bien sûr, un vent sérieux et du clapot conséquent rendraient forcément l'opération globalement plus ardue, mais malgré ses limitations le test inspire confiance.

 

Le point de vue de Sirius (du haut du quai)

Félicitations à nos 2 cobayes, JiBi et Daniel, qui se sont portés volontaires pour mouiller leurs chemises -et bien d’autres choses- pour nous faire prendre conscience des conditions pour se sortir d’un mauvais pas, le chavirage.

Le 8 août 2018 à 15 h, la pleine mer, le vent maniable d’ouest, l’eau calme dans le chenal de Port Neuf, et la température clémente de la mer, réunissaient des conditions favorables à ces tentatives. Trop favorables en fait, puisque cet incident peut se produire dans des conditions de mer (agitée et/ou froide) bien plus éprouvantes.

Kanoteko+, remontée à bord

Premier constat rassurant : nos héros du jour sont parvenus rapidement à redresser leurs canots (Beau Merle, et Takka) en prenant appui sur la dérive (toujours avoir un moyen de sortir la dérive si elle a eu le mauvais goût de rentrer dans son puits!). Même JiBi y est parvenu en quelques minutes alors qu’il avait laissé la voile à poste, donc hissée.

Plus difficile, la remontée à bord. Pour ces 2 canots elle a été un peu « facilitée » (c’est beaucoup dire!) par les dispositifs préparés à l’avance (toujours se préparer à l’avance !) sur lesquels les pieds pouvaient trouver un appui. Elle a surtout été possible lorsque le liston s’est trouvé sous l’eau en raison du poids de la personne qui s’y agrippait (toujours disposer d’un point où s’agripper!). Il suffisait alors de basculer dans le bateau.

Restait à évacuer l’eau qui avait envahi les esquifs. Ce fut « facile », au seau, bien qu’au prix de pas mal d’huile de coude et d’un rythme soutenu, dans la mesure où les importants volumes de flottabilité de ces 2 canots n’ont laissé la place qu’à des volumes d’eau limités à l’intérieur, de sorte que les franc-bords se trouvaient nettement au dessus de la mer (toujours avoir de gros volumes de flottabilité!)

Chacun a donc pu retrouver son autonomie de navigation en 15-20 minutes.

Heureu-semeeeent qu’il faisait beau et qu’les skippers VAPiens avaient de bons canots… (air connu)

 

YGG

 

PS : toujours penser à amarrer tout son matos pour éviter qu’il se carapate !

 

Les points de vue les pieds dans l'eau

Takka remontée à bord

 

JIBI:

Takka est un GIS, Goat Island Skif, quelque peu renforcé et la coque pèse 115kg au lieu des 70 obtenus par l'architecte avec un échantillonnage léger du contreplaqué.

Mes remarques =
>> surprise de la facilité à redresser le bateau avec sa voile hissée !  et flottabilité importante du bateau sur le flanc ( les caissons AR et AV ne se sont remplis que de 4-5 litres chacun)
>> Difficulté a  agripper le liston quand on appuie sur la dérive = le bordé est glissant et le bouchain aussi.
>> Peu d'eau a bord qui provient surtout du poids du Capitaine lors du roulé-boulé
>> l'eau résiduelle était sous le haut du puits de dérive d'environ 10 cm au moins

Roulé boulé

 

Daniel :


Le Kanoteko+ est un dériveur léger dont la coque pèse 115kg et il s'est comporté comme tel.
Le bateau flotte tranquillement sur le côté, aussi peut-on aisément atteindre la dérive pour la sortir de la coque.
La remise à flot du canot ne nécessite qu'une poussée minime sur la dérive, tout au moins sans la voile qu'on n'avait pas voulu risquer si près du quai.
A défaut d'élégance, la remontée à bord est facile, même pour un septuagénaire.
Le volume d'eau impressionne bien qu'en réalité il s'en faut d'une quinzaine de centimètres avant qu'elle n'affleure le liston. Du fait de la coque en V, le volume est beaucoup moindre que dans une plate et on atteint très vite une masse résiduelle compatible avec une relance de la navigation.
Parmi les trucs qui faudra fixer, il y a les deux petits caillebottis et les bouchons de pineau, planqués sous les caillebottis justement, et qui sont là pour palier une perte des bouchons de nables officiels. Tout le reste avait reçu les caoutchoucs et bouts de ficelle adhoc qui ont fait leur office, notamment pour les avirons qui n'ont pas bougé.

Le gilet gonflable avait été délaissé pour un plus classique. Quelqu'un a demandé :" Est-ce que ça gêne?" En fait on ne peut pas donner de réponse car on n'a guère eu le temps d'y penser! Probablement que ça ne gêne pas. 


Voile-aviron et voilavirons

 

Il fut des temps où on ne parlait pas de voile-aviron car tous les canots étaient mus à l’aviron et parfois à la voile. Le développement des moteurs a petit à petit supprimé la pratique ordinaire de l’aviron, l’usage des rames devenant la quasi exclusivité de sportifs compétiteurs. La voile a suivi un chemin peut-être légèrement différent mais le résultat est à peu près semblable, la voile de travail a disparu de nos ports, où seuls subsistent les voiliers de plaisance, eux-mêmes de plus en plus concurrencés chaque année par les bateaux à moteur.

Ngaroto 2 640 

- voilaviron rustique sur le lac Ngaroto 

Depuis 1981, autour de la revue Le Chasse-marée, un mouvement pour la sauvegarde du patrimoine a relancé l’usage de canots traditionnels puis très vite néo-traditionnels, c’est à dire s’inspirant des bateaux régionaux en les adaptant à une pratique de loisirs et aux matériaux modernes.

Citons François Vivier qui prit une place importante dans ce mouvement :

« Le point commun de toutes ces évolutions [du XXe siècle ...] c’est une spécialisation de plus en plus forte de chaque bateau à un usage spécifique, alors que le canot traditionnel était au contraire très polyvalent, tout en présentant une extrême variété représentant les traditions locales, les conditions de mer et d’abri de son lieu d’origine.

C’est dans ce contexte que quelques passionnés, associant pratique de la voile, curiosité pour notre patrimoine maritime et une certaine insatisfaction vis à vis d’une plaisance qui devient un loisir de masse [note Danilusienne : moi je n’ai rien contre ça ! A bas l’élitisme!] vont « inventer » le voile-aviron.
Ils inventent aussi le « mot » voile-aviron comme le principe d’un « naviguer autrement » sur des bateaux qui vont permettre de redécouvrir ce que les voiliers modernes ne proposent plus ou mal : naviguer dans un bateau « creux » où le panier de pic-nique trouve bien sa place, trouver le plaisir de la nage à l’aviron, silencieuse, en mer ou dans une rivère à marée.
 »

Voile au tiers dans le vieux port

Voilà, on inventa le mot  voile-aviron pour dénommer une pratique rajeunie.
Et un éminent membre de Vap créa un jour le néologisme vélirameur s’appliquant à ceux qui s’y adonnent, adapté depuis en anglais en « sailoarman ». Nous serions en espérance de nous croire parés pour parler de notre activité. Presque.

Tant qu’on utilise « canot de voile-aviron », ça va, car ce sont bien des bateaux caractérisés par une pratique, avec comme élément commun que en principe, tous les bateaux voile-aviron doivent pouvoir  abattre leurs mats et dégréer leurs voiles et les ranger à bord pour naviguer à l’aviron, comme il est dit sur le site de la Fédération de la pratique éponyme.
Victorian rare decoupis anges bateaux en formeMais la pratique justement, c’est LE voile-aviron, ou LA voile aviron ? La Fédération dit prudemment « bateau voile-aviron » histoire de ne pas se mouiller et on trouve dans la même veine sur son site : « pratiquants Voile-aviron » avec un V majuscule, « rassemblements typiquement voile-aviron » avec un v minuscule, « formation spécifique voile-aviron » toujours sans majuscule. Locutions qui évitent que le genre de « voile-aviron », comme pour le sexe des anges, soit défini.

Naturellement nous n’avons pas autorité pour régler cette épineuse question, tout au plus pouvons nous proposer que l’initiale se passe de la majuscule intermittente dont, de prime abord, on ne perçoit pas totalement l’intérêt. Pour légiférer plus avant, sans doute qu’une commission sera nommée,

Le bateau de voile-aviron

Nous en sommes toujours à « bateau voile-aviron », à propos de quoi François Vivier écrit très justement : « On réserve maintenant le terme voile-aviron aux bateaux pour lesquels l’aviron est un vrai mode de propulsion alternatif à la voile ». Et conclut : « Les voiles-avirons ont maintenant une fédération », celle dont on parlait plus haut.

Avez-vous bien lu ? Voiles-avirons, avec un S à voile et un S à aviron. Il parle des bateaux. On suppose qu’au singulier on aurait voile-aviron. Si c’est un canot bien sûr, UN voile-aviron. Mais une yole : UNE voile-aviron ? Et s’il y a plusieurs voiles ? un(e) Voiles-aviron ? Deux rames et deux voiles : un(e) voiles-avirons ? une voile et deux rames : un(e) voile-avirons ? Un ketch à la godille : un voiles-aviron ? Une goelette à la godille : une voiles-aviron ?

Les lecteurs de ce site ont peut-être déjà noté l’usage, non systématique, de la contracture « voilaviron ». Il s’agit de suivre en quelque sorte les recommandations de l’Académie Française qui préconise la soudure des mots : un millefeuille, des millefeuilles, un porteplume, des porteplumes.

Il semble que la finale en « on » entraine une perception du genre masculin, du fait que les autres mots français se terminant en on (pas ion qui est différent) le sont, sauf éventuelle exception rarissime. Un balestron, un édredon, un litron, Donc UN voilaviron, sans hésiter, et des voilavirons tout bonnement au pluriel. C’est simple et suit l’évolution naturelle de la langue.

Pour dénommer les pratiquants, VAP a fourni vélirameur qui prend un S au pluriel et peut donner vélirameuse(s) sans se tordre plus longtemps la cervelle. On propose maintenant voilaviron en un seul mot pour l’embarcation de voile-aviron. De même qu’on peut dire qu’une yole est un bateau, une yole est un voilaviron. Et ça fait pas mauvais genre.

*

Liens utiles :

site de la Fédération Voile-aviron 

le site de François Vivier 

 

Visite aux Vieux Safrans d'Annecy

Visite aux Vieux safrans d’Annecy ou comment prendre de l’altitude ?

Texte et photos Alain B.

 

Dans le cadre du challenge de la Voile Légère Classique nous avons répondu à l’invitation de l’association des Vieux Safrans d’Annecy (VSA).

Ce challenge regroupe en plus des VSA, le Yacht club de l’Île de France (YCIF), Le Cercle de la voile d’Angers, Les Rendez vous de l’Erdre et bien sûr la Petite plaisance des Amis (du Musée Maritime de La Rochelle).

voile en montagne Annecy

Les VSA regroupent des propriétaires de voiliers anciens et classiques : petits quillards : Requin, Dragon, Star, Aile, Corsaire mais aussi dériveurs : Sharpies 9 m², 12m², Monotypes de Chatou, au total une bonne quarantaine de bateaux.

L’Association loue un grand bâtiment qui peut abriter tous les bateaux pendant les travaux d’entretien, ce qui est confortable et favorise une vie associative active et conviviale puisqu’il y a même une « cantine » !

Tous ces bateaux naviguent dans le cadre exceptionnel du Lac d’Annecy avec des escapades sur le Léman ou le Lac du Bourget.

Nous avons participé avec l’Ingénue, ce canot anglais qui navigue avec Voile & Avirons dans les Pertuis et dont on trouvera ici la vraie légende : "flotille Vap"

Dans une ambiance sympathiques et accueillante nous avons été parfaitement bien reçus et nous les attendons sur notre plan d’eau de La Rochelle pour le trophée des Amis les 25 et 26 août .

Attention ce sont de fins barreurs !

Le Lac d'Annecy vu de L'Ingénue

Voile au tiers : peaufiner les ris.

On se reportera à ce billet précédent pour se remettre au parfum de la prise de ris semi-automatique sur une voile au tiers bômée.

Supprimer les poulies

Sur Amzer Zo, le canot breton super-optimisé de Patrick, le dispositif relaté dans le billet précédent indisposait notre compagnon perfectionniste : premièrement pour l'efficacité, deuxièmement pour l'esthétique. Figurez-vous que la bôme avait tendance à tourner sous la tension de la bosse prise dans une poulie latérale, et que ça faisait désordre!

Cosses de ris

La solution allie l'élégance à la simplicité : un bout'  muni d'une boucle autour d'une cosse et épissuré, traverse la bôme et est bloqué par un noeud. La bosse de ris tire dans l'axe de la bôme qui ne se tortille plus. Voila pour le joli et les radins seront heureux d'économiser le prix de quatre poulies (deux pour chacun des deux ris et si deux et deux font quatre). De plus, ça fonctionne bien.

Mais le principal défaut du système précédent venait du doublage de la bosse. On se souvient que la bosse de ris était fixée sur la bôme, montait vers l'oeil de ris, redescendait vers la poulie (latérale!) avant d'aller se coincer dans le sifflet ad hoc. Mais la voile, malmenée entre la bosse et l'espar, ragait exagéremment. Comme l'avantage fourni par ce système de palan était en partie perdu par le frottement du bout dans l'oeil de la voile, s'en priver gênait peu et supprimait l'usure de la toile. Dorénavant la bosse est fixée directement dans l'oeil de ris, descend vers la boucle-cossée pour aller le long de la bôme vers le taquet coinceur.

Vous aurez remarqué qu'on gagne ainsi un bout' égal à une hauteur de ris : on s'en sert pour faire la boucle sus-nommée, tant pis pour le shipchandler.

Le demi-ris 

Patrick préfère dorénavant tirer d'abord sur la bosse arrière pour étarquer au point d'écoute, puis s'occuper du point d'amure.

Mais si on n'y touche pas à ce point d'amure?

Et bien on a pris un demi-ris.

Les régatiers jouaient parfois avec un "ris de fond" qui était le pendant du Cunningham ; ce demi-ris pris aisément en touchant ni à la drisse, ni au hale-bas de la voile au tiers, relève de la même technique que cette astuce de coureur qui étarquait sans sortir des limites de la jauge. Même si on se fiche de la jauge et de ses juges, ça peut servir quand on hésite à mettre en panne pour réduire la voilure, quand toute la toile c'est trop et avec un ris peut-être pas assez. En fait prendre ce demi-ris présente non seulement l'avantage de diminuer la voilure sans modifier ses autres réglages, mais surtout d'aplatir une voile un peu creuse pour le temps ; justement le principe et le but du ris de fond.

Cerise sur le gateau, il n'y a rien à rajouter au système de prise de ris semi-automatique sur voile au tiers bômée ; pour prendre ce "ris de fond" il suffit de faire moins que la moititié de la manoeuvre d'un ris complet. Peu d'effort, joli résultat.

Demi ris  ou ris de fond

Sur cette voile équipée d'une garcette continue transfilée ( voir la page antérieure) , le ferlage du demi-ris est assuré par une tension partielle de cette ficelle qui se tend par le milieu. Simple et élégant.

En réalité ce n'était pas calculé du tout, c'est juste un hasard qui a bien fait les choses.

***

 

Semaine du Nautisme

La semaine du Nautisme à La Rochelle s'est déroulée du 6 au 10 juin, dans le bassin du vieux port au coeur de la ville.

Stand base port neuf reduite

Voile et Avirons dans les Pertuis y tenait un stand en compagnie des autres associations du site de Port-Neuf, pour lequel un logo avait été créé pour cette occasion.

Comme c'est bien normal c'est l'école de voile Les PLates, qui a attiré le plus de demandes, mais pour notre part nous avons eu des contacts avec un nombre encourageant de personnes intriguées puis intéressées par nos bateaux et notre forme de navigation. Un petit canot à voile au tiers, le "Black Pearl", construit à petites lattes, était exposé conjointement à des kayaks. Il attirait les regards et incitait les badauds à discuter.

Trois de nos voilavirons par ailleurs ont tourné tous ces jours pour offrir  des "baptèmes" gratuits à différents publics et le bilan à chaud semble très positif, plusieurs personnes découvrant la voile ou la redécouvrant ("jai fait un peu d'optimist autrefois") manifestant leur désir de continuer l'expérience.

Semaine nautisme baptemes

Photo : notre trois bateaux faisant découvrir la voile.

Le seul dommage enregistré fut la casse du mât d'Amzer-Zo sur une survente un peu musclée, comme quoi c'était vraiment de la navigation pour de vrai.

Petites sorties hivernales à la voile

Carrousel de voilavirons

 

Ça s’est passé cet hiver.

Même si le climat rochelais n’est pas des plus rudes, la saison hivernale se prête assez mal à la navigation sur nos petits canots, et on n’ose même pas parler de cabanage ou de camping sous tente légère au fond des marais.

Quoique ça démange. Aussi pour que nos embarcations prennent un peu l’air marin, une fois par mois si le temps l’autorise, on met à l’eau à Port-Neuf, on traverse la baie et on va faire un petit tour entre les tours du Vieux-Port. Ce n’est pas l’aventure du siècle, certes, mais bien agréable.

février 2018 La Rochelle

Un petit carrousel de nos voilavirons dans le périmètre restreint du vieux bassin, c’est un joli spectacle pour le badaud et un exercice amusant pour le barreur. La vraie difficulté c’est d’en sortir : le vent déjà capricieux autour des deux tours est en général pile dans le pif de nos canots entre les deux batiments et s’allie habituellement au flot montant pour obliger à des manœuvres savantes pour se tirer du mauvais pas. Et pas question d’attendre le jusant, car il n’y aurait plus d’eau à Port-Neuf pour accoster et remonter les bateaux sur leur remorque.

Entrée dans le Vieux-Port de La Rochelle

Photo : l'entrée au port vent arrière, c'est plus facile que d'en sortir.

Bien sûr on peut armer les rames, comme nos amis du club d'aviron de mer qui font souvent le même voyage, d’ailleurs on s’y voit parfois contraint, mais quitte à faire les vieux-beaux avec nos voiles au tiers, autant pousser la coquetterie jusqu’au bout et s’en servir pour égayer les spectateurs qui guettent le moment où le bateau réglé pour le près très serré, va quand même reculer dans le port. L’astuce pour se sortir de ce mauvais pas c’est de virer au bord du quai à l’abri relatif de la Tour de la chaine et tenter la diagonale pour virer sous l’autre tour avant les traitres pieux de bois déjà submergés. Évidemment on ne gagne pas à tous les coups, c’est là tout l’intérêt, surtout pour ceux qui regardent.

Voile au tiers dans le vieux port

Maintenant la flotille de VAP prépare ses sorties d'été, mais lorsque la bise sera revenue et qu'on nous demandera ce que nous faisions aux temps chauds : nous naviguions. Vous naviguiez! et bien recommencez maintenant.

***

Échouage sur la plage : sémantique

 

 

 

Grave discussion par mels entre graves vapistes. Quel mot français pour remplacer le franglais « beachage » ?

Disons-le de suite, tous savaient que le terme « échouage » correspond parfaitement dans son sens général et qu’on peut échouer sur la plage de Gatseau ou sur le Banc des Bucherons en attendant la renverse.

Mais.

Comme une nuance semble se deviner derrière le vocable « beachage », il convenait de sentir ce que l’on éprouve et qui entraine le besoin de l’exprimer en utilisant « beachage » plutôt que « échouage ». Il semblerait que nos activités de plaisance légère induisent un sens ludique ou tout au moins de plaisir à l’arrêt sur une plage le temps d’un repas, d’une sieste, voire d’un bivouac. Ces pauses plus ou moins étirées préfèrent la plage au lieu de la vasière ou le banc de rochers. En tout cas on ne « beache» pas à un ponton, ni même dans un port d’échouage, une échouerie pour reprendre un terme logique et bien formé, utilisé par Bernardin de Saint-Pierre.

Nous n’entrerons pas sérieusement dans la discussion bysantine sur l’étymologie de « échouer » qui mit en échec plus savants que nous, qui cependant n’hésitèrent pas à proposer des parentés supposées plus ou moins surprenantes, mais nous nous amuserons à souligner un lien possible entre « ashore » et « échouer » histoire de faire avancer le smilblick.

 

Poussés par quelque démon du néologisme, nous voila à imaginer des « échouplage », « grèvage», « plagir » ( donnant plageant ou plagissant selon qu’on opte pour une forme ou une autre dans l’arsenal des catégories de verbes), « plagirer » au sens d’aller à la plage comme on irait à la côte, et seules les complies mirent fin à cette débauche de nouveautés plus ou moins bien justifiables.

Les laudes ouvrent les yeux neufs et les recherches dans le monde des réseaux interconnectés nous font atteindre des rivages explorés par d’autres. Un article de Wikitionary.org en français nous indique « plager » en tant que dénominal de « plage » avec un sens militaire qui nous intéresse même si le sens commun nous va bien aussi. Qu’on en juge :
 

plager \pla.ʒe\ intransitif 1er groupe (conjugaison)

  1. Se détendre, s'allonger sur une plage pour bronzer.

    • Je déteste plager, moi, en vacances, il me faut de l'activité.

  2. (Militaire) s'échouer volontairement pour un navire.


Comment! La Royale se permettrait-elle de « beacher » ? L’auteur anonyme de cette notice ne cite pas de référence justificative, aussi convient-il de replonger pour explorer les fonds de la marine.

Bonne pêche. On trouve dans notre filet :

Avec 50 marins à bord, le Dumont d’Urville vient d’effectuer sa quatrième escale à Port-au-Prince depuis le séisme du 12 janvier 2010 dans le cadre de ses opérations de « plageage ».(Pilkiz,com)

 

Le plageage présente de nombreux avantages notamment pour soutenir des populations en cas de catastrophe naturelle. En effet, il ne nécessite aucune infrastructure portuaire pour débarquer des troupes ou décharger du matériel.(Cols Bleus)

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EDA-R en manoeuvre de plageage (© MARINE NATIONALE)

 

 Le BATRAL a été spécialement conçu pour le transport de compagnies d'infanteries avec armes et véhicules (compagnie d'intervention "GUÉPARD" à 140 hommes et une douzaine de véhicules) et le débarquement de ces unités à l'issue d'un plageage ou d'un embequetage.[ http://www.defense.gouv.fr/marine/patrimoine/histoire/la-marine-d-hier/les-batiments-de-surface/champlain-l-9030] [note de la rédaction : nous laissons le lecteur se documenter sur l’embèquetage qui sort de notre propos]

 

Avec ou à la place des RIB, on peut embarquer des véhicules de reconnaissance et patrouiller près des côtes ou en mode fluvial. Si quelque chose de suspect est détecté à terre, le MPC va plager et lancer ses véhicules, l'équipage pouvant ainsi directement poursuivre sa mission sans attendre l'arrivée, parfois longue, de moyens terrestres. (noticiaronaval)


 

L'arrivée aux Seychelles se fait quelques jours plus tard, samedi 2 décembre, sous la pluie. Commence alors l'exercice CATEAU NOIR 2006. Dès le premier jour, un plageage est réalisé dans l'anse Lazio… (meretmarine.com)

 

en zone contrôlée par des armées amies ou en opérations de débarquement comportant héliportages et plageages sur des rivages non aménagés ou faiblement défendus.(netmarine.net)

 

Arrêtons là ce chapelet de citations : la messe est dite, les mots plager et plageage sont officiels depuis longtemps. Comme dit Cols Bleus, le plageage présente de nombreux avantages. En effet, il ne nécessite aucune infrastructure portuaire pour débarquer.

Toute la philosophie vapiste!

Allons plager sur le sable chaud nos petits bateaux qui n’ont pas de jambes mais qui se posent très bien le cul par terre.

 

Plage et bateaux dans les pertuis charentais

15’ RoG : un nouveau voilaviron avec cabine dans 4,50m de long

 

15'RoG

 

C’est pas pour dire du mal des Américains, mais il y en a qui savent faire des bons bateaux ! Dans le petit monde voile-aviron quelque peu enclin à se contenter des formules à l’ancienne, voici un intéressant canot qui sort des sentiers trop battus, le 15’ River of Grass, dessiné par Jean-François Bedard en Floride qui a construit le prototype en 2017.

« On dit que chaque dessin est un compromis. Mais nous demandons : si vous pouvez naviguer à la limite [ ?? : If you can ride the edge] , faire du près et surfer les vagues comme un canot, apprécier la sécurité et la stabilité d’un quillard, vous glisser dans un trou que seuls des kayakistes peuvent atteindre, dormir à deux confortablement et manger sur une table assez grande pour y déplier entièrement une carte, où est le compromis ? » affirme le créateur en vantant sa marchandise. Qu’on en juge.


 

Longueur

15.3 ft

4,65m

Largeur

5.75ft

1,74m

Tirant d’eau

6in / 46in

15cm / 118cm

Déplacement

975lb

443kg

Poids lège

450lb

205kg

Surface voiles

150sq.ft

14m²


 

Quinze pieds un tiers soit 4,65m en bon métrique, c’est une taille raisonnable (celle d’un Kanoteko+) ; les 1,75m de large font la promesse d'une bonne stabilité ; le tirant d’eau est minimum avec 15cm, mais le plan anti-dérive devient profond une fois la planche abaissée ; propulsion par 14 mètres carrés de voilure ; sur le papier ça paraît bien.

Le poids déjà sérieux de 205kg sans fourniment rend la manipulation manuelle un peu limitée, les mises à l’eau et les sorties nécessiteront la remorque avec treuil ou quelques paires de bras bien musclés, quoique l’on ne s’écarte pas radicalement des normes des canots néo-traditionnels. Comme eux, la construction en sandwich contreplaqué/tissu de verre et époxy, gage de solidité et de flottabilité en soi, est à la portée de n’importe quel constructeur amateur.

15'RoG mise à l'eau

La liste des matériaux et appareillages fait un peu tousser car on dépasse les 9000$. Comme ce sont des prix américains, il importera de vérifier avec les fournisseurs en France, mais il n’est pas encore prouvé que ce serait moins cher. On s’interrogera cependant sur la nécessité de doter le bateau d’un « winch» pour border une voiles de 8m², quoique à  $84 le treuil de la marque Forestar plus une manivelle à $37, ce ne sera pas beaucoup plus ruineux que des poulies pour faire un palan, avec un usage plus polyvalent. En revanche, comme le suggère l'architecte, on pourra peut-être faire l’économie du carbone pour les mâts et trouver des voiles moins chères ; des voiles au tiers permettraient de s'en tirer pour 1500€, voiles et mâts si ces derniers sont faits maison en bois, mais il faudra refaire les calculs pour les dessins de voilure. Dès maintenant avec son grément d'origine, les plans sont disponibles sur le site de Bedard Yacht Design (références en fin d'article).

Nous voilà donc avec un canot dont l’esthétique peut ravir ou heurter, c’est selon, mais qui présente deux avantages importants.

  • 15'RoG cabineEn premier lieu pour le confort, il y a une cabine utilisable pour dormir, ce qui est assez difficile à intégrer dans une coque de moins de cinq mètres de long, et qui garantit un stockage à l’abri des embruns et des importuns, surtout si on prend la peine de remplacer le panneau souple en toile par du contreplaqué.

  • 15'Rog plan de coqueLe second point fournit un apport décisif : le cockpit est entièrement auto-videur. C’est ce qui fait le plus défaut sur les canots creux et qui apporte un surcroit de sécurité certain par rapport aux voilavirons traditionnels.

Une drosse continue permet de commander le gouvernail depuis la cabine, de même qu'on peut y régler la voile (peut-être est-ce l'explication du "winch").

On doute guère des capacités de ce mini-croiseur sous voile, son dessin reprenant les canons actuels des coques planantes optimisées pour garder une surface mouillée minimale quelle que soit la gite. La dérive pivotante lourde de 100lb, soit environ 45kg (élément déterminant du poids conséquent de l’ensemble), ainsi qu’une possibilité de remplir deux réservoirs latéraux offrant deux fois 36 kg de ballast complémentaire, assurent apriori une bonne raideur à la toile. En revanche on demandera à voir en ce qui concerne l'efficacité de cette coque large et sans aileron central aux avirons.

15' RoG sous voiles

Jean François Bedard a participé à l'Everglades Challenge de 2017 pour tester notamment son bateau et un peu le marin. Ayant terminé premier de sa catégorie, la plupart des autres équipages n’ayant pas pu conclure cette course éprouvante, on peut supposer que le 15’ River of Grass remplit très honorablement sa fonction.

 

Vous trouverez tout en plus détaillé et laudatif, mais en anglais, sur le site de l’architecte, ainsi que tous les liens pour de bonnes vidéos sur Youtube : https://www.bedardyachtdesign.com/designs/sail/15-rog-micro-cruiser/

Pour vous mettre en bouche, en voici une réalisée le premier jour de l'Everglades Challenge 2017 :

 

 

PS : Suite à notre demande d'autorisation d'utiliser ses photos, Jean-François Bedard nous a gentiment répondu en nous informant que le français étant sa langue maternelle -il est originaire de Montréal- il n'y a nul besoin d'utiliser l'anglais pour communiquer avec lui. Il nous a précisé aussi que les plans sont disponibles avec les cotes en système métrique, ce qui nous arrange bien, et que d'ailleurs un 15'RoG était en cours de construction en France et un autre en Suisse.

Enfin il nous a indiqué : 

Une petite note, J’ai aussi fait l’Everglades Challenge 2018 en mars et j’ai réduit mon temps de près de 48 heures sur l’An dernier.  Le premier jour de la course, j’ai versé le bateau, et je suis content de dire qu’il flotte comme prévu a 90°, cabine ouverte, pas une goutte d’eau a l’intérieur et récupération facile, seul, sans conséquences pour la course.  Dans les mêmes eaux et heures, les garde Cotes ont dû secourir 6 bateaux.

De plus, voici la vidéo qui a mon avis représente le plus l’esprit du bateau;

https://www.youtube.com/watch?v=lV0bVoof2zM

JF Bedard

 

Comparaison du coût de gréements

Nous publions avec sa permission  la traduction d'un article de Michael Storer, créateur bien connu du Goat Island Skiff, quant aux couts relatifs des gréements auriques et au tiers. L'article original en anglais se trouve à l'adresse suivante : 
https://www.storerboatplans.com/sailing-dinghy-optimisation-wiki/index/sail-spars/rig-cost-comparison-freestanding-yawl-vs-stayed-sloop/

Tout en étant très au fait des techniques modernes, notamment des foils, Michael Storer prône l'utilisation des voiles au tiers pour leur excellent rapport performance/prix. Vous trouverez à la page suivante, l'ensemble des liens des pages relatives à ce type de grément sur son propre site : https://www.storerboatplans.com/design/rig/sails/lug/everything-lug-rig-and-lug-sail/

Evidemment c'est un peu écrit en anglais! Si vous utilisez google-traduction, ça peut vite devenir un jeu surréaliste. Sachez que "balance lugs" se transforme en "patte d'équilibre" et "standing lugs" en "patte de fixation", mais il est vrai qu'il n'y a pas de catégories équivalentes en français où on ne distingue guère que les voiles au tiers avec ou sans bômestron et une amure fixée en abord ou en pied de mât. Mais les objets sont les mêmes. Sachez encore que "rig" au lieu de gréement devient  "plate-forme" (de forage!).

 

 

Comparaison des coûts d'installation :
Yawl sans haubans vs Sloop aurique

par Michael Storer

Mon travail de devis sur des kits de gréement pour les clients


L'un des travaux que j'ai effectués de temps à autre pour Duckflat Wooden Boats consiste à dresser une liste de l'accastillage et des manoeuvres (courantes et dormantes) pour l'un de leurs bateaux afin qu'ils puissent envoyer le kit de gréement complet aux clients.

Cela fait environ 10 ans maintenant, donc les prix ont augmenté, mais je suis à peu près sûr que le ratio reste à peu près le même.

Je devais passer en revue tous les secteurs fonctionnels du bateau et travailler sur les éléments particuliers à utiliser afin que les gens puissent consulter les prix.

Un jour, j'ai dû travailler sur le gréement de deux bateaux de taille similaire.

Sloop aurique $1650
Cordages, cables et accastillage.


Le premier grément que je regardais alors était un grément haubané joliment proportionné - un sloop aurique pour être précis.

Quoi qu'il en soit - l'ensemble complet de pièces provenant de divers fabricants, les cordes et ainsi de suite - tous choisis pour fournir un réglage de base des écoutes de foc, oeil de cunningham et hale-bas de bôme et tous les cordages pour tenir le mât et tenir la voile et la vergue, plus le gouvernail coûtait environ 1650 $, ce qui incluait une extension de barre franche qui serait facultative - vous pourriez toujours utiliser une extension de type PDR et la ramener à 1570 $ . Pas de mâts ou d'autres espars, pas de voiles - c'est juste le coût d'installation. Un gréement similaire ressemblerait à quelque chose comme ça.

Gannet2Ganet : architecte Iain Oughtred

 

Yawl au tiers sans haubans $380
Cordes et accastillage même qualité


À l'aide d'un gréement sans haubans, avec une grand-voile au tiers bômée et un artimon lui aussi autoporteur, le prix à payer était de 380 $ pour des cordes, des poulies et des bricoles de qualité similaire. Cela ressemblerait à quelque chose comme ça.

High18p1architecte Paul Fisher (Selway Fisher)

En fait - pas des tas de trucs - seulement 6 poulies et environ un mile de corde en moins, pas de cables ou de cadènes ou de circuit d'étarquage de foc, ni cunningham ni tire-bôme (car  le halebas remplace les deux). C'est parce que la plupart des fonctions sont réalisées avec un bout de ficelle plutôt qu'avec des accastillages en tous genres.

Sachant que le grément au tiers sans haubans donne 95% de la même performance s'il est correctement établi ... voila la raison pour laquelle les mâts autoporteurs et les voiles au tiers sont une bonne idée.

Voile aurique  vs Voile au tiers
Avantage-temps : voile au tiers


Ai-je mentionné que les mâts autoportants prennent entre 5 et 15 minutes à gréer?

Nombre des meilleurs concepteurs comme les deux ci-dessus - Paul Fisher de Selway Fisher et Iain Oughtred offrent les deux choix pour beaucoup de leurs bateaux.

Moi, je m'en tiens à la finalité traditionnelle des choses, aussi je conçois les améliorations de performance les plus importantes des bateaux de course, mais essentiellement avec du bois et de la corde !

***

Une voile joliement établie sur ce GIS à la gîte 

Gis bottom 560x630

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TAKKA, une plate de course


Texte : JIBI

Photos : JIBI et amis

Jibi nous parle de son bateau, TAKKA (avec deux k)
qui est un GOAT ISLAND SKIFF (GIS) 
dû au crayon de Michael STORER, architecte australien d’Adélaïde.

Takka vent arrière

Historique


Je l'ai construit en 2013, après avoir acheté ce plan numérique sur le site américain Wooden Boats Store, pour $100 à l'époque, fourni avec les cotes dans notre système métrique.

J'avais auparavant essayé de construire un « American Peapod » 15 pieds de John Gartner en le modifiant « un peu » pour avoir une sole médiane propre à recevoir une dérive basculante. Une fois le mannequin construit, le lissage de la future coque s'est avérée impossible... J'ai alors sorti ma tronçonneuse !

Construction

Takka dans l'atelier de Chadignac

Bien dépité par l’expérience précédente, j’ai construit Takka seul en 3 mois dans ma propriété d'alors à Chadenac (entre Pons et Jonzac, Charente-Maritime), dans un grand atelier bien équipé d’une ancienne mais belle machine à bois. J'ai choisi ce plan pour sa rapidité et sa simplicité de construction et je n'ai pas été déçu : il n’y a même pas besoin de savoir compter jusqu’à 10 car 9 pièces seulement composent la coque.

Voile au tiers verteJe lui ai aussi cousu une voile verte dans un tissu pour toile de tente que j'avais depuis plus de 20 ans. Celle voile a été taillée sans assez de creux et s'est vite révélée décevante. D’où l'achat en 2014 d'une voile chez RSS (Really Simple Sails) aux Philippines, voilerie installée là par le frère de Michael Storer qui y habite.

Le plan d’origine a quand même été « un peu » modifié ! Tout d’abord en renforçant les échantillonnages : 12mm pour la sole et 9mm pour le bordé, d’où un poids nu de 133 kg au lieu des 85 kgs prévus par l'architecte qui préconise du contreplaqué de 6mm. L’étrave a de même bénéficié de l’ajout d’une solide pièce de chêne qui lui donne des airs de plate de la baie de l’Aiguillon.

Dimensions principales :

  •  Longueur = 4,73 m
  • Largueur au bau = 1,75 m
  •  Tirant d'eau = 10 cm / 85 cm
  •  Voile au tiers bômée = 9,6 m² - 3 ris
  •  dérive sabre et safran éjectable.
  •  Poids = 133 Kg nu
  •  Matériaux – CP 12mm pour la sole - CP 9mm pour le reste -

Utilisation

Takka au prèsCe canot assez voilé ( 9,6m² – 3 bandes de ris) marche très à plat, sur les plans d'eaux abritées... et très mal dans le clapot, à moins qu’il soit mené par deux athlètes comme un dériveur de compétition, en naviguant sur le bouchain, au risque de chavirer comme on le voit sur quelques vidéos. Sinon, dès que la sole plate tape, à la troisième vague, il s’arrête ! C'est donc essentiellement un canot voile-aviron d'estuaire, de lac ou de rivière.

La position normale du barreur en solo est à genoux au milieu de la baignoire. Pour pouvoir m'asseoir plus confortablement sur le coffre arrière je le leste par deux bidons de 5 litres pleins de sable et de plomb logés au pied du mât pesant chacun 15 kgs.

Takka à l'avironIl marche aussi fort bien a l'aviron. Je lui ai fabriqué – pour cette pratique– deux avirons de 2,75m en pin contrecollé.

Je l'ai aussi légèrement modifié en 2017 en sciant l'étambrai pour ne pas avoir à enfiler le mât dans son logement. Il suffit maintenant de le pousser dans son étambrai et de le tenir grâce à une « clé » de verrouillage.

Je l'ai aussi doté d'un système de prise de ris dit « automatique »… entièrement manuel et assez satisfaisant.

L’arrière large du canot lui procure une bonne stabilité de forme. Mais du fait d’un avant étroit, il peut néanmoins chavirer à l'arrêt pour peu que le poids du patron soit avancé inconsidérément au niveau du mât. Ça m'est arrivé, pile entre les tours de La Rochelle, à son neuvage, par un joli temps de demoiselle, mais en février ! L’arrière se soulève hors de l'eau et le bateau perd alors toute sa stabilité due a l’absence de portance de l'avant.... et il chavire doucement  et sûrement !

Notons aussi que ce bateau présente deux caractéristiques originales :

sur Takka : la drisse et le mat carré

  • Un mât carré creux, bien plus facile et rapide à construire qu'un mât cylindrique, mais tout aussi efficace.
    Mickael Storer ne propose pas l'usage du rocambeau, mais préconise un système où c'est la drisse elle-même qui sert à plaquer la vergue sur le mât. Voir à ce sujet la page "hisser une voile au tiers".
  • Un safran « à cassette ».
    Safran à la Storer sur TakkaEn fait, la cassette dont je vous parle est composée de deux joues solidement tenues ensemble par un bâti, entre lesquelles coulisse le safran, qui dans ce cas est une simple planche en bois solide. Quand on aborde une plage ou un haut-fond, la bonne pratique indique d'avoir à relever progressivement son safran. L'autre méthode, sans doute australienne elle aussi, consiste à ne toucher à rien… et attendre que la pelle « touche ». Elle sert donc aussi «d’ écho-sondeur» ! En effet, la pelle coulisse de bas en haut dans un bâti solidaire de la barre et elle n’est tenue à l’ensemble que par un élastique ! Je n'ai changé l'élastique de retenue que cette année, après 3 ans de bons et loyaux services.

 

 

Notes danilusiennes :

Safran serpentaireSafran electricNotez que c'est avec ce type de safran que Daniel Gilard a gagné la première Mini-Transat sur un Serpentaire de série dessiné par Bernard Veys. Certes il n'y a pas d'élastique comme l'a bien vu Jibi !

Notez encore cette idée trouvée sur le forum américain de Woodenboats, où un moteur électrique est greffé sur le sommet du safran, toujours bien rangé sans prendre de place dans le canot et il suffit de changer l'orientation de la  pelle pour profiter de l'aide hélicoïdale à la propulsion.

 

Note additionnelle

Peniche hopital bengladeshSon nom TAKKA lui a été donné en souvenir d'un voyage en péniche (une « fraycinette ») que j'ai fait en 1994 avec mon ami Yves MARRE, de Port-St Louis de Rhône a Djibouti ( pour moi). Yves Marre a continué jusqu’au Bangladesh où cette péniche a été reconvertie en dispensaire flottant toujours en activité.

On y a soigné depuis - surtout en ophtalmologie- plus d'un million de patients.

Le TAKA (un seul K)  [ (টাকা ] est la monnaie du Bangladesh.

***

 

Quelques jours en Seudre

En consultant le calendrier des festivités nautiques dans les Pertuis Charentais 2017, il était apparu qu’on pouvait aisément fin aout en enchainer plusieurs en Seudre et alentour, pourvu qu’on se dote d’une solution de continuité de notre cru. C’est ainsi qu’après avoir été fastueusement reçus par le club de l’Éguille Voile et Nature, on a pu participer au Voiles de Mornac, puis rejoindre le Chantier Rabeau à Bourcefranc.
Jean-Michel et Yannick, ces membres de la diaspora vapiste vivant en pays Nantais, nous racontent ici leur participation à ces réjouissances estivales.

 

Texte  ; Jean-michel COURONNE et Yannick, l’équipage de « Fleurd’Orient », un Bayraider 17 

Photos : Jean-Michel Couronné, Yannick, Jean-Luc Louis.

Des Voiles de Mornac au Chantier Rabeau en aout 2017.

 

Samedi et dimanche

C’est par un beau dimanche d’aout que nous avons découvert les festivités des « Voiles de Mornac », une des nombreuses manifestations nautiques dans le bassin de Marennes Oléron.

Notre association de petits voiliers « VAP » (Voile-aviron dans les Pertuis) était invitée à Mornac sur Seudre, un village classé parmi les plus beaux villages de France, au nord de Royan.

Nos embarcations, si elles sont récentes pour la plupart, sont souvent gréées au tiers avec leurs voiles et coques de couleurs. Elles s’intègrent très bien avec les vieux gréements plus imposants qui participaient à ce rassemblement.

La veille au soir une dizaine de bateaux, sans le nôtre qui n’arrivera de Saint-Nazaire que le lendemain, avaient rejoint le petit port de L'Éguille au fond de la Seudre, pas très loin, en amont de Mornac .

La soirée y fut festive, pour se faire le gosier nous a-t-on dit, et au réveil à 5h du mat’ le dimanche, il y avait des frissons. Mais la marée commande et la mer descend vite, il fallait faire vite pour ne pas se retrouver le cul (du bateau) dans la vase.

Depart matinal sur la Seudre

La flotille avait prévu de s’échouer pour midi au sud d’Oléron, sur la plage de Gatseau en face l’estuaire de la Seudre, cependant les vents défavorables n’ont pas permis cette halte. Finalement c’est à peine posé sur le sable de Ronce les Bains, côté continent, que les voiliers ont dû repartir, car la renverse se faisait déjà sentir.

C’est donc au retour des bateaux qui embouquaient la Seudre, que nous avons rejoint la flotte à partir de la cale de La Cayenne, non pas celle du bagne, mais d’un petit port ostréicole ainsi nommé où se jette le canal de Marennes dans la Seudre. Alors nos belles voiles ont remonté le fleuve sous le soleil, avec un vent léger et portant. La Seudre reste claire comparée à la Charente plus au nord, c’est pourquoi elle est une « rivière » d’élevage de naissains d’huitres, grâce à la qualité de son eau.


 

Voiles de mornac 2017


 

Il était prévu que nous allions rentrer à la queue leu-leu dans un ordre bien défini dans le chenal tortueux de Mornac, rive gauche, aussi une escale s’est imposée dans un étier en attendant le top d’entrée. Après quelques ronds dans l'eau en attendant le signal, tout avait bien commencé, mais bien que nous soyons très disciplinés comme il se doit, au fur et à mesure que nous avancions dans le chenal bordé de carrelets et cabanes colorées, la belle ordonnance a eu quelques ratées, si bien que nous sommes arrivés dans un joli désordre. C’est ainsi que Fleur d’Orient, trop rapide, prenait la première place au lieu de la septième allouée, car pour freiner dans le courant il ne reste que les avirons, mais ramer à contre sens des autres, ce n’est pas facile quand on manque d’espace.

Nous avons été accueillis micro en main par Pierre, notre président de l’époque, consigné à terre avec regret, ou comme lui-même aurait dit, puni de ne pouvoir naviguer. Ce fut une belle prestation de nos petits bateaux entrant à la lueur du soleil couchant, parmi ces voiles multicolores se frayant un passage dans ce très ancien port de pêche et de commerce, situé au bord du marais. Ce village vit au rythme des marées et a conservé tout son caractère traditionnel, à l’image de nos voiliers modestes amarrés le long des quais ou des pontons des cabanes bariolées.

Pour l’animation se fut réussi. D’abord un bain forcé de l’équipier de Fleur d’Orient, Yannick, en voulant nous amarrer provisoirement sur une berge herbue et abrupte. Yannick trempé, Yannick désolé, mais Yannick changé à l’abri des regards dans une de ces petites cabanes qui longent l’étier.

Heureusement, nous avions nos rechanges dans nos sacs étanches, pour les soirées bien arrosées (nous parlons de la pluie, naturellement). Nous n’avons pas de cabine de bains, nous essayons si possible d’être en autonomie complète, mais ce n’est pas toujours facile surtout pour avoir le pain ou le rosé gardés au frais.

Finalement, tous, nous avons posé nos bateaux docilement. Sur un avant-quai, comme le Drascombe de Jean Pierre ou bien coincés sur une cale envasée comme la bande à Isabelle et Patrick.

Voiles de mornac 2017 échouage

Quant à nous, nous avons choisi de nous mettre à couple du Pirmil de Françoise et Philippe, jusqu’à se coller à marée basse dans le reste de filet d’eau. C’est vrai qu’avec leur faible tirant d’eau, dérive et safran relevés, nos bateaux sont bien adaptés à l’échouage et la navigation dans les étiers de cette région de la Charente Maritime.

Après une soirée et un diner musical sur les quais à la lumière des projecteurs dans les voiles des vieux gréements, ce fut bivouac sous tentes pour beaucoup dans un petit bois, pas bien loin de nos bateaux, tandis que certains ont préféré un repos confortable à bord d’un gros vieux gréement.

Rares furent ceux qui cabanèrent, car dormir sous la tente sur le bateau n’est pas toujours confortable, surtout quand le canot s’incline sur la cale envasée. Mais il y a des avantages : certes il faut supporter le bruit de la fête, en revanche on a le privilège d’être proche, suivant nos envies, des bars ou des sanitaires du port.

Mornac soirée

Lundi

Le lundi en matinée comme la mer était basse, c’est une ballade à pied qui nous à fait découvrir ce paysage ostréicole, où la vue se perd dans ce labyrinthe d’anciens marais salants, reconvertis en claires pour l’affinage des huitres ou bassin d’élevage de crevettes ; puis Mornac nous accueillait, avec son église romane, ses maisons peintes en blanc, ses boutiques d’artisanat, et ses ruelles fleuries .

Après un déjeuner partagé sur les quais, ce fut une découverte sous voile des achenaux qui borde la Seudre en amont de Mornac, guidé par Bruno, le local de l’étape.

Il est surprenant de voir depuis la terre ces voiles qui glissent au-dessus des marais, surtout avec la marée haute et un gros coefficient. C’est un grand plan d’eau qui s’offre à nous pour régater, sans l’écran d’arbres qui nous déventeraient comme souvent en rivière, même si certains déclarent forfait, et comme Taka, la plate blanche de JB, préfèrent se planquer dans les roseaux au premier méandre .

Mardi

Le mardi nous avions rendez-vous au chantier Rabeau à Bourcefranc, pas loin du pont d’Oléron, mais dans l’estuaire de la Seudre la flotille s’est divisée. Certains ont sorti leurs bateaux de l’eau à La Cayenne, appelés à terre par quelques obligations, certains non motorisés ont préféré s’échouer à Gatseau au sud d’Oléron, d’autres comme nous, ont suivi Bruno vers une langue de sable en face du château d’Oléron. Il faut dire que les courants divergent ou s’opposent, surtout à la fin des marées, et ce n’est pas facile suivant la force du vent d’être dans le bon timing : soit trop tôt, soit trop tard avec le courant contre, il importe donc d’optimiser.

Fleur d orient devant le fort louvois

Finalement une poussette à la godille-essence fut nécessaire en passant sous le pont d’Oléron avant de s’échouer sur le banc d’Agnas, où on a été tout surpris de voir un si grand nombre de petits bateaux à moteur posés là pour une pêche de palourdes miraculeuse.

Voiles de mornac 2017 apéro

 

Un moment de détente pour un pique-nique, apéro solidaire et très coloré en compagnie de nos ostréiculteurs accompagnateurs sur leur lasse à voile. Ensuite, bien sûr, la sieste s’est imposée avant de rejoindre les hangars bleus du chantier Rabeau. Finalement nous sommes arrivés au complet en fin de soirée comme prévu, après une rafale de vent inopinée qui nous a tous surpris.

Bateaux ancrés ou échoués à marée haute sur le sable fin, bivouac en haut de plage à côté des ateliers.

Re-apéro avec vue sur mer, au soleil couchant, décor d’un autre temps.

Ce soir-là, beaucoup ont sorti avec difficulté leur canot de l’eau, non pas à cause d’un abus d’un quelconque breuvage, mais de l’accès des remorques difficile sur la plage .

chantier Rabeau 2017 échouage

La soirée fut mémorable, dans de cet ancien chantier naval. Folle ambiance et repas cuisiné aux fruits de mer délicieux. C’était coques en stock mais quand même pas woodstock malgré l'odeur de sciure!

La soirée s’est passée entre les machines à bois sous les charpentes empoussiérées, à côté d’un vieux gréement en cours de restauration. Chants de marins, Brassens ou Antoine, grattage de guitare classique, pour gosiers asséchés, ohyé!


 

Mercredi

Malgré l’odeur du café servi, brioches et confitures, le petit déjeuner fut trop matinal, l’atelier respirant encore l’odeur de la bonne cuisine de la veille.

au chantier Rabeau 2017

Profitant du début de la marée descendante nous sommes rentrés seuls par la mer avec une escale au Chateau d’Oléron.

Après bien des bords dans le chenal étroit qui nous à amené aux premiers pontons, l’arrivée fut tranquille, à contre courant au pied de la citadelle.

Le bateau bien rangé, prêt à partir, il était l’heure de la visite des remparts, puis du marché, enfin d'un petit resto, mais déjà il était temps d’appareiller.

Ah les cons ! iIs ont enlevé l’eau autour des pontons ! les mouettes ont pied.

Safran, moteur, dérive, tous bien plantés dans la vase : nous voila obligé d’attendre. Eh oui, dès qu’on aborde les pontons flottants, on retrouve le réflexe des plaisanciers aux docksides.

Après bien des titillements, des mouvements oscillants à l’arrivée des premiers centimètres d’eau, nous avons enfin décollé, bon pour un petit nettoyage des appendices (du bateau s’entend).

De retour « En passant par Marennes  avec not’e bateau » nous avions programmé une escale « chez nos amis voileux. ». Éclade de moules et chambre d’hôte dans une grande maison bois, ça vaut le détour .

Comme nous venions de naviguer ensemble la veille, bien fatigués, notre hôte et moi, tous les deux à plat, finalement nous n’avons parlé que de « flat-twin ». Ah, vieille mécanique, quand tu nous tiens !

Fleur d orient bayraider 17 

Fleur d’Orient a rejoint Saint Nazaire, son port d’attache sur l’estuaire de la Loire, et son équipage a fait le plein de bons souvenirs .

L’Éguille, Mornac, le chantier Rabeau, un mélange d’étonnements.

C’est sûr qu’on y reviendra.

***

Prise de ris sur voile au tiers

Il n'est pas très difficile de prendre un ris sur une voile au tiers, il suffit de descendre la voile, partiellement ou totalement, changer les points d'amure et d'écoute, ferler correctement la voile exédentaire avec les garcettes de ris, étarquer la nouvelle bordure, hisser la vergue, et souquer fort le hale-bas.

- Bon, mais si on veut faire vite?

- On n'est pas pressé!

- Oui mais si on veut quand même faire vite?

- Alors il faut des bouts de ficelle, devant et derriére et quelques poulies pour se fabriquer un sytème de prise de ris rapide, ou encore dit semi-automatique.

- Semi-automatique, c'est pas trop moderne ça?

- Il existe des shémas datant de la fin du XIXe siècle.

- C'est pas trop ringard?

- Non c'est "up to date".

- Ah! si c'est heupe tout dette, ça change tout.

Reefing

image tirée de "Canoe Handling" (1885, 3rd Edition 1901)by C. Bowyer Vaux

Principe d'un système de prise de ris rapide

Il s'agit de faciliter l'établissement d'un nouveau point d'amure et d'un nouveau point d'écoute au niveau du haut de la bande de ris ; tous les systèmes disponibles pour les voiliers bermudiens s'appuient sur une bosse qu'il suffit de tirer pour abaisser les oeillets du guindant et de la chute au niveau de la bôme et de les y maintenir fermement. Le principe s'adapte aisément sur les voiles au tiers bômées. Contrairement aux images tirée d'un livre du XIXe siècle, nos voiles sont en général dépourvues de lattes, il n'y aura donc pas de point de tirage central, juste aux extrémités.

Sur ces trois photos d'un de nos bateaux, vous pouvez voir une installation qui a été modifiée depuis pour encore plus de simplicité (la mise à jour de cet article sera faite après l'hivernage). Il y a deux bandes de ris sur Amzer Zo qui est un canot de petite taille et porte une voile au tiers amurée en pied de mât relativement courte de bordure. Pour chaque bande de ris il y a une bosse d'amure et une bosse d'écoute, ce qui nous donne deux bosses à l'avant de la bôme et symétriquement deux bosses à l'arrière. Chaque bosse est fixée sur la bôme, va passer dans l'oeillet d'amure ou d'écoute, redescend vers une poulie fixée sur la bôme et se dirige vers le centre de l'espar où elle est tenue par un taquet.

Amzerzo

 

prise de ris rapide 1

 

 

prise de ris rapide 2r

La manoeuvre pour prendre un ris se décompose ainsi :

  • on se positionne à peu près bout au vent
  • on détend le hale-bas
  • on relâche la drisse de la hauteur de la bande de ris rapidement grace à des repères sur le cordage
  • on tire à fond sur la bosse d'amure et on la coince sur le taquet idoine
  • symétriquement on étarque la voile en tirant sur la bosse d'écoute (coincée alors sur le taquet correspondant)
  • on étarque la voile grâce au halebas

Et c'est reparti !

La voile d'Amzer Zo est d'un grammage assez lourd et la bordure est courte, il n'est pas besoin de nouer la moindre garcette.

Optimisation des ficelles

Sur un autre de nos canot, un Kanoteko+,  le principe de prise rapide est identique à celui qu'on trouve sur Amzer zo, mais comme les proportions de la voile sont différentes, la bôme étant sensiblement plus longue, on a d'abord cherché à éviter les kilomètres de spaghetti qui pendouillent sous le gui quand on prend les ris, surtout le deuxième. Les bosses ne partent donc pas de la bôme, mais sont directement fixées sur les oeillets à chaque extrémité de la bande de ris. il suffit donc de tirer cinquante centimètres de bosse pour faire descendre la voile de cinquante centimètres, ce qui tombe bien car c'est justement la hauteur d'une bande. Ces cinquante centimètres excédentaires sont aisément stockés lelong de la bôme qui est bien assez longue pour ça, et retenus par un simple taquet coinceur. Le deuxième ris demande lui un mètre à l'avant et un mètre à l'arrière sur la bôme, mais comme celle-ci mesure 4.50m, il y a encore de la marge. La troisième bande de ris n'est pas équipée d'un système rapide, sont utilisation est trop rare pour s'encombrer de toutes ces ficelles, qui compliquent tout, même si elles simplifient la manoeuvre.

Sutout qu'on en rajoute! Comme  la voile s'avère moins lourde que sur Amzer zo, on ne peut se passer de soigneusement la ferler, sinon on est sûr d'avoir un sac à patate difficilement maîtrisable, ce qui n'est pas conseillé si on est justement dans l'obligation de prendre un ris. Une remarque de Michael Storer, l'architecte du Goat Island Skif, sur le transfilage au lieu de garcettes à nouer, a amené à installer un système de transfilage de ris. On s'explique : le tansfilage de la bordure sur la bôme a été remplacé par un transfilage au niveau de la première ligne d'oeillets qui a pris la place des garcettes. A l'usage, la fonction anticourbure de la bôme est suffisamment assurée par ce transfilage remonté d'un niveau pour qu'il n'y ait pas lieu de regretter le mode antérieur. 
Quand on prend le premier ris, dès force 4 quand on est seul, après avoir tiré sur les bosses de ris automatique comme décrit pour Amzer zo, il ne reste plus qu'à tirer rapidement sur la jolie ficelle qui passe dans les oeillets pour ferler d'un seul coup la voile de manière très soignée. Cette ficelle s'appelle une ferline. Comme on se retrouve avec beaucoup de cordelette libérée, on la tourne sur un taquet situé vers le milieu du gui, assurant ainsi tout à la fois son blocage et son rangement. Seul le premier ris est équipé de cette manière, car il y aurait trop de mètres de ferline à ranger si on voulait faire de même avec le second.

 

Transfilage de ris sur canot voile-aviron

 

Vous qui désespériez de n'avoir rien à acheter pour votre bateau, vous pouvez maintenant vous rendre fièrement chez votre shipchandler et devenir client pour quelques poulies (modèle économique) et des mètres de bout', pour enfin compliquer votre voilure au tiers.

Deux canots aux Glénans

 

Texte et photos : Patrick

 

- Tiens pourquoi pas les Glénans!
- Même pas peur.

La météo n'est pas mauvaise ; Jean-Paul a une grosse envie de mettre les Glénans au tableau de chasse d'Alose ; quant à Amzer-zo, lui, il connait : alors on y va.

VAP en route vers les Glénans
Donc nous quittons nos copains de la ballade "Golfe tour" pour rejoindre la pointe de Trévignon notre base de départ où il y a une cale large et de la place pour laisser nos camping cars ainsi que leurs remorques.
Trévignon présente l'avantage d'être à moins de 10 miles de la côte promise, donc à distance légale pour nos canots armés pour 6 miles.
Nous préparons donc nos bateaux le soir, assurons une bonne nuit à terre et le lendemain de bonne heure nous effectuons la mise à l'eau et direct sur un seul bord vers Penfret.
Mer plate et petit vent de 5 noeuds  nous portent tranquillement vers l'ile principale qui nous offre un mouillage sur ancre pour un bon casse-croûte suivi d'une sieste.
Après cette application du "principe de précaution" (comme dirait Nadau) nous appareillons pour une petite virée vers l'ile du Loch agrémenté d'un passage sur les rochers de la Tête de mort, mais pas de soucis avec un temps de curé et une eau limpide comme aux Caraibes nous pouvons voir le fond et évaluer la profondeur. Trois petits bords pour éviter l'ile de fort Cigogne et nous voila prêts pour aborder à la cale de l ile St Nicolas.
Aïe! il y a un gros bateau gris avec une déco bleu-blanc-rouge sur son côté. Nous passons au ras du navire gris qui nous observe mais qui ne bronche pas. Bon, ce n'est pas parce que nous n'avons rien à nous reprocher qu'ils auraient le même point de vue.
Que fait un marin qui, après une grande traversée, débarque à terre ? Il se dirige par instinct vers le bistrot : donc nous ne dérogeons pas à la règle, puis petit tour de reconnaissance et après avoir immortalisé notre présence sur l'ile, un gars du coin nous indique deux bouées où nous pourrons passer la nuit sans problèmes.au port
Et là, à dix mètres de nos canots, un "capitaine" téléphone bruyamment à sa femme (on suppose) : "Devine chérie : il y a trois fous sur des mouille-culs qui sont aux Glénans et en plus ils vont coucher à bord, ils sont en train d'installer leurs taud pour la nuit! J'en crois pas mes yeux!"
Il est vrai que lui, il va passer la nuit sur un 11m double barre à roue et confort à l'avenant.
Bref! Ceci dit le réchaud du bord nous procurera un petit repas chaud puis dodo les petits, pas de télé ce soir et tant mieux.
Après une nuit calme, le réveil est salué par un lever de soleil magnifique, mais le beau temps, ça n'a qu'un temps, il est prévu 35 noeuds de vent.
"Tiens du crachin. Hum... le vent ne devrait pas souffler si fort que cela" se dit le vieux marin.
Et ce sera effectivement le cas. Le départ de St Nicolas nécessitera le moteur et son (avi)ronron ne nous quittera pas jusqu'au continent. Dommage, mais quand même un super souvenir.
La sortie de l'eau à Trévignon sera musclée, car même sans vent il y a une houle qui implique de s'y mettre à  deux pour tenir le bateau tandis qu'un troisième s'affaire à la manoeuvre du treuil. Plus jamais nous ne  partirons de Trévignon car par un vent fort il est impossible d'en ressortir son bateau et il ne resterait  plus qu'à aller à Portmanech avec la complication de récupérer la remorque. La prochaine fois on optera pour un départ de Bénodet ou Port La Foret.
Les Glénans c'est MAGNIFIQUE on ne s'en lasserait pas, c'est à faire et même bien fait c'est à refaire.

visite immortelle

 

 

Vap Golfe Tour 2017

Texte :Patrick

Photos : Patrick ; Jean-Michel C.

Quand un amoureux de la petite mer propose à ses copains voileux de venir en découdre avec les courants du Golfe du Morbihan, cela donne quatre jours inoubliables et ce fut : la "VAP GOLFE TOUR 2017"

Cinq voilavirons de notre association de La Rochelle arrivent en force à Saint-Armel, notre point de départ. Le rendez-vous est chez Patrick qui possède une petite maison sur place. Trois bateaux viennent de La Rochelle, mais la diaspora est représentée par Fleur d'Orient basée à Nantes et qui vient jouer dans son jardin, mais aussi l'Alose qui, malgré son immatriculation Vannaise, arrive en réalité de Lyon.

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Premier jour

La première nuit est passée sous tente dans le jardin, et au matin on s’ébroue pour aller mettre à l'eau à la cale du Passage, bien aidé par le fourgon de Patrick qui arbore une boule d’attelage à l'avant de son véhicule, ce qui n'était pas du luxe vu l’étroitesse de la cale

Pendant que certains commencent à gréer, d'autres vont stationner les remorques sur notre terrain de base et c'est en milieu de matinée que nous nous dirigeons vent arrière vers l'ile de Lern puis, doucement, passons devant l'ile d'Arz et allons beacher sur l'ile d’en face à Ilur.

Dans une petite baie magnifique et abritée sur fond de sable blanc immaculé (ou presque) nous posons pieds à terre pour une plaisante visite du petit hameau, mais aussi pour sortir du sac le casse-croute. Faute de bistrot nous débouchons nos bouteilles puis... digérons sur le sable au soleil en faisant une petite sieste. Oui oui ! au soleil ! Nous profitons du micro climat ( il est vrai que nous sommes alors protegés du vent ).

Pique nique sur la plage d'Ilur

- Hé !les gars, ça remonte il va falloir s’y mettre, car nous allons a la pointe de Kerners. nous attend une bonne pizza et notre camping.

Ça se complique car il va falloir naviguer contre le courant et là l'expérience du marin du coin sera utile.

- Tiens, pourquoi il va à babord ? Ce n'est pas la route !

- Si ! si bien sur, parce que à 500m il y a un contre courant qui va nous permettre de ruser et de gagner un temps précieux

Beau Merle, le bateau basque, est impressionné par la force du courant, mais taille la route ; Let’er buck après un empannage résoud son problème de voile passée par dessus le mat ; Amzer zo tourne autour et surveille son monde, et tous finissent par arriver sans encombres au port de Kerners où nous pouvons mettre nos canots sur bouées et regagner terre grâce à l’annexe gentiment prêtée par notre restaurateur.

Belle traversée avec un beau soleil mais un joli vent de force 4, un peu froid aux doigts mais chaud dans les coeurs.

Les tentes sont vite montées et c'est face à la mer , presque les pieds dans l'eau que, assis aux tables du petit bistrot, nous dégustons les pizzas déjà commandées et livrées sur place et réchauffées par dessus le marché par notre hôte qui avait ouvert sa buvette spécialement pour nous. Quelle classe ! L'intendance est à la hauteur.

On se refait la navigation de la journée.

- Tu as vu le courant c'est dingue, et les rochers où nous sommes passés !

- Non, mais il y avait au moins 1m50 d'eau!

- Tu sais l'eau ici est aussi claire qu’en Méditerranée !

- Oui, mais elle est froide.

- Oui, mais elle est claire.

- Mais froide.

- Hé les gars faut faire dodo

Le soleil est couché, le froid arrive vite, nous allons nous mettre sous la couette et faire de beaux rêves. Ou des cauchemars, chacun fait comme il veut.

Deuxième jour

- Ha ! ce matin ça vente fort.

- Comme d’hab!

Petit briefing.

Devant les légères réticences, nous optons pour un changement de programme : plus tranquille car passer devant Berder avec six nœuds de courant, plus le vent et l'eau froide et sans sécu, ben …

Nous tombons d’accord pour dire que nous sommes là pour nous amuser et non pour faire des exploits. Bref, départ en direction de l'ile de Conleau en passant entre l'ile au Moines et l'ile d'Arz puis Arradon et port Anna.

VAP Echouage en Morbihan

La traversée s’avère sans problèmes par un vent certes soutenu mais très maniable et du soleil. Encore du soleil ! hé oui.

Un petit coup de VHF au port de Conleau pour donner notre heure d'arrivée et savoir quelle sera notre bouée d'amarrage ? Cerise sur le gâteau, une annexe nous attend afin que nous puissions débarquer. Elle a été gentiment préparée par le maitre de port que Patrick avait joint deux jours plus tôt

 

-Hé !les filles et les gars, c'est pas fini vous avez 300m pour aller planter vos tentes et on revient pour le resto où un menu nous attend (pas terrible finalement, et on n’y reviendra pas le lendemain).

Encore et encore des anecdotes sur la navigation du jour, puis on se glisse dans le duvet

Une seconde journée bien remplie, plein de bons souvenir sauf l'addition du resto. On ne peut pas réussir partout, demain sera un autre jour.

Troisième jour


-Ah ! Mais ce matin ça souffle !
- O buffe point trop cha p’tit.

Patrick qui a dormi dans son Amser zo de 3m50 pourra témoigner que dans la nuit il y a eu plusieurs rafales à décoiffer une bigoudène !
Durant le petit dèj’ au camping de Conleau, ça discute ferme car il est prévu au programme de descendre vers Arradon, puis l'ile de Berder et de remonter en passant entre l'ile au Moines et Arz puis se refaire une seconde escale  à Conleau le soir.
Bref beaucoup de vent et un peu de pluie (c’est à dire qu’on sera complètement trempés) nous pousse à tout simplement remonter la rivière vers Vannes. On est en vacances ( "amzer zo"en breton : on a tout le temps ! )
Une équipe partira visiter Vanne à pied et les autres en bateau, qui ne verront finalement de la ville que l’écluse et le dessous d’un pont. 
Nous accostons le long d'un quai pour casser la croute et retour au près à contre courant, mais avec le soleil revenu, jusqu’à notre bouée au port de Conleau. 
Ce petit retour est très sympa, du louvoyage sous le soleil, ma foi, ça ne se refuse pas.
Ce soir nous faisons un refus de tribord à notre resto d’hier qui peut toujours nous attendre et mangeons au camping, ce que nous ne regrettons pas
Après avoir refait le monde, dodo, car demain nous sortons les bateaux à la cale de Port Anna après avoir recupéré nos remorques grâce a Jo le taxi. En effet, comme le vent est prévu assez fort, de plus en plein dans le pif, la solution de facilité est adoptée par la majorité après concertation.
Et la soirée se termine chez Patrick à St Armel où une ventrée de spaghettis sauce tomate nous est concocté par Francoise et Jean-Michel.
Demain matin retour aux bercails La Rochelle ou Nantes.
Seul deux irréductibles, l’Alose et Amzer zo partent pour une virée aux Glenans ! Oui rien que ça.
C'est vrai qu'Amzer zo n'en est pas à son coup d'essai pour les Glénans, et l’Alose en a vu d’autres. Cela fera l'objet d'un autre reportage.

***

Voilà , c'est ça la promenade en voile aviron. Naviguer en totale autonomie, à la robinson, ou alors profiter des commodités, mais passer par des chemins que peu de bateaux empruntent, beacher le temps d'un repas avec sieste (principe de précaution d’après Nadau ) et pour seuls visiteurs une mouette et un lapin de garenne 
 

Le jour de l'Hermione

 

Hermione, baie de La Rochelle fev 2018

Premier février 2018, l’Hermione qui avait quitté depuis deux jours son abri dans le port de Rochefort et descendu la Charente, devait faire son entrée à La Rochelle pour s’y faire admirer pendant un mois.

L’idée d’aller la saluer au large avait forcément germé dans quelque cervelle, mais pour une fois les voilavirons étaient restés au sec, et plusieurs vapistes, infidèles à leur coque de noix, embarquèrent sur un trimaran Corsair. Parti après beaucoup de monocoques bien plus gros, dès que le vent eut forci, l’engin montra vite sa vélocité et arriva bien avant le reste de la troupe aux abords de l’Hermione. Un des navires de Croisière-Inter-Iles y polluait déjà le paysage, ainsi que des bateaux bleu-orange de la SNSM, mais ceux-ci on y tient vraiment et ceux-là on les aiment bien finalement.

Comme il fallait bien faire des photos pour justifier le déplacement, le trimaran virevolta autour de la frégate avant de rentrer avant tout le monde au port . Il aurait été sage de freiner le bateau car il fonçait droit vers un joli grain. Mais le moyen de ne pas surfer?

Bref, on s’est mouillé, et il faisait plutôt frisquet.

Hermione et trimaran

 

 

Voile-avirons sur l'Erdre 2017

 

 

Texte, photo et vidéo : Christian

 

Voile-aviron sur l'Erdre 2017

 

Si vos goûts du moment vont vers l’acier, le bois brut plus qu’au vernis et au cuivre, si vous préférez les carrelets aux châteaux, si vous êtes plus Schumann que Michel Portal ou si le clapotement furieux des marées vous manque alors l’Erdre ne sera pas votre Rendez-Vous cette année.

Imaginez quand même une aubade musicale dans le petit matin ou le murmure des saxos qui approche, vous frôle et s’éloigne ou bien un pas de danse au rythme d’un big band pour dégourdir ses jambes à l’heure de l’apéro. La musique s’invite à chaque escale et même sur l’eau.

De l’Erdre secrète et bucolique du départ jusqu’à la foule sur les passerelles et les quais de Nantes, vont se succéder de larges espaces, des échappées sur les châteaux.

Vous serez nombreux à partager la fête, musicale et nautique, à la fois spectateur et acteur, surtout si vous venez en compagnie d’autres VAPistes déjà addicts.

Cette navigation là comporte un risque à bien considérer, celui d’y prendre goût et de revenir l’année suivante avec ou même sans son bateau...

 

VAP au bassin d'Arcachon

Textes : Annie-Claude

Montage video : Christian

Photos : Isabelle


Pour une petite virée des Vapistes, en septembre 2017, quatre « canots » de VAP s’en allèrent naviguer sur le fameux bassin à partir d'un confortable camp de base à Andernos.

Voilaviron devant une cabane à Arcachon

Malgré une météo moyenne, Chico Mendès, Josépha, L’Ingénue et Curlew rejoints par un sandbaggy local, ont paradé avec bonheur au milieu des parcs à huîtres … sans y causer de dommages ce qui n’est pas si évident !

Lors de la première sortie, quelle ne fut pas notre surprise, en contournant les célèbres cabanes tchanquées, de constater que nous évoluions au milieu de baigneurs … qui avaient pieds !!!! oups !

Ok, le bassin d’Arcachon ce n’est pas les 40èmes rugissants mais il faut quand même tenir compte des marées et des chenaux pour éviter de passer la nuit sur le sable en attendant que l’eau revienne ….

Quelques escales de pique-nique mémorables, à marée basse au milieu du bassin ou sur le port de l’Herbe, et pour clôturer ces belles journées de navigation, de joyeuses soirées chez nos hôtes que nous remercions encore pour leur accueil chaleureux, elle est pas belle la vie  ?

Tous gardent un excellent souvenir de ces quelques jours et ne demandent qu’une chose :

Y RETOURNER 

Cette petite vidéo en témoignera mieux qu’un long discours ! 

 

 

De joyeux Vapistes en quête d’émotions
Avec quatre canots traversèrent la Gironde.
Ce n’était pas la traditionnelle ronde
Mais la découverte de nouveaux horizons.

Habitués aux vastes étendues
Ils découvrirent avec bonheur ce petit paradis
Il faut cependant être marins accomplis
Pour regagner la terre le soir venu

Tout change, tout est chamboulé
Au rythme des courants et des marées
Mais le bassin et ses atouts ont su les ravir 

Ses célèbres cabanes, ses charmants villages
’île aux oiseaux, la pêche aux coquillages ….
Nos vélirameurs conquis rêvent d’ y revenir !

Remontée de canot Andernos


 

Jour de la galette

Samedi 13 janvier le site nautique de Port-Neuf qui héberge plusieurs associations a vu se réunir celles-ci pour une réunion galette en commun. 

Image partagée par Patrice Bernier sur FaceBook

Ce devait être aussi l'occasion d'une sortie en mer, mais la température annoncée en avait refroidi plus d'une et d'un. Mais pas tous. Le kayak club a mis à l'eau sinon une cohorte, au moins une bonne escadrille de leurs embarcations.

Finalement il n'y avait pas grand monde dans la baie de La Rochelle, outre nos kayaks sus dits, on nota un groupe de compétiteurs à l'entrainement sur des dériveurs légers, un esquif collectif d'aviron de mer, un quarteron de jeunes véliplanchistes (pieds nus!) et deux -moins jeunes- Vapistes sur un (fort beau) voilaviron qui n'ont même pas eu froid..

Comme quoi c'était faisable et les absents ont eu tort!

Ronde des Pertuis 2008

En ce début d'année 2018 nous republions le compte rendu fait après la Ronde 2008. Dix ans déjà! 
Les mésaventures de nos hébergements sur Internet avaient fait disparaitre ce document heureusement retrouvé au fond d'un disque dur.
Le revoici donc. Il s'agit d'un document PDF, il vous faudra peut-être le télécharger pour le visionner. C'est sans danger. Bonne lecture.

Cliquez sur ce lien : 

Rondepertuis2008rondepertuis2008.pdf

Ronde2008