Blog

Chavirage volontaire 2

Texte Danilus

Photos et vidéos Annie-Claude

 

Chavirer un Nantucket catboat

L'ami Philippe ayant relaté son exploit de retouner à 180° son Pirmil, le président était atteint d'une forte inquiétude quant à la flottabilité de Muddy, le Nantucket catboat de l'association à qui plusieurs adhérents ont pris l'habitude de faire voir la mer. Invitation fut lancée de se mouiller un peu pour couler le bateau.
Profitant d'un temps clément et d'une marée descendante de basses eaux, Vincent et Daniel se sont mis à l'eau, Annie-Claude s'est occupée des photos et vidéos, enfin Serge a assuré la sécurité à l'aide d'un long cordage.
L'dée était que si le catboat coulait, on pourrait le récupérer à marée basse afin de lui prodiguer les soins nécessaires pour effectuer les aménagements obligatoires.

Catboat sur le flanc

L'équipe embarquée se positionne sur le plat bord dans l'idée de rapidement entrainer le chavirage. Mais la stabilité est telle qu'il ne se passe rien. Il faut déployer de gros efforts en portant les poids loin à l'extérieur pour que Muddy, avec une lenteur de sénateur, accepte de se porter sur le flanc où il flotte haut sans donner le moindre signe de vouloir aller plus loin.
Vincent se porte sur la dérive et gentiment le bateau se redresse.
Difficile de le chavirer mais facile de le redresser!
Le président va être content.

Remonter dans le catboatIl s'agit alors de remonter à bord. Vincent effectue un saut de saumon qui le propulse sur le plat-bord d'où il glisse dans l'eau embarquée. Daniel, assagi par vingt ans de plus, se porte volontaire pour tester l'échelle de corde fixée sur le tableau arrière. L'opération de rembarquage manque peut-être d'élégance, mais le but est atteint sans efforts démesurés.
L'eau dans le bateau est loin d'affleurer le plat-bord et les deux équipiers peuvent s'y mouvoir sans que la carène liquide ne mette en péril la stabilité. On fait le bilan de ce qui, mal fixé, flotte dans le bateau. Le plus gênant est le plancher, assez important caillebottis, qui a réussi à se retourner et qui heurte les jambes.
Juste pour voir, on essaie de nouveau le chavirage, opération facilitée par le liquide embarqué. Daniel redresse aisément lui aussi le Nantucket catboat.

Catboat plein d eau

Après les remontées à bord, Serge amène le bateau au ponton. On décharge ce qui flotte dans la coque, puis on la remplit pour couler l'embarcation. Et on n'y arrive pas : quand l'eau atteint la fenêtre de la barre, au lieu de rentrer à flot, elle ressort. Le bateau flotte avec des centaines de litres d'eau dedans et les plus de 170 kg d'équipiers.
Forts de ce constat, Muddy est renvoyé au centre du chenal et on le rechavire pour le vider au maximum. Il reste après redressage environ 350litres de bonne eau salée à l'intérieur qu'on évacue par un soixantaine de jetés de seaux et un bon nombre de coups d'écope pour venir à bout de ce qui git dans les deux coffres avant.

On vide le catboat

Finalement, comme rien de grave n'est advenu, l'heure n'est pas très avancée. Alors on souque la voile et l'après midi se termine à naviguer dans la baie de La Rochelle avec un vent qui montre son obligeance à forcir suffisamment pour que le bateau retrouve son allant.

Petite vidéo

 

*

Houari mono-drisse

Texte : Amzer Zo

Dessins : Patrick M.

Amzer zo vous dit : oui oui c’est possible une seule drisse pour un gréement houari. Patrick mon capitaine  l’a fait.

En 2019 un premier essai fut tenté et à été testé durant la saison.  
Le principe était de maintenir la vergue sur une pentoire par une seule drisse.
Cela fonctionnait très bien voile haute mais le réglage de l’apique de la vergue devenait  difficile avec un ris et plus problématique avec deux ris, parce que l’angle de tire changeait.
Certes cela ne ma pas empêché de naviguer toute la saison avec mon capitaine mais il n’était pas complètement satisfait ; il est vrai qu'il est un peu perfectionniste !
Donc après moults essais, réflexions et dessins, il en ressort que le pic doit avoir toujours la même inclinaison donc le même angle de tire, que ce soit à voile haute, comme au premier et deuxième ris.

Monodrisse grément houari
Pour que l’angle de tire reste identique en  descendant la voile, le point de tire doit descendre en même temps que le pic.
Il m'a donc muni d'un rocambeau en inox sur lequel vient s’accrocher ce fameux point de tire et le tour est joué.

Il est perfectionniste mon capitaine et à horreur des plis dans sa voile
Donc pour avoir la possibilité d'effacer un éventuel plis il régle l’apique  de la vergue  par le hale bas de point d’amure.
Je m’explique : en étarquant le point d’amure la bôme descend, elle agit sur le guindant de la voile et le pic se redresse ( petite info de très grande importance il y à une petite pentoire sur la vergue sur laquelle coulisse une poulie et c’est cette poulie qui vient s’accrocher sur le croc du rocambeau). Notez bien que l’angle de la vergue est donné par la longueur de la pentoire et que pour définir tous ces réglages il faut se mettre en situation "voile haute" et faire plusieurs essais avant de tout fixer définitivement.

 Bon cela parait pas mal et le capitaine a l'air content. Mais!
 Pendant la phase de hissage pour que la vergue ne pende pas lamentablement vers le bas et assomme mon capitaine, il lui a fallu positionner une butée sur la pentoire ( bon ça c’est réglé).
Mais il ne faut pas  non plus que la vergue se mette à la verticale quand mon capitaine hisse sa voile ! ! donc le point haut de la pentoire  doit être positionné de telle façon que la vergue soit suspendue avec un angle proche de l’angle final( voir le dessin du capitaine)

Monodrisse houari avec un ris
Tout ceci lui à demandé beaucoup d’essais en atelier et le "secret" c'est le positionnement très précis de la butée sur la pentoire et du point de fixation haut de la pentoire.  

Mais quel bonheur après d’avoir une voile impeccable même avec deux ris pris.
Les tests sont effectués en statique dans l’atelier puis il m’autorise à faire des essais en mer par vent soutenu pour qu’il puisse valider.
"Lors d'une mise en service d’un nouvel avion les essais en vol ne sont que la confirmation des essais statiques "
Pareillement pour un bateau.

Les belles navigations de l'été ont confirmé les attentes car le système "fonctionne nickel" comme dit mon capitaine.

*

 

 

 

Voile à livarde enroulable

Texte et photos : Daniel M.

 

Au vu de son Drôle où la voile s’enroule autour du mât, j’avais demandé à Philippe Saint-Arroman s’il pouvait faire de même sur mon Kanoteko+. Réponse : « il faudrait un mât beaucoup plus grand pour avoir assez de surface de toile ».
J’avais mis ça dans ma poche avec mon mouchoir par-dessus, mais ça n’y était pas resté et me trottait dans la tête. La voile à livarde rectangulaire permet de doubler la surface à hauteur de mât égale par rapport à une bermudienne triangulaire. C’était la solution. Le reste n’était qu’une question de mise au point.
Passent les jours et passent les semaines. Et les années. Puis je m’y suis mis.

Premier jet

Bache à voile

Au départ fut une bâche de 2x3m. Prix suffisamment modique pour accepter le ratage. Ce sera la voile d’essai.

Enrouleur mat
Pour le système rotatif, un tuyau de descente d’eau pluviale de 8cm de diamètre gainera le mât d’origine sans la moindre modification de celui-ci. La « voile » sera fixée par des morceaux de ficelle autour du tube et assurée par du ruban adhésif plastique. Une légère encoche dans le haut du tube permettra de coincer un bout’ qui servira à tenir le point de drisse. Le tube reposera par une faible fraction de sa base sur la pièce de bois destinée à retenir le mât.


Resterait l’épineux problème de la livarde qui doit pouvoir être relâchée pour que la voile prenne ses tours élégamment car la longueur d’une hypoténuse est toujours supérieure au côté du rectangle. La solution première sera de la positionner classiquement, mais d’en pouvoir régler la hauteur par un palan. Un bout' tendu le long du mât retiendra l’espar tout en permettant à la toile de s’enrouler. Ce bout' sera maintenu dans l’axe du bateau par un lien vers la proue qui assurera une tension supplémentaire nécessaire.

Livarde deployee

 

Dans l’état ça fonctionne.

Et beaucoup mieux qu’espéré au vu de la pauvreté des matériaux.
On passera sur l’inadéquation du plastique de la livarde, beaucoup trop souple (un simple tuyau de plomberie en PVC de 40mm de diamètre) ; en revanche le tube gainant le mât tourne aisément autour de celui-ci, la « voile » s’emmagasinant et se déployant sans effort grâce à l’écoute et un bout' simplement fixé à la base du dit-tube.

Livarde enroulee

Deuxième chance

Développement du programme : se doter d'une livarde rigide et l'articuler au niveau du pont pour permettre l'établissement d'un foc qui se fixe à un oeil au dessus du tube et à l'avant du bateau sans besoin de bout-dehors. Par un heureux hasard, un foc de Zef colle pile-poil.

Pour l'espar, grace à l'obligeance de l'école de voile de La Flotte, le tube de plastique est remplacé par un mât de planche à voile en carbone. C'est raide et léger, c'est parfait. Le système d'étarquage au point de pic est inversé par rapport à la première version. Une drisse est fixée dans l'oeillet du pic de la voile, passe par un truc adhoc pour simuler un réa, et descend le long de la livarde jusqu'à une poulie en pied de mât et revient vers le barreur pour être coincée dans un taquet. La livarde est fixée sur une platine au niveau du pont. L'articulation est perfectible.

Platine de la livarde

La platine est une pièce de contreplaqué dans laquelle passe le mât.

La livarde est fixée et articulée sur cette platine. L'affreux bricolage de bouts de ficelles gagnerait à être remplacé par un pied-de-mât de planche à voile.

Il faut aussi fixer un guide pour la drosse, comme sur n'importe quel enrouleur, éventuellement un disque sous la zone d'enroulement éviterait que ce cordage ne se coince sous le tube.

Drisse de pic

 

La drisse de pic permet l'étarquage, mais pour éviter le relâchement coupable de la livarde, un anneau de retenue (on réinvente le rocambeau) serait judicieux.

 

En mer

Un essai en mer a été tenté avec 11 noeuds de vent et tendance à forcir. Contrairement aux craintes, la voile ne s'est pas déchirée et disons-le tout de suite le système fonctionne parfaitement : réduire ou augmenter la surface de la voile est un jeu d'enfant, c'est hyper rapide et facile et finement réglable.

Les ennuis vinrent d'ailleurs. Avec cette bâche bleue, et en l'absence de foc installé, le bateau tire des bords carrés et refuse de virer. L'empannage, facile, fait de plus perdre du terrain ; bien heureusement il y avait les avirons ! Mais ramer contre la marée montante et le fardage du mât enrobé du tuyau et de la voile roulée fut joliment ardu. Une pause sur un coffre bienvenu a permis d'abattre le mât (merci l'étambrai ouvert!) et finalement de rentrer à la cale sans faire appel au canot des moniteurs de l'école qui veillaient cependant au grain.

Ne reste plus qu'à tester le rocambeau de pic, trouver un vieux (les nouveaux sont trop volumineux) pied de mât de planche à voile pour la livarde afin de parfaire le prototype. Quant à une vraie voile, on a la vie devant soi.

*

Post-scriptum

En fouillant dans les bidules qu'on garde pour-le-cas-où, un petit cardan inox a refait surface pour faire office d'articulation de pied de livarde et un boulon à oeil devient un guide de drosse. Pour le rocambeau, la boucle du noeud de chaise de la drisse de pic qui tient le haut de la voile est juste un peu agrandie et c'est suffisant, il n'y a pas lieu de chercher plus compliqué. Retesté en mer, mais dans un vent modeste voire atone, cette ébauche de prototype donne toute satisfaction.

Platine2Livardeenrouleur

Picrocambole

 

Trois cales en aval de Rochefort

Texte : Peter Peetz et Yves Grosset-Grange. 

 

Ces cales peuvent servir de point de départ/arrivée pour une virée vers les endroits « plageables » à basse mer des îles d’Aix et d’Oléron.  Prenez la précaution de vous informer sur les courants pour ne pas vous retrouver piégés.
On peut aussi les utiliser pour remonter la Charente au flot et revenir au jusant.

ATTENTION : le courant de jusant dans le fleuve dure encore près d’1 h après la basse mer.  Ce décalage est variable selon le débit d’eau douce dans le fleuve (plus long après les périodes de fortes pluies).  C’est pourquoi, lorsqu’on revient dans le fleuve, en venant de l’île d’Aix par exemple, mieux vaut attendre 1 ou 2 heures près de l’île avant d’embouquer l’estuaire.

Informations valables fin juin 2020


SOUBISE

Soubise cales et pontons

En contrebas du village et de son église romane massive, le « port » de Soubise se résume à 2 cales, 2 pontons flottants et 1 appontement fixe, des sanitaires et une capitainerie

La cale amont, tournée vers l’Est, est ouverte à tous, gratuite et utilisable environ 4h avant et après la PM (variable selon coefficient de marée et état d’envasement).  Elle sert aux engins de levage du port à sec ; c’est pourquoi il faut l’occuper brièvement et donc préparer son canot hors de la cale (sur l’esplanade à gauche de la capitainerie).  Elle est généralement bien dévasée jusque bas dans le fleuve. Il faut utiliser de préférence (en semaine) la partie droite (sud) de la cale pour laisser la partie gauche au chantier à sec.
sauf un bourrelet de vase en bas à droite gênant au dessous de mi-marée

La cale aval est interdite à la plaisance, car réservée au bac piétons Rochefort-Soubise qui traverse la Charente à cet endroit.

L’appontement entre les 2 cales est prolongé par un ponton flottant auquel on peut amarrer son canot pendant les manœuvres de voiture et remorque.
Il y a un ponton flottant d’escale en amont des cales.
Le courant est modéré au niveau des pontons, et faible devant les cales.

On peut garer voiture et remorque derrière la capitainerie (entre elle et le fleuve)
Restaurant à proximité immédiate (vue sur le fleuve) et d’autre(s?) en haut dans le village.


SAINT NAZAIRE SUR CHARENTE

St nazaire fontaine lupin cale

Juste en amont de la Fontaine Lupin, (une tour carrée en pierres dans la Charente, à faible distance de la rive gauche) il y a une cale payante et parfois cadenassée.  En fait il y a rarement quelqu’un de la mairie présent pour percevoir le péage.
Elle est plus ou moins bien dévasée selon les jours, et le courant devant est modéré.
Il n’y a pas de ponton d’attente (celui qui est relié à la Fontaine Lupin est réservée au catamaran à moteur de tourisme) et le parking est loin.

Il y a un restaurant juste en aval   (son parking n’est pas disponible pour les non-consommateurs)


PORT DES BARQUES (mais en limite de St Nazaire)

Port des barques amont cale ponton et parking

Située à 300 m en aval de la Fontaine Lupin, une cale très large est autorisée aux plaisanciers, mais utilisée par les professionnels, auxquels il faut laisser la priorité, d’autant plus que leurs manœuvres produisent souvent un « beau » clapot.  

Elle est payante.  Elle est utilisable jusqu’à basse mer sauf en gros coefficients.  Le bout de la cale est marqué par une balise verte.

Il y a un ponton tout près, mais à éviter car il y a un très fort courant.  Mieux vaut se contenter de la cale, d’autant plus qu’il y a un creux avec des ferrailles entre cale et ponton si bien qu’on ne peut pas conduire son canot « à pied » de l’un à l’autre (ou alors on lance un bout à un comparse).  
La partie du ponton la plus proche de la cale (donc perpendiculaire au courant) peut être éventuellement utilisée en marée descendante (cas fréquent lors de nos mises à l’eau) lorsque le courant éloigne le canot du ponton.  En revanche au flot le courant va pousser le canot contre le ponton et le clapot va le faire tosser.

Bref, pour utiliser cette cale mieux vaut ne pas être en solo.

Il y a un grand parking de l’autre côté de la route qui passe devant cette cale.

 

                        

Aller échouer dans les bouchots

Texte: Jean-Paul V. et Yves G.G.

Photos : VAP


En ce début du mois de juillet 2020 toutes les conditions étaient réunies pour une navigation en aval de Charron avec un pique-nique dans les bouchots à l'Ouest de la baie de l’Aiguillon. C’est à l’initiative d’Yves, déjà familier des lieux, que se sont retrouvés les neuf participants à cette journée de navigation, pour naviguer sur 3 canots.
Nous sommes le 6 juillet 2020 au Corps de Garde de Charron.  BM à 12h25, coef 85. Vents annoncés de secteur NE à NO.


Deux heures et demie avant la basse-mer l’embarquement sur les canots de la flottille Vapiste « Beau Merle », « Chico Mendès » et « Keep Cool » est réalisé rapidement à partir de la large cale bien entretenue de ce petit port. Il ne faut pas traîner car la marée descendante peut réserver quelques mauvaises surprises (gare aux berges vaseuses).
Les trois esquifs se laissent porter avec le courant du jusant en jouant à cache-cache au gré des boucles de fleuve. Du haut des berges quelques oiseaux migrateurs de la réserve voisine nous toisent sans crainte.
Le vent nord/nord-est facilite notre descente de la Sèvre niortaise jusqu’au port du Pavé où la vigilance du barreur est de mise pour esquiver les nombreux Chalands conchylicoles et autres navires agrippés à leur corps mort.
Nous poursuivons notre route en nous alignant sur les bouées d’atterrissage (rouge et blanche) afin de bien profiter du courant du fleuve où peu à peu l’horizon s’élargit en approchant de la sortie de la baie de l’Aiguillon.
Après la Pointe de l’Aiguillon nous tournons à droite et après environ une heure et demie de navigation nous sommes tout près des bouchots qui se dressent sur tribord.

1 arrivee dans les bouchots
« Chico Mendes » prend alors la tête de la flottille pour sonder les fonds vaseux à proximité d’une forêt immobile de pieux sur lesquels croit la prochaine récolte des moules.

Il est midi, c’est presque la basse mer et l’heure de de se restaurer. Après s’être regroupés, nos trois canots jettent l’ancre au milieu de ce paysage si particulier à travers lequel on aperçoit les rives sableuses de la pointe de l’Aiguillon.

2 pique nique a

 

Passé la pause, et pour donner le temps à la marée de monter suffisamment haut sur la cale du Corps de Garde, nous levons l’ancre pour une petite incursion dans le pertuis breton (cap au SO). Après un long bord en direction de l’île de ré, le signal du retour est donné.
Il est 14h30 et nous pouvons désormais profiter du flot pour revenir à notre point de départ. Nous sommes encore groupés et nous pouvons apprécier les qualités marines de « Keep Cool » (Yole de Ness) qui avance à bonne allure avec ses cinq passagers.

Keep cool

 

Néanmoins, il ne peut rivaliser avec les départs au planning de « Beau Merle » (Kanoteko+) qui achève la navigation loin devant.

Beau merle 1


Le retour à bord de « Chico Mendès » (skellig 1) est également très agréable grâce à la petite brise bien établie sur notre travers bâbord. Très vite nous retrouvons la première bouée d’atterrissage (que nous dépassons à près de 7/8 nœuds avec l’apport du courant).

Chico mendes

Nous sommes maintenant suffisamment haut pour voir au loin les digues qui entourent la vaste baie de l’Aiguillon
Puis à nouveau port du Pavé en direction de Charron avant de retrouver les boucles de la Sèvre niortaise dont le paysage s’est métamorphosé avec le flot
En remontant vers l’amont, le vent se fait plus discret. Passé le dernier méandre, il faut anticiper notre arrivée pour ne pas manquer la cale. L’expérience et la connaissance des lieux est ici précieuse pour accoster sans se faire emporter plus loin que prévu avec le courant.
Au final, une très belle journée de navigation dans un paysage sauvage et enchanteur se modifiant sous l’effet de la marée.
                                                                                                                                         Jean-Paul Vaille et Yves Grosset-Grange

Compléments pratiques :
    • La cale est payante (5 €/ jour)
    • Les indications générales pour naviguer à partir de cette cale ont fait l’objet de pages du blog sous le titre  « Naviguer au départ de Charron ». http://www.naviguerautrement.org/blog/naviguer/naviguer-dans-les-pertuis-charentais.html

La godillette®

Texte et photos : VAP

Fabriquer une godillette®

 

Pour cause de confinement (2020) ce qui devait avoir lieu en avril attendit juin pour se réaliser : journée d’initiation à la godille, dans un coin de Marais Poitevin qui s’avère un spot idéal pour l’opération.

Cale la Grève sur le MignonC’est dans la charmante petite commune de La Grève sur le Mignon, où nous avons été gentiment accueillis par la municipalité, que nous passâmes une agréable journée, la fenêtre météo ayant été soigneusement sélectionnée par l’ami Jibi. Le lieu offre une cale de mise à l’eau aisée et un quai pour poser la godillette®, ainsi qu’une absence de marnage qui rend le choix des dates plus simple que le bord de mer atlantique.

 

 

L’apprentissage de la godille suppose des rames de godilles, des bateaux équipés pour ce noble sport, et au moins une godillette®, remarquable invention d’un éminent vapiste qui rend de grands services pour les premiers essais. Rien de tel pour appréhender le geste.

La godillette® est un support fixe pour l’aviron de godille qu’on place le long d’un quai. Le néophyte n’a pas à se soucier du bateau qui bouge ni de la rame qui veut sortir de l’engougeüre dès qu’on avance.

 

 

Comme les précédents exemplaires construits avaient bien vécu, on commença la matinée par l'élaboration d’un nouvel engin.

Au départ était une palette de récupération.

Palette

Une planchette préalablement échancrée à l’atelier est positionnée au milieu d'un côté et vissée dans les éléments les plus solides de la palette.

Forcolle en place 1

Pour résister aux efforts latéraux de l’aviron de godille, deux jambes sont positionnées en contrefort.

Renfortgodillette

ET C’EST TOUT !

Il n’y a plus qu’à poser la godillette® au bord du quai pour qu’elle soit opérationnelle,

Godillette en place

Après apprentissage du geste de base, chacun s’essaye sur des vrais bateaux, dans ce canal sans dangers.

Mise en pratique godille

 

Évidemment, le "®" rajouté à godillette est mis là pour sourire, il n'y a rien de protégé et chacun est encouragé à  librement construire une godillette pour diffuser le savoir de cet art de l'oblique, facile à acquérir contrairement à une légende tenace.

 

***

Post scriptum : Yrvind est en vadrouille ( le 17/7/2020 il est au nord des Iles Feroé)  sur son petit voilier. Le départ s'est fait depuis le port d'Alesund en Norvège, à la GODILLE.

Voyez la video

 

godille, pigouille et Cie

Texte : JIBI

Photos : VAP et JIBI et Wikipedia

 

Nous avons tous besoin d'un point d'appui sur nos bateaux pour utiliser au mieux notre force musculaire pour faire avancer – ou reculer – le-dit bateau.

 

Diverses solutions s'offrent à nous :

>> La halage -ou bricole- ne fait que faire avancer un bateau a partir d'un bien nommé « chemin de halage » donc toujours terrestre … Je ne le retiendrai donc pas pour nous autres marins … bien qu'il serve parfois lors des atterrissages risqués.

 

Carte postale ancienne hommes en chaland secteur st joachim 1257447>> La perche ( en bas-poitevin pur jus une « pigouille »), longue pièce de bois appuyée sur le fond du plan d'eau ; c'est le matelot qui se déplace sur un « passe-avant » pour aller d'avant en arrière ( j'aurai plutôt choisi le « passe-arriere » au « passe-avant » …!! mais on ne m'a jamais trop écouté ! ) et qui fait les allers-retours. Très utilisé autrefois pour la navigation fluviale entre autres. Chalands et toues se déplaçaient ainsi.

 

>> La pagaie où le point d'appui est simplement la main inférieure du pagayeur et l'autre le propulseur. Comme c'est fatiguant, il faut parfois changer de main et donc de coté, ànmoins de laisser « traîner » la pagaie pour redresser par un très habile coup de pelle l'avancée du bateau.

Les canoéistes se sont reconnus. Les kayakistes (même inuits) ont décidé de doubler leurs pagaies et « nagent » des deux cotés alternativement. Ils avancent donc plus ou moins en zigzag sans que cela ne les dérangent notablement. Ils auraient donc inventé la pagaie double ?

 

>> Les autres prennent appui sur le liston de leur bateau .

A-D'un seul coté …

B-Des deux cotés …

C- ou sur le tableau arrière.

 

A- D'un seul coté :

220px wenecja gondoleLes plus célèbres sont, bien sûr, les gondoliers de Venise, mais il en existe une quantité d'autres en Asie. Les gondoliers appuient leur unique aviron sur une forcole, très élégante dame de nage en bois avec plusieurs encoches servant de point d'appui qui leur permet de faire toutes les manœuvres y compris la marche arrière. Notons cependant que la coque des gondoles est dissymétrique donc ils n'ont pas à compenser la déviation de leur bateau qui reprend tout seul (presque!) son avancée en ligne droite.

Mais il en existe des milliers d'autres en Asie – notamment au Bangladesh – qui font le « bac » pour traverser rivières et autres mares à 12 ou 15 passagers payants et qui assis en tailleur a l'arrière, tournés vers l'avant sur le pont, appuient leur unique aviron sur un tolet à tribord, et laissent traîner leur pelle à la fin du coup pour compenser la dérive. Notons que la pelle ne sort jamais de l'eau : pour la faire glisser à l'avant, la pelle est effacée dans l'eau, par un mouvement de poignet dans le sens de la marche.

Pagaie chittagong0

Au Vietnam, ils portent ainsi les produits frais des campagnes vers les marchés locaux sur de grands bateaux de transport – jusqu'à 12 mètres- propulsés avec une grande rame arrière et parfois une plus petite a l'avant ; mais la nous attaquons -déjà- la nage avec deux avirons !

 

B – Nager ou ramer des deux cotés à la fois :

Là intervient une différence essentielle entre ceux qui voient où ils vont, face à l'étrave, et les autres qui eux tournent le dos au sens de la marche du bateau... et sont donc menacés de torticolis.

Aviron torticolis

Globalement, les Méditerranéens et nombre d'Asiatiques « rament » tournés vers l'avant,  tous les autres « nagent » tournés vers l’arrière, comme nous-même en Atlantique quand nous ne godillons pas.

Se pose à tous le problème crucial de maintenir l'aviron le long du liston, en lui permettant le coup de rame dans le sens de la marche et en pouvant éventuellement « trévirer » c'est a dire d'orienter la pelle parallèlement à l'eau au retour du coup, pour éviter principalement une prise au vent éventuellement néfaste à l'avancement, puis de pouvoir lâcher l'aviron occasionnellement pour faire autre chose : lever des filets ou «dandiner» un leurre de pêche au bout de son fil.

Le plus simple est le « tolet »- enfoncé dans un bon morceau de bois troué et taillé intérieurement en léger biseau et solidement fixé au liston du bateau. Il peut être unique sur lequel la rame s'appuie,assurée au bateau par une simple estrope. Il est prudent d'en garder à bord un ou deux autres exemplaires en cas de « casse », assez fréquente... ainsi qu'un vieux marteau pour chasser le morceau cassé et enquiller le nouveau tolet.

OselvartoletsSur les oselvars scandinaves, ce tolet est une espèce de triangle de bois solidaire du liston, taillé dans une fourche naturelle sur laquelle on appuie l'aviron en lui donnant le bon angle d'attaque de la pelle dans l'eau. Le manche  est de plus pris dans une estrope serrée, ce qui permet de lâcher l'aviron sans le perdre. Comme on ne peut plus trévirer, la pelle est particulièrement étroite. Il s'agit souvent d'un même morceau de bois que l'on se contente de tailler en longueur pour former la pelle de l'aviron. Elle est aussi très longue pour avoir la puissance suffisante pour pouvoir avironner contre le vent sans trévirer.

Yole massalia toulon 2007L'aviron peut aussi être calé avec le bon angle d'attaque dans le pavois ajouré – et renforcé- au sommet du liston. C'est le cas des yoles de Bantry où les équipiers, qui nagent en double, manient chacun un seul -et lourd- aviron, ce qui demande donc une bonne discipline et une bonne coordination de l'équipage pour parvenir à faire assez rapidement des manœuvres efficaces.

En Occident, cet appui est généralement assuré par des dames de nage métalliques tenus dans le liston par une douille métallique fixée définitivement au liston.

C'était le cas de toutes les flottes militaires ou commerciales qui utilisaient des chaloupes pour le service du bord entre le port et le bâtiment ancré plus au large.

Sur certains bateaux asiatiques très légers, on avironne assis face à la route sur un banc au niveau du liston – parfois des heures durant, en poussant deux avirons qui se croisent presque au sommet.

A l'autre extrémité du spectre, les amateurs qui pratiquent l'aviron de mer utilisent des bateaux très fins, très instables, équipés d'avirons en fibre de verre ou de carbone reposant sur un appendice saillant en dehors du bateau ( l'outrigger) ou repose une dame de nage très évoluée avec des articulations permettant de trévirer l'aviron a chaque retour du coup d'aviron.

 

C- Appuyer l'aviron sur le tableau arrière :

GodillagefamilialUne autre méthode très différente de faire avancer un bateau est de faire avec la pelle de l'aviron un mouvement régulier oscillant et continu ressemblant à un S en gardant l'aviron appuyé en haut du tableau arrière, la pelle plongeant seule continuellement dans l'eau. Les marins caraïbes godillent avec une seule main.

En Occident,cette méthode était très largement utilisée par tous les navires de pêche et de commerce au 19e et 20e siècles où l'on godille debout à l'arrière du bateau tourné vers la poupe, utilisant les deux mains et le haut du tronc pour rendre plus efficace et moins fatiguant le mouvement de godille. Elle est encore utilisée de nos jours par quelques amateurs et se révèle précieuse pour des manœuvres d'approche et de navigation dans des endroits confinés ou encombrés – passage d'écluses par exemple- ou pour quitter un atterrage ou un mouillage peu profond.

L'usage le plus spectaculaire de cet outil de propulsion nous vient de Chine, grand constructeur et utilisateur de canaux artificiels pour desservir les grands centres de consommation, en y amenant par grands chalands tous les pondéreux nécessaires.

La Chine a conçu la très fameuse « godille chinoise » très long et lourd aviron avec une « cassure » au niveau de la ligature de deux pièces de bois, le fût et la pelle appuyés sur le haut du liston dans une excroissance et une cuvette de bois dur avec un bout fixée sur une membrure au fond du bateau qui permet de régler l'enfoncement de la pelle et de la manœuvrer par un va-et-vient perpendiculaire à l'axe de la marche.

D’énormes chalands étaient donc propulsés ainsi par une femme et un gamin qui relançaient à tour de rôle, l'inertie de cet énorme aviron.

Godillechinoise 2008

Certains « originaux » occidentaux (dont moi-même) ont aussi réalisé des godilles japonaises qui reprennent le même principe d'oscillation continue pour faire avancer leurs esquifs.

 

 

 

JIBI le 09/04/2020 a Marsilly a 16h06

 

 

 

Aménagements sur Skellig1

Quelques améliorations sur Chico Mendes, un Skellig 1

J'ai effectué plusieurs modifications pour mieux vivre et naviguer sur Chico Mendes.

Banc coffre

Un banc-coffre dans le cockpit : Il permet d'abord de ranger ce dont on a besoin souvent (ciré, gourde, crème solaire, carte, biscuits…) pour l'avoir sous la main.  Il permet aussi de s’asseoir plus près de l’axe du bateau ; ce qui est très utile pour ne pas « contre-giter » dans les vents très faibles et les allures portantes.

Renvoi ecoutes de foc

Voici mon dispositif pour le renvoi au barreur des écoutes de foc. Réglages et virements de bord sont facilités pour les navigations en solitaire :
J'ai fixé à l'arrière du puits de dérive une pièce de bois percée de 2 filières, et un taquet coinceur facilement largable

La suppression des taquets fixés au mat : Après 2 ruptures de mat, au niveau des trous de passage des boulons de fixation des taquets et pontets,  j’ai racheté un tube alu neuf,avec la ferme intention de ne pas le percer dans la partie basse. Les drisses et autres bouts qui tirent verticalement passent maintenant dans des poulies fixées au pont, puis sont renvoyés vers des taquets fixés eux aussi au pont, ou dans le cockpit.

Renvois drisses
Sur cette photo on voit le côté tribord, avec la drisse de GV dans la grande poulie noire, et dans la petite poulie inox la balancine (de la GV, qui est bômée) .
De l’autre côté (à bâbord) il y a un dispositif analogue, pour le palan d’amure de GV et pour la drisse de foc.

Couchette démontable : Elle est en 4 éléments en CP de 5 mm, renforcés en dessous par des longerons (petits tasseaux).  Ils s’appuient simplement sur le banc-coffre et sur 2 traverses amovibles en red cedar (très léger et imputrescible).  La largeur disponible entre les bancs dans le cockpit ne permet qu’une place. Pour utiliser aussi la surface des bancs -et obtenir 2 places- il aurait fallu donner à la couchette la même "tonture" que celle des bancs (ils ne sont pas plans), ce qui aurait rendu difficele le rangement de ces éléments.

Couchette demontable

Une fois séparés ces 4 éléments plans se rangent 2 par 2 de chaque côté du puits de dérive. (photo c-dessous)

Couchette demontee et rangee
      NB : c'est tout neuf. je ne l’ai pas encore utilisée en bivouac ! 

J’ai adopté la bôme de GV pour mieux déployer la voile au portant,et j’y ai fixé un dispositif de prise de ris rapide (voir ici)

J’ai installé un système de blocage de barre pour naviguer barre amarrée pendant des réglages à l’avant ou pendant le pique-nique, pour mettre en panne, etc.

Et j’ai installé des planchers plats dans les coffres pour que les rangements -et surtout les recherches- soient plus faciles.

Je n’ai pas encore trouvé comment assécher les fonds entre coque et cockpit car ils sont difficilement accessibles.  Si quelqu’un a un bon dispositif je suis preneur !

À bientôt en mer !

 

Norseboat 17,5 à l'aviron

Texte et photos : JP Chirouze

(Cliquez sur les images pour les ouvrir dans un nouvel onglet à leur taille d'origine)

 

La randonnée en aviron sur le Norseboat 17,5 « L’Alose »

Quand on a gouté aux plaisirs de l’aviron….

Alors que nous avions grandi près de la Méditerranée en tirant sur les écoutes d’un Vaurien, puis d’un Zef, pour ensuite découvrir les joies du planning sur un Simoun 445 (à vous de deviner notre âge….), les hasards de la vie ont fini pour nous faire nous échouer à… Lyon, loin de nos premières amours maritimes.

Et c’est là que, en manque de « glisse », nous avons découvert l’aviron, le « vrai » : en yolette pour débuter, mais très vite en Skiff, Pairoar, « Double », « Quatre », et « Huit », tous bateaux aux performances et difficultés techniques variables, mais offrant toujours beaucoup de plaisirs dans l’effort physique, les sensations de glisse, et le partage, l’aviron étant un vrai sport collectif.

Vap aviron html 67fdd23566cc24ba En double sur la Saône…

Jusqu’au jour où nous avons découvert la possibilité de mixer les plaisirs, anciens, de la voile légère, et nouveaux, de l’aviron. Ce fut notre découverte du concept « voile-aviron ».


 

Comment choisir son bateau « Voile-aviron »

Clairement, nous cherchions un « voile-aviron » qui permette l’aviron avec une efficacité suffisante pour « randonner », et donc pas trop lourd, et surtout d’une carène qui ne « traine » pas trop d’eau !

C’est aux hasards du Salon Nautique de Paris que nous avons découvert le Norseboat 17,5 (alors importé du Canada, ce qui n’est plus le cas aujourd’hui), bateau inspiré des chaloupes du début du 20ème siècle (on a découvert avec surprise dans les locaux de l’association Bateaux Traditionnels d’entre Loire et Gironde de La Rochelle, une chaloupe du Duguay-Trouin dont le Norseboat est une parfaite réplique !), et dont la carène était parfaite pour « nager » à deux.

Vap aviron html 81614ebb587ef521 Vap aviron html 875070a39ebdc72f
Le Norseboat dans une écluse sur l’Aulne La chaloupe BTLG à La Rochelle

Comment l’armer au mieux pour l’aviron

Au départ le Norseboat est équipé de deux bancs de nage amovibles, ces bancs servant également à « ponter » le bateau pour le bivouac (tente posée sur le pont), et deux paires d’aviron traditionnels.

Venant de l’aviron de compétition, deux nouveautés, par rapport à ce que nous connaissions, nous ont interrogés :

  • L’absence de coulisses et de cales de pieds qui modifie les conditions d’appui de la nage

  • Le type de dame de nage et d’aviron sans appui « au carré » qui fait qu’en « traditionnel » on ne « tourne » pas ses pelles

Tant pour des raisons d’efficacité que d’esthétique (les pelles en pin c’est plus joli que des pelles en carbone !), nous avons gardé dames de nage et aviron « tradi ». Mais par contre, nous avons pensé indispensable d’améliorer l’efficacité de la nage en améliorant les appuis.

Pour ça, nous avons décidé deux améliorations : un banc à coulisses, et des cales pieds.

Le banc à coulisses :

Vu l’encombrement de deux coulisses, et leurs rails, il fallait un système démontable permettant de libérer le cockpit en phase « sous-voile ».

Pour cela nous avons opté pour un support longitudinal réalisé en agglo de bambous (pour ses qualités mécaniques : rigidité et résistance à la déformation), pliable pour pouvoir être rangé en fond du bateau. Ce support est fixé sur les deux bancs de nage.

Vap aviron html 606fe0d255edcec3 Vap aviron html e18eb06d57a37b0b

Support « à poste », et « rangé » (Flèche rouge)

Ce support unique est équipé d’une paire de rails sur lesquels viennent s’installer les deux coulisses.

Vap aviron html b0b76bc7cc01128

Vap aviron html f873f73bb1ac28ea


Les cale-pieds :

C’est tout bête, mais à cause du vieux principe de l’ « action-réaction », l’appui de votre pelle dans l’eau, et donc ce qui fait avancer le bateau, est d’autant plus fort que votre appui des pieds est fort !

L’équipement le plus efficace, et simple, à prévoir est donc de mettre des « cale-pieds » dignes de ce nom.

Mais là aussi, il faut prévoir un système effaçable lorsque on passe « sous voile ».

La solution trouvée consiste à installer des cale-pieds de bateaux d’aviron sur une sorte de « platine-support » conçue pour être :

  • Rabattable : charnières et cales escamotables (voir photo)

  • Démontable simplement : on a juste mis deux bandes de Velcro sous la planchette et sur le caillebotis du fond de cockpit

Vap aviron html 686de6c187a2ce01 Vap aviron html f457b403f1525d01

Vap aviron html 1f2263d065dd839a Velcros de fixation au fond du cockpit

Pour ceux qui ne sont pas équipés et doués pour la menuiserie, il faut savoir que les sellettes à coulisses, les rails et les planchettes de cale-pieds sont à vendre chez les équipementiers spécialisés en bateau de « vrai » aviron (genre : http://www.lacentralenautique.com/index.php ), mais pas chez les shipchandlers habituels (qui ne font que les équipements genre « annexes »).

Bilan :

Après plusieurs centaines de km à l’aviron, quel bilan tirer de ces équipements ?

  • Cela dépend de votre programme : il est sûr que ces équipements représentent un peu de poids et d’encombrement. Si vous ne sortez les avirons que pour faire une sortie de port, ou promener les enfants, vous pouvez vous en passer ! Mais dès que vous pensez ramer plus d’une heure, n’hésitez pas….Et d’ailleurs, sur notre Norseboat, nous avons bien distingué les vraies randonnées à l’aviron, pour lesquelles nous partions en laissant voiles, mât et gréement à terre, pour rester en configuration « yole d’aviron », du simple appoint en aviron, en configuration « voilier », où nous n’équipions que les cale-pieds.

  • Les cale-pieds : une aide indispensable : même sur les yoles de Bantry où l’aviron doit être puissant, j’ai remarqué que la question des appuis pour les pieds était souvent négligée. Or un bon appui pour les pieds est indispensable pour être efficace (aller loin, vite, sans se faire du mal…). Et en plus, c’est en général assez facile de trouver une astuce pour caler son pied (en pensant bien que l’angle donné entre le pied et la jambe est très important pour limiter la fatigue !).

  • La coulisse, une aide à l’endurance : sur les « voile-aviron », dont le poids est tout de même d’un autre ordre de grandeur que celui d’un « vrai » bateau d’aviron, et dès lors que l’on a de bons cale-pieds, on atteint assez facilement la vitesse de carène (et oui les 5 nœuds, ça se fait). Les coulisses ne permettront pas d’augmenter spectaculairement la vitesse. Par contre, elles permettent de garder de la puissance plus longtemps en mobilisant une masse musculaire plus grande (en clair : on fait travailler beaucoup plus les jambes !). Les coulisses sont donc très utiles (voir indispensables ?) si vous voulez vraiment randonner sur de longs parcours (plusieurs heures de nage quotidienne).

Vap aviron html 1a0225043d77219b 

Belle glisse sur l’Aulne en configuration « yole d’aviron » !

Et comment reculer sans monter sur les berges ?

Sauf à équiper son voile-aviron en gondole, il faut bien se faire à devoir reculer !

En pleine mer, ça va encore, mais si vous randonnez sur un canal ou une rivière, mieux vaut savoir où vous allez !

Certains optent pour le miroir sur la casquette du cycliste, nous, nous avons opté pour le rétroviseur sur un mâtereau. Simple et efficace !

Vap aviron html 1f64014a6a2d8a2e Vap aviron html 7721f99cfefe1b8a

Pour des randonnées inédites

Si la randonnée en rivière est bien pratiquée par les clubs d’aviron, (voir : https://ffaviron.fr/espace-federal/programmes-federaux/circuit-randon-aviron ), elle l’est beaucoup moins dans le monde du « voile-aviron ».

Et c’est dommage car le voile-aviron offre la possibilité que n’offre pas l’aviron sportif : bivouaquer le long des cours d’eau !

Une randonnée avec bivouacs sur 2 ou 3 jours en rivière, et vous êtes au bout du monde…..

Voici quelques idées (disponibles dans le site de FVA), du nord au sud :

  • L’Elorn :

Voir : https://voileaviron.org/elorn/

  • L’Aulne :

Voir : https://voileaviron.org/topo-16-aulne-fluviale/

  • L’Odet :

Voir : https://voileaviron.org/topo-15-lodet/

  • L’Aven et le Belon :

Voir : https://voileaviron.org/topo-38-aven-et-belon/

  • Le Blavet

Voir : https://voileaviron.org/topo-35-le-blavet-groix/

  • La traversée « Manche-Océan » :

Voir :

A compléter par la Vilaine aval et l’estuaire de la Rance à la voile !

  • La « Boucle d’Aigues Mortes » :

Voir : https://voileaviron.org/topo-27-entre-mer-et-camargue/

Et dans le genre exceptionnel : La Vogalonga !

Voir le reportage dans : https://voileaviron.org/le-carnet-de-bord-n17-bulletin-de-la-fva-est-paru/

Vap aviron html 1c5745dbd4b1faae 1 Vap aviron html ec3f179b8495d52 1

Vap aviron html 74c06a2c4f7092d2 1 Vap aviron html f1dc15942962673e 1

Vap aviron html 4785e1287e918e9c 1

Bivouac de rêve dans Venise à l’occasion de la Vogalonga….

Demi-pois à l'aviron

Texte : Danilus

Images issues du site de Hannu Vartiala

Le canot de quatre pieds

Ceci n’est pas un scoop !

 

L’information existe de puis 2006 sur le site du créateur du demi-pois (Half Pea) quant à ce petit petit bateau de quatre pieds de long.

"Le plus petit canot du monde qui ressemble à un canot et pas à une boite."

 

Half pea green

 

Pour ceux qui ne sont pas familiers avec les mesures de l’empire britannique, quatre pieds correspondent à 4x30,05cm, soit 1,20m. La moitié de la longueur d’un Pd-racer ou d’un Optimist.

Et ça flotte ?

Oui, voyez cette vidéo : http://hvartial.kapsi.fi/dinghy44/115_1595.AVI

[Si votre ligne internet est lente, ça peut être un peu long à s'ouvrir. Patientez, c'est tout ce qu'il y a à faire.]

 

Auray punt et portugaisHannu Vartiala est un finnois qui a publié en anglais, entre 2003 et 2008, toute une série de plans de bateaux pour l’aviron à construire soi-même dans un minimum de plaques de contre-plaqué. Notamment : une plaque ou une plaque et demie.

 

On trouve ainsi un canot à la mode portugaise ; deux prames de la rivière d’Auray, le petit modèle avec une plaque de contreplaqué, le moins petit modèle nécessitant une plaque et demie ; un sampan vietnamien (une plaque) et le demi-pois qui est en quelque sorte le rejeton ultime de cette recherche de petits canots.

 

« Pour que le canot soit décent, même s'il est petit, faisons-lui suffisamment de largeur pour rendre l'aviron aussi confortable que possible. Ce sera environ 4 pieds. Nous ne voulons pas rendre le bateau plus court que sa largeur. Ce ne serait pas "comme un bateau". Faisons donc sa longueur totale aussi 4 pieds. Un canot carré, pour ainsi dire.

Pour faire un peu d'espace pour les pieds du rameur et pour rendre la partie sous-marine du bateau quelque peu navigable, faisons-lui un fond en V peu profond.

Pour le rendre légèrement plus sûr qu'un seau métallique, rendons-le insubmersible en incorporant un volume de flottabilité sous le siège.

 

Et n'effrayons pas les gens cette fois, construisons-le de manière conventionnelle. Pas de siège longitudinal ou quelque chose comme ça. Et pas l'allure d'une boite. Non, juste une apparence de canot simple et traditionnel, comme la plupart des gens s'attendraient à ce à quoi un canot ressemble.» (traduction Danilus)

 

Finalement, Hannu Vartiala est agréablement surpris du comportement de son demi-pois, sur lequel il pose des avirons « décents» ["Et par avirons décents je veux dire avirons décents. Pas ces horribles jouets pour enfant en plastique ou aluminium de 1,50m"]. 2,40m de bon bois avec 10cm de chevauchement au niveau des poignées.

 

Demi pois hannu vartiala 1Voici encore une vidéo tangante et roulante à plaisir :

http://hvartial.kapsi.fi/dinghy44/115_1598.AVI

 

 

 

Annexe demi poisLe créateur a pris la précaution d’avertir de surtout, surtout, surtout ne pas commencer en construction de bateau par celui-là, le contreplaqué s’y avérant très difficile à cintrer.

 

Peine perdue, de par le monde des néophytes s’y sont lancé avec d’heureux résultats, comme en fait foi la galerie de témoignages. Ça se construit en un week end, et ça se range dans un placard quand ça ne navigue pas.

 

Plein d'images et les plans sur le site du créateur aux adresses suivantes :

http://hvartial.kapsi.fi/dinghy44/dinghy4.htm

http://hvartial.kapsi.fi/dinghy44/gallery/gallery.htm

 

et la page d'accueil : http://hvartial.kapsi.fi/index.htm

 

***

 

 

 

 

 

Enseignements d'un chavirage

 

Le dimanche 24 juin 2012 nous étions 3 à bord de Blues, canot à voile au tiers (la photo ci-dessous n'a pas été prise ce jour là, mais notez déja l'importance du vrillage de la voile au portant, on en reparlera).

Nous étions sortis de l'Anse de l'Aiguillon avec le jusant pour nous rendre à La Rochelle.

J2s blues entre ds le lay

Le vent de S-O de force 4 nous obligeait à louvoyer. Ce vent et la mer qu’il levait étaient maniables pour mon canot ; nous gagnions au vent normalement. Après quelque temps, sentant que le vent et la mer forcissaient, j'ai craint l'apparition de déferlantes avant d'être arrivé à l'abri de l'Ile de Ré, et j'ai décidé de rentrer nous mettre à l'abri dans l'Anse de l'Aiguillon.

Cette route retour nous mettait vent arrière, allure risquée (roulis et risque d’empannage). J’ai donc voulu tirer des bords de grand largue. Mais il fallait aussi éviter de virer vent arrière. J’avais donc décidé de faire mes virements vent devant.

C’est pendant ce retour vers la baie que j'ai chaviré, en sortie d'un virement vent-devant destiné à me faire passer à grand largue bâbord-amure. L’originalité (si je puis dire) de ce chavirage est qu’il s’est produit au vent, vers bâbord donc. J’ai mis longtemps à en trouver l’explication.

Mes 2 équipiers avaient souvent navigué avec moi et souvent tenu la barre de mon canot en diverses occasions. Au moment de l'accident et pendant le virement de bord qui précédait c’est moi qui tenais la barre.

Le virement vent devant s'était très bien passé. Arrivé bâbord-amure en sortie de virement le canot s'est mis à gîter à tribord, comme il est normal à cette allure, et l'équipage s'est spontanément porté à bâbord, constituant une contre-gite appropriée.

J'ai alors largué l'écoute en grand, en poursuivant la rotation vers tribord pour passer au grand largue, toujours bâbord amure. Nous avions alors peu de vitesse. C'est lorsque j'ai remis de la tension dans l'écoute que j'ai senti le canot se pencher rapidement vers bâbord, au vent, jusqu'à embarquer beaucoup d'eau puis chavirer.

Ce qui s’est passé ensuite a confirmé les enseignements « habituels » de tout chavirage : il faut avoir tout attaché à bord, naviguer brassières capelées, disposer de moyens atteignables de se signaler, etc. Je ne vais pas m’y attarder : les manuels de navigation sont pleins de ces recommandations… (que j’avais en partie négligées !)

Mais j’en tire 3 autres enseignements plus rarement énoncés.

Le premier est relatif à l’étrangeté de ce chavirage au vent, qu’il faut pouvoir expliquer pour savoir éviter ensuite ce qui l’a provoqué.

Certes, il y avait la position bâbord de l'équipage, qui n'avait pas encore vraiment réagi au changement d'équilibre qui se produit quand on passe de vent de travers à grand largue. Cela a favorisé l'accident mais n'aurait normalement pas suffi. Peut-être y a-t-il eu aussi une vague oblique par rapport aux autres. Mais tout cela n'explique pas pour moi la rapidité du mouvement de chavirage ; il y avait donc eu autre chose et j'ai mis longtemps à comprendre.

J’ai trouvé une seule explication à ce chavirage « original » brutal : le vent a poussé le haut de la voile vers bâbord, ce haut de voile étant passé probablement en avant du mat (voir schéma). C’est un phénomène que j'avais déjà constaté en d'autres occasions, mais pas aussi fort. Ce 24 juin, il est probable que j'ai fait l'erreur de trop larguer l'écoute au cours de cette abattée volontaire, puis de la retenir brutalement, ce qui a accentué le vrillage de la voile, et le passage du haut de voile en avant du travers du canot. C’est ce qui à dû provoquer une force inhabituellement forte vers bâbord en haut de gréement. (flèche en haut du schéma ci-dessous)

Forces chavirage

Donc, au grand largue avec une voile au tiers, il est prudent d’éviter que le haut de voile dépasse trop le travers et pousse au vent.

Une fois dans l'eau, nous essayions de redresser le canot en nous agrippant aux quilles d’échouage, car la dérive était rentrée dans son puits, nous privant de son bras de levier.

Notre prise semblait insuffisante puisque nous n’arrivions pas à redresser. Équiper son canot de meilleures prises semble de bon sens. Mais il y avait autre chose qui nous empêchait de redresser le canot, ce que nous n’avons remarqué et compris qu’après notre sauvetage : c’est que le mouillage avait dégringolé au chavirage et avait croché le fond, l'autre extrémité du bout étant attachée au pied du mat. C’est la tension de la ligne de mouillage qui s’opposait à nos efforts de redressement. L’équipage du gonflable rigide qui est venu redresser et remorquer le canot a donc dû couper cette ligne de mouillage.

Mon second enseignement est donc que la ligne de mouillage ne doit pas pouvoir se dérouler sans action volontaire. Pour ce faire, sa glène est donc désormais bloquée par un petit bout (largable facilement, pour les cas où il faut mouiller d’urgence)

Mon 3ème enseignement relève de la psychologie.

L’un de mes équipiers devait prendre un train tôt le lendemain 25 juin à La Rochelle. Je m’étais donc mis une pression mentale pour atteindre ce port ce jour là, le 24.

Je ne crois pas que j’en ai été perturbé au point de ne pas être lucide sur l’état de la mer et du vent. En revanche, je pense que le fait d’avoir dû y renoncer me préoccupait au point d’affaiblir ma concentration, et mon attention aux forces qui s’exerçaient.

J’avais déjà remarqué que l’acuité de mes perceptions et la précision de mes actions sont amoindries par des préoccupations comme les contraintes de temps ou les équipiers bavards. Il y a celles qu’on ne peut pas éviter (comme les contraintes de marées). Alors autant ne pas s’en ajouter.

Telle est ma 3ème conclusion : Pour être totalement « dans » ce qu’on fait, il faut éviter de se donner des soucis (de rendez-vous par exemple) quand on navigue ! Et pour ne pas être perturbés par l’obligation de passer aux plans B, il faut avoir prévenu « les autres », et intégré en soi, que le rendez-vous (s’il y en a un) est pris « sous réserve ».

Puisque je suis toujours là pour le raconter, et puisque mes équipiers apprécient encore de naviguer avec moi malgré le temps que nous avons passé dans l’eau, je suppose que j’ai bien géré ce qui relevait de moi depuis le chavirage jusqu’à l’opération de sauvetage qui s’en est suivie. Je ne vais pas redire ici la profonde reconnaissance que j’ai exprimée à tous ceux qui y ont participé. Qu’ils sachent simplement que je n’oublie pas.


 

Voilaviron trans-océanique

Texte : Danilus et Sven Yrvind (traduit)

 

Lors d'une réunion amicale chez VAP, il est apparu que peu connaissaient Sven Yrvind [le Y suédois se prononce come le U français]. Il n'est donc pas inutile de parler ici de son nouveau bateau EXLEX, dont le nom vient du latin et signifie "hors la loi". C'est en effet un bateau voile et aviron, godille plus exactement, qui est conçu pour les grandes traversées océaniques, et ne correspond pas aux règles quasiment auto-définies par les grands constructeurs de bateaux européens (dixit Yrvind) il est donc hors du label CE.

Hunnebo yrvind just

Ce bateau qu'il a construit mesure 5,76m de long pour 1,20m de large, 20cm de tirant d'eau et 600kg à vide ; il est mû par deux voiles au tiers de 2m² (un poil plus grand seulement que la voilure d'un Optimist) et une godille inspirée des ro japonaises qu'il a étudié longuement sur place.

Et c'est pour partir de Dingle, un port d'Irlande, et arriver à son antipode, Dunedin en Nouvelle-Zélande. Le bateau est insubmersible et surtout auto-redresseur. Voici la video du test de retournement effectué début janvier 2020/

Voici le commentaire de Sven Yrvind sur les deux parties de la video :

Première partie, le test de retournement.

Petter à l'aide d'une gaffe vérifie que le moment de redressement de Exlex est positif à tous les angles jusqu'à 180 degrés.

Je suis à l'intérieur d'Exlex pendant le test de retournement. L'idée était que ce serait un roulement contrôlé. Cependant, Exlex est exceptionnellement sans stabilité à l'envers, malgré le manque de quille de ballast, mais en raison de l'abondance de ses volumes de flottabilité dans les hauts, il vient de basculer et c'est une bonne chose. Je n'étais pas préparé et en j'avais une main occupée pour tenir mon ruineux téléphone que je n'aurais pas aimer laisser tomber, donc ce n'était pas facile de m'aggripper à quelque chose, mais sur un petit bateau, le retournement est un petit problème. Maintenant, il y a des ceintures de sécurité dans les deux cabines. Je suis en forme et je ne me suis pas blessé.

La deuxième partie de la vidéo montre le bateau en train de naviguer à Hunnebostrand. Il est très stable et facile à conduire. Les deux voiles ont chacune une superficie de 2 mètres carrés, à peu près la même chose qu'un canot Optimist. Exlex est chargé avec 70 kilos d'eau, 4 ancres et des chaînes Maybee 40 - 50 kilos et 4 batteries de 40 ampères ainsi que des  80 kilos de  mon ami Thomas Grahn. Les ancres de Thomas Grahn resteront à terre. 130 litres d'eau de plus et environ 150 kilos de nourriture seront ajoutés et peut-être 50 à 100 kilos d'autres choses, y compris un mât de plus et 2 mètres carrés de surface de voile en plus. Pendant le passage de Dingle Ireland à Madère, je ne transporterai que 70 litres d'eau. Ça testera la vitesse et le comportement du bateau. À Madère, je vais le charger pour 200 jours et 13400 miles jusqu'à Dunedin NZ. Il sera au début surchargé mais la première partie du voyage est dans les alizés relativement légers de la partie orientale de l'Atlantique Nord. Déjà en atteignant l'équateur et les vents du Sud-Est, il sera plus léger et en passant au sud de l'Afrique, il aura perdu la moitié de sa charge et j'espère que moi et lui, nous aurons atteint notre forme optimale.[traduction Danilus]

Dans sa première version, Exlex avait déjà effectué une navigation jusqu'à Madère. Les modifications apportées depuis permettent un retournement beaucoup plus efficace (et brutal) que dans sa première configuration dotée d'un pont plus plat. C'est flagrant en visionnant les deux vidéos relatives aux retournements, avec l'ancien puis le nouvel aménagement de la partie haute.

Le départ est prévu pour avril 2020.

Sven YrvindLe marin vient d'avoir 80 ans, mais il n'en est pas à son coup d'essai. Dyslexique, il passa pour idiot avant d'exceller en mathématique, mais il fut classé au service militaire parmi les psychopathes et mis à l'isolement en prison où il se trouva fort bien en sa seule compagnie. C'est là qu'il décida d'être le capitaine de son propre bateau, ce qui lui permit de passer de ce statut d'asocial à celui de héros national après ses traversées sur des micros voiliers, comme son Bris, exposé dans un musée.

Mais à 20 ou 80 ans, comment diantre! peut-on vivre dans des boites pareilles? C'est simple, dans Exlex, Yrvind comme d'abitude boira de l'eau et mangera froid un seul repas par jour composé de sardines en boite et de muessli mis sous vide à la maison.

note danilusienne : si un fabricant de sardines à l'huile lit cette page, qu'il se dépêche de fournir à Sven les 400 boites nécessaires pour le voyage.

Mais finalement :"Je peux avoir un soupir de soulagement quand je vois la terre disparaître sous l'horizon parce que je suis plus en sécurité dans mon petit bateau sur la mer profonde, bleue, humide, sans fin, éternelle et immuable que dans le Royaume de Suède."

Les informations de première main sont trouvables sur le site de Sven Yrvind, en anglais (quelques pages sont disponibles en suédois pour ceux qui préfèrent).

Cliquez ici >https://www.yrvind.com/

De nombreuses vidéos sont disponibles sur la toile mondiale.

Sur Youtube vous trouverez la chaine de Sven ici >  https://www.youtube.com/channel/UCptM0nqGDJLz14oP6ROdKRw

***

Lire la suite

Equipement obligatoire 2 à 6 milles

Texte : Danilus et Journal Officiel

 

Amis de VAP et périphériques, votre petit bateau qui va à plus de 2 milles d'un abri en mer ne comporte probablement pas les équipements obligatoires depuis mai 2019 !

La nouvelle "division 240" publiée au JO en mai 2019 a sensiblement modifié les catégories de navigation et redéfini les engins nautiques, donnant leur existence légale aux planches à padoler ou tractées par des cerf-volants.

Nos voilavirons paraissaient à l'abri d'un traquenard, depuis le temps qu'ils existent.
Et bien non.

Certes vous pouvez ne plus avoir de miroir pour faire des signaux solaires, vous pouvez désormais utilisez vos inutiles pinoches en bois pour faire du feu, mais il vous faut un extincteur, même si vous êtes à moins de 2 milles d'un abri.

 Un ou plusieurs extincteurs portatifs d’incendie. Le type
d’extincteur portatif d’incendie, son
emplacement et sa signalisation sont définis par le manuel du propriétaire ou, à défaut, par l’annexe 240-A3 de la présente division.

 

Bon, un extincteur ce n'est pas bien gros et si en plus des avirons et de la voile, on s'encombre d'un moteur à essence, l'incendie n'est pas impossible.

Une ligne de mouillage n'est pas obligatoire si votre bateau pèse moins de 250kg, en revanche il vous faut une bouée type fer à cheval ou en forme de donuts, pas facile à caser, dotée de caractéristiques particulières.

Un dispositif de repérage et d’assistance pour personne tombée à l’eau type «bouée fer à cheval» ou«bouée couronne», conforme aux dispositions de l’article 240-2.17.

extrait de l'article 240-2.17 :

"il possède un dispositif lumineux étanche et pouvant résister à une immersion d’une heure dans 1 mètre d’eau, résister au milieu marin, avoir une autonomie d’au moins 6 heures et dont le rayonnementdoit pouvoir être visible sur tout l’horizon jusqu’à une distance de 0,5 mille"

 

Et en plus de la lumineuse bouée, il convient de posséder à bord d'autre matériel éclairant.
Heureusement une lampe étanche pouvant tenir 6 heures est un équipement collectif suffisant.

Un dispositif lumineux.
Celui-ci peut-être
:

collectif. Il est alors constitué d’une lampe torche étanche ayant une autonomie d’au moins 6 heures;

ou individuel. En ce cas:

  • il doit être étanche et avoir une autonomie d’au moins 6 heures;
  • il doit être soit porté soit fixé à l’équipement individuel de flottabilité mis à la disposition de lapersonne embarquée;
  • il peut être de type lampe flash, lampe torche ou cyalume.

 

Retenez bien "cyalume" pour tout à l'heure.

Le reste est plus classique et nos bateaux sont déja normalement équipés de la carte marine (tenue à jour) du lieu de navigation, de l'horaire des marée et autres documents habituels, des fuséees de détresse, etc. Mais l'extincteur et la bouée lumineuse pour personne à la mer, c'est nouveau.

Pour vous aider, voici une sélection dans un catalogue que j'ai sous la main.

  • Baton lumineux cyalume à 10,90€ les trois (3,95€ l'unité). On l'accroche à la bouée fer à cheval et c'est réglementaire.
    De plus si on n'a pas de lampe étanche "collective" on attache un baton à chaque gilet de sauvetage individuel porté par les personnes à bord.
  • Bouée fer à cheval en mousse cellulaire souple (plus facile à caser dans nos canots) pour 28€.
  • Cordage flottant pour attacher la bouée 30m/8mm 12,50€.
  • Extincteur à poudre 19,90€

C'est juste le minimum; bien sûr il y a plus sophistiqué et plus cher, je ne voudrais pas vous priver du plaisir de faire chauffer la carte bancaire.

Vous pouvez télécharger le document officiel relatif aux "RÈGLES DE SÉCURITÉ APPLICABLES À LA NAVIGATION DE PLAISANCE EN MER SUR DES EMBARCATIONS DE LONGUEUR INFÉRIEURE OU ÉGALE À 24M".

Division 240 texte consolide 12 decembre 2014 avec signetsdivision-240-texte-consolide-12-decembre-2014-avec-signets.pdf (314.63 Ko)

C'est un document à étudier soigneusement, on est probablement en faute quelque part. Vérifiez bien que votre voilaviron possède :

Équipement individuel de flottabilité
Un dispositif lumineux
Équipements mobiles de lutte contre l’incendie
Dispositif d’assèchement manuel
Dispositif de remorquage
Ligne de mouillage (si masse lège ≥250 kg)
Annuaire des marées (sauf Méditerranée)
Pavillon national (hors eaux territoriales)
Dispositif de repérage et d’assistance pour personne à la mer de type « bouée fer à cheval » ou « bouée couronne »
Trois feux rouges à main
Compas magnétique
Cartes marines officielles
Règlement international pour prévenir les abordages en mer
Description du système de balisage

***

Comment bien nouer les garcettes de ris

Texte : Yves G.G

Photos : VAP

 

L’important c’est de ne pas coincer la toile en serrant les garcettes, sinon on va se retrouver avec des plis à la fois moches, néfastes pour la circulation du vent le long de la voile, voire même dangereux pour la toile.

Chaque garcette doit donc devenir, une fois nouée, un anneau lâche dans lequel la toile peut bouger d’avant en arrière et réciproquement.  Une photo vaut mieux qu’un long discours :

Garcettes bien nouees

Comme on le voit sur la photo, la garcette ne serre pas la toile.  C’est ainsi que la voile trouvera toute seule sa bonne disposition.

Quand au bon nœud, c’est le nœud plat (et surtout pas le nœud de vache) pour qu’il soit facile à dé-souquer sans qu’il risque de se défaire seul.
Pour le souquer il faut d’abord le faire sans forcer, puis le souquer non pas par les 2 brins libres, mais par les 2 brins qui entourent la bande de toile. Ainsi on ne risquera pas de la serrer.

Ferline transfilée à la place des garcettes du premier ris.Si on veut utiliser le dispositif de tranfilage décrit sur cette page : http://www.naviguerautrement.org/blog/les-voiles/prise-de-ris-sur-voile-au-tiers.html , on peut conserver les garcettes pour les oeillets avant de la voile (ceux qui sont facilement accessibles depuis le cockpit quand on largue l’écoute le temps de prendre les ris). Ainsi, en limitant l’usage de la ferline aux oeillets de la moitié arrière, on n’a besoin que d’une moindre longueur de ferline tout en s’épargnant le risque de devoir se pencher hors du cockpit pour le ferlage.

 

***

 

 

Cabine repliable

 

Texte Daniel M.

Photos : Daniel M. et sites de Kanota.info  et Oz Goose.org

Cabine amovible et repliable

 

Les articles sur Gorfnik et les PDracers avec les liens vers les OZ Goose, ont créé de l’intéret entre amis et un plan a été commandé. J’en ai profité pour établir un dessin vite fait d’une idée de cabine amovible et dépliable sur cette coque de PD-racer allongée.

Amovible pour ne pas s’en encombrer en dehors des besoins de bivouac.
Repliable pour ne pas avoir à modifier la voilure et conserver l’essentiel des qualités de boite plate de l’engin.

Gouse d ail

Les cotes de la courbure de la carène ne sont pas justes, mais ça ne modifie pas l'aménagement qui concerne la partie aérienne.

  • En gros j'opte pour la position avancée maximum du mât et pour le recul du banc de nage ; parallèlement j'incorpore la dérive pivotante dans un coffre latéral (si on veut peaufiner on peut en mettre deux, mais avec une voile au tiers du même coté que la dérive par rapport au mât, ce n'est pas la peine) ce qui nous donne une possibilité de lit de 200x80, même aux pieds, bien dans le normes du confortable pour une personne.

  • Les coffres latéraux sont cloisonnés et pourvus de trappes de visite étanches pour stocker les habits et les aliments.  Le nécessaire de cuisine peut loger dans une caisse étanche qu'on sort dans le cockpit pour dormir.

  • Le matériel de mouillage, sauf proposition plus performante, est stocké à l'avant du bateau sur le pont.

  • Le banc de nage est un peu trop sur l'arrière, mais ce n'est pas vraiment un bateau d'aviron, alors pas de maximalisme!

  • Les panneaux latéraux de la cabine font un peu moins de 80cm de haut, soit leur largeur repliés, et le panneau frontal un poil plus large pour couvrir l'ensemble et les tasseaux d'étanchéité. Le panneau de toit en deux parties se replie pour ne pas recouvrir le banc de nage en position cabine fermée afin d'éviter les problèmes de solidité si on s'asseyait dessus.

  • La hauteur de la cabine dépliée est confortable pour s'asseoir, surtout pour les tailles modérées, mais les plus de 1,80m auront encore de la place.

  • Le coffre sous le banc est ouvert coté cabine pour assurer un espace de rangement à la tête du dormeur pour les bricoles (liseuse, lampe...).

  • En route, la cabine repliée fait pont, mais on évitera de marcher dessus grâce aux passavants préservés sur les coffres latéraux. Un cadenas peut apporter un surcroit de tranquillité lors d'un abandon temporaire sur une grève.

  • Il suffit de déplier les plaques qui sont autobloquantes pour avoir immédiatement une cabine accessible. Le système est copié de celui des caravanes repliables. Les panneaux sont ensuite solidarisés par des crochets rapides ou une ligne élastique comme les bâches de remorque bagagère.

  • La partie avant et les cotés peuvent éventuellement être équipés de fenêtres fixes en plexiglas, mais ça parait un équipement compliqué, lourd et superflu, du fait de la large ouverture sur l'arrière qui évite tout sentiment de confinement. Pour le système d'occultation, je penche pour de la toile ou nylon contre la pluie et une moustiquaire, mais un panneau en contreplaqué est possible, stocké à plat au fond de la coque en position cabine repliée.

  • OozegooseOn conçoit bien qu'une Goose équipée d'un roof fixe est non seulement envisageable mais déja réalisée (voir la Ooze Goose ci-contre), mais à réserver aux échines souples. En revanche le système pliable proposé ici évite le fardage en navigation pour un honnête confort à l'étape, sans avoir de tente à monter, notamment là où le camping est interdit. Le cockpit demeure suffisant pour une seule personne à bord pour laquelle cet aménagement est destiné.

  • Un calcul au pifomètre fait estimer le poids de la cabine à moins de 15kg en contreplaqué de 5mm avec les renforts et les charnières, ce qui reste raisonnable pour manipuler le canot.

Extension du concept

Galup450L’idée n’est pas exclusive à l’aménagement d’une Oz­Goose. Par exemple j’ai repéré dans le catalogue de Philippe Saint-Arroman une plate qui ferait bien l’affaire, le Galup 450. Tous les éléments essentiels y sont déjà réunis : une sole assez large pour s’étendre, des caissons latéraux pour la flottabilité et le stockage, et une dérive décalée. Il suffirait de modifier le coffre avant pour gagner de la place pour les pieds vers la proue, tout en conservant la solidité de la coque et on aurait, pour une personne seule, un beau voilaviron de camping cotier avec cabine en dur dans un budget serré.

Au total on comprend bien que c'est la dérive centrale qui empêche de s'allonger au large dans nos coques étroites. Fred Shell, de l'autre côté de l'Atlantique, pour une cabine dans un canot de modestes dimensions , crée le plan anti-dérive par deux ailerons sous la coque, libérant l'espace, mais au détriment du tirant d'eau, quant à Matt Layden il utilise des ailerons de bouchain en complément d'un safran de belle taille (mais au prix d'un un mât reculé qui supprime le cockpit ouvert).
La solution de la dérive décalée, comme sur le Scamp, semble un compromis raisonnable pour un aménagement aisé sans modifier fortement la conception classique des canots de voile-aviron où on ne cherche pas toujours à gagner deux dixièmes de seconde au mille, mais qui doivent satisfaire des exigences plus ou moins contradictoires.

***

 

 

De La Rochelle à l'ile d'Aix

Texte :Y.G-G

Images de base : copies d'écran

 

Les meilleures conditions pour entreprendre un aller et retour LR-Aix-LR

 

 

Si les vents sont favorables le trajet se fait en 3 heures maximum, voire 2 heures dans des conditions de courant très favorables de forts coefficients.

Mais si on doit louvoyer ...

 

Courants entre lr et aix

À l’aller, de La Rochelle vers l’Île d’Aix, c’est le courant de flot (SE) qui sera favorable, et le jusant (NO) sera dans le bon sens au retour vers La Rochelle. Ça tombe bien puisque c’est uniquement à marée haute qu’on peut profiter de l’Anse du Saillant,côté Est (*) pour « plager », ou du port pour se mettre à quai. D’autres parties de l’île sont à découvrir à basse mer.

(*) n’entrer dans cette anse que si la hauteur d’eau est d’au moins 5m, et dérive en partie relevée !

 

Voyons d’abord cette option « pleine mer à l’Île d’Aix »

 

Pour un aller et retour dans la journée, il faut choisir des horaires de PM pas trop tardives pour avoir le temps de faire le retour avant la nuit.

Il est donc essentiel de pouvoir prévoir la durée du retour en fonction du vent et du jusant.

La direction du jusant a une sérieuse composante Ouest, qu’il faut compenser en donnant une composante Est à son cap. Autrement dit les vents de N à ENE sont peu favorables : ils obligeront à louvoyer ce qui va allonger beaucoup la durée du retour. En revanche les vents de NO ne sont pas un problème, direction fréquente en régime de brises thermiques.

Qui dit PM dans la journée dit coefficient moyen à faible, donc « l’assistance » par les courants sera faible, et la hauteur de la PM pourra être insuffisante pour atteindre le haut sableux -et relativement sûr- de l'anse.

Les mois avec longues durées du jour donnent plus de liberté pour choisir des horaires un peu tardifs, donc avec coefficient plus forts, puisque la nuit viendra très tard.

Autre précaution à prendre : évaluer la durée pendant laquelle le bateau restera flottant avant que le niveau de l’eau ne baisse trop. Les courbes de hauteur d’eau sont données pour Aix sur http://maree.info/128

 

Attention : les informations sur les conditions d’échouage et plageage données dans cet article ne sont valables que pour les petits canots à dérive relevable ; type canots « voiles-avirons ». Plus gros, s’abstenir !

 

L’option nuit sur l’île permet en revanche de profiter de PM du matin et du soir, donc de courants plus forts. Cela entraîne que le bateau sera échoué la nuit (BM). Il faut alors être sûr de la qualité des fonds. Ceux du port sont douteux (pierres). Ceux de la bande sableuse du haut de l’Anse du Saillant sont bons, sauf quelques obstacles dispersés. Il faut donc sonder autour du bateau avant de le laisser toucher le fond. Par faible coefficient on n’aura pas assez d’eau pour atteindre cette zone sableuse haute et on risque de heurter des dispositifs d’ostréiculture (insuffisamment balisés).

L’Anse est bien protégée de la houle. Le ressac n’est donc jamais fort sauf si un "bon p'tit vent" d’E se lève en fin de nuit. Plager en tenant compte du risque de ressac impose d’échouer nez au large, et de porter le mouillage au large quand l’eau a suffisamment baissé (voir notre rubrique http://www.naviguerautrement.org/blog/do/tag/echouage/

Ne pas échouer tout en haut de la PM du soir, car celle du lendemain matin est souvent 20 à 30 cm plus basse. Ce serait bête de rester coincé...

En repartant le matin on a environ 5 heures pour le retour, ce qui permet d’accepter de louvoyer, d’autant plus que le courant favorable sera plus fort avec ces coefficients.

 

Option « basse mer à l’Île d’Aix »

 

C’est à basse mer qu’on peut plager dans l’Anse de la Croix (au pied des phares) ou dans l’Anse de Tridoux (un peu plus au nord). L’approche de l’Anse de la Croix ne présente pas de problèmes. Celle de Tridoux doit se faire quand l’eau a suffisamment baissé pour que le banc de roches qui l’abrite par le sud soit visible. On peut le longer d’assez près car sa bordure nord est accore. Avant qu’il soit visible il est repérable par la perche qu’il porte.

A ce bas niveau d’eau la houle est un peu amortie sur les bancs de roches. Éviter quand même les jours de houle forte et/ou longue (voir prévisions de houle sur https://marine.meteoconsult.fr/meteo-marine/marine-cotiere/france/previsions-meteo-zone-des-sables-d-olonne-a-oleron-6312-5.php ).

Prendre les précautions de plageage déjà indiquées.

(Si on voit que ça « l’fera pas » à cause du ressac, poursuivre vers le mouillage de la rade du port de l’île.)

3 anses aix

 

Cette fois, c’est à dire avec basse mer en milieu de journée, les courants seront défavorables dans les 2 sens. Pour le retour la difficulté sera renforcée par brises thermiques de l’après midi (d’ONO en général) : avec le courant allant au SE, ça devient dur !

Il faut donc s’assurer d’un vent favorable … et se préparer à faire demi-tour et se réfugier au mouillage de l’Île d’Aix, ou dans la Charente, si le retour commence mal : Fouras, Port des Barques, Soubise, Rochefort. Ces ports ou cales ne sont atteignables que bien au-dessus de mi-marée. Se renseigner avant sur leurs conditions d’accès et de stationnement.

 

Petit « détail »

 

La route LR-Aix passe sur la partie ouest d’une grande zone de filières à moules (au large de Chatelaillon et Yves). Elle est bien balisée.

En général on passe à l’Ouest, mais la longer par l’Est est possible aussi.

 

 

Gorfnik : croiseur minimal

Texte Danilus

Photos : A-F Bourbeau, Brian A.T.K

AF-Bourdeau sur Gorfnik


Le précédent billet avait évoqué les PD racers, cette classe de bateaux à construire soi même avec trois plaques de contreplaqué de 2,5m de long, dont seule la carène est imposée. Appendices et parties supérieures étant laissés à l’imagination des constructeurs.

Note : évidemment si on ne veut pas participer à des régates officielles de la classe, on se moque aussi de respecter les contraintes de la carène.

Gorfnik shemaDans le cadre limité en taille du Puddle Duck, un professeur québécois à la retraite, André-François Bourbeau, a construit un croiseur minimum pour aller explorer les lacs et la rivière Saguenay, affluent du Saint-Laurent soumis à la marée et à un mascaret, là où il n’y a même pas de rampes de mise à l’eau et où il ne fait pas toujours bien chaud. Son bateau s’appelle Gorfnik et les plans sont publics.

 

André-François Bourbeau se présente comme ayant quelque expertise en activités de plein-air (Outdoor) et on veut bien le croire en consultant la page Wikipédia qui lui est consacrée, ou encore celle-ci, mais aucune en construction de bateau exceptée celle de canoés en écorce.

Le résultat comme on le voit sur les images paraît extrêmement simple.
D’ailleurs c’est extrêmement simple.
Mais cette évidence du dessin est l'aboutissement, comme toujours, d’une étude poussée afin de l’obtenir. Comme A-F Bourbeau l’écrit lui-même, il y a beaucoup de détails qui rendent Gorfnik fonctionnel et il a passé beaucoup plus de temps à se gratter la tête qu'à le construire. L'angle et le placement de la fenêtre frontale étaient particulièrement cruciaux pour remonter les genoux à la poitrine depuis la position allongée et accéder à l' espace avant sans contorsions indues. La hauteur de la cabine a fait l’objet de nombreux essais et mesures, pour tout à la fois être utilisable et demeurer simple à fabriquer.

Gorfnik bivouac

Le bateau ne conviendra pas à tout le monde, notamment les personnes qui mesurent plus d’un 1,80m auront quelques peines à s’y loger, ils faudra qu’elles se résignent à construire 30cm plus long, mais on trouve aisément en France des plaques de contreplaqué de trois mètres, donc pas de raboutage à faire, cependant il y aura des trucs à recalculer.

 

Gorfnik dans des rapides

 

Après de nombreux voyages avec son Gorfnik, sur les lacs canadiens et les Everglades aux USA notamment, le Dr André-François Bourbeau nous livre ses conclusions  (traduction sans fioritures par Danilus) :

 

Gorfnik usages"Gorfnik peut être construit en moins de deux semaines.
Dans l’ensemble, je suis ravi d’annoncer que Gorfnik est un succès merveilleux, de loin supérieur à tout ce que j'avais imaginé au début, et dépasse tous les objectifs que je m'étais fixés.

Quel petit bateau addictif!

 

  • Navigation depuis l'intérieur
  • Dormir assez confortablement
  • Camper n'importe où sans rien à installer, il y a juste à fermer la trappe
  • Explorer les eaux très peu profondes, de quelques centimètres de profondeur
  • Moins de 3 minutes de la remorque à la voile
  • Belle position assise face à l'avant
  • Moins de 95kg, peut être traîné dans et hors de l'eau
  • Peut être transporté dans une remorque standard ou une camionnette
  • le "Stand-up paddle" comme moyen de secours fonctionne comme un charme [note : d'après l'image, comment padoler quand il pleut? ]
  • Incroyablement stable, on peut même cuisiner sur le pont avant tout en naviguant (temps calme)
  • Agréable et chaud en naviguant quand il fait froid" [note : Brian A.T.K sur l'exemplaire de gorfnik de sa fabrication a mis un mini-poële à bois ou à bougie : Clic!]

 

Goorfnik cuisine

 

Voici une video avec un Puddle Duck minimal et Gorfnik.

 

 

 

Et voici les mêmes promeneurs avec deux gorfniks, faut croire que l'aventurier Billy Rioux fut séduit par le bateau du professeur lors du premier voyage.

 

 

 

A la lecture d’une intervention du créateur de Gorfnik sur un forum, Brian A.T.K décide de s’en construire un. Les échanges entre lui, A-F Bourbeau et divers autres internautes ont été réunis dans un document en libre accès, riche en considérations diverses. Hélas c’est en anglais, mais on se consolera en analysant les images et en usant d’un traducteur électronique si la lecture de l’anglais est un peu hésitante.

 

Téléchargez le dossier PDF depuis ici : Gorfnik

 

Téléchargez les plans ici : Gorfnik plans 2016gorfnik-plans-2016.pdf (1.71 Mo)

 

Gorfnik plan1

Cliquez pour agrandir l'image dans une nouvelle fenêtre

 

***

 

 

 

 


 


 

"Foils" et gréement au tiers

Texte  : Danilus

Photos et vidéo issues du site de Michael Storer

 

Attention! Ça décoiffe!

Michael Storer, l'architecte du bien connu Goat Island Skiff, s'intéresse tout à la fois aux performances des voiles au tiers (bômée) et aux foils, des Moths aux IMOCA. Il lance un mouvement de mise en commun des innovations en matière de foils sur des caisses à savon, propulsées par des voiles au tiers. Comme il l'écrit, si ça marche avec ce bateau, ça marchera sur tous.

La recherche actuelle ne porte pas sur des foils permettant de s'élever au dessus de l'eau, mais des foils qui diminuent la gite, évitant de recourir à des rappels durs aux abdominaux où à des planches en porte à faux.

Pour comprendre la problématique, regardez cette video d'un OZ Goose, cette boite à sandalettes plates (grande pointure) munie d'une voile.

Ozgoose rappel 1 Cette OZ goose était auparavant affublée de barres de rappel. Les foils ont rendu leur usage inutile, car au fur et à mesure que la vitesse augmente, le foil sous le vent agit comme une aile et le barreur peut rentrer tranquillement dans le bateau au lieu de se pencher désespéremment en dehors. C'est contre intuitif mais ça marche. Le foil n'agit pas comme un flotteur de trimaran qui empêche la coque de s'enfoncer, mais il se crée un courant porteur sous le foil qui soulève le bateau et qui augmente avec la vitesse.

A titre de comparaison vous pouvez regarder cette video du même bateau sans foil : https://www.youtube.com/watch?v=v71RTIrDtfs

et les premiers essais avec foils : https://www.youtube.com/watch?v=UnPz9hd0dws

La force ascensionnelle de l'aile aquatique augmente avec la vitesse, aussi voit-on, comme sur la video du Q17 en test sur le lac de Garde,  les équipages commencer la navigation en position de rappel puis se recentrer à l'intérieur du bateau au lieu de se pencher de plus en plus et de plus en plus loin pour résister à la force de chavirage. Avec un foil de stabilité c'est même l'inverse qu'il faut craindre : faute de recentrer le poids dans le bateau on risque le chavirage à l'envers, la poussée de l'aile s'ajoutant au poids de l'équipage au rappel, et c'est la culbute. Renversant non?

Michael Storer, très au fait des recherches, propose un modèle ultra simple de foils stabilisateurs, à construire avec du bois, de la fibre de verre et de l'epoxy, pour pas cher, remarquant que les progrès décisifs dans les Moths à foils furent faits avec de tels matériaux et que la fibre de carbone et autres sophistications ruineuses ne sont venues que plus tard.

Duck a foilsLe bateau qui sert pour l'expérimentation est dans la lignée des 8 pieds OZ-racer, eux mêmes dérivés des Puddle Duck Racer. Les OZ Racer, très toilés, sont généralement équipés de voiles au tiers bômées, offrant  de très bonnes performances pour un cout modéré ; le foiler n'échappe pas à la règle du moindre prix, une boite, une dérive et un safran tout à la fois simples et très étudiés, une voile au tiers puissante, et des foils horizontaux aussi naturellement faits de contre-plaqué, renforcé de fibre de verre et d'époxy, techniques bien connues des constructeurs amateurs de voilavirons.

Dans un article très récent, Michael Storer indique comment construire un Duck à foil afin de partager des infos en partant d'une base commune rudimentaire. Les premiers essais paraissent conclants, ce qui laisse augurer des progrès décisifs quant on appliquera les résultats pour améliorer la stabilité des canots ordinaires et pourquoi pas tout particulièrement les canoés à voile, qui présentent l'avantage d'être légers, de pouvoir se fixer sur une galerie de toit de voiture ( évitant la remorque quelquefois difficile à garer), manipulables aisément par une personne seule, et suffisamment polyvalents pour pouvoir naviguer sur des plans d'eau divers dans des conditions météos variées.

note surdanilusienne : en réponse à une question quant à l'adaptation des foils sur un canoé genre Viola, Michael Storer répond : "Ceci est une approche judicieuse pour les navires minces comme le Viola - un seul foil latéral horizontal pour augmenter le moment de redressement. Mais je n'en sais pas assez pour l'instant pour implémenter une solution . Ce serait un coup dans le noir [traduction littérale :-) ].

 

Osez "naviguer autrement" et suivez cette aventure : https://www.storerboatplans.com/faq-info-about-materials-and-methods/build-hydrofoil-stabilised-dinghy-shared-specification/

***

L'accon des pertuis

Texte : Robert Sarraud

 

Robert Sarraud fut marin et ostréiculteur à Nieul-sur-mer. Il fut aussi poète. Dans son recueil Grisailles d'Aunis, datant probablement de 1938 ( selon une dédicace sur l'exemplaire en notre possession), il nous parle de l'accon dont il attribue la paternité à un irlandais mythique qui aurait fait naufrage au XIIIe siècle dans la baie de l'Aiguillon, notablement plus étendue alors qu'aujourd'hui.

Accon0001

photo : origine inconnue

Accon d'Aunis

Lire la suite

Kanoteko+

Texte : Daniel M.

Photos : Vap et Kanota

 

Mon bateau est un Kanoteko+.

C'est un canot dont tout le monde s'accorde à dire : "il est beau". Comme je n'en suis ni le concepteur ni le constructeur,  je ne suis pas gêné pour affirmer que c'est vrai.

La coque étant peinte en noir, son nom de "Beau-Merle" lui va comme un gant.

Voile aviron sur la Nive

Vous trouverez sur le site  de Philippe Saint-Arroman, les informations techniques détaillées. 

J'étais allé voir le chantier installé au bord de l'Adour, pour acheter un Balea qui m'avait tapé dans l'oeil à la lecture du Chasse Marée, d'autant que Yves G.G qui l'avait essayé pour cette revue m'avait dit le plus grand bien de la carène. Le Balea m'avait finalement paru un peu petit, mais un bateau recouvert d'une housse sous un hangar semblait correspondre à mes souhaits. C'était Hegoak, le Kanoteko+ numéro un. 

J'exprime mon cahier des charges à Philippe Saint-Arroman : "un canot que je puisse mener seul jusqu'à force 5, et manipuler seul à terre". Il m'assure que le K+ fera le boulot. Je passe commande, finalement en achetant un chat en poche, n'ayant pas essayé le bateau. Et je ne l'ai jamais regretté.

Un vrai voilaviron.

La carène est de la même famille que celle du Balea, une coque en V, sensible à l'arrêt, qui s'élargit fortement pour assurer une stabilité dynamique, un peu comme sur un Doris, en mieux.

Kuluxka voile aviron c 2012 jc broca

Le K+ est une interprétation des petits canots basques utilisés par les pêcheurs ; comme eux il est très maniable à l'aviron, le faire reculer par exemple est aussi simple que d'avancer, et il s'avère suffisamment rapide pour qu'on se serve des rames. Pour éviter la cohue de l'école de voile sur la cale d'où je le lance souvent, je pars à l'aviron pour ne gréer qu'au large. Quand le vent se montre faible et le clapot modéré, je parcours environ un mille (20 minutes pépère) avant de hisser la voile. De même au retour, j'abaisse la voile au large (moins loin) et le bateau est ainsi plus aisé à sortir de l'eau, tâche rendue difficile parfois avec le ressac qui vous drosse sur le béton de la cale à la moindre erreur.

Le grément de Beau-Merle est au tiers avec une bôme. La voile fut dessinée spécialement pour lui, les K+ précédents utilisant l'option houari plus foc. Il m'a fallu pas mal de temps pour trouver les bons réglages, le bateau ayant tendance à se planter face au vent et ne plus vouloir en démordre, sauf en le faisant reculer avec la barre à contre. Mais je ne saurais faire la part de ce qui revient au bateau et ce qui incombait à la faible expérience du marin (je n'avais commencé la voile que deux ans auparavant à soixante-quatre ans, un âge où l'on apprend pas très vite). Quoi qu'il en soit, en reculant le point d'attache sur la vergue et en amurant au pied du mât, le canot est devenu docile, aussi bien pour les virements que pour les empannages. Du moins tant qu'on n'est pas surtoilé. 

Voile aviron, kanoteko+ La Rochelle

Seul à bord, dès 12 noeuds de vent, il faut prendre un ris, et le second vers 15/16 noeuds. Il importe alors de très bien ferler la voile avec les garcettes, sinon on obtient un sac de pomme de terre, une poche à contre se formant à l'arrière du mât, rendant la voilure incontrôlable. Quand le ris est correctement ficelé, le bateau reste mieux à plat, il devient plus rapide et plus confortable, le barreur solitaire demeurant assis comme un pacha sans avoir à se pencher pour des rappels d'enfer. Le bateau n'a jamais chaviré,  sauf cette fois là. Même, à deux poids lourds, par force 5 sérieuse, l'équipage faisant rappel au lieu de choquer l'écoute dans les rafales à 23 noeuds bon poids, le souvenir disant "toute la voile dessus", plus probablement un ris de pris, le mât a cassé, mais le K+ n'a pas chaviré.

Beau-Merle naviguant souvent dans le Pertuis Breton, un clapot fort et court et souvent désordoné lui tient lieu de terrain de jeu. Sa jolie carène passe bien la vague et le bateau n'embarque quasiment jamais d'eau. Après deux heures de navigation dans le clapot des pertuis charentais, une petite dizaine de coups d'éponge vient aisément à bout de l'eau indésirable, c'est une opération qui relève plus de la coquetterie que du besoin.

Aux allures de largue, le canot arrive de temps en temps à surfer la vague malgré ses 9,6m2 de toile seulement pour une coque de 118kg environ auxquels s'ajoutent éventuellement les 75kg de lest sous forme de ballast liquide. Au près un cap de 40/45° par rapport au vent se tient aisément. Une attention soutenue permet de remonter à 35°, au prix d'une vitesse réduite et d'une surveillance du fasseyage de tous les instants pour ne pas se trouver planté brutalement bout au vent. Mais ça permet parfois, en profitant d'adonnantes, de passer un obstacle sans tirer un bord de plus.

Voile aviron    Pertuis d'Antioche

De retour à terre, la coque munie de sa voile et ses espars, ses avirons, son mouillage et chargée des ans du capitaine, auxquels il convient d'ajouter le poids du chariot de mise à l'eau en acier galvanisé (plus de 30kg) on est à la limite du manipulable par une seule personne. Remonter une cale peut s'avérer vite problématique si la fatigue de la navigation se fait un peu trop sentir.  C'est le moment où l'on regrette le Balea.

En revanche le lancement et la sortie de l'eau avec la remorque de route la plus simple du marché sont des opérations extrèmement aisées.

Toute chose présentant un revers, au ponton le K+ n'est pas une affaire. Il ne peut pas faire office de barge pour recevoir huit personnes à l'apéro, il y aurait vite des buveurs à la mer. En fait c'est un engin bien fait pour naviguer, seul ou à deux ( trois à la rigueur) plus rapide à la voile que la plupart des bateaux de voile-aviron présents dans les flotilles et réellement utilisable aux rames, même debout à la valesana.

***