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"Foils" et gréement au tiers

Texte  : Danilus

Photos et vidéo issues du site de Michael Storer

 

Attention! Ça décoiffe!

Michael Storer, l'architecte du bien connu Goat Island Skiff, s'intéresse tout à la fois aux performances des voiles au tiers (bômée) et aux foils, des Moths aux IMOCA. Il lance un mouvement de mise en commun des innovations en matière de foils sur des caisses à savon, propulsées par des voiles au tiers. Comme il l'écrit, si ça marche avec ce bateau, ça marchera sur tous.

La recherche actuelle ne porte pas sur des foils permettant de s'élever au dessus de l'eau, mais des foils qui diminuent la gite, évitant de recourir à des rappels durs aux abdominaux où à des planches en porte à faux.

Pour comprendre la problématique, regardez cette video d'un OZ Goose, cette boite à sandalettes plates (grande pointure) munie d'une voile.

Ozgoose rappel 1 Cette OZ goose était auparavant affublée de barres de rappel. Les foils ont rendu leur usage inutile, car au fur et à mesure que la vitesse augmente, le foil sous le vent agit comme une aile et le barreur peut rentrer tranquillement dans le bateau au lieu de se pencher désespéremment en dehors. C'est contre intuitif mais ça marche. Le foil n'agit pas comme un flotteur de trimaran qui empêche la coque de s'enfoncer, mais il se crée un courant porteur sous le foil qui soulève le bateau et qui augmente avec la vitesse.

A titre de comparaison vous pouvez regarder cette video du même bateau sans foil : https://www.youtube.com/watch?v=v71RTIrDtfs

et les premiers essais avec foils : https://www.youtube.com/watch?v=UnPz9hd0dws

La force ascensionnelle de l'aile aquatique augmente avec la vitesse, aussi voit-on, comme sur la video du Q17 en test sur le lac de Garde,  les équipages commencer la navigation en position de rappel puis se recentrer à l'intérieur du bateau au lieu de se pencher de plus en plus et de plus en plus loin pour résister à la force de chavirage. Avec un foil de stabilité c'est même l'inverse qu'il faut craindre : faute de recentrer le poids dans le bateau on risque le chavirage à l'envers, la poussée de l'aile s'ajoutant au poids de l'équipage au rappel, et c'est la culbute. Renversant non?

Michael Storer, très au fait des recherches, propose un modèle ultra simple de foils stabilisateurs, à construire avec du bois, de la fibre de verre et de l'epoxy, pour pas cher, remarquant que les progrès décisifs dans les Moths à foils furent faits avec de tels matériaux et que la fibre de carbone et autres sophistications ruineuses ne sont venues que plus tard.

Duck a foilsLe bateau qui sert pour l'expérimentation est dans la lignée des 8 pieds OZ-racer, eux mêmes dérivés des Puddle Duck Racer. Les OZ Racer, très toilés, sont généralement équipés de voiles au tiers bômées, offrant  de très bonnes performances pour un cout modéré ; le foiler n'échappe pas à la règle du moindre prix, une boite, une dérive et un safran tout à la fois simples et très étudiés, une voile au tiers puissante, et des foils horizontaux aussi naturellement faits de contre-plaqué, renforcé de fibre de verre et d'époxy, techniques bien connues des constructeurs amateurs de voilavirons.

Dans un article très récent, Michael Storer indique comment construire un Duck à foil afin de partager des infos en partant d'une base commune rudimentaire. Les premiers essais paraissent conclants, ce qui laisse augurer des progrès décisifs quant on appliquera les résultats pour améliorer la stabilité des canots ordinaires et pourquoi pas tout particulièrement les canoés à voile, qui présentent l'avantage d'être légers, de pouvoir se fixer sur une galerie de toit de voiture ( évitant la remorque quelquefois difficile à garer), manipulables aisément par une personne seule, et suffisamment polyvalents pour pouvoir naviguer sur des plans d'eau divers dans des conditions météos variées.

note surdanilusienne : en réponse à une question quant à l'adaptation des foils sur un canoé genre Viola, Michael Storer répond : "Ceci est une approche judicieuse pour les navires minces comme le Viola - un seul foil latéral horizontal pour augmenter le moment de redressement. Mais je n'en sais pas assez pour l'instant pour implémenter une solution . Ce serait un coup dans le noir [traduction littérale :-) ].

 

Osez "naviguer autrement" et suivez cette aventure : https://www.storerboatplans.com/faq-info-about-materials-and-methods/build-hydrofoil-stabilised-dinghy-shared-specification/

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L'accon des pertuis

Texte : Robert Sarraud

 

Robert Sarraud fut marin et ostréiculteur à Nieul-sur-mer. Il fut aussi poète. Dans son recueil Grisailles d'Aunis, datant probablement de 1938 ( selon une dédicace sur l'exemplaire en notre possession), il nous parle de l'accon dont il attribue la paternité à un irlandais mythique qui aurait fait naufrage au XIIIe siècle dans la baie de l'Aiguillon, notablement plus étendue alors qu'aujourd'hui.

Accon0001

photo : origine inconnue

Accon d'Aunis

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Kanoteko+

Texte : Daniel M.

Photos : Vap et Kanota

 

Mon bateau est un Kanoteko+.

C'est un canot dont tout le monde s'accorde à dire : "il est beau". Comme je n'en suis ni le concepteur ni le constructeur,  je ne suis pas gêné pour affirmer que c'est vrai.

La coque étant peinte en noir, son nom de "Beau-Merle" lui va comme un gant.

Voile aviron sur la Nive

Vous trouverez sur le site  de Philippe Saint-Arroman, les informations techniques détaillées. 

J'étais allé voir le chantier installé au bord de l'Adour, pour acheter un Balea qui m'avait tapé dans l'oeil à la lecture du Chasse Marée, d'autant que Yves G.G qui l'avait essayé pour cette revue m'avait dit le plus grand bien de la carène. Le Balea m'avait finalement paru un peu petit, mais un bateau recouvert d'une housse sous un hangar semblait correspondre à mes souhaits. C'était Hegoak, le Kanoteko+ numéro un. 

J'exprime mon cahier des charges à Philippe Saint-Arroman : "un canot que je puisse mener seul jusqu'à force 5, et manipuler seul à terre". Il m'assure que le K+ fera le boulot. Je passe commande, finalement en achetant un chat en poche, n'ayant pas essayé le bateau. Et je ne l'ai jamais regretté.

Un vrai voilaviron.

La carène est de la même famille que celle du Balea, une coque en V, sensible à l'arrêt, qui s'élargit fortement pour assurer une stabilité dynamique, un peu comme sur un Doris, en mieux.

Kuluxka voile aviron c 2012 jc broca

Le K+ est une interprétation des petits canots basques utilisés par les pêcheurs ; comme eux il est très maniable à l'aviron, le faire reculer par exemple est aussi simple que d'avancer, et il s'avère suffisamment rapide pour qu'on se serve des rames. Pour éviter la cohue de l'école de voile sur la cale d'où je le lance souvent, je pars à l'aviron pour ne gréer qu'au large. Quand le vent se montre faible et le clapot modéré, je parcours environ un mille (20 minutes pépère) avant de hisser la voile. De même au retour, j'abaisse la voile au large (moins loin) et le bateau est ainsi plus aisé à sortir de l'eau, tâche rendue difficile parfois avec le ressac qui vous drosse sur le béton de la cale à la moindre erreur.

Le grément de Beau-Merle est au tiers avec une bôme. La voile fut dessinée spécialement pour lui, les K+ précédents utilisant l'option houari plus foc. Il m'a fallu pas mal de temps pour trouver les bons réglages, le bateau ayant tendance à se planter face au vent et ne plus vouloir en démordre, sauf en le faisant reculer avec la barre à contre. Mais je ne saurais faire la part de ce qui revient au bateau et ce qui incombe à la faible expérience du marin (je n'avais commencé la voile que deux ans auparavant à soixante-quatre ans, un âge où l'on apprend pas très vite). Quoi qu'il en soit, en reculant le point d'attache sur la vergue et en amurant au pied du mât, le canot est devenu docile, aussi bien pour les virements que pour les empannages. Du moins tant qu'on n'est pas surtoilé. 

Voile aviron, kanoteko+ La Rochelle

Seul à bord, dès 12 noeuds de vent, il faut prendre un ris, et le second vers 15/16 noeuds. Il importe alors de très bien ferler la voile avec les garcettes, sinon on obtient un sac de pomme de terre, une poche à contre se formant à l'arrière du mât, rendant la voilure incontrôlable. Quand le ris est correctement ficelé, le bateau reste mieux à plat, il devient plus rapide et plus confortable, le barreur solitaire demeurant assis comme un pacha sans avoir à se pencher pour des rappels d'enfer. Le bateau n'a jamais chaviré,  sauf cette fois là. Même, à deux poids lourds, par force 5 sérieuse, l'équipage faisant rappel au lieu de choquer l'écoute dans les rafales à 23 noeuds bon poids, le souvenir disant "toute la voile dessus", plus probablement un ris de pris, le mât a cassé, mais le K+ n'a pas chaviré.

Beau-Merle naviguant souvent dans le Pertuis Breton, un clapot fort et court et souvent désordoné lui tient lieu de terrain de jeu. Sa jolie carène passe bien la vague et le bateau n'embarque quasiment jamais d'eau. Après deux heures de navigation dans le clapot des pertuis charentais, une petite dizaine de coups d'éponge vient aisément à bout de l'eau indésirable, c'est une opération qui relève plus de la coquetterie que du besoin.

Aux allures de largue, le canot arrive à surfer la vague malgré ses 9,6m2 de toile seulement pour une coque de 118kg environ auxquels s'ajoutent éventuellement les 75kg de lest sous forme de ballast liquide. Au près un cap de 40/45° par rapport au vent se tient aisément. Une attention soutenue permet de remonter à 35°, au prix d'une vitesse réduite et d'une surveillance du fasseyage de tous les instants pour ne pas se trouver planté brutalement bout au vent.

Voile aviron    Pertuis d'Antioche

De retour à terre, la coque munie de sa voile et ses espars, ses avirons, son mouillage et chargée des ans du capitaine, auxquels il convient d'ajouter le poids du chariot de mise à l'eau en acier galvanisé (plus de 30kg) on est à la limite du manipulable par une seule personne. Remonter une cale peut s'avérer vite problématique si la fatigue de la navigation se fait un peu trop sentir.  C'est le moment où l'on regrette le Balea.

En revanche le lancement et la sortie de l'eau avec la remorque de route la plus simple du marché sont des opérations extrèmement aisées.

Toute chose présentant un revers, au ponton le K+ n'est pas une affaire. Il ne peut pas faire office de barge pour recevoir huit personnes à l'apéro, il y aurait vite des buveurs à la mer. En fait c'est un engin bien fait pour naviguer, seul ou à deux ( trois à la rigueur) plus rapide à la voile que la plupart des bateaux de voile-aviron présents dans les flotilles et réellement utilisable aux rames, même debout à la valesana.

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Le vent soufflait une embellie

Texte et photos :  Y.G-G & Vap

 

Les bateaux de VAP côtoient dans le hangar de la base nautique de Port Neuf à  La Rochelle ceux de l'association Les Plates, école de voile, certes, mais pas que. Évidemment ils se côtoient aussi souvent dans la baie, mais ce mardi 11 septembre 2019,  c'est à quatre voiliers en flottille mixte VAP-Les Plates qu’une agréable sortie a eu lieu pour volontairement naviguer ensemble dans la brise, une jolie force 4 la plupart du temps.

Chico Mendes voile-aviron

 

La flotille comprenait outre un Skellig, un Skerry Raid, un Bay raider 17 et un des  deux vénérables Major aux couleurs des Plates.

"Chico Mendès" est un Skellig-1 particulièrement optimisé, mais qui, aux dires de son propriétaire, embarque beaucoup d'embruns, en dépit de la hauteur de son hiloire, esthétique mais modérément efficace. Cependant le bon force quatre de ce jour lui allait bien et il a pu se transformer en studio de prise de vue, mis en panne (avec le foc à contre et la barre sous le vent) pour que les autres bateaux puissent virevolter autour de lui pour une séance photos très expressive.

 

En conséquence, il n'y a pas de photos de "Chico Mendès" ce jour là, et nous ressortons une image d'archives.

"Josepha", une des très rares Bay raider 17 en contre-plaqué, est venue en habituée ( comme elle file à l'anglaise, on dit "elle"). On la reconnait aisément à sa voilure fractionnée, foc, grand-voile très apiquée et tape-cul, comme celle des Drascombe, anglaises elles aussi, auxquelles on ne la confond pas du fait d'une carène moins bananée. Elle est le seul canot de la flottille de ce jour à n’avoir pas eu besoin de réduire la voilure. Ses ballasts ont fait merveille pour le garder dans ses lignes et chevaucher dans cette mer.

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Serge avait délaissé son redoutable Sandbaggy pour "Jonathan", son tout nouveau Skerry Raid aux vernis irréprochables. Dès force 4, il convient de prendre un ris pour tenir seul cette coque légère  dans le clapot rochelais. C’était sa première sortie aux mains de son nouveau maître. Avec sa légèreté et ses formes évasées il ne lève pratiquement aucun embrun. Quand Serge l’aura bien en mains il nous montrera souvent son … non !  Pas son tableau puisqu’il n’en a pas, mais son gouvernail !

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Le Major fabriqué jadis par le chantier Silvant présente, à peu de  choses près, les dimensions de la Caravelle de Herbulot, mais avec une étrave pointue ; pourtant on a l'impression d'un plus gros canot. Les Plates en possède deux en état de navigation. S'il est possible de mener seul le Major, avec deux personnes à la manoeuvre à  bord,  on peut en tirer plus aisement le potentiel.

Dériveur Major - les Plates, La Rochelle

Le Major, qui s'appelle "Le New", barré par Patrick B. montre toutes ses qualités. On le voit ici passer au ras de l'objectif en embuscade sur Chico-Mendès. Robuste dans la brise et le clapot, il a malheureusement dû faire demi-tour plus tôt que prévu en raison de la défaillance d’une goupille du palan d’écoute de GV.

Major des Plates, Port-Neuf, baie de La Rochelle

 

Cette petite sortie en commun ayant comblé les participants, finalement c'est une première à renouveler.

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Ton de balles au Balaton

Texte : auteur non divulgué 

Photos d'archives

 

Des pressions diplomatiques dont l'insistance dénotait la nature inamicale malgré les formes courtoises dont elles étaient formulées, nous empêchent de publier ici les révélations sur la Marine Afghane que nous nous étions promis de faire.
Vignes Lac BalatonNotre voyage en fut donc fortement écourté et nous nous retrouvâmes au bord du lac Balaton, qui présente au moins deux avantages, la possibilité d'y naviguer tant à la voile qu'aux avirons, mais aussi d'avoir ses coteaux alentours plantés de vigne fournissant d'agréables vins blancs que les vignerons proposent dans les buvettes au bord de l'eau. 

Image: le lac Balaton vu des vignobles

 
Ayant loué un dériveur, nous nous promenions agréablement dans un petit temps joliment ensoleillé, quand notre oeil fut attiré par des voiles qui cinglaient vers nous. La silhouette de l'embarcation nous parut familière. Lola of Skagen? Non, la voilure, même de loin, paraissait différente. Soudain ça nous revint : La Belle Poule!
La Belle PouleNous mîmes le cap droit dessus et tout ce confirmait, il s'agissait bien de notre monument national. Notre barcasse de louage n'ayant pas de pavillon, nous ne pûmes saluer le navire afin d'avoir l'immense plaisir de voir les matelots à la manoeuvre pour nous saluer en retour. Nous nous contentâmes d'un salut amical auquel il fut répondu de même.

Image: La Belle Poule


Le soir venu, attablés devant un petit blanc qui se laissait boire, nous reconnûmes accompagné d'un fier gradé de notre Marine, un personnage que nous avions connu, lui alors jeune homme et nous déjà un peu moins, gravitant autour du Quai d'Orsay. Les années l'avaient pourvu de cet embonpoint diplomatique qui fit beaucoup pour le rayonnement de la France.
On se reconnait, on s'attable et on devise en parlant du bon vieux temps. 
La conversation -nous l'y amenâmes- roula bientôt sur La Belle Poule en visite protocolaire en Hongrie. Nous interrogeâmes notre vieil ami et le galonné :

"Comment avez vous fait pour faire venir ce navire jusqu'ici?"
"C'est classé secret défense" répondit le super matelot.

Comme on ne voyait guère que ce dût l'être, mais qu'au contraire on eut dû se montrer fier de l'exploit, il nous vint à l'idée qu'il y avait peut-être anguille sous roche.
Un signe au vigneron et le pichet fut rempli de nouveau, vidé et rempli derechef pour être promptement revidé, etc. Nous n'y touchâmes qu'avec une modération finement dissimulée, autant dire que le diplomate et le marin furent les grands gagnants au lever du coude. C'est ainsi que, in vino veritas, nous eûmes le fin mot de l'affaire.
Le secret défense visait à couvrir l'autre navire que la France avait dépêché ici : un de ses sous-marins nucléaire. Pas moins. Comme il devait demeurer discrètement en plongée au fond du Lac Balaton, seule la goélette offrait une justification aux mesures prises pour que les conditions techniques de ce voyage ne fussent pas portées à la connaissance du public.

Le Redoutable

image : Le Redoutable


Nous crûmes qu'on se fichait de notre tête, mais le degré d'imprégnation de nos deux convives ne permettait pas qu'ils fisssent preuve de duplicité surabondante.
Notre ami oeuvrant dorénavant au Ministère de la Concorde Internationale, à la Sous-division pour le Maintien de la Paix, autrement dit le discret service qui s'occupe de la promotion de nos ventes d'armement, il faisait partie de la délégation qui s'efforçait de placer notre matériel avant l'échéance de la création d'une Marine Nationale Hongroise, voulue par les réglements d'harmonisation européenne. Les Magyars avaient bien argüé de sombres contingences géographiques pour se dispenser de leurs devoirs, et se seraient bien contentés de leur modeste flotte fluviale et leur bataillon d'artificiers militaires, mais les traités étant les traités, il convenait de s'y tenir et de doter enfin ce membre de l'Union Européenne des éléments nécessaires à la Défense Commune.
La France se devait d'aider son partenaire dans cette aventure nouvelle pour lui, et outre quelques corvettes et deux ou trois avisos que nos chantiers pouvaient livrer, les pourparlers allaient bon train pour qu'un porte-avion soit enfin présent sur ces eaux territoriales lacustres, et qu'une force de dissuasion s'y cache pour surprendre l'ennemi qui, attaquant avec la cavalerie, serait désarçonné de devoir mener une bataille navale.

Le reste de notre séjour se passa dans le guet d'une nécessaire sortie de l'eau du sous-marin nucléaire, la journée sur le lac, sillonant les eaux sur un voilaviron d'origine indéterminée, et le soir de la grève. Encore heureux qu'il ait fait beau et que les bords du Balaton soient plantés de vignes qui produisent quelques vins blancs qui se laissent boire, ce qui nous permit, outre de tuer le ver et le temps, d'avoir une justificaton à notre présence ininterrompue dans les guinguettes au bord de l'eau, scrutant le lac dans l'attente de l'apparition d'un périscope.
Très redoutableNotre espérance ne fut pas vaine, car un soir de brumes, nous pûmes apercevoir le sous-marin faisant surface dans son apparât de camouflage. 
Nous ne dévoilerons pas de photos compromettantes, mais la similitude étant étonnante, on ne peut s'empêcher de faire le rapprochement avec le mystère d'un autre lac qui serait enfin résolu si nous n'étions tenu par un secret défense impératif.

 

 

 

Notes Danilusiennes :

1) Par respect pour le secret défense,  nous ne publions que des images d'archives.

2) La profondeur moyenne du lac Balaton est de 3,25m.

Gare à vos fesses!

Texte : Danilus.

Images : VAP et catalogues sur internet, capture d'écran (video de JF Bédard)

 

C'est une remarque peu glorieuse mais qui revient en leit-motiv dans le concert d'après navigations, et d'autant plus récurrente que la séance fut longue : "j'ai mal aux fesses!"

Cela tient bien sûr à la dureté du bois, mais peut-être aussi à la position dans nos canots où les genoux sont plutot remontés et par conséquent le poids aurait tendance à se concentrer au point devenant sensible.

Il faudrait mener l'enquête auprès de ceux qui se positionnent largement hors bord dans des rappels musclés , pour savoir s'ils sont épargnés de ces tracas. Laissons plus savants que nous fournir l'explication idoine, contentons-nous de parer au plus pressé et de trouver coussin à nos fesses.

Pour une sortie de l'ordre de une à deux heures, juste histoire de sentir le vent et la mer entre deux tâches impératives, le phénomène douloureux est peu violent, mais existant, aussi une simple couche de mousse, même peu épaisse évite les légers désagréments.
CoussintabletteCet couvre-tablette trouvé pour 1€ chez un grand distributeur de meubles et détourné de sa fonction, mais très résistant à l'eau de mer, va bien pour une sortie courte, hélas! il s'est avéré insuffisant pour une navigation de plusieurs jours avec des séances de l'ordre de dix heures sur l'eau.
Plus épais on trouve aisément des plaques de mousse, impérativement avec cellules fermées, dans les accessoires pour piscine. Veiller cependant à ce que la mousse ne soit pas trop dure, car ça ne servirait à rien.
Mais le matériel "spécialisé" est trouvable chez vos shipchandlers habituels pour un cout plus ou moins modique (entre 15 et 30€ pour le même coussin double en mousse selon l'enseigne et les promotions).

Coussin flottant double

Coussin en mousse, pouvant faire assise et dossier ou assise double épaisseur.

Des coussins en kapok isolé par une membrane bien étanche, s'avère une option intéressante pour une somme du même ordre que la mousse standard. L'avantage c'est qu'on peut remédier au tassement inévitable par des claques vigoureuses qui reconditionnent les fibres internes.

Kapok coussin simple flottant

Coussin en kapok

 

Enfin pour les épreuves de longue haleine on jettera un regard sur l'équipement de JF Bédard sur son RoG lors d'un Everglade Challenge.(300 miles!)

Coussinrog

capture d'écran

Nous nous étions demandé en voyant la video, pourquoi il s'encombrait d'un tel siège, cette espèce de poire verte remplie de mini billes de polystyrène où le corps peut ménager une forme à ses formes. Deux jours entiers assis sur un bout de contre-plaqué suffisent pour une compréhension intime du besoin et procurer un sentiment envieux pour cette solution de continuité entre nos fondements et le bateau.

Pour conclure voici un léger un flash-back, car évidemment, le problème ne date pas d'hier, l'être humain ayant peu évolué dans ces derniers siècles, on n'est donc pas surpris de trouver sur un dériveur vu au Museo di la Barca Lariana, un aménagement visant le confort de poupe.  

coussins et barre Lac de Côme

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Avirons et godille sur Drascombe

Texte et photos : Jibi

 

Avironsjibi3

Après avoir fait quelques essais d'avirons sur mon nouveau DRASCOMBE DABBER "1977", que j'ai racheté à un ancien Vapiste Daniel G. je me suis vite aperçu que les avirons d'origine – par ailleurs magnifiques, signés COLLARS– étaient trop courts pour moi.

A l’arrêt l'écartement des poignées était juste inférieur à ma largueur d'épaules, d’où une très sensible impression de perte de puissance et d'inconfort quand on « souque ».

[note: pour la bonne longueur voir cette page]

Nouveaux avirons

D’où la mise en chantier cet hiver 2018/19, d'une nouvelle paire d'avirons plus longs de 15 cm.

J'avais, en stock, une grande planche de pin de Caroline sans nœuds que j'ai entrepris d’ébaucher avec une simple scie radiale portative. J'ai alors bien regretté une scie sur table et ma combinée bois GUILLET triphasée construite vers 1950, que j'avais revendue en quittant ma précédente propriété de Saintonge.

Bref, j'avais besoin d'un outillage sérieux.

Je suis donc allé voir la société ESCABELLE ( agencement haut de gamme ) a Marsilly pour qui j'avais aussi travaillé quelques temps. J'ai expliqué mon souhait et 48 h après, j'avais 2 superbes avirons carrés, faits après confection d'un gabarit.

4avirons1

J'ai raboté les angles d'abord avec un rabot électrique, puis un rabot à main bien affûté. Au portage des avirons sur la dame de nage, j'ai placé, coté intérieur du bateau, un ruban en nylon noir de 1,5 cm de large enroulé sur lui-même, généreusement enduit d'époxy. BloqueavironPuis, 2,5 cm plus loin, coté pelle, une cale en chêne elle-même collée à l'époxy pour éviter qu'à la fin du coup de rame, cet aviron ne glisse sur le manche dans la dame de nage et ne me rentre dans les côtes.

J'ai aussi scié le bout des pelles à mi-bois sur 2 cm pour y coller en travers une pièce de bois dur (iroko) sachant que tôt ou tard l'aviron servira de « pigouille », ou de gaffe, ou de sondeur !

Après ponçage - jamais trop fignolé chez moi !! – une couche d'époxy liquide, sauf sur les poignées qui sont laissées nues. Le résultat est assez grossier mais le plaisir est retrouvé de ramer et l'efficacité de cette nouvelle paire d'avirons est indéniable .

Godilleexterieur3Godille

Pour compléter l'équipement de ce bateau j'ai aussi entrepris de poser une dame de nage a l’arrière légèrement sur bâbord de l'axe du bateau pour pouvoir godiller

J'ai commandé à la Coop Maritime du Port de pêche a La Rochelle, une dame galvanisée et son porte-dame de nage à poser en applique par 3 boulons inox.

Comme le couronnement arrière dépasse légèrement du tableau lui-même, j'ai intercalé, coté extérieur une pièce de chêne et coté intérieur un triangle généreux en polypropylène (ex planche à découper) blanc .

Le tout est boulonné inox et une petite cale, toujours en polypropylène a été installée autour du fût de la dame pour éviter de frotter sur le couronnement .

 

La godille est vraiment LA Solution pour les 10 derniers mètres avant d'aborder un ponton ou un autre bateau et je suis bien content de pouvoir maintenant godiller avec ce canot.

 

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Barre amarrée

Texte et photos Y.GG

 

 

Pouvoir bloquer la barre peut servir à bien des choses.

Mon système de blocage de barre est différent de celui utilisé par divers Vapistes (voir note en fin de page)*.

Je pense néanmoins le conserver car j’en suis content.

 

Barre amarrée sur un Skellig

 

Deux bout's fins et longs de plus de un mètre sont amarrés à deux pontets fixés sur le pontage, un à babord et un à tribord. Chaque bout' va jusqu’à la barre où il passe dans un petit filoir. De là ils vont vers la poignée de barre jusqu’à deux taquets coinceurs (clamcleats) sans anneaux.

Clamcleat sans anneau Clamcleat avec anneau
clamcleat sans anneau

clamcleat avec anneau

 

Il faut impérativement des camcleats sans anneau pour éviter que l‘un ou l’autre des bouts ne s’y bloque inopinément. Et pour les débloquer il faut les tirer et soulever franchement, et les faire retomber en arrière des taquets.

 

Pour amarrer la barre dans la position qu’on veut, on tire sur les deux bout's pour les tendre avec la barre dans la position souhaitée, puis on applique les bout's contre la barre pour qu’ils se bloquent dans les clamcleat. Et ça tient.

 

 

Img 2001Je me sers souvent du blocage de barre, pour naviguer par temps tranquille en regardant la mer jolie.

Aussi pour aller faire un réglage ou une manœuvre à l’avant. Par exemple pour prendre un ris ou retendre le point d’amure.

S’il y a de la brise je mets le bateau en état d’avancer plus lentement, mais sans risque, en larguant un peu l’écoute de grand-voile et en mettant la barre légèrement sous le vent. Ainsi en cas de risée le bateau partira tranquillement au lof et se déventera, sans me faire courir le risque qu’il vire de bord « de sa propre initiative ».

 

 

 

 

Img 2002Je me sers encore du blocage de barre pour mettre en panne. Foc bordé à contre et écoute de grand-voile larguée en grand, barre légèrement sous le vent.

Le canot se met à bouchonner en douceur, je peux manger à l’aise, ou même faire la sieste !

 

 

 

 

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Notes Danilusiennes : 

 

  • Le système le plus vu sur nos voilavirons est simplement constitué d'un bout' reliant les deux bords du canot. Ce bout', auquel en son milieu on fixe la barre, comporte une (ou deux) partie élastique suffisamment ferme pour tenir la barre, mais assez souple pour que le barreur puisse agir d'urgence sans la détacher. Il n'y a donc pas la  plage de réglage du système exposé à deux bout's et taquets.

 

 

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mouillage tire-bouchon

texte : Yves G.G

images : Vap

 

J’ai bivouaqué récemment sur une plage proche d’un lieu de mouillage sur fond de sable en pente marquée, où les courants sont vifs.

P1020369

 

La principale contrainte venait de la marée à cette date :

  • j’arrivais le soir à basse mer,
  • et je devais repartir de même à basse mer le lendemain.
  • Je devais donc mouiller long pour que le mouillage ne dérape pas pendant la pleine mer de la nuit.

Mais du coup comment empêcher que mon canot ne « profite » de la pleine mer de la nuit pour s’échouer trop haut sur la grève et m’empêche de repartir à la basse mer du matin ?

 

Je devais donc

  1. placer mon ancre à bonne distance de la grève à basse mer.
  2. pouvoir récupérer mon canot à la basse mer suivante, alors qu’il y avait de bonnes chances qu’il se dandine alors fort loin du bord.

 

Recup mouillage

 

Ancre tirebouchonPour le 1, facile, j’ai mouillé à une distance telle que la longueur de mouillage requise ne permette pas au canot de s’échouer. Puis je suis revenu jusqu’à la plage à la godille en laissant filer cette longueur de mouillage. Je pouvais donc débarquer dans peu d’eau, et ainsi garder mes vêtements secs.

 

Pour le 2, j’avais tourné une ligne fine et solide sur le diamant de l’ancre, bien plus longue que le mouillage, et je l’ai laissée filer de même en revenant débarquer.

 

Test de tractionUne fois sur le sable j’ai continué à dérouler cette ligne, et je l’ai tournée sur un « piquet-tire-bouchon » que j’ai enfoncé dans le sable nettement au dessus du niveau de la basse mer. J’ai pris la précaution de lui donner un mou suffisant pour qu’elle ne risque pas de se tendre après un éventuel petit mouvement de mon ancre lorsque le canot commencerait à tirer dessus.

 

Le lendemain j’ai récupéré cette ligne au niveau du tire-bouchon et je l’ai tirée pour décrocher le mouillage. En continuant à tirer j’ai ramené le canot jusqu’au bord.

 

L’avantage du piquet-tire-bouchon c’est qu’il prend bien moins de poids et de place à bord qu’une ancre. Il n’a d’ailleurs pas à résister à une traction aussi forte que celle qu’exerce le canot sur le mouillage

 

 

 

Piquet tire-bouchon https://www.truffaut.com/produit/tire-bouchon/36966/25267

 

Penon de chute sur voile au tiers

 

Texte : Michael Storer

Origine des images : Arvel Gentry et M.Storer ; wikipedia

Traduction : Danilus

Ce billet est une traduction d'une partie d'une page de Michael Storer, le créateur du Goat Island Skiff, chaud partisan de l'utilisation de la voile au tiers bômée.

Vous trouverez la page originale avec ses illustrations ici .

Dans un article complémentaire, Michael Storer explique que les penons sur la voile sont assez difficiles à optimiser sur une voile au tiers, car les flux ne sont pas symétriques sur les deux amures. Au contraire le penon qui flotte sur la chute de la voile est insensible à cette dissymétrie.

Utiliser un ruban de chute de voile – ou Comment voir l’invisible

 

Quand un bateau est au largue ou marchant au près la voile correctement bordée, le courant d’air derrière la voile depuis le guindant jusqu’à la chute est plus ou moins lisse.

Sur l’image l’avant de la voile est gauche.

Gentry sail attached flow

 

Arvel Gentry – Comment fonctionne réellement une voile

 

 

Si la voile est bordée trop serrée ou si elle est mal ajustée quand on navigue au largue, alors l'air du côté sous le vent ( l'extrados) ne peut pas rester attaché à la voile. L'angle de changement de direction est trop grand pour le vent qui prend le chemin le plus facile et se dissipe. Ceci s'appelle la séparation.

 

 

Vous verrez deux zones de séparation sur cette voile.(fig 2)

Une petite bulle de séparation laminaire à l’avant (guindant) où l’air ne peut circuler, mais qui a assez d’énergie pour se rattacher un peu plus loin derrière le bord avant. L'air à l'intérieur de la bulle est un mélange confus de tourbillons turbulents, comme si quelqu'un avait agité de l'eau avec une cuillère.

 

À l'arrière de la voile se trouve une zone de séparation turbulente dont la taille varie selon l'angle de la toile par rapport au vent. Donc, si la voile est juste un peu trop bordée, cette zone devrait  être très petite. Mais lorsqu’elle est très mal réglée, la séparation turbulente avancera jusqu'à rencontrer la bulle à l'avant. À ce stade, le flux d'air régulier ignorera complètement le côté sous le vent de la voile et la force de la voile diminuera considérablement.

 

Gentry sail separated flow 640x405

 

Cela se produit toujours lorsque le vent arrive directement derrière le bateau - la voile ne développe pas d'aspiration grâce à un écoulement régulier, mais constitue simplement un obstacle au vent qui perd une partie de son élan.

La logique est donc que si une voile est bordée trop fortement ou si le bateau est dans le mauvais angle par rapport au vent, une petite «séparation turbulente» apparaîtra au bord arrière.

Les rubans ou les
penons nous aident à voir cette bulle avant que l'angle ne devienne trop inadapté et que la voile ne décroche.

En regardant cette vidéo attentivement, vous pouvez voir la zone de séparation turbulente se déplacer de l'arrière de l’
aile vers l'avant.

 

Aile d'avion : vidéo de la séparation progressant vers l'avant à mesure que l'angle d'attaque augmente. La surface supérieure de l'aile fonctionne de la même manière que le côté sous le vent de la voile. Ici, vous pouvez voir la zone de séparation turbulente progresser. En observant attentivement l'arrière-plan, vous pouvez voir l'angle de l'aile avec le changement de sol. Notez les tremblements et les secousses qui se produisent près de la séparation complète.

 

 

Regarder les rubans de chute

  • Règle 1 - le vent n’est JAMAIS constant en direction ou en vitesse.

  • Règle 2 - lisez la première règle.

 

Tout ce qui nous aidera à visualiser avec précision le vent autour de la voile et nous permettra de mieux naviguer et de nous adapter à chaque instant aux changements de direction du vent, est une bonne chose. Cela peut sembler gênant, mais avec la pratique, c’est plus facile à apprendre que de conduire une voiture.

Les rubans, ou penons, de chute font normalement environ 12 mm de large et 125 mm de long pour notre taille de voile d'environ 10 m². Pour les plus gros bateaux, ils pourraient être plus grands proportionnellement à la voile. Ils peuvent être fixés à environ trois distances égales le long du bord arrière de la voile ( voyez la photo du GIS). Il existe d'autres sortes de penons, mais les rubans de chute conviennent bien à toutes sortes de voiles.

 

Leach leech ribbon behaviour 640x429

 

L'image de gauche montre comment le ruban suivra le flux d'air régulier lorsque la voile est ajustée correctement.

 

La photo du milieu montre comment le ruban disparaîtra derrière la voile dans laquelle commence la séparation turbulente. Relâchez la voile (meilleure première option) ou pointez à un angle plus proche du vent. La voile doit généralement être libérée au départ pour que le ruban sorte. Donc, choquer largement puis border progressivement jusqu'à ce que le ruban vole à nouveau correctement.

 

La troisième image montre ce qui se passe lorsque la voile est trop relâchée. Le ruban-témoin volera bien mais vous verrez l‘avant de la voile se mettre à fasseyer. Le bon équilibre consiste à laisser le ruban bien voler et le guindant de la voile ne montrant que par moments un peu de mou. Si le vent est très fort, plus de flottement à l’avant est acceptable pour réduire la puissance développée par la voile.

  • Si la voile est trop bordée ou le cap trop abattu, le ruban disparaît derrière la voile.

  • Si la voile est trop lâche ou le cap trop serré, la voile va fasseyer.

 

Gis penons de chuteAvec la pratique, notre fluctuation entre trop serré et trop lâche diminue jusqu’à ce que nous naviguions très souplement et avec une efficacité maximale. Cela devient automatique comme conduire une voiture.

 

IMPORTANT - N'oubliez pas qu’au vent arrière et la toile choquée, l'air ne coule plus du bord avant au bord arrière de la voile. Il devient plutôt aléatoire sur toute la voile. Le ruban ne volera donc pas. Au début, il est correct de relâcher la voile afin que le haut de la voile se trouve à 90 degrés de l'axe du bateau. Si le bateau semble chancelant ou instable, ramener la voile à environ 80 degrés et mettez un hale-bas de bôme ou resserrez celui de la voile au tiers.

 

Le cycle de réglage

 

  • Règle 3 : mieux vaut un peu de fasseyement qu'un ruban de chute qui disparaît tout le temps.

 

Revenons à l'analogie de la voiture. Rappelez-vous lorsque vous conduisez pour la première fois. La voiture fait une embardée à gauche, puis à droite, puis à gauche.

 

Au fil du temps, avec la pratique, nous apportons toujours ces corrections de droite à gauche, mais elles deviennent minuscules et donnent l'impression d'une finesse générale. Même chose avec le réglage de voile. Pratiquez et cela devient un processus inconscient.

 

J'ai tendance à me concentrer sur un ruban uniquement à des fins de pilotage. D'un côté, la voile fasseyera un peu. De l'autre côté, le ruban-témoin disparaîtra derrière la voile. Un léger mou à l’avant peut réduire la puissance de la voile de quelques pour cent. Mais un ruban de chute en train de disparaître est signe d’une réduction considérable de la puissance.

 

Note Danilusienne :

pour le vent arrière, d'accord, le ruban ne sert à rien, pour le grand-largue, ça demande vérification.

Cette note sera amendée quand ce sera fait.

Cela suppose que vous ne soyez pas surtoilé, et que vous ne soyez pas vent arrière ou grand-largue(le ruban ne fonctionnera pas du tout dans ce cas).

 

 

 

220px penon voile

Alors, que faire lorsque le ruban de chute disparaît pendant un certain temps et semble coincé derrière la voile? Quand il est bloqué ou très agité, la turbulence gagne tout l'extrados et la voile est dans un très mauvais angle.

De toute évidence, la voile a besoin d'être choquée sérieusement.

  • Alors, relacher-la jusqu’à ce que ça fasseye un peu - ignorez le ruban pendant ce temps là.
  • Lorsque la voile fasseye un peu, le ruban vole à nouveau correctement.
  • Vous pouvez alors re-regarder le ruban et border un peu plus la voile jusqu’à ce que vous obteniez les deux premiers petits coups de décrochement du ruban derrière la voile
  • et vous choquez de nouveau légèrement.

 

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Voir la page originelle en anglais : https://reallysimplesails.com/some-changes-to-the-gis-sail-i-think-you-will-like-them/

Musée du lac de Côme

Texte et photos : VAP

Vidéos : VAP et Museo della barca lariana

 

Il existe dans la partie nord du lac de Come, en Italie lombarde, un musée récemment réouvert après vingt ans de fermeture, où l'on découvre un nombre remarquable de vieux bateaux ayant flotté sur ses eaux. Le musée est aussi chantier naval de réhabilitation et sera centre d'accueil pour le championnat du monde de Vaurien 2019 en juillet. À cette occasion, un exemplaire "historique" de ce bateau viendra enrichir la collection.

Il faudrait un cadre plus large que ce blog pour décrire les bateaux rassemblés dans cette ancienne filature. Voici deux petites vidéos brutes de décoffrage pour donner une vague idée d'une partie où les avirons ont la part belle.

Ces belles coques ornées de leur baldaquin n'ont pas de voile,  des rameurs s'attelaient à la tâche pour la promenade , ou pour assurer un service de taxi comme d'autres superbes coques motorisées le font aujourd'hui.

bateu de pêche du lac de Côme Museo barca larianaBateau restauré Lac de CômeLes bateaux de pêche sont assez semblables à ceux qu'on trouve sur les autres grands lacs italiens. Un exemplaire dans son jus avec ses apparaux est visible en sous sol tandis qu'un exemplaire restauré et verni-ciré trône dans la halle d'entrée.

 

voile au tiers Museo barca lariana Voile lac de CômeSur des bateaux de pêche, on remarque des voiles rectangulaires ou au tiers , apparemment de petites dimensions par rapport à la coque si on compare à nos normes atlantiques. La voile n'était semble-t-il établie qu'au portant, le mat et la voile roulée prenant place au dessus de la "cabine" en toile sur arceaux très solides. A noter aussi une voile au tiers qui équipe une yole qui ressemble à celles d'Orta, un banc complémentaire sur l'avant permettant d'accueillir l'étambrai.

(cliquez sur les miniatures pour ouvrir les images dans un onglet)

Dériveur du lacde Cômedériveur lac de Cômecoussins et barre Lac de CômeDès l'entrée, un joli dériveur de construction locale qui comblerait nos amis de La Petite Plaisance du Musée Maritime de La Rochelle, s'exhibe dans toute sa splendeur, alors qu'un Dinghy 12 Internationnal n'a droit qu'au sous sol. Nous ne résistons pas à vous montrer l'astucieuse porte du coqueron qui devient une élégante table de pique-nique, et la barre bifide pour la bonne allonge.

 

Enrouleur sur tangonvue de l'enrouleur sur tangonParmi les curiosités, voyez aussi cet enrouleur de génois sur bôme qui demandait, du moins on le conjecte, un certain doigté dans les réglages. 

 

 

Le musée regroupe aussi des bateaux à moteur, des amateurs locaux se piquant de battre des records du monde de vitesse, et d'autres pièces rares comme la plus ancienne gondole vénitienne du monde dans son jus d'origine.

Lire la suite

La yole du lac d'Orta

Les barques d'Orta

Texte et photos : VAP (sauf carte postale ancienne italienne)

 

barques à OrtaTrois barques à Orta : l'ancienne, la même bachée et la pareille en plastique, mais privée de dossier passager.

Le lac d'Orta n'est pas le plus connu des lacs alpestres italiens, et tant mieux pour ses habitants, mais il servit probablement de voie de communication pour les riverains depuis aussi longtemps que les hommes eurent inventé le  bateau. Naturellement le moteur bruyant a remplacé le ploush-ploush des rames, mais on trouve encore de nombreux exemplaires d'un joli canot d'aviron. C'est ce qu'on voit de plus traditionnel aujourd'hui, une élégante yole construite à clins d'un bois qui ressemble à du pin, à ce qu'on peut deviner sur les exemplaires à peinture largement écaillée.

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On remarque immédiatement que rien n'est prévu pour gréer une voile ; quoique le lac s'étende sur 18km du nord au sud, il n'y a jamais que 2,5 km d'une rive à l'autre, au plus large, aussi ramer pour aller voir le village voisin est probablement plus rapide que de tirer des bords dans un vent atone ou contraire. Mais comme les mêmes canots sont présents sur le Lac Majeur notablement plus grand, à peine dix kilomètres plus à l'est, cette belle explication ne tient pas. Sur ce lac, justement, un propriétaire occupé au vernis annuel nous dit que le canot servait pour la pêche.

Cartolina lago maggiore isola bella barcaPeut-être en loisir, mais la construction et la forme font douter qu'il s'agisse d'un bateau de travail. D'ailleurs les bateaux de pêche ressemblent à l'image traditionnelle, avec  la coque aujourd'hui en plastique et élargie, poussée par un moteur hors-bord, encore que les avirons soient souvent présents permettant la nage frontale debout pour deux rameurs côte à côte.

Quelques affiches publicitaires du début du XXe siècle incitent plutot à n'y voir qu'un bel instrument de canotage comme c'était la mode. Le siège passager, très élégant, plaiderait pour une telle interprétation.

Les cotes ont été relevées sur un exemplaire exposé en plein air depuis longtemps chez les canotieri d'Orta, et souffrant de tous les maux  que les intempéries lui ont fait subir.

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Il s'agit d'une yole longue de 5m pour une largeur maximale de 1,35m, une coque élancée se terminant par un joli tableau arrière étroit en forme de verre à vin de 66cm de largeur au niveau du plat-bord, qu'on affuble d'un petit moteur de nos jours. La coque est construite à clin de 8mm d'épaisseur seulement. Il ne s'agit pas de contreplaqué mais bien de bordés de bois "massif", probablement d'un résineux.

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Il n'y a pas de quille, mais une sole étroite, 24cm au plus large, entourée de galbords de 16cm, puis de 6 paires de clins de 12cm de large se recouvrant sur 1cm. La coque est maintenue par 24 couples de membrure pliés fixés sur des varangues sciées. Les couples sont fins, 15mm x 20mm, et leur action est renforcée par une serre bauquière de 15mm x 50mm, et une serre de semblable section au niveau des galbords. La profondeur de la coque est à son maximum de 46cm. Il n'y a bien évidemment pas la moindre réserve de flotabilité.

20190524 102322 compress81Un banc de nage central fait face à un siège pour passager doté d'un élégant dossier amovible.  À l'arrière un autre banc complète la panoplie. Le pont avant doit pouvoir servir d'assise  pour un passager équilibrant ainsi les poids dans la barque. Un plancher non fixé repose sur les varangues, offrant un bon confort de circulation dans le canot, et accueille les crémaillères  pour le réglage des calepieds.

 

Le hasard n'a pas permis qu'on juge sur l'eau les qualités de ces yoles italiennes, qu'on appelle ici lancia , mais leurs mensurations plaident en leur faveur quant à leurs capacités à l'aviron sur les eaux calmes des lacs alpestres pour lesquelles elles ont été conçues.

 

la lancia di Orta

 

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Etambrai : saison 2

TEXTE: Daniel M.

IMAGES : François Vivier ;  copies décran de video (Fred Shell)

 

L'étambrai avons nous dit ici,  se caractérise par deux états : fermé ou ouvert, en O ou en U. La supériorité du modèle ouvert réside uniquement dans la facilité de lever ou abattre le mât.

Mais il est des configurations de pont qui rendent difficiles l'installation d'un étambrai ouvert. On aimerait alors au moins un système entr'ouvert.

Sur un Kanoteko+, Philippe Saint-Arroman devait créer aposteriori un réservoir à ballast liquide englobant le pied de mât. Pour ne pas rehausser celui-ci il pratiqua une ouverture en pan incliné autorisant une mise à la verticale progressive de l'espar majeur, et cette configuration permettait d'imaginer une solution du même ordre pour aménager l'étambrai à travers un pont.

Et bien, François Vivier propose exactement cela dans son plan rénové de son modèle Lilou !

Lilou 2 perspective etambrai 1

Cette image est une vue partielle du plan de Lilou2 (cliquez dessus pour voir l'image originelle sur le site de l'architecte).

On remarquera que le puits de l'étambrai présente une élégante ouverture en forme d'arènes romaines qui coiffe une boite dont le coté arrière est incliné. Le mât peut ainsi se positionner lui aussi incliné sur le bord de l'arènoïde et être graduellement hissé jusqu'à la verticale. De plus il devient aisé d'envisager des réglages savants de sa quête, si tant est que ça présenterait de l'intéret.

J'entends des esprits envieux qui ne voient pas comment créer un puits incliné sur leur canot ponté sans se lancer dans des travaux délicats sur la structure. Dont acte.

En regardant des vidéos de Fred Shell, architecte-constructeur américain, hissant les mâts de ses shooners sans le moindre effort et surtout sans numéro d'équilibriste, nous étions curieux de son truc. On comprend l'astuce dans une vidéo qui détaille son shooner 18 sur Youtube. Une échancrure dans un tuyau : plus simple tu meurs!

Voici une copie d'écran qui vaut tous les discours.

Shell etambrai2

cette image n'est pas très nette mais on comprend aisément le principe. Le haut de l'étambrai est constitué d'un morceau de tuyau (ça ressemble à du matériau de plomberie plastique) dont la coupe en biais est joliment arrondie pour recevoir le coté du mât qui peut ainsi pivoter sur cette arète en glissant sur le bord intérieur opposé du tuyau au fur et à mesure qu'on soulève l'espar. La photo montre le mât arrière, mais manifestement un tuyau du même acabit est installé à travers le pontage avant et ne necessite pas d'autre moyen de calage.

Pour la démonstration, voyez cette video :

Si on doit intervenir aposteriori, une solution simple pour modifier un étambrai fermé (de Skellig par exemple, ou de notre Nantucket catboat), serait de coller un bout de tuyau échancré au dessus du trou dans le pont, il suffit que sa hauteur soit à peine supérieure au diamètre du mât pour que l'on dispose d'un point d'appui oblique afin de dresser progressivement celui-ci. Si on a du bois verni et que le tuyau de plastique gris messied par trop, rien n'empêche soit de la peindre en ronce de noyer tel un tableau de bord de Facel-Vega, soit de le confectionner aussi en bois.

Fred Shell

note Danilusienne : On voit ici Fred Shell dérouler ensuite les voiles, on se demande pourquoi il n'installe pas un truc à la Montaubin sur son mât tournant, mais ceci est une autre histoire.

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Étambrai : ouvert ou fermé?

Texte : Daniel M.

Photos  (dans l'ordre) : VAP ,  Ross Lillistone , Leecton (Gérard Quillet) , VAP .

Dans le numéro 27 de la revue Chasse-marée, de janvier 1987 se trouvait un article fondateur au titre évocateur : "Naviguer autrement".
Dans cet article laudateur du voilaviron, on remarque une petite note critique à propos du matage en mer qu'on reproduit ici ; " À cet égard, certains étambrais fermés (simples trous dans le pontage), situés à l'avant d'un canot sans stabilité initiale, laissent pour le moins rêveur."

Cette remarque n'a pas pris une ride. Hélas!


Img 20160804 184433L'étambrai est cette non-chose, ce creux qui sert à tenir le mât, cet élément fondamental auquel on ne prête que peu d'attentions théoriques, peut-être parce qu'une pensée binaire suffit à l'appréhender, car comme un porte, c'est ouvert ou c'est fermé. La description se résume dans les formes de deux lettres :  O, fermé ou U,ouvert!

Notre première illustration, bien que montrant un dériveur de sport où la retenue du mât vers l'arrière est assurée par un étai, présente l'avantage de bien faire comprendre que l'essentiel de la poussée du mât contre la coque se fait vers l'avant, et donc que la retenue vers l'arrière n'a pas besoin de ressembler à Fort Knox.

Nous parlerons ici bien sûr des étambrais sur des canots de voile-aviron, le plus souvent sans haubans, ayant à tenir des mâts susceptibles d'avoir à être abattus pour passer sous un pont, et de se voir rangés aisément dans l'embarcation, soit pour  diminuer le fardage qui freine les rameurs, soit simplement pour tenir aisément sur la remorque entre deux lieux de navigation.
Histoire de bien savoir de quoi on cause, et pour éviter les quiproquos, référons nous à la synthèse wikipédienne des dictionnaires quant à l'étambrai. On note que le terme désigne deux choses différentes tout en étant liées:

extrait de Wikipedia

Étymologie
(1762) Sous la forme étambraie, de estambrais (1637 ; « ouverture pratiquée dans l’épaisseur du pont pour le passage d’un mât »), de estambroys (1541 ; « renfort servant à étayer un mât »), dérivé d’estambre, lui-même probablement issu de l’ancien nordique timbr (« bois de construction »).

Nom commun
nom masculin
Singulier :  étambrai   \e.tɑ̃.bʀɛ\
Pluriel : étambrais \e.tɑ̃.bʀɛ\

(Marine) Renfort en bois ou en tôle servant de soubassement à un appareil, ou destiné à étayer un mât ou d’autres accessoires.
ex : Les emplantures et étambrais sont en général des pièces métalliques.
(Par métonymie) Ouverture pratiquée dans le pont d’un bâtiment pour le passage des mâts, des cabestans ou d’autres appareils et accessoires.
ex : Ces Indiens […] accolent quelquefois deux à deux les pirogues, au moyen d’une traverse en bois, dans laquelle ils pratiquent un étambrai pour placer leur mât.


On se focalisera sur le dernier sens (en gras) obtenu par confusion de contigus, que l'on restreindra drastiquement en "Ouverture pratiquée dans le pont d’un bâtiment pour le passage des mâts".
Comme on est ici sur le site VAP, on ne parlera que des étambrais sur des canots de voile-aviron.

Quoique.
Sur un bateau nettement plus gros, un sinagot si la mémoire est bonne, à l'échouage en mai 2017 à côté de la cale de Port-Anna, sur le golfe du Morbihan, on distinguait  les deux formes d'étambrai sur cette coque à deux voiles, un simple trou dans le pont à l'avant et une échancrure dans un banc pour le mat arrière, fermable par une ferrure articulée.

Periwinkle deuxieme etambrai dans le bancMalgré ses qualités indéniables de simplicité et une efficacité certaine pour tenir le mât, l'étambrai fermé, autrement dit un trou dans le pont ou un banc quelconque, présente un défaut majeur que même les vapistes dont l'embarcation chérie est dotée d'un semblable dispositif ne contesteront pas : il faut soulever bien verticalement le mât au dessus du trou pour procéder au mâtage et son opposé. C'est délicat à ajuster pour le rentrer, éventuellement coincé quand on veut le sortir et parfois un peu lourd pour des bras fatigués, sans compter le roulis et le tangage.
Malheureusement quand le bateau est ponté, il s'avère malaisé d'intégrer un étambrai ouvert, et c'est probablement pour ça que des petits bateaux comme le Skellig ou le BeetleCat sont dotés d'un étambrai fermé, avec l'excuse d'un volume important sur l'avant. En revanche d'autres sont impardonnables de nous imposer cette contrainte à laquelle il serait souvent simple de remédier et c'est ainsi qu'un Goat Island Skiff de notre connaissance fut modifié aisément pour ouvrir l'étambrai.

 

Etambrai leectonAu vrai il n'y a guère qu'un avantage à l'étambrai ouvert, qui tient tout entier dans la facilité de dresser ou d'abattre le mât.
Il suffit de poser la base de l'espar sur son emplanture de quille (ou de sole) et de soulever graduellement le mât, autour de ce pied faisant pivot, jusqu'à ce qu'il repose dans l'échancrure du pont ou ce qui en tient lieu afin d'être coincé par un dispositif ad hoc.
Cette opératon devenue aisée peut se pratiquer même sur une mer clapoteuse, ce qu'on appréciera si, par inadvertance, le rocambeau a eu le curieuse idée d'élire domicile dans les hauteurs quand la vergue git encore dans le fond du bateau (que celui à qui ce n'est jamais arrivé nous jète la première pierre de lest!).

 

 

Img 20160804 184757Img 20160804 184814L'étambrai ouvert n'est à tout prendre qu'une échancrure dans une planche qui est ouverte vers la poupe.
La force vélique entraine un mouvement du mât vers l'avant du bateau, accessoirement sur les cotés mais pas vers l'arrière, ce qui facilite grandement la clé à trouver pour clore momentanément l'étambrai et maintenir le mât en position plus ou moins verticale selon les réglages.
Quelques exemples  glanés sur notre flotille et quelques autres sur Internet, prouve que des divers systèmes proposés, de la cale en bois qui va bien comme sur le Pirmil,  au bout' coincé par des cabillots, en passant par le demi-cercle métallique fermé par une goupille, aucun ne nécessite d'assistance électronique ni de liaison 4G.
Plus que c'est simple et plus mieux que c'est. Pardon! Plus c'est simple et mieux c'est. Toute une philosophie!

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Petits Bateaux (Small boats Monthly)

 Small Boats Monthly, autrement dit Petit Bateaux Mensuel, est une publication électronique américaine. Malheureusement en anglais, mais ils ont quelques bonnes raisons pour faire comme ça.

Collection Small Bboats MonthlyEn tout cas, pour ce qui nous intéresse ici, la partie rédactionnelle relative aux voilavirons est importante, tout aussi bien quant aux bateaux, que leurs aménagements bricolés, ou que des comptes rendus de navigations, très souvent solitaires avec camping dans la nature, tente à terre quand c'est possible ou cabanage.
Entre parenthèses, ils ont trouvé une place dans leur opus de décembre 2016 pour quelques pages de notre voisin, le journaliste nautique Jean-Yves Poirier, où il relate un Challenge Naviguer Léger dans les pertuis charentais, ce qui est exotique pour les lecteurs habituels de la revue.

L'abonnement coute moins de 3 dollars américains par mois, mais vous pouvez télécharger deux articles dans la collection de numéros disponibles avant que les cookies ne vous grisent la page en vous demandant de passer à la caisse. On ne peut pas leur en vouloir de vouloir gagner leur vie, mais comme d'habitude sur Internet, un peu de malignité permet de contourner le barrage.

 

Nous vous recommandons tout spécialement l'article sur l'adaptation de sièges coulissants sur des voilavirons permettant  l'usage des rames habituelles de l'embarcation. Ci-dessous une vidéo disponible sur Youtube.

Vous remarquerez que le rameur n'a pas les pieds au niveau des fesses comme sur les périssoires dédiées à l'aviron de compétition, mais réutilisent les cales pieds d'origine situés au niveau du plancher. Cet article se trouve ici : Sliding seat. Pour ceux que l'anglais rebute, en copiant le lien de l'article dans Google-traduction, un texte en presque français permet de comprendre de quoi ça parle. Evidemment il faut deviner ce que veut dire "chenilles" dans ce contexte et quelques autres plaisantes approximations, mais avec les photos on s'en sort. Voici un exemple d'un paragraphe traduit par Google :

"À seulement environ 20" de long, la plate-forme à siège coulissant est assez compacte pour ranger facilement. Le fait de ne pas avoir les stabilisateurs et les longues rames typiques des plates-formes coulissantes à siège coulissant garde la polyvalence d'un bateau à siège fixe. La possibilité la plus intéressante est peut-être d'utiliser ce toboggan compact avec un bateau à voile."

Rappelons que un pouce (") correspond à 2,54cm, et que un pied (') équivaut à 30,48cm. À vos calculettes!

PattensonbootsPour ceux qui ont quelques pataugeages à effectuer pour rejoindre leur canot ou pour aborder une berge de la Gironde ou de la Charente à marée basse, voici une solution pratique, aisée à loger (après nettoyage!) dans un coin du bateau. Cliquez sur l'image pour aller à l'article originel.

Ces patins à boue sont une variante des pousse-pieds utilisés pendant des lustres par les ostréïculteurs et éleveurs de moules charentais pour glisser sur la vase, mais le format est nettement plus compatible avec la modestie de nos embarcations, et même Jean-Bernard Forie se serait épargné quelques galères en optant pour ces sous-bottes.

 

Canal en FranceSi les cookies ne vous bloquent pas encore, vous pouvez aussi jeter un oeil sur cette page : voyage à travers la France en canot de voile-aviron .
Un couple de jeunes anglais ont construit un bateau pour aller de la Manche à la Méditerrannée par les rivières et canaux de France. Comme quoi l'aventure peut-être à coté de chez soi sur une coque de noix.

 

Allez, un petit dernier pour la route!

Le numéro d'avril 2019 contient un article du rédacteur en chef qui peut aider beaucoup de gens : comment faire des noeuds sur des cordes en élastique?

Vous avez essayé vos noeuds classiques de tout bon marin et ça ne marche pas. En fait il faut faire un noeud de Zeppelin pour les ajouts, et un noeud d'Angler pour confectionner une boucle.

Noeuds à voir sur Small Boats monthly avril 2019

 
noeud de Zeppelin                                   boucle d'Angler

 

   

 

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mon voilier SandBaggy

 

Zeu baute arcachon 2017Serge n'en est pas à son premier bateau, et celui là est loin d'être le plus gros, mais lorsqu'il manifesta auprès du vendeur son intérêt pour le Sandbaggy, celui-ci, un rien inquiet, le mit en garde: "ce n'est pas un bateau pour un petit vieux". Il y avait de la marge, Serge vient à peine de fêter ses quatre-vingt ans.

 

 

Texte : Serge C.

Photos: VAP et copies d'écrans.

 

Voici mon petit topo donc sur Zebôte, ce superbe Sandbaggy dont je suis devenu acquéreur il y a 2 ans, acheté au propriétaire d’un chantier de voiliers très affûtés à Hennebon. Ce bateau lui servait d’annexe sur palan pour son motor boat dans le golfe du Morbihan et il s’amusait avec lui à la voile de temps en temps. Mais c'était trop lourd comme annexe.

Je lui ai demandé d’installer des tolets et des avirons, pour en faire un voilaviron, et suis passé prendre le bateau (1500 euros ...mais la voile n'était pas neuve).

J'ai navigué avec ce beau jouet à Andernos et à La Rochelle avec mes camarades vapistes, après avoir remplacé vergue et bôme en alu affreusement lourd par du carbone pour la vergue et un mât de planche à voile pour la bôme interminable.
Le mât qui pesait une tonne fut changé pour du carbone également (5kgs!) et une nouvelle voile couleur tan, donc vieille-marine, que m'a  fabriqué mon neveu Sylvain, voilier à Douarnenez, est arrivée fin Mars. Cette voile au tiers bômée ne fait que 12,5 m2, soit 1,5 m2 de moins que celle d'origine, avec 2 bandes de ris.

 

Zebote : l'hiloire en cours de fabricationCerise sur le gâteau, Patrick,mon excellent ami vapiste et «bricoleur» de génie (si,si!) m’a fait de magnifiques hiloires vernies en 3 couches de contreplaqué collées en forme, qui affinent la ligne du bateau et protègent des embruns et autres entrées d’eau indésirables. L’accastillage est optimisé pour pouvoir régler la tension à l'amure et prendre des ris en semi-automatique depuis le cockpit sans aller faire le gugus acrobate sur le pont avant (à mon âge!) et une balancine double fera office de lazzy-jack.

Forcément après tout ça, une peinture de coque est prête pour le printemps et comme un peu de confort ne messied pas, on installera des coussins en kapok sur chaque bord montés sur velcro, ainsi que des poches de cockpit pour vhf et autres bricoles de sécurité. image : l'hiloire en cours de fabrication. (cliquez sur l'image pour voir en grand)

Et voilà une nouvelle jeunesse pour ce bateau attachant et pour son propriétaire qui commence à en avoir bien besoin.

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Sandbaggy yawl[ note danilusienne : Zebôte était déjà avec sa vieille voile distendue le bateau le plus rapide de notre flotille. Sa dérive camenbert de 80kg lui donnant la stabilité nécessaire pour équilibrer une voile de 14m². Mais on voit sur Internet une image du sandgaggy encore plus toilé! Le mat est reculé et un grand foc semble presque doubler la voilure, tandis qu'une queue de malet fait le pendant au bout dehors pour reculer le point de tire de l'écoute. Nous n'avons pas vu Zebôte dans cette configuration. De toutes manières son tableau arrière serait si loin devant nous qu'on ne distinguerait rien! ]

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Пикофолькбот

Texte Danilus

Photos tirées du site de Picofolkboat

Petit bateau populaire

 

A Saint-Petersbourg, il y a la mer et des bateaux. Même des petits qui nous intéressent : les Пикофолькбот.
N'ayez pas peur avec ces lettres, dans le cas présent c'est de l'anglais écrit avec du cyrillique : Picofolkboat. C'est le nom d'une entreprise qui propose des plans de petits croiseurs cotiers  et des kits en contreplaqué prédécoupé.
Naviguer sur le Web va bientôt nécessiter d'apprendre le russe tant le contenu dans cette idiome augmente, mais en attendant on peut se dépanner avec la traduction Google qui, curieusement, ne se débrouille pas mal avec cette langue. Donc en vous rendant sur le site de l'entreprise, dont vous trouverez l'adresse en bas de l'article, vous pourrez en lançant la traduction automatique sur votre ordinateur, comprendre grosso-modo de quoi il est question. Voyez déja dans le menu, Фото  ça veut dire photo, et Видео c'est video et vous l'auriez deviné Каталог mène au catalogue.

Folkboat 16

Folkboat16Sur la page du "projet", il est proposé plusieurs bateaux. Le plus grand est le Folkboat 16, qui mesure donc 4.80m de long, pour 1.80m de large. Le franc-bord est à 0.70m au milieu de la coque, Le tirant d'eau est de 0.25m dérive sabre relevée contre 0.95m baissée. la hauteur dans la cabine est de 0.95m, le poids lège 195kg, pour une voilure de 9.60m² qu'équilibre un ballast de 100kg.
La cabine est sensée pouvoir accueillir deux adultes et un enfant. Probablement en se serrant un peu beaucoup. Le bateau est dans nos normes de voilaviron et la randonnée cotière doit très aisément s'avérer envisageable.

Prix du kit : 60 000 roubles soit environ 815€ (frais envoi et de douane non documentés sur le site)

 

Mini-Cruiser

MinicroiseurMalgré sa taille plus réduite, le mini croiseur est annoncé comme stable du fait de son fond et sa quille longue qui représentent 30% du poids de la coque. L'originalité est justement dans cette fausse-quille de 36mm d'épaisseur qui courre sur toute la longueur de bateau, libérant la cabine et le cokpit de toute dérive encombrante.

La longueur est réduite à 4m pour une largeur de 1.50m, un creux intérieur de 0.50m, le tirant d'eau atteint 0.4m avec ce type de plan anti-dérive, la cabine offre cependant une hauteur sous barreau de 0.9m, le poids lège n'est que de 150kg animé par une voile de 7m².

 

Picofolkbot 360


Cabinefb360"Design classique et dimensions minimales pour la navigation confortable d'un petit équipage de deux personnes." On se contente de citer.

3,6 m de long ; Largeur 1.6 m ; Hauteur du milieu du navire 0,6 m ; Tirant d'eau 0.2 / 0.9 m ; Hauteur dans lacabine 0,9 m ; Poids  150 kgLest 60 kg pour une surface de voilure 7,2 m2.

 
 

Toyboat

 

Toyboat270nilsLà ça devient vraiment rigolo comme petit bateau, pour reprendre un concept utilisé en son temps sur Nauticaltrek.com : 2.70m de longueur, avec une cabine!
A noter que le bateau est doté d'une norme de classe ; 10pieds maxi, donc la même que le diecipedi italien.
Le bateau ayant été construit, des vidéos sont disponibles sur Youtube. Cherchez Видео sur le site russe.

toyboat 270

Longueur 2,7 m, 1,4 m de large ; Hauteur moyenne 0,5 m ; Tirant d'eau 0.15 / 0.8 m ; Hauteur dans la cabine de 0,85 m ; Poids 60 kg ; Surface de voilure 5,5 m.
 
On suppose que les jambes du dormeur doivent se caser sous le coffre du cokpit. Sans les plans, on ne voit pas bien où peuvent être les volumes de flottabilité.
 
Toyboat240
 
Le toyboat 240 fait encore plus court, mais toujours doté d'une cabine.
Avec son petit bec et son oeil rond, il fait penser à un poussin. Mais il navigue!
Voyez les vidéos.
 
 
 
 
 
 
 
Sur la page des photos, le picofolkboat est présenté en plusieurs longueurs, dont un modèle en 420cm et plusieurs exemplaires du 360.
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Voile au tiers sans bôme

Texte : Pierre Gasté

Photos : VAP

Comment régler une voile au tiers sans bôme?

Pirmil et Scaffie sont deux bateaux

image ; un Scafie et un Pirmil sans bômes.

Bon sang de bois ! “Qu'est-ce que c'est que ce rapiamus” aurait dit ma grand-mère du Pays de Retz en voyant cette drôle de voile carrée!  C'est en substance ce que je me suis dit la première fois que j'ai hissé la grand-voile au tiers de mon canot voile-aviron, un Pirmil.
À part quelques vagues conseils donnés par le fabricant, pas grandes indications ne m'ont été fournies et en feuilletant les pages de l'Internet, rien n'est venu compléter mon information sur les voiles au tiers. Je ne me positionne pas comme un expert, loin s'en faut, mais bien comme un pratiquant qui commence à avoir de l’expérience. Dans ce post, je vais vous narrer quelques petits trucs et astuces que j'ai glané au fur et à mesure de mes 15 années passées à naviguer à bord de Doody, mon voilaviron de 4 m 80.

 

Tout d'abord sachez que la bête aime respirer!  En clair, il ne faut pas trop la border et lui laisser en moyenne 10 à 15 degrés d'ouverture de plus qu'une voile traditionnelle bômée. Ces quelques conseils sont valables pour les voiles au tiers non bômées.

Let er buck dorestad

image : un deuxième Pirmil

Mais avant de parler des différentes allures, il me semble important de préciser que la voile au tiers doit être très étarquée avec justesse pour éviter le mauvais pli dans la voile. Par petit temps, il conviendra de souquer un peu moins pour gagner en puissance et en souplesse. A contrario, dès que les 10 Nds sont annoncés n'hésitez pas à étarquer au maximum pour rigidifier la toile. Un petit palan est bien pratique, d’autant que si vous lui laissez une bonne longueur de bout, vous pourrez baisser votre vergue au passage des ponts sans devoir affaler (la classe!).

 

A propos de rigidité, je vous conseille de trouver le bon réglage de votre point d’écoute. En effet, au près la voile sera d’autant plus efficiente qu’elle sera plate. Là encore, c’est à vous d’expérimenter selon votre bateau. La limite entre souplesse et rigidité est fixée à 10 Nds de vent.


Ynox 1

Image ; encore un Pirmil!

Et le portant me direz vous ? Ben y a pas de bôme donc on fait comme on peut ! Certain ajoutent un aviron en guise de bôme pour les longs bords, moi j’aime bien la gaffe prise dans le point d’écoute pour rigidifier et maintenue au pied dans une position relaxe. Le top reste de faire un gui avec un bambou, mais là on perd l’esprit de la voile au tiers libre et en cas d'empannage non souhaité vous risquez le coup de bôme.


 

Je tiens à attirer votre attention sur un point qui peut être dangereux ; je l’appelle le capuchonnage. Je m’explique : sans bôme, votre voile peut faire le tour du mat lorsque vous larguer l’écoute de GV. Ce faisant, la vergue située en tête de mât va venir coincer la drisse de GV.
Vous vous retrouvez alors dans une situation où il est impossible d’affaler ce qui peut très rapidement vous mettre en danger. Il faut alors faire repasser la vergue en tournant la voile autour du mât. Cette manoeuvre est quasi impossible par fort vent. Dans ce cas faites virer le canot sur lui même à la godille, à l’aviron ou avec un propulseur.


Pirmil voile aviron
image : Doody devant les tours de La Rochelle

La prise de ris avec une voile au tiers reste un exercice intéressant car il n’existe pas de système de prise rapide. Il conviendra donc de bien maîtriser l’affalage car tout se fait voile basse sur le pont. Cette technique permet d’agir par fort vent. Cela perd un peu de temps et vos amis avec des gréement aurique vous ferons sans doute la nique ;-(


Pirmilavecunris
image : Doody, un ris dans la grand-voile

 

Girafage 1Une fois maîtrisé les techniques de base, vous aurez à coeur de profiter du confort de la voile au tiers non bômée ; par exemple lors d’une pause au mouillage. La encore, il existe un truc bien pratique : le girafage de la voile. Cette manoeuvre consiste à ramener la voile contre la vergue comme le montre la photo jointe. Pour ce faire, vous devez amarrer judicieusement un bout entre la vergue et la chute de la voile avec un aller retour qui se termine dans de deuxième oeillet de votre ligne de ris. Vous avez alors la possibilité de carguer votre voile libérant ainsi tout le cockpit. C’est aussi une manoeuvre très pratique pour prendre un coffre à la voile car vous libérez le pont, réduisez votre voilure et donc arrêtez presque le canot. Un coup de godille et vous pouvez prendre le coffre même avec un peu de courant.  

   

image : girafage
 

Bref vous l’aurez compris, apprivoiser un gréement au tiers prend un peu de temps surtout quand on est seul à bord. Pour gagner du temps, vous pouvez aussi prendre exemple sur les autres marins en vous mesurant dans de belle ballade dans nos Pertuis ou sur d’autres plans d’eau. Pour ça rien de plus simple, cliquez ICI.


 

Pour conclure, je vous livre enfin mon truc ultime, la beauté ! Oui, le meilleur réglage est celui qui offre le plus bel équilibre, faite confiance à vos sensations de barre et laissez le canot vous guider. Recherchez la performance, celle de l’osmose avec votre voile-aviron, il n’attend que vous ;-)

 

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naviguer pertuis charentais zone sud

Naviguer au départ de Marennes en Charente Maritime

Marennes constitue une bonne base de départ
pour naviguer sur la Seudre ou dans le Coureau d’Oléron.

la cale de la Cayenne (Marennes)image : cale à La Cayenne

Mais tout n'y est pas toujours facile compte tenu de l'importante activité ostréïcole, du marnage qui vous oblige à consulter le tableau des marées, des courants qui sont vite assez traîtres si on ne s'en fait pas des alliés, de l'opacité de l'eau qui vous cache les obstacles, du balisage à la mode locale qu'il faut savoir décrypter (une simple branche effeuillée marque la limite de la vase cachée ; un bidon bleu en lieu et place des balises jaunes officielles ; un panneau au trois-quarts effacé qu'on ne voit que lorsqu'il est trop tard pour prendre le chenal qui mène au petit port qu'on convoite ...).

Mais ces difficultés ne saurait rebuter l'amateur, d'autant que l'étrangeté de certains paysages mérite l'effort de s'aventurer dans les coureaux et les chenaux, aussi sommes nous heureux de vous proposer un document établi par Philippe L. avec l'aide de Miles D. , des vapistes qui navignent souvent dans ces eaux là sur leurs voilavirons. 

Voici les lignes relatives à la Seudre :

Pour explorer la Seudre, ses achenaux et ports :

  • Partir à marée montante, avec le courant. En fonction du vent, l’Eguille peut être atteint en moins de 2h. Les autres destinations intéressantes sont Mornac sur la même rive de la Seudre ou Port Paradis sur l’autre rive par le chenal de Pélard.

  • Précautions :

  1.  bien identifier les obstacles constitués par les parcs à huîtres et signalés par des branchages émergeant au dessus du niveau d’eau,

  2.  pénétrer dans les chenaux d’accès à l’approche de la pleine mer (4,5m) en naviguant au milieu (attention aux ferrailles et autres épaves pouvant être abandonnées de part et d’autre des chenaux).

En remontant la Seudre, l’entrée du chenal de Pélard est repérable après une grande maison en structure bois sur la même rive et une bouée jaune au milieu de la Seudre, l’entrée du chenal de Mornac est signalée par une pancarte (note Danilusienne : il faut de bons yeux!). Mornac (dont le chenal d’accès et de sortie est le plus court) est, aux périodes de vives eaux, une bonne base pour explorer les « acheneaux » voisins de Teger, Plordonnier, Fontbedeau et du Liman (attention néanmoins aux possibles obstacles immergés en bordure des chenaux).

 

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Longueur des avirons

Texte : Daniel M.
Photos : Danielle R. ; copies d'écran modifiées ; VAP ; lien direct vers site Marco Dessardo.

Comment calculer la longueur des rames selon John Harris

Article Hharris longueur des avirons


John Harris, le patron de CLC-boats, créateur du Skerry et nombre autres embarcations légères (représenté en France par Arwen Marine) a écrit en 2014 un article relatif aux longueurs des avirons sur des canots à siège fixe, paru dans WoodenBoats, une des revues américaines qui s'intéressent aux petits bateaux comme les nôtres. La problématique des sièges coulissants étant volontairement écartée du propos.
Il n'est pas question ici de traduire intégralement cet article, d'autant que l'obtention de l'autorisation devrait s'avérer compliquée entre les droits de l'auteur et ceux de la revue. Mais rien n'empêche d'en faire un résumé. Vous trouverez bien entendu les références de l'article en anglais en bas de cette page.

Les conseils courants pour choisir une paire de rames tiennent compte du seul paramètre de la largeur du bateau, avec une marge d'appréciation inexpliquée. Mais, remarque John Harris, il faut s'intéresser aussi à la hauteur du franc bord, ainsi qu'à la taille du rameur qui conditionne la hauteur du banc et son éloignement des dames de nage ou des tollets. [note danilusienne : L'age du capitaine ne semble pas un critère pertinent, donc il sera inutile de le calculer.]
Comme la plupart de ses confrères avec qui il avait discuté du problème, le père du Skerry a utilisé une méthode infaillible, il essaya jusqu'à ce que ça tombe bien. Comme il ne trouvait pas que ça avait l'air scientifique, il se lança avec des règles, une calculette et un gros tableur, et il a mesuré une douzaine de canots, pris des photographies à différents moments de la nage et étudié tout ça sur son ordinateur. L'idée était d'arriver à un "algorithme simple pour la longueur des rames et un ensemble de règles pour positionner les sièges en relation avec les dames de nage".

Aviron sur la Seudre

Caractéristiques du canot

En tenant compte de la hauteur du franc bord et l'analyse de sa table de petits bateaux connus pour avoir de bonnes proportions pour la nage, John Harris est arrivé à la formule suivante:
 

  • soit A la largeur du canot au niveau des tollets ou dames de nage (calculée en pouces (inches))
  • soit B la hauteur entre l'eau et le haut du support d'avirons (en pouces)
  • alors la longueur optimale (en pouces) serait égale à ((A+B)+9)x 1,34

Pinassot capbretonCette longueur permet que l'immersion de la pelle soit correcte, et que les mains se croisent légèrement pour un meilleur bras de levier.
Le merveilleux de l'histoire c'est que les paramètres sont les mêmes pour des mesures en système métrique si on les exprime en centimètres.

Une page du site de "CLC boats" offre un petit logiciel qui vous propose une longueur d'aviron en fonction

  • de la largeur du canot
  • et de la hauteur du francbord,

et calcule alors automatiquement les préconisations pour :

  • la  différence de hauteur entre le  siège et le point d'appui des avirons,
  • ainsi que la distance entre le bord avant du siège et l'axe des dames de nage.

Caractéristiques du rameur

John Harris a remarqué que les données qu'il calcule correspondent bien à "75% de l'humanité" (plus probablement 75% des habitants des USA). Mais les personnes plutot petites (notion floue même en logique floue) ont les épaules plus basses dans le bateau que les grands, ce qui les oblige à lever trop haut les mains vers leur cage thoracique ; ils auraient donc intéret à utiliser des avirons plus longs. A contrario, les grands ont des problèmes avec le genoux trop relevés qui se prennent des coups de manche d'aviron à chaque passage ou alors ils ne peuvent pas sortir les pelles de l'eau. Ils auraient besoin de rames plus courtes ce qui est contre-intuitif.
La solution consiste à remonter le siège pour les petits et de le baisser pour les grands.
Quand il s'agit de son propre bateau, c'est bien une idée à mettre en oeuvre.
Comme dit Harris " rien ne transforme plus une nage agréable en marche forcée qu'un siège inconfortable". Par bonheur son enquète montre que beaucoup de canots se révèlent bien adaptés, et le calcul qu'il en tire indique que la hauteur entre le siège et l'assise de la rame doit être égale, en pouces (inches), à la largeur entre les dames de nages ou les tollets mulitipliée par 1,17. Sur un Whitehall, le calcul théorique donne 7" ; un individu qui mesure entre 5'6" et 6'3" serait à l'aise dans ces conditions [en métrique cela donne 7"=17,77cm, 5'6"=167,4cm,et 6'3"=190,5cm).

Vous trouverez la page de calcul ici : https://www.clcboats.com/ext/screen-f781f4b64b.html#

 

Calcul avirons 1

Un petit coup d'oeil sur le programme sous jacent nous montre que la hauteur entre le siège et l'assise de la rame doit être égale, en centimètres, à la largeur entre les dames de nages ou les tollets mulitipliée par 0,17. De même que la distance horizontale recommandée entre le bord (coté genoux) du siège et l'axe des dames de nage est égal à la largeur du bateau multipliée par 0,22.

Mais l'auteur précise ailleurs dans son texte qu'un banc de nage doit être assez large pour que chacun puisse s'auto-adapter en fonction de sa taille, donc s'avancer ou se reculer facilement de quelques centimètres. De toute manière un banc large sert plus facilement de table pour le picnique à bord, on gagne sur tous les tableaux!

 

Fuge Sculpture de Marco DessardoJohn Harris a ensuite essayé son algorithme sur divers bateaux et en conclut qu'il fonctionne bien pour les carènes normales, mais que si vous dessinez une coque bizarre, il faut vous attendre à des résultats bizarres.

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Sculpture de Marco Dessardo
Cliquez sur l'image pour voir plus grand

 

 

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