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Voile au tiers : peaufiner les ris.

On se reportera à ce billet précédent pour se remettre au parfum de la prise de ris semi-automatique sur une voile au tiers bômée.

Supprimer les poulies

Sur Amzer Zo, le canot breton super-optimisé de Patrick, le dispositif relaté dans le billet précédent indisposait notre compagnon perfectionniste : premièrement pour l'efficacité, deuxièmement pour l'esthétique. Figurez-vous que la bôme avait tendance à tourner sous la tension de la bosse prise dans une poulie latérale, et que ça faisait désordre!

Cosses de ris

La solution allie l'élégance à la simplicité : un bout'  muni d'une boucle autour d'une cosse et épissuré, traverse la bôme et est bloqué par un noeud. La bosse de ris tire dans l'axe de la bôme qui ne se tortille plus. Voila pour le joli et les radins seront heureux d'économiser le prix de quatre poulies (deux pour chacun des deux ris et si deux et deux font quatre). De plus, ça fonctionne bien.

Mais le principal défaut du système précédent venait du doublage de la bosse. On se souvient que la bosse de ris était fixée sur la bôme, montait vers l'oeil de ris, redescendait vers la poulie (latérale!) avant d'aller se coincer dans le sifflet ad hoc. Mais la voile, malmenée entre la bosse et l'espar, ragait exagéremment. Comme l'avantage fourni par ce système de palan était en partie perdu par le frottement du bout dans l'oeil de la voile, s'en priver gênait peu et supprimait l'usure de la toile. Dorénavant la bosse est fixée directement dans l'oeil de ris, descend vers la boucle-cossée pour aller le long de la bôme vers le taquet coinceur.

Vous aurez remarqué qu'on gagne ainsi un bout' égal à une hauteur de ris : on s'en sert pour faire la boucle sus-nommée, tant pis pour le shipchandler.

Le demi-ris 

Patrick préfère dorénavant tirer d'abord sur la bosse arrière pour étarquer au point d'écoute, puis s'occuper du point d'amure.

Mais si on n'y touche pas à ce point d'amure?

Et bien on a pris un demi-ris.

Les régatiers jouaient parfois avec un "ris de fond" qui était le pendant du Cunningham ; ce demi-ris pris aisément en touchant ni à la drisse, ni au hale-bas de la voile au tiers, relève de la même technique que cette astuce de coureur qui étarquait sans sortir des limites de la jauge. Même si on se fiche de la jauge et de ses juges, ça peut servir quand on hésite à mettre en panne pour réduire la voilure, quand toute la toile c'est trop et avec un ris peut-être pas assez. En fait prendre ce demi-ris présente non seulement l'avantage de diminuer la voilure sans modifier ses autres réglages, mais surtout d'aplatir une voile un peu creuse pour le temps ; justement le principe et le but du ris de fond.

Cerise sur le gateau, il n'y a rien à rajouter au système de prise de ris semi-automatique sur voile au tiers bômée ; pour prendre ce "ris de fond" il suffit de faire moins que la moititié de la manoeuvre d'un ris complet. Peu d'effort, joli résultat.

Demi ris  ou ris de fond

Sur cette voile équipée d'une garcette continue transfilée ( voir la page antérieure) , le ferlage du demi-ris est assuré par une tension partielle de cette ficelle qui se tend par le milieu. Simple et élégant.

En réalité ce n'était pas calculé du tout, c'est juste un hasard qui a bien fait les choses.

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Semaine du Nautisme

La semaine du Nautisme à La Rochelle s'est déroulée du 6 au 10 juin, dans le bassin du vieux port au coeur de la ville.

Stand base port neuf reduite

Voile et Avirons dans les Pertuis y tenait un stand en compagnie des autres associations du site de Port-Neuf, pour lequel un logo avait été créé pour cette occasion.

Comme c'est bien normal c'est l'école de voile Les PLates, qui a attiré le plus de demandes, mais pour notre part nous avons eu des contacts avec un nombre encourageant de personnes intriguées puis intéressées par nos bateaux et notre forme de navigation. Un petit canot à voile au tiers, le "Black Pearl", construit à petites lattes, était exposé conjointement à des kayaks. Il attirait les regards et incitait les badauds à discuter.

Trois de nos voilavirons par ailleurs ont tourné tous ces jours pour offrir  des "baptèmes" gratuits à différents publics et le bilan à chaud semble très positif, plusieurs personnes découvrant la voile ou la redécouvrant ("jai fait un peu d'optimist autrefois") manifestant leur désir de continuer l'expérience.

Semaine nautisme baptemes

Photo : notre trois bateaux faisant découvrir la voile.

Le seul dommage enregistré fut la casse du mât d'Amzer-Zo sur une survente un peu musclée, comme quoi c'était vraiment de la navigation pour de vrai.

Petites sorties hivernales à la voile

Carrousel de voilavirons

 

Ça s’est passé cet hiver.

Même si le climat rochelais n’est pas des plus rudes, la saison hivernale se prête assez mal à la navigation sur nos petits canots, et on n’ose même pas parler de cabanage ou de camping sous tente légère au fond des marais.

Quoique ça démange. Aussi pour que nos embarcations prennent un peu l’air marin, une fois par mois si le temps l’autorise, on met à l’eau à Port-Neuf, on traverse la baie et on va faire un petit tour entre les tours du Vieux-Port. Ce n’est pas l’aventure du siècle, certes, mais bien agréable.

février 2018 La Rochelle

Un petit carrousel de nos voilavirons dans le périmètre restreint du vieux bassin, c’est un joli spectacle pour le badaud et un exercice amusant pour le barreur. La vraie difficulté c’est d’en sortir : le vent déjà capricieux autour des deux tours est en général pile dans le pif de nos canots entre les deux batiments et s’allie habituellement au flot montant pour obliger à des manœuvres savantes pour se tirer du mauvais pas. Et pas question d’attendre le jusant, car il n’y aurait plus d’eau à Port-Neuf pour accoster et remonter les bateaux sur leur remorque.

Entrée dans le Vieux-Port de La Rochelle

Photo : l'entrée au port vent arrière, c'est plus facile que d'en sortir.

Bien sûr on peut armer les rames, comme nos amis du club d'aviron de mer qui font souvent le même voyage, d’ailleurs on s’y voit parfois contraint, mais quitte à faire les vieux-beaux avec nos voiles au tiers, autant pousser la coquetterie jusqu’au bout et s’en servir pour égayer les spectateurs qui guettent le moment où le bateau réglé pour le près très serré, va quand même reculer dans le port. L’astuce pour se sortir de ce mauvais pas c’est de virer au bord du quai à l’abri relatif de la Tour de la chaine et tenter la diagonale pour virer sous l’autre tour avant les traitres pieux de bois déjà submergés. Évidemment on ne gagne pas à tous les coups, c’est là tout l’intérêt, surtout pour ceux qui regardent.

Voile au tiers dans le vieux port

Maintenant la flotille de VAP prépare ses sorties d'été, mais lorsque la bise sera revenue et qu'on nous demandera ce que nous faisions aux temps chauds : nous naviguions. Vous naviguiez! et bien recommencez maintenant.

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Échouage sur la plage : sémantique

 

 

 

Grave discussion par mels entre graves vapistes. Quel mot français pour remplacer le franglais « beachage » ?

Disons-le de suite, tous savaient que le terme « échouage » correspond parfaitement dans son sens général et qu’on peut échouer sur la plage de Gatseau ou sur le Banc des Bucherons en attendant la renverse.

Mais.

Comme une nuance semble se deviner derrière le vocable « beachage », il convenait de sentir ce que l’on éprouve et qui entraine le besoin de l’exprimer en utilisant « beachage » plutôt que « échouage ». Il semblerait que nos activités de plaisance légère induisent un sens ludique ou tout au moins de plaisir à l’arrêt sur une plage le temps d’un repas, d’une sieste, voire d’un bivouac. Ces pauses plus ou moins étirées préfèrent la plage au lieu de la vasière ou le banc de rochers. En tout cas on ne « beache» pas à un ponton, ni même dans un port d’échouage, une échouerie pour reprendre un terme logique et bien formé, utilisé par Bernardin de Saint-Pierre.

Nous n’entrerons pas sérieusement dans la discussion bysantine sur l’étymologie de « échouer » qui mit en échec plus savants que nous, qui cependant n’hésitèrent pas à proposer des parentés supposées plus ou moins surprenantes, mais nous nous amuserons à souligner un lien possible entre « ashore » et « échouer » histoire de faire avancer le smilblick.

 

Poussés par quelque démon du néologisme, nous voila à imaginer des « échouplage », « grèvage», « plagir » ( donnant plageant ou plagissant selon qu’on opte pour une forme ou une autre dans l’arsenal des catégories de verbes), « plagirer » au sens d’aller à la plage comme on irait à la côte, et seules les complies mirent fin à cette débauche de nouveautés plus ou moins bien justifiables.

Les laudes ouvrent les yeux neufs et les recherches dans le monde des réseaux interconnectés nous font atteindre des rivages explorés par d’autres. Un article de Wikitionary.org en français nous indique « plager » en tant que dénominal de « plage » avec un sens militaire qui nous intéresse même si le sens commun nous va bien aussi. Qu’on en juge :
 

plager \pla.ʒe\ intransitif 1er groupe (conjugaison)

  1. Se détendre, s'allonger sur une plage pour bronzer.

    • Je déteste plager, moi, en vacances, il me faut de l'activité.

  2. (Militaire) s'échouer volontairement pour un navire.


Comment! La Royale se permettrait-elle de « beacher » ? L’auteur anonyme de cette notice ne cite pas de référence justificative, aussi convient-il de replonger pour explorer les fonds de la marine.

Bonne pêche. On trouve dans notre filet :

Avec 50 marins à bord, le Dumont d’Urville vient d’effectuer sa quatrième escale à Port-au-Prince depuis le séisme du 12 janvier 2010 dans le cadre de ses opérations de « plageage ».(Pilkiz,com)

 

Le plageage présente de nombreux avantages notamment pour soutenir des populations en cas de catastrophe naturelle. En effet, il ne nécessite aucune infrastructure portuaire pour débarquer des troupes ou décharger du matériel.(Cols Bleus)

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EDA-R en manoeuvre de plageage (© MARINE NATIONALE)

 

 Le BATRAL a été spécialement conçu pour le transport de compagnies d'infanteries avec armes et véhicules (compagnie d'intervention "GUÉPARD" à 140 hommes et une douzaine de véhicules) et le débarquement de ces unités à l'issue d'un plageage ou d'un embequetage.[ http://www.defense.gouv.fr/marine/patrimoine/histoire/la-marine-d-hier/les-batiments-de-surface/champlain-l-9030] [note de la rédaction : nous laissons le lecteur se documenter sur l’embèquetage qui sort de notre propos]

 

Avec ou à la place des RIB, on peut embarquer des véhicules de reconnaissance et patrouiller près des côtes ou en mode fluvial. Si quelque chose de suspect est détecté à terre, le MPC va plager et lancer ses véhicules, l'équipage pouvant ainsi directement poursuivre sa mission sans attendre l'arrivée, parfois longue, de moyens terrestres. (noticiaronaval)


 

L'arrivée aux Seychelles se fait quelques jours plus tard, samedi 2 décembre, sous la pluie. Commence alors l'exercice CATEAU NOIR 2006. Dès le premier jour, un plageage est réalisé dans l'anse Lazio… (meretmarine.com)

 

en zone contrôlée par des armées amies ou en opérations de débarquement comportant héliportages et plageages sur des rivages non aménagés ou faiblement défendus.(netmarine.net)

 

Arrêtons là ce chapelet de citations : la messe est dite, les mots plager et plageage sont officiels depuis longtemps. Comme dit Cols Bleus, le plageage présente de nombreux avantages. En effet, il ne nécessite aucune infrastructure portuaire pour débarquer.

Toute la philosophie vapiste!

Allons plager sur le sable chaud nos petits bateaux qui n’ont pas de jambes mais qui se posent très bien le cul par terre.

 

Plage et bateaux dans les pertuis charentais

15’ RoG : un nouveau voilaviron avec cabine dans 4,50m de long

 

15'RoG

 

C’est pas pour dire du mal des Américains, mais il y en a qui savent faire des bons bateaux ! Dans le petit monde voile-aviron quelque peu enclin à se contenter des formules à l’ancienne, voici un intéressant canot qui sort des sentiers trop battus, le 15’ River of Grass, dessiné par Jean-François Bedard en Floride qui a construit le prototype en 2017.

« On dit que chaque dessin est un compromis. Mais nous demandons : si vous pouvez naviguer à la limite [ ?? : If you can ride the edge] , faire du près et surfer les vagues comme un canot, apprécier la sécurité et la stabilité d’un quillard, vous glisser dans un trou que seuls des kayakistes peuvent atteindre, dormir à deux confortablement et manger sur une table assez grande pour y déplier entièrement une carte, où est le compromis ? » affirme le créateur en vantant sa marchandise. Qu’on en juge.


 

Longueur

15.3 ft

4,65m

Largeur

5.75ft

1,74m

Tirant d’eau

6in / 46in

15cm / 118cm

Déplacement

975lb

443kg

Poids lège

450lb

205kg

Surface voiles

150sq.ft

14m²


 

Quinze pieds un tiers soit 4,65m en bon métrique, c’est une taille raisonnable (celle d’un Kanoteko+) ; les 1,75m de large font la promesse d'une bonne stabilité ; le tirant d’eau est minimum avec 15cm, mais le plan anti-dérive devient profond une fois la planche abaissée ; propulsion par 14 mètres carrés de voilure ; sur le papier ça paraît bien.

Le poids déjà sérieux de 205kg sans fourniment rend la manipulation manuelle un peu limitée, les mises à l’eau et les sorties nécessiteront la remorque avec treuil ou quelques paires de bras bien musclés, quoique l’on ne s’écarte pas radicalement des normes des canots néo-traditionnels. Comme eux, la construction en sandwich contreplaqué/tissu de verre et époxy, gage de solidité et de flottabilité en soi, est à la portée de n’importe quel constructeur amateur.

15'RoG mise à l'eau

La liste des matériaux et appareillages fait un peu tousser car on dépasse les 9000$. Comme ce sont des prix américains, il importera de vérifier avec les fournisseurs en France, mais il n’est pas encore prouvé que ce serait moins cher. On s’interrogera cependant sur la nécessité de doter le bateau d’un « winch» pour border une voiles de 8m², quoique à  $84 le treuil de la marque Forestar plus une manivelle à $37, ce ne sera pas beaucoup plus ruineux que des poulies pour faire un palan, avec un usage plus polyvalent. En revanche, comme le suggère l'architecte, on pourra peut-être faire l’économie du carbone pour les mâts et trouver des voiles moins chères ; des voiles au tiers permettraient de s'en tirer pour 1500€, voiles et mâts si ces derniers sont faits maison en bois, mais il faudra refaire les calculs pour les dessins de voilure. Dès maintenant avec son grément d'origine, les plans sont disponibles sur le site de Bedard Yacht Design (références en fin d'article).

Nous voilà donc avec un canot dont l’esthétique peut ravir ou heurter, c’est selon, mais qui présente deux avantages importants.

  • 15'RoG cabineEn premier lieu pour le confort, il y a une cabine utilisable pour dormir, ce qui est assez difficile à intégrer dans une coque de moins de cinq mètres de long, et qui garantit un stockage à l’abri des embruns et des importuns, surtout si on prend la peine de remplacer le panneau souple en toile par du contreplaqué.

  • 15'Rog plan de coqueLe second point fournit un apport décisif : le cockpit est entièrement auto-videur. C’est ce qui fait le plus défaut sur les canots creux et qui apporte un surcroit de sécurité certain par rapport aux voilavirons traditionnels.

Une drosse continue permet de commander le gouvernail depuis la cabine, de même qu'on peut y régler la voile (peut-être est-ce l'explication du "winch").

On doute guère des capacités de ce mini-croiseur sous voile, son dessin reprenant les canons actuels des coques planantes optimisées pour garder une surface mouillée minimale quelle que soit la gite. La dérive pivotante lourde de 100lb, soit environ 45kg (élément déterminant du poids conséquent de l’ensemble), ainsi qu’une possibilité de remplir deux réservoirs latéraux offrant deux fois 36 kg de ballast complémentaire, assurent apriori une bonne raideur à la toile. En revanche on demandera à voir en ce qui concerne l'efficacité de cette coque large et sans aileron central aux avirons.

15' RoG sous voiles

Jean François Bedard a participé à l'Everglades Challenge de 2017 pour tester notamment son bateau et un peu le marin. Ayant terminé premier de sa catégorie, la plupart des autres équipages n’ayant pas pu conclure cette course éprouvante, on peut supposer que le 15’ River of Grass remplit très honorablement sa fonction.

 

Vous trouverez tout en plus détaillé et laudatif, mais en anglais, sur le site de l’architecte, ainsi que tous les liens pour de bonnes vidéos sur Youtube : https://www.bedardyachtdesign.com/designs/sail/15-rog-micro-cruiser/

Pour vous mettre en bouche, en voici une réalisée le premier jour de l'Everglades Challenge 2017 :

 

 

PS : Suite à notre demande d'autorisation d'utiliser ses photos, Jean-François Bedard nous a gentiment répondu en nous informant que le français étant sa langue maternelle -il est originaire de Montréal- il n'y a nul besoin d'utiliser l'anglais pour communiquer avec lui. Il nous a précisé aussi que les plans sont disponibles avec les cotes en système métrique, ce qui nous arrange bien, et que d'ailleurs un 15'RoG était en cours de construction en France et un autre en Suisse.

Enfin il nous a indiqué : 

Une petite note, J’ai aussi fait l’Everglades Challenge 2018 en mars et j’ai réduit mon temps de près de 48 heures sur l’An dernier.  Le premier jour de la course, j’ai versé le bateau, et je suis content de dire qu’il flotte comme prévu a 90°, cabine ouverte, pas une goutte d’eau a l’intérieur et récupération facile, seul, sans conséquences pour la course.  Dans les mêmes eaux et heures, les garde Cotes ont dû secourir 6 bateaux.

De plus, voici la vidéo qui a mon avis représente le plus l’esprit du bateau;

https://www.youtube.com/watch?v=lV0bVoof2zM

JF Bedard

 

Comparaison du coût de gréements

Nous publions avec sa permission  la traduction d'un article de Michael Storer, créateur bien connu du Goat Island Skiff, quant aux couts relatifs des gréements auriques et au tiers. L'article original en anglais se trouve à l'adresse suivante : 
https://www.storerboatplans.com/sailing-dinghy-optimisation-wiki/index/sail-spars/rig-cost-comparison-freestanding-yawl-vs-stayed-sloop/

Tout en étant très au fait des techniques modernes, notamment des foils, Michael Storer prône l'utilisation des voiles au tiers pour leur excellent rapport performance/prix. Vous trouverez à la page suivante, l'ensemble des liens des pages relatives à ce type de grément sur son propre site : https://www.storerboatplans.com/design/rig/sails/lug/everything-lug-rig-and-lug-sail/

Evidemment c'est un peu écrit en anglais! Si vous utilisez google-traduction, ça peut vite devenir un jeu surréaliste. Sachez que "balance lugs" se transforme en "patte d'équilibre" et "standing lugs" en "patte de fixation", mais il est vrai qu'il n'y a pas de catégories équivalentes en français où on ne distingue guère que les voiles au tiers avec ou sans bômestron et une amure fixée en abord ou en pied de mât. Mais les objets sont les mêmes. Sachez encore que "rig" au lieu de gréement devient  "plate-forme" (de forage!).

 

 

Comparaison des coûts d'installation :
Yawl sans haubans vs Sloop aurique

par Michael Storer

Mon travail de devis sur des kits de gréement pour les clients


L'un des travaux que j'ai effectués de temps à autre pour Duckflat Wooden Boats consiste à dresser une liste de l'accastillage et des manoeuvres (courantes et dormantes) pour l'un de leurs bateaux afin qu'ils puissent envoyer le kit de gréement complet aux clients.

Cela fait environ 10 ans maintenant, donc les prix ont augmenté, mais je suis à peu près sûr que le ratio reste à peu près le même.

Je devais passer en revue tous les secteurs fonctionnels du bateau et travailler sur les éléments particuliers à utiliser afin que les gens puissent consulter les prix.

Un jour, j'ai dû travailler sur le gréement de deux bateaux de taille similaire.

Sloop aurique $1650
Cordages, cables et accastillage.


Le premier grément que je regardais alors était un grément haubané joliment proportionné - un sloop aurique pour être précis.

Quoi qu'il en soit - l'ensemble complet de pièces provenant de divers fabricants, les cordes et ainsi de suite - tous choisis pour fournir un réglage de base des écoutes de foc, oeil de cunningham et hale-bas de bôme et tous les cordages pour tenir le mât et tenir la voile et la vergue, plus le gouvernail coûtait environ 1650 $, ce qui incluait une extension de barre franche qui serait facultative - vous pourriez toujours utiliser une extension de type PDR et la ramener à 1570 $ . Pas de mâts ou d'autres espars, pas de voiles - c'est juste le coût d'installation. Un gréement similaire ressemblerait à quelque chose comme ça.

Gannet2Ganet : architecte Iain Oughtred

 

Yawl au tiers sans haubans $380
Cordes et accastillage même qualité


À l'aide d'un gréement sans haubans, avec une grand-voile au tiers bômée et un artimon lui aussi autoporteur, le prix à payer était de 380 $ pour des cordes, des poulies et des bricoles de qualité similaire. Cela ressemblerait à quelque chose comme ça.

High18p1architecte Paul Fisher (Selway Fisher)

En fait - pas des tas de trucs - seulement 6 poulies et environ un mile de corde en moins, pas de cables ou de cadènes ou de circuit d'étarquage de foc, ni cunningham ni tire-bôme (car  le halebas remplace les deux). C'est parce que la plupart des fonctions sont réalisées avec un bout de ficelle plutôt qu'avec des accastillages en tous genres.

Sachant que le grément au tiers sans haubans donne 95% de la même performance s'il est correctement établi ... voila la raison pour laquelle les mâts autoporteurs et les voiles au tiers sont une bonne idée.

Voile aurique  vs Voile au tiers
Avantage-temps : voile au tiers


Ai-je mentionné que les mâts autoportants prennent entre 5 et 15 minutes à gréer?

Nombre des meilleurs concepteurs comme les deux ci-dessus - Paul Fisher de Selway Fisher et Iain Oughtred offrent les deux choix pour beaucoup de leurs bateaux.

Moi, je m'en tiens à la finalité traditionnelle des choses, aussi je conçois les améliorations de performance les plus importantes des bateaux de course, mais essentiellement avec du bois et de la corde !

***

Une voile joliement établie sur ce GIS à la gîte 

Gis bottom 560x630

***

TAKKA, une plate de course


Texte : JIBI

Photos : JIBI et amis

Jibi nous parle de son bateau, TAKKA (avec deux k)
qui est un GOAT ISLAND SKIFF (GIS) 
dû au crayon de Michael STORER, architecte australien d’Adélaïde.

Takka vent arrière

Historique


Je l'ai construit en 2013, après avoir acheté ce plan numérique sur le site américain Wooden Boats Store, pour $100 à l'époque, fourni avec les cotes dans notre système métrique.

J'avais auparavant essayé de construire un « American Peapod » 15 pieds de John Gartner en le modifiant « un peu » pour avoir une sole médiane propre à recevoir une dérive basculante. Une fois le mannequin construit, le lissage de la future coque s'est avérée impossible... J'ai alors sorti ma tronçonneuse !

Construction

Takka dans l'atelier de Chadignac

Bien dépité par l’expérience précédente, j’ai construit Takka seul en 3 mois dans ma propriété d'alors à Chadenac (entre Pons et Jonzac, Charente-Maritime), dans un grand atelier bien équipé d’une ancienne mais belle machine à bois. J'ai choisi ce plan pour sa rapidité et sa simplicité de construction et je n'ai pas été déçu : il n’y a même pas besoin de savoir compter jusqu’à 10 car 9 pièces seulement composent la coque.

Voile au tiers verteJe lui ai aussi cousu une voile verte dans un tissu pour toile de tente que j'avais depuis plus de 20 ans. Celle voile a été taillée sans assez de creux et s'est vite révélée décevante. D’où l'achat en 2014 d'une voile chez RSS (Really Simple Sails) aux Philippines, voilerie installée là par le frère de Michael Storer qui y habite.

Le plan d’origine a quand même été « un peu » modifié ! Tout d’abord en renforçant les échantillonnages : 12mm pour la sole et 9mm pour le bordé, d’où un poids nu de 133 kg au lieu des 85 kgs prévus par l'architecte qui préconise du contreplaqué de 6mm. L’étrave a de même bénéficié de l’ajout d’une solide pièce de chêne qui lui donne des airs de plate de la baie de l’Aiguillon.

Dimensions principales :

  •  Longueur = 4,73 m
  • Largueur au bau = 1,75 m
  •  Tirant d'eau = 10 cm / 85 cm
  •  Voile au tiers bômée = 9,6 m² - 3 ris
  •  dérive sabre et safran éjectable.
  •  Poids = 133 Kg nu
  •  Matériaux – CP 12mm pour la sole - CP 9mm pour le reste -

Utilisation

Takka au prèsCe canot assez voilé ( 9,6m² – 3 bandes de ris) marche très à plat, sur les plans d'eaux abritées... et très mal dans le clapot, à moins qu’il soit mené par deux athlètes comme un dériveur de compétition, en naviguant sur le bouchain, au risque de chavirer comme on le voit sur quelques vidéos. Sinon, dès que la sole plate tape, à la troisième vague, il s’arrête ! C'est donc essentiellement un canot voile-aviron d'estuaire, de lac ou de rivière.

La position normale du barreur en solo est à genoux au milieu de la baignoire. Pour pouvoir m'asseoir plus confortablement sur le coffre arrière je le leste par deux bidons de 5 litres pleins de sable et de plomb logés au pied du mât pesant chacun 15 kgs.

Takka à l'avironIl marche aussi fort bien a l'aviron. Je lui ai fabriqué – pour cette pratique– deux avirons de 2,75m en pin contrecollé.

Je l'ai aussi légèrement modifié en 2017 en sciant l'étambrai pour ne pas avoir à enfiler le mât dans son logement. Il suffit maintenant de le pousser dans son étambrai et de le tenir grâce à une « clé » de verrouillage.

Je l'ai aussi doté d'un système de prise de ris dit « automatique »… entièrement manuel et assez satisfaisant.

L’arrière large du canot lui procure une bonne stabilité de forme. Mais du fait d’un avant étroit, il peut néanmoins chavirer à l'arrêt pour peu que le poids du patron soit avancé inconsidérément au niveau du mât. Ça m'est arrivé, pile entre les tours de La Rochelle, à son neuvage, par un joli temps de demoiselle, mais en février ! L’arrière se soulève hors de l'eau et le bateau perd alors toute sa stabilité due a l’absence de portance de l'avant.... et il chavire doucement  et sûrement !

Notons aussi que ce bateau présente deux caractéristiques originales :

sur Takka : la drisse et le mat carré

  • Un mât carré creux, bien plus facile et rapide à construire qu'un mât cylindrique, mais tout aussi efficace.
    Mickael Storer ne propose pas l'usage du rocambeau, mais préconise un système où c'est la drisse elle-même qui sert à plaquer la vergue sur le mât. Voir à ce sujet la page "hisser une voile au tiers".
  • Un safran « à cassette ».
    Safran à la Storer sur TakkaEn fait, la cassette dont je vous parle est composée de deux joues solidement tenues ensemble par un bâti, entre lesquelles coulisse le safran, qui dans ce cas est une simple planche en bois solide. Quand on aborde une plage ou un haut-fond, la bonne pratique indique d'avoir à relever progressivement son safran. L'autre méthode, sans doute australienne elle aussi, consiste à ne toucher à rien… et attendre que la pelle « touche ». Elle sert donc aussi «d’ écho-sondeur» ! En effet, la pelle coulisse de bas en haut dans un bâti solidaire de la barre et elle n’est tenue à l’ensemble que par un élastique ! Je n'ai changé l'élastique de retenue que cette année, après 3 ans de bons et loyaux services.

 

 

Notes danilusiennes :

Safran serpentaireSafran electricNotez que c'est avec ce type de safran que Daniel Gilard a gagné la première Mini-Transat sur un Serpentaire de série dessiné par Bernard Veys. Certes il n'y a pas d'élastique comme l'a bien vu Jibi !

Notez encore cette idée trouvée sur le forum américain de Woodenboats, où un moteur électrique est greffé sur le sommet du safran, toujours bien rangé sans prendre de place dans le canot et il suffit de changer l'orientation de la  pelle pour profiter de l'aide hélicoïdale à la propulsion.

 

Note additionnelle

Peniche hopital bengladeshSon nom TAKKA lui a été donné en souvenir d'un voyage en péniche (une « fraycinette ») que j'ai fait en 1994 avec mon ami Yves MARRE, de Port-St Louis de Rhône a Djibouti ( pour moi). Yves Marre a continué jusqu’au Bangladesh où cette péniche a été reconvertie en dispensaire flottant toujours en activité.

On y a soigné depuis - surtout en ophtalmologie- plus d'un million de patients.

Le TAKA (un seul K)  [ (টাকা ] est la monnaie du Bangladesh.

***

 

Quelques jours en Seudre

En consultant le calendrier des festivités nautiques dans les Pertuis Charentais 2017, il était apparu qu’on pouvait aisément fin aout en enchainer plusieurs en Seudre et alentour, pourvu qu’on se dote d’une solution de continuité de notre cru. C’est ainsi qu’après avoir été fastueusement reçus par le club de l’Éguille Voile et Nature, on a pu participer au Voiles de Mornac, puis rejoindre le Chantier Rabeau à Bourcefranc.
Jean-Michel et Yannick, ces membres de la diaspora vapiste vivant en pays Nantais, nous racontent ici leur participation à ces réjouissances estivales.

 

Texte  ; Jean-michel COURONNE et Yannick, l’équipage de « Fleurd’Orient », un Bayraider 17 

Photos : Jean-Michel Couronné, Yannick, Jean-Luc Louis.

Des Voiles de Mornac au Chantier Rabeau en aout 2017.

 

Samedi et dimanche

C’est par un beau dimanche d’aout que nous avons découvert les festivités des « Voiles de Mornac », une des nombreuses manifestations nautiques dans le bassin de Marennes Oléron.

Notre association de petits voiliers « VAP » (Voile-aviron dans les Pertuis) était invitée à Mornac sur Seudre, un village classé parmi les plus beaux villages de France, au nord de Royan.

Nos embarcations, si elles sont récentes pour la plupart, sont souvent gréées au tiers avec leurs voiles et coques de couleurs. Elles s’intègrent très bien avec les vieux gréements plus imposants qui participaient à ce rassemblement.

La veille au soir une dizaine de bateaux, sans le nôtre qui n’arrivera de Saint-Nazaire que le lendemain, avaient rejoint le petit port de L'Éguille au fond de la Seudre, pas très loin, en amont de Mornac .

La soirée y fut festive, pour se faire le gosier nous a-t-on dit, et au réveil à 5h du mat’ le dimanche, il y avait des frissons. Mais la marée commande et la mer descend vite, il fallait faire vite pour ne pas se retrouver le cul (du bateau) dans la vase.

Depart matinal sur la Seudre

La flotille avait prévu de s’échouer pour midi au sud d’Oléron, sur la plage de Gatseau en face l’estuaire de la Seudre, cependant les vents défavorables n’ont pas permis cette halte. Finalement c’est à peine posé sur le sable de Ronce les Bains, côté continent, que les voiliers ont dû repartir, car la renverse se faisait déjà sentir.

C’est donc au retour des bateaux qui embouquaient la Seudre, que nous avons rejoint la flotte à partir de la cale de La Cayenne, non pas celle du bagne, mais d’un petit port ostréicole ainsi nommé où se jette le canal de Marennes dans la Seudre. Alors nos belles voiles ont remonté le fleuve sous le soleil, avec un vent léger et portant. La Seudre reste claire comparée à la Charente plus au nord, c’est pourquoi elle est une « rivière » d’élevage de naissains d’huitres, grâce à la qualité de son eau.


 

Voiles de mornac 2017


 

Il était prévu que nous allions rentrer à la queue leu-leu dans un ordre bien défini dans le chenal tortueux de Mornac, rive gauche, aussi une escale s’est imposée dans un étier en attendant le top d’entrée. Après quelques ronds dans l'eau en attendant le signal, tout avait bien commencé, mais bien que nous soyons très disciplinés comme il se doit, au fur et à mesure que nous avancions dans le chenal bordé de carrelets et cabanes colorées, la belle ordonnance a eu quelques ratées, si bien que nous sommes arrivés dans un joli désordre. C’est ainsi que Fleur d’Orient, trop rapide, prenait la première place au lieu de la septième allouée, car pour freiner dans le courant il ne reste que les avirons, mais ramer à contre sens des autres, ce n’est pas facile quand on manque d’espace.

Nous avons été accueillis micro en main par Pierre, notre président de l’époque, consigné à terre avec regret, ou comme lui-même aurait dit, puni de ne pouvoir naviguer. Ce fut une belle prestation de nos petits bateaux entrant à la lueur du soleil couchant, parmi ces voiles multicolores se frayant un passage dans ce très ancien port de pêche et de commerce, situé au bord du marais. Ce village vit au rythme des marées et a conservé tout son caractère traditionnel, à l’image de nos voiliers modestes amarrés le long des quais ou des pontons des cabanes bariolées.

Pour l’animation se fut réussi. D’abord un bain forcé de l’équipier de Fleur d’Orient, Yannick, en voulant nous amarrer provisoirement sur une berge herbue et abrupte. Yannick trempé, Yannick désolé, mais Yannick changé à l’abri des regards dans une de ces petites cabanes qui longent l’étier.

Heureusement, nous avions nos rechanges dans nos sacs étanches, pour les soirées bien arrosées (nous parlons de la pluie, naturellement). Nous n’avons pas de cabine de bains, nous essayons si possible d’être en autonomie complète, mais ce n’est pas toujours facile surtout pour avoir le pain ou le rosé gardés au frais.

Finalement, tous, nous avons posé nos bateaux docilement. Sur un avant-quai, comme le Drascombe de Jean Pierre ou bien coincés sur une cale envasée comme la bande à Isabelle et Patrick.

Voiles de mornac 2017 échouage

Quant à nous, nous avons choisi de nous mettre à couple du Pirmil de Françoise et Philippe, jusqu’à se coller à marée basse dans le reste de filet d’eau. C’est vrai qu’avec leur faible tirant d’eau, dérive et safran relevés, nos bateaux sont bien adaptés à l’échouage et la navigation dans les étiers de cette région de la Charente Maritime.

Après une soirée et un diner musical sur les quais à la lumière des projecteurs dans les voiles des vieux gréements, ce fut bivouac sous tentes pour beaucoup dans un petit bois, pas bien loin de nos bateaux, tandis que certains ont préféré un repos confortable à bord d’un gros vieux gréement.

Rares furent ceux qui cabanèrent, car dormir sous la tente sur le bateau n’est pas toujours confortable, surtout quand le canot s’incline sur la cale envasée. Mais il y a des avantages : certes il faut supporter le bruit de la fête, en revanche on a le privilège d’être proche, suivant nos envies, des bars ou des sanitaires du port.

Mornac soirée

Lundi

Le lundi en matinée comme la mer était basse, c’est une ballade à pied qui nous à fait découvrir ce paysage ostréicole, où la vue se perd dans ce labyrinthe d’anciens marais salants, reconvertis en claires pour l’affinage des huitres ou bassin d’élevage de crevettes ; puis Mornac nous accueillait, avec son église romane, ses maisons peintes en blanc, ses boutiques d’artisanat, et ses ruelles fleuries .

Après un déjeuner partagé sur les quais, ce fut une découverte sous voile des achenaux qui borde la Seudre en amont de Mornac, guidé par Bruno, le local de l’étape.

Il est surprenant de voir depuis la terre ces voiles qui glissent au-dessus des marais, surtout avec la marée haute et un gros coefficient. C’est un grand plan d’eau qui s’offre à nous pour régater, sans l’écran d’arbres qui nous déventeraient comme souvent en rivière, même si certains déclarent forfait, et comme Taka, la plate blanche de JB, préfèrent se planquer dans les roseaux au premier méandre .

Mardi

Le mardi nous avions rendez-vous au chantier Rabeau à Bourcefranc, pas loin du pont d’Oléron, mais dans l’estuaire de la Seudre la flotille s’est divisée. Certains ont sorti leurs bateaux de l’eau à La Cayenne, appelés à terre par quelques obligations, certains non motorisés ont préféré s’échouer à Gatseau au sud d’Oléron, d’autres comme nous, ont suivi Bruno vers une langue de sable en face du château d’Oléron. Il faut dire que les courants divergent ou s’opposent, surtout à la fin des marées, et ce n’est pas facile suivant la force du vent d’être dans le bon timing : soit trop tôt, soit trop tard avec le courant contre, il importe donc d’optimiser.

Fleur d orient devant le fort louvois

Finalement une poussette à la godille-essence fut nécessaire en passant sous le pont d’Oléron avant de s’échouer sur le banc d’Agnas, où on a été tout surpris de voir un si grand nombre de petits bateaux à moteur posés là pour une pêche de palourdes miraculeuse.

Voiles de mornac 2017 apéro

 

Un moment de détente pour un pique-nique, apéro solidaire et très coloré en compagnie de nos ostréiculteurs accompagnateurs sur leur lasse à voile. Ensuite, bien sûr, la sieste s’est imposée avant de rejoindre les hangars bleus du chantier Rabeau. Finalement nous sommes arrivés au complet en fin de soirée comme prévu, après une rafale de vent inopinée qui nous a tous surpris.

Bateaux ancrés ou échoués à marée haute sur le sable fin, bivouac en haut de plage à côté des ateliers.

Re-apéro avec vue sur mer, au soleil couchant, décor d’un autre temps.

Ce soir-là, beaucoup ont sorti avec difficulté leur canot de l’eau, non pas à cause d’un abus d’un quelconque breuvage, mais de l’accès des remorques difficile sur la plage .

chantier Rabeau 2017 échouage

La soirée fut mémorable, dans de cet ancien chantier naval. Folle ambiance et repas cuisiné aux fruits de mer délicieux. C’était coques en stock mais quand même pas woodstock malgré l'odeur de sciure!

La soirée s’est passée entre les machines à bois sous les charpentes empoussiérées, à côté d’un vieux gréement en cours de restauration. Chants de marins, Brassens ou Antoine, grattage de guitare classique, pour gosiers asséchés, ohyé!


 

Mercredi

Malgré l’odeur du café servi, brioches et confitures, le petit déjeuner fut trop matinal, l’atelier respirant encore l’odeur de la bonne cuisine de la veille.

au chantier Rabeau 2017

Profitant du début de la marée descendante nous sommes rentrés seuls par la mer avec une escale au Chateau d’Oléron.

Après bien des bords dans le chenal étroit qui nous à amené aux premiers pontons, l’arrivée fut tranquille, à contre courant au pied de la citadelle.

Le bateau bien rangé, prêt à partir, il était l’heure de la visite des remparts, puis du marché, enfin d'un petit resto, mais déjà il était temps d’appareiller.

Ah les cons ! iIs ont enlevé l’eau autour des pontons ! les mouettes ont pied.

Safran, moteur, dérive, tous bien plantés dans la vase : nous voila obligé d’attendre. Eh oui, dès qu’on aborde les pontons flottants, on retrouve le réflexe des plaisanciers aux docksides.

Après bien des titillements, des mouvements oscillants à l’arrivée des premiers centimètres d’eau, nous avons enfin décollé, bon pour un petit nettoyage des appendices (du bateau s’entend).

De retour « En passant par Marennes  avec not’e bateau » nous avions programmé une escale « chez nos amis voileux. ». Éclade de moules et chambre d’hôte dans une grande maison bois, ça vaut le détour .

Comme nous venions de naviguer ensemble la veille, bien fatigués, notre hôte et moi, tous les deux à plat, finalement nous n’avons parlé que de « flat-twin ». Ah, vieille mécanique, quand tu nous tiens !

Fleur d orient bayraider 17 

Fleur d’Orient a rejoint Saint Nazaire, son port d’attache sur l’estuaire de la Loire, et son équipage a fait le plein de bons souvenirs .

L’Éguille, Mornac, le chantier Rabeau, un mélange d’étonnements.

C’est sûr qu’on y reviendra.

***

Prise de ris sur voile au tiers

Il n'est pas très difficile de prendre un ris sur une voile au tiers, il suffit de descendre la voile, partiellement ou totalement, changer les points d'amure et d'écoute, ferler correctement la voile exédentaire avec les garcettes de ris, étarquer la nouvelle bordure, hisser la vergue, et souquer fort le hale-bas.

- Bon, mais si on veut faire vite?

- On n'est pas pressé!

- Oui mais si on veut quand même faire vite?

- Alors il faut des bouts de ficelle, devant et derriére et quelques poulies pour se fabriquer un sytème de prise de ris rapide, ou encore dit semi-automatique.

- Semi-automatique, c'est pas trop moderne ça?

- Il existe des shémas datant de la fin du XIXe siècle.

- C'est pas trop ringard?

- Non c'est "up to date".

- Ah! si c'est heupe tout dette, ça change tout.

Reefing

image tirée de "Canoe Handling" (1885, 3rd Edition 1901)by C. Bowyer Vaux

Principe d'un système de prise de ris rapide

Il s'agit de faciliter l'établissement d'un nouveau point d'amure et d'un nouveau point d'écoute au niveau du haut de la bande de ris ; tous les systèmes disponibles pour les voiliers bermudiens s'appuient sur une bosse qu'il suffit de tirer pour abaisser les oeillets du guindant et de la chute au niveau de la bôme et de les y maintenir fermement. Le principe s'adapte aisément sur les voiles au tiers bômées. Contrairement aux images tirée d'un livre du XIXe siècle, nos voiles sont en général dépourvues de lattes, il n'y aura donc pas de point de tirage central, juste aux extrémités.

Sur ces trois photos d'un de nos bateaux, vous pouvez voir une installation qui a été modifiée depuis pour encore plus de simplicité (la mise à jour de cet article sera faite après l'hivernage). Il y a deux bandes de ris sur Amzer Zo qui est un canot de petite taille et porte une voile au tiers amurée en pied de mât relativement courte de bordure. Pour chaque bande de ris il y a une bosse d'amure et une bosse d'écoute, ce qui nous donne deux bosses à l'avant de la bôme et symétriquement deux bosses à l'arrière. Chaque bosse est fixée sur la bôme, va passer dans l'oeillet d'amure ou d'écoute, redescend vers une poulie fixée sur la bôme et se dirige vers le centre de l'espar où elle est tenue par un taquet.

Amzerzo

 

prise de ris rapide 1

 

 

prise de ris rapide 2r

La manoeuvre pour prendre un ris se décompose ainsi :

  • on se positionne à peu près bout au vent
  • on détend le hale-bas
  • on relâche la drisse de la hauteur de la bande de ris rapidement grace à des repères sur le cordage
  • on tire à fond sur la bosse d'amure et on la coince sur le taquet idoine
  • symétriquement on étarque la voile en tirant sur la bosse d'écoute (coincée alors sur le taquet correspondant)
  • on étarque la voile grâce au halebas

Et c'est reparti !

La voile d'Amzer Zo est d'un grammage assez lourd et la bordure est courte, il n'est pas besoin de nouer la moindre garcette.

Optimisation des ficelles

Sur un autre de nos canot, un Kanoteko+,  le principe de prise rapide est identique à celui qu'on trouve sur Amzer zo, mais comme les proportions de la voile sont différentes, la bôme étant sensiblement plus longue, on a d'abord cherché à éviter les kilomètres de spaghetti qui pendouillent sous le gui quand on prend les ris, surtout le deuxième. Les bosses ne partent donc pas de la bôme, mais sont directement fixées sur les oeillets à chaque extrémité de la bande de ris. il suffit donc de tirer cinquante centimètres de bosse pour faire descendre la voile de cinquante centimètres, ce qui tombe bien car c'est justement la hauteur d'une bande. Ces cinquante centimètres excédentaires sont aisément stockés lelong de la bôme qui est bien assez longue pour ça, et retenus par un simple taquet coinceur. Le deuxième ris demande lui un mètre à l'avant et un mètre à l'arrière sur la bôme, mais comme celle-ci mesure 4.50m, il y a encore de la marge. La troisième bande de ris n'est pas équipée d'un système rapide, sont utilisation est trop rare pour s'encombrer de toutes ces ficelles, qui compliquent tout, même si elles simplifient la manoeuvre.

Sutout qu'on en rajoute! Comme  la voile s'avère moins lourde que sur Amzer zo, on ne peut se passer de soigneusement la ferler, sinon on est sûr d'avoir un sac à patate difficilement maîtrisable, ce qui n'est pas conseillé si on est justement dans l'obligation de prendre un ris. Une remarque de Michael Storer, l'architecte du Goat Island Skif, sur le transfilage au lieu de garcettes à nouer, a amené à installer un système de transfilage de ris. On s'explique : le tansfilage de la bordure sur la bôme a été remplacé par un transfilage au niveau de la première ligne d'oeillets qui a pris la place des garcettes. A l'usage, la fonction anticourbure de la bôme est suffisamment assurée par ce transfilage remonté d'un niveau pour qu'il n'y ait pas lieu de regretter le mode antérieur. 
Quand on prend le premier ris, dès force 4 quand on est seul, après avoir tiré sur les bosses de ris automatique comme décrit pour Amzer zo, il ne reste plus qu'à tirer rapidement sur la jolie ficelle qui passe dans les oeillets pour ferler d'un seul coup la voile de manière très soignée. Cette ficelle s'appelle une ferline. Comme on se retrouve avec beaucoup de cordelette libérée, on la tourne sur un taquet situé vers le milieu du gui, assurant ainsi tout à la fois son blocage et son rangement. Seul le premier ris est équipé de cette manière, car il y aurait trop de mètres de ferline à ranger si on voulait faire de même avec le second.

 

Transfilage de ris sur canot voile-aviron

 

Vous qui désespériez de n'avoir rien à acheter pour votre bateau, vous pouvez maintenant vous rendre fièrement chez votre shipchandler et devenir client pour quelques poulies (modèle économique) et des mètres de bout', pour enfin compliquer votre voilure au tiers.

Deux canots aux Glénans

 

Texte et photos : Patrick

 

- Tiens pourquoi pas les Glénans!
- Même pas peur.

La météo n'est pas mauvaise ; Jean-Paul a une grosse envie de mettre les Glénans au tableau de chasse d'Alose ; quant à Amzer-zo, lui, il connait : alors on y va.

VAP en route vers les Glénans
Donc nous quittons nos copains de la ballade "Golfe tour" pour rejoindre la pointe de Trévignon notre base de départ où il y a une cale large et de la place pour laisser nos camping cars ainsi que leurs remorques.
Trévignon présente l'avantage d'être à moins de 10 miles de la côte promise, donc à distance légale pour nos canots armés pour 6 miles.
Nous préparons donc nos bateaux le soir, assurons une bonne nuit à terre et le lendemain de bonne heure nous effectuons la mise à l'eau et direct sur un seul bord vers Penfret.
Mer plate et petit vent de 5 noeuds  nous portent tranquillement vers l'ile principale qui nous offre un mouillage sur ancre pour un bon casse-croûte suivi d'une sieste.
Après cette application du "principe de précaution" (comme dirait Nadau) nous appareillons pour une petite virée vers l'ile du Loch agrémenté d'un passage sur les rochers de la Tête de mort, mais pas de soucis avec un temps de curé et une eau limpide comme aux Caraibes nous pouvons voir le fond et évaluer la profondeur. Trois petits bords pour éviter l'ile de fort Cigogne et nous voila prêts pour aborder à la cale de l ile St Nicolas.
Aïe! il y a un gros bateau gris avec une déco bleu-blanc-rouge sur son côté. Nous passons au ras du navire gris qui nous observe mais qui ne bronche pas. Bon, ce n'est pas parce que nous n'avons rien à nous reprocher qu'ils auraient le même point de vue.
Que fait un marin qui, après une grande traversée, débarque à terre ? Il se dirige par instinct vers le bistrot : donc nous ne dérogeons pas à la règle, puis petit tour de reconnaissance et après avoir immortalisé notre présence sur l'ile, un gars du coin nous indique deux bouées où nous pourrons passer la nuit sans problèmes.au port
Et là, à dix mètres de nos canots, un "capitaine" téléphone bruyamment à sa femme (on suppose) : "Devine chérie : il y a trois fous sur des mouille-culs qui sont aux Glénans et en plus ils vont coucher à bord, ils sont en train d'installer leurs taud pour la nuit! J'en crois pas mes yeux!"
Il est vrai que lui, il va passer la nuit sur un 11m double barre à roue et confort à l'avenant.
Bref! Ceci dit le réchaud du bord nous procurera un petit repas chaud puis dodo les petits, pas de télé ce soir et tant mieux.
Après une nuit calme, le réveil est salué par un lever de soleil magnifique, mais le beau temps, ça n'a qu'un temps, il est prévu 35 noeuds de vent.
"Tiens du crachin. Hum... le vent ne devrait pas souffler si fort que cela" se dit le vieux marin.
Et ce sera effectivement le cas. Le départ de St Nicolas nécessitera le moteur et son (avi)ronron ne nous quittera pas jusqu'au continent. Dommage, mais quand même un super souvenir.
La sortie de l'eau à Trévignon sera musclée, car même sans vent il y a une houle qui implique de s'y mettre à  deux pour tenir le bateau tandis qu'un troisième s'affaire à la manoeuvre du treuil. Plus jamais nous ne  partirons de Trévignon car par un vent fort il est impossible d'en ressortir son bateau et il ne resterait  plus qu'à aller à Portmanech avec la complication de récupérer la remorque. La prochaine fois on optera pour un départ de Bénodet ou Port La Foret.
Les Glénans c'est MAGNIFIQUE on ne s'en lasserait pas, c'est à faire et même bien fait c'est à refaire.

visite immortelle

 

 

Vap Golfe Tour 2017

Texte :Patrick

Photos : Patrick ; Jean-Michel C.

Quand un amoureux de la petite mer propose à ses copains voileux de venir en découdre avec les courants du Golfe du Morbihan, cela donne quatre jours inoubliables et ce fut : la "VAP GOLFE TOUR 2017"

Cinq voilavirons de notre association de La Rochelle arrivent en force à Saint-Armel, notre point de départ. Le rendez-vous est chez Patrick qui possède une petite maison sur place. Trois bateaux viennent de La Rochelle, mais la diaspora est représentée par Fleur d'Orient basée à Nantes et qui vient jouer dans son jardin, mais aussi l'Alose qui, malgré son immatriculation Vannaise, arrive en réalité de Lyon.

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Premier jour

La première nuit est passée sous tente dans le jardin, et au matin on s’ébroue pour aller mettre à l'eau à la cale du Passage, bien aidé par le fourgon de Patrick qui arbore une boule d’attelage à l'avant de son véhicule, ce qui n'était pas du luxe vu l’étroitesse de la cale

Pendant que certains commencent à gréer, d'autres vont stationner les remorques sur notre terrain de base et c'est en milieu de matinée que nous nous dirigeons vent arrière vers l'ile de Lern puis, doucement, passons devant l'ile d'Arz et allons beacher sur l'ile d’en face à Ilur.

Dans une petite baie magnifique et abritée sur fond de sable blanc immaculé (ou presque) nous posons pieds à terre pour une plaisante visite du petit hameau, mais aussi pour sortir du sac le casse-croute. Faute de bistrot nous débouchons nos bouteilles puis... digérons sur le sable au soleil en faisant une petite sieste. Oui oui ! au soleil ! Nous profitons du micro climat ( il est vrai que nous sommes alors protegés du vent ).

Pique nique sur la plage d'Ilur

- Hé !les gars, ça remonte il va falloir s’y mettre, car nous allons a la pointe de Kerners. nous attend une bonne pizza et notre camping.

Ça se complique car il va falloir naviguer contre le courant et là l'expérience du marin du coin sera utile.

- Tiens, pourquoi il va à babord ? Ce n'est pas la route !

- Si ! si bien sur, parce que à 500m il y a un contre courant qui va nous permettre de ruser et de gagner un temps précieux

Beau Merle, le bateau basque, est impressionné par la force du courant, mais taille la route ; Let’er buck après un empannage résoud son problème de voile passée par dessus le mat ; Amzer zo tourne autour et surveille son monde, et tous finissent par arriver sans encombres au port de Kerners où nous pouvons mettre nos canots sur bouées et regagner terre grâce à l’annexe gentiment prêtée par notre restaurateur.

Belle traversée avec un beau soleil mais un joli vent de force 4, un peu froid aux doigts mais chaud dans les coeurs.

Les tentes sont vite montées et c'est face à la mer , presque les pieds dans l'eau que, assis aux tables du petit bistrot, nous dégustons les pizzas déjà commandées et livrées sur place et réchauffées par dessus le marché par notre hôte qui avait ouvert sa buvette spécialement pour nous. Quelle classe ! L'intendance est à la hauteur.

On se refait la navigation de la journée.

- Tu as vu le courant c'est dingue, et les rochers où nous sommes passés !

- Non, mais il y avait au moins 1m50 d'eau!

- Tu sais l'eau ici est aussi claire qu’en Méditerranée !

- Oui, mais elle est froide.

- Oui, mais elle est claire.

- Mais froide.

- Hé les gars faut faire dodo

Le soleil est couché, le froid arrive vite, nous allons nous mettre sous la couette et faire de beaux rêves. Ou des cauchemars, chacun fait comme il veut.

Deuxième jour

- Ha ! ce matin ça vente fort.

- Comme d’hab!

Petit briefing.

Devant les légères réticences, nous optons pour un changement de programme : plus tranquille car passer devant Berder avec six nœuds de courant, plus le vent et l'eau froide et sans sécu, ben …

Nous tombons d’accord pour dire que nous sommes là pour nous amuser et non pour faire des exploits. Bref, départ en direction de l'ile de Conleau en passant entre l'ile au Moines et l'ile d'Arz puis Arradon et port Anna.

VAP Echouage en Morbihan

La traversée s’avère sans problèmes par un vent certes soutenu mais très maniable et du soleil. Encore du soleil ! hé oui.

Un petit coup de VHF au port de Conleau pour donner notre heure d'arrivée et savoir quelle sera notre bouée d'amarrage ? Cerise sur le gâteau, une annexe nous attend afin que nous puissions débarquer. Elle a été gentiment préparée par le maitre de port que Patrick avait joint deux jours plus tôt

 

-Hé !les filles et les gars, c'est pas fini vous avez 300m pour aller planter vos tentes et on revient pour le resto où un menu nous attend (pas terrible finalement, et on n’y reviendra pas le lendemain).

Encore et encore des anecdotes sur la navigation du jour, puis on se glisse dans le duvet

Une seconde journée bien remplie, plein de bons souvenir sauf l'addition du resto. On ne peut pas réussir partout, demain sera un autre jour.

Troisième jour


-Ah ! Mais ce matin ça souffle !
- O buffe point trop cha p’tit.

Patrick qui a dormi dans son Amser zo de 3m50 pourra témoigner que dans la nuit il y a eu plusieurs rafales à décoiffer une bigoudène !
Durant le petit dèj’ au camping de Conleau, ça discute ferme car il est prévu au programme de descendre vers Arradon, puis l'ile de Berder et de remonter en passant entre l'ile au Moines et Arz puis se refaire une seconde escale  à Conleau le soir.
Bref beaucoup de vent et un peu de pluie (c’est à dire qu’on sera complètement trempés) nous pousse à tout simplement remonter la rivière vers Vannes. On est en vacances ( "amzer zo"en breton : on a tout le temps ! )
Une équipe partira visiter Vanne à pied et les autres en bateau, qui ne verront finalement de la ville que l’écluse et le dessous d’un pont. 
Nous accostons le long d'un quai pour casser la croute et retour au près à contre courant, mais avec le soleil revenu, jusqu’à notre bouée au port de Conleau. 
Ce petit retour est très sympa, du louvoyage sous le soleil, ma foi, ça ne se refuse pas.
Ce soir nous faisons un refus de tribord à notre resto d’hier qui peut toujours nous attendre et mangeons au camping, ce que nous ne regrettons pas
Après avoir refait le monde, dodo, car demain nous sortons les bateaux à la cale de Port Anna après avoir recupéré nos remorques grâce a Jo le taxi. En effet, comme le vent est prévu assez fort, de plus en plein dans le pif, la solution de facilité est adoptée par la majorité après concertation.
Et la soirée se termine chez Patrick à St Armel où une ventrée de spaghettis sauce tomate nous est concocté par Francoise et Jean-Michel.
Demain matin retour aux bercails La Rochelle ou Nantes.
Seul deux irréductibles, l’Alose et Amzer zo partent pour une virée aux Glenans ! Oui rien que ça.
C'est vrai qu'Amzer zo n'en est pas à son coup d'essai pour les Glénans, et l’Alose en a vu d’autres. Cela fera l'objet d'un autre reportage.

***

Voilà , c'est ça la promenade en voile aviron. Naviguer en totale autonomie, à la robinson, ou alors profiter des commodités, mais passer par des chemins que peu de bateaux empruntent, beacher le temps d'un repas avec sieste (principe de précaution d’après Nadau ) et pour seuls visiteurs une mouette et un lapin de garenne 
 

Le jour de l'Hermione

 

Hermione, baie de La Rochelle fev 2018

Premier février 2018, l’Hermione qui avait quitté depuis deux jours son abri dans le port de Rochefort et descendu la Charente, devait faire son entrée à La Rochelle pour s’y faire admirer pendant un mois.

L’idée d’aller la saluer au large avait forcément germé dans quelque cervelle, mais pour une fois les voilavirons étaient restés au sec, et plusieurs vapistes, infidèles à leur coque de noix, embarquèrent sur un trimaran Corsair. Parti après beaucoup de monocoques bien plus gros, dès que le vent eut forci, l’engin montra vite sa vélocité et arriva bien avant le reste de la troupe aux abords de l’Hermione. Un des navires de Croisière-Inter-Iles y polluait déjà le paysage, ainsi que des bateaux bleu-orange de la SNSM, mais ceux-ci on y tient vraiment et ceux-là on les aiment bien finalement.

Comme il fallait bien faire des photos pour justifier le déplacement, le trimaran virevolta autour de la frégate avant de rentrer avant tout le monde au port . Il aurait été sage de freiner le bateau car il fonçait droit vers un joli grain. Mais le moyen de ne pas surfer?

Bref, on s’est mouillé, et il faisait plutôt frisquet.

Hermione et trimaran

 

 

Voile-avirons sur l'Erdre 2017

 

 

Texte, photo et vidéo : Christian

 

Voile-aviron sur l'Erdre 2017

 

Si vos goûts du moment vont vers l’acier, le bois brut plus qu’au vernis et au cuivre, si vous préférez les carrelets aux châteaux, si vous êtes plus Schumann que Michel Portal ou si le clapotement furieux des marées vous manque alors l’Erdre ne sera pas votre Rendez-Vous cette année.

Imaginez quand même une aubade musicale dans le petit matin ou le murmure des saxos qui approche, vous frôle et s’éloigne ou bien un pas de danse au rythme d’un big band pour dégourdir ses jambes à l’heure de l’apéro. La musique s’invite à chaque escale et même sur l’eau.

De l’Erdre secrète et bucolique du départ jusqu’à la foule sur les passerelles et les quais de Nantes, vont se succéder de larges espaces, des échappées sur les châteaux.

Vous serez nombreux à partager la fête, musicale et nautique, à la fois spectateur et acteur, surtout si vous venez en compagnie d’autres VAPistes déjà addicts.

Cette navigation là comporte un risque à bien considérer, celui d’y prendre goût et de revenir l’année suivante avec ou même sans son bateau...

 

VAP au bassin d'Arcachon

Textes : Annie-Claude

Montage video : Christian

Photos : Isabelle


Pour une petite virée des Vapistes, en septembre 2017, quatre « canots » de VAP s’en allèrent naviguer sur le fameux bassin à partir d'un confortable camp de base à Andernos.

Voilaviron devant une cabane à Arcachon

Malgré une météo moyenne, Chico Mendès, Josépha, L’Ingénue et Curlew rejoints par un sandbaggy local, ont paradé avec bonheur au milieu des parcs à huîtres … sans y causer de dommages ce qui n’est pas si évident !

Lors de la première sortie, quelle ne fut pas notre surprise, en contournant les célèbres cabanes tchanquées, de constater que nous évoluions au milieu de baigneurs … qui avaient pieds !!!! oups !

Ok, le bassin d’Arcachon ce n’est pas les 40èmes rugissants mais il faut quand même tenir compte des marées et des chenaux pour éviter de passer la nuit sur le sable en attendant que l’eau revienne ….

Quelques escales de pique-nique mémorables, à marée basse au milieu du bassin ou sur le port de l’Herbe, et pour clôturer ces belles journées de navigation, de joyeuses soirées chez nos hôtes que nous remercions encore pour leur accueil chaleureux, elle est pas belle la vie  ?

Tous gardent un excellent souvenir de ces quelques jours et ne demandent qu’une chose :

Y RETOURNER 

Cette petite vidéo en témoignera mieux qu’un long discours ! 

 

 

De joyeux Vapistes en quête d’émotions
Avec quatre canots traversèrent la Gironde.
Ce n’était pas la traditionnelle ronde
Mais la découverte de nouveaux horizons.

Habitués aux vastes étendues
Ils découvrirent avec bonheur ce petit paradis
Il faut cependant être marins accomplis
Pour regagner la terre le soir venu

Tout change, tout est chamboulé
Au rythme des courants et des marées
Mais le bassin et ses atouts ont su les ravir 

Ses célèbres cabanes, ses charmants villages
’île aux oiseaux, la pêche aux coquillages ….
Nos vélirameurs conquis rêvent d’ y revenir !

Remontée de canot Andernos


 

Jour de la galette

Samedi 13 janvier le site nautique de Port-Neuf qui héberge plusieurs associations a vu se réunir celles-ci pour une réunion galette en commun. 

Image partagée par Patrice Bernier sur FaceBook

Ce devait être aussi l'occasion d'une sortie en mer, mais la température annoncée en avait refroidi plus d'une et d'un. Mais pas tous. Le kayak club a mis à l'eau sinon une cohorte, au moins une bonne escadrille de leurs embarcations.

Finalement il n'y avait pas grand monde dans la baie de La Rochelle, outre nos kayaks sus dits, on nota un groupe de compétiteurs à l'entrainement sur des dériveurs légers, un esquif collectif d'aviron de mer, un quarteron de jeunes véliplanchistes (pieds nus!) et deux -moins jeunes- Vapistes sur un (fort beau) voilaviron qui n'ont même pas eu froid..

Comme quoi c'était faisable et les absents ont eu tort!

Ronde des Pertuis 2008

En ce début d'année 2018 nous republions le compte rendu fait après la Ronde 2008. Dix ans déjà! 
Les mésaventures de nos hébergements sur Internet avaient fait disparaitre ce document heureusement retrouvé au fond d'un disque dur.
Le revoici donc. Il s'agit d'un document PDF, il vous faudra peut-être le télécharger pour le visionner. C'est sans danger. Bonne lecture.

Cliquez sur ce lien : 

Rondepertuis2008rondepertuis2008.pdf

Ronde2008

Choisir un canot voile-aviron

 

L’art du compromis

AVEL-DRO JY CorsonBien choisir un canot voile-aviron

Soyons clairs dès le départ, le bateau idéal n’existe pas; pas plus en Voile-Aviron que pour les autres types de bateaux (classiques et bateaux modernes). Chez voiles et Avirons dans les Pertuis, nous avons de très nombreux types de Voile-Aviron, plus de 20 séries différentes. Chaque Voile-Aviron répond à une pratique particulière en fonction de différents critères : La taille (de 2,5 m à 7 m), le poids de 70 à 500 kg, la simplicité de mise en oeuvre, les performances, le confort, la praticité des aménagements, la simplicité d’entretien, les capacités nautiques, l’adaptation à l’âge de l’équipage (enfants par exemple) …. Vous choisirez aussi votre voile-aviron selon que vous souhaitez le construire vous-même, l’acheter neuf ou trouver un voile-aviron d’occasion.

Le programme de navigation :

Leecton-Voile-AvironDans un premier temps, il convient de déterminer le programme de navigation de l’embarcation. On peut citer trois familles de canots : Le voile-aviron de travail (ce qui est rarement le cas aujourd’hui), le voile-aviron de ballade (sortie à la journée, rando) ou la version sportive (raids et régates). Un des éléments à ne pas oublier dans le programme est l’utilisation des avirons. Annexe, pour se déhaler ou essentiel pour une utilisation longue, les avirons sont la deuxième composante de la propulsion du voile-avirons (voir plus bas). Certains voile-avirons ont été conçus en fonction d’un plan d’eau particulier et ne sont donc pas toujours adaptés à toutes les conditions de navigation (plans d’eau protégés, lacs, mers intérieures, océan, Pertuis …). Préférez un bateau un peu plus dimensionné que votre plan d’eau habituel si vous avez l’intention de vous déplacer régulièrement. Pourtant, la stratégie du « qui peu le plus, peu le moins » n’est pas toujours la meilleure si vous intégrez l’ensemble des autres critères de choix.

Le poids du voile-aviron :

2013_Tramasset_Yannick-Benaben-6La notion de poids est très importante quand on veut choisir un canot voile-aviron. Il conditionnera, le programme de navigation, les options de mise à l’eau, le confort, la sécurité. Le nombre d’équipiers conditionne aussi le poids et l’encombrement du canot voile-aviron. D’une matière générale, préférez un bateau léger si votre programme est estival , si vous avez peu de force (mise à l’eau), si vous naviguez principalement en eaux calmes ou encore si vous souhaitez faire du raid rapide, voire de la régate. Les voile-avirons lourds sont généralement des répliques ou des bateaux de travail. Leur stabilité et leur capacité de charge sont importants et ils présentent souvent une bonne sécurité et tenue à la mer. Le poids est donc une question des dosage. Pour donner un ordre d’idée, un canot voile-aviron de 4 m pèsera dans les 150 à 200 kg.

La simplicité du voile-aviron :

Ronde050La facilité de mise en oeuvre est aussi un point clef pour bien choisir un voile-aviron. Plus le canot est simple, plus il sera rapide à mettre en oeuvre. Les bateaux les plus simples sont les misainiers au tiers et les canots à livarde. Les cotres auriques avec flèche et tapcul (oui, c’est possible!), prennent plus de temps à gréer. Ces canots haubanés donnent de la rigidité au gréement mais demandent plus de temps de mise en oeuvre (sauf certains comme le Monotype des Pertuis qui est équipé d’un mat basculant). La simplicité s’exprime aussi dans la mise à l’eau. Le choix et le réglage de la remorque sont très importants tant pour la facilité que pour les coûts liés à l’entretien de la remorque. Pensez aussi à observer la fluidité des manœuvres et l’ergonomie dans le bateau (position des taquets, passage de barre, accès aux éléments de sécurité, rapidité dans les opérations de sécurité …). Idéalement un voile-aviron doit être gréé en moins de 10 mn.

Les performances sous voile du voile-aviron :

voilaviron: Yole de Ness : Caredig

La majorité des vélirameurs ne recherche pas la performance; c’est en tous cas ce qui se dit ! Dans les faits, tous cherchent à faire marcher le canot. Certains bateaux marchent pourtant mieux que d’autres. Les voile-avirons modernes sont souvent plus performants que les anciens car leurs carènes sont étudiées pour allier esthétique et efficacité. Il n’en demeure pas moins vrai que les bateaux de travail sont souvent le fruit de nombreuses modifications empiriques qui en font de super challenger voire plus ! Certains canots sont extrêmement rapides et rivalisent avec les dériveurs légers. Les performances vont aussi dépendre de l’adéquation entre le bateau et les plans d’eaux qu’il devra parcourir. Ne négligez donc pas le facteur performance dans votre cahier des charges.

Le(s) aviron(s) :

vélirameursLe vélirameur (pratiquant de la discipline) est plus ou moins vélique ; plus ou moins rameur ! Que vous soyez l’un ou l’autre, voire l’un et l’autre, il vous faudra faire des choix selon les différents critères déjà énoncés. Chacun de ces critères aura une influence sur les qualités « ramiques » du canot (l’adjectif n’est pas dans le Larousse mais il est bien pratique !). S’il est logique de penser qu’un bateau léger marche bien à l’aviron, c’est pourtant loin d’être toujours le cas. Il faut remonter à la conception par l’architecte pour trouver l’ADN ramique d’un canot. A ce jeu, les champions sont les bateaux étroits (les yoles et canots fins par exemple). Depuis quelques décennies, la recherche de performance à l’aviron est devenue une culture chez certains architectes « ex-voileux ». Au risque de me répéter, tout est une question de choix dans votre cahier des charges. Pour faire un raccourci, les meilleurs marcheurs voile-avirons sont, soit des canots modernes, étroits et légers, soit des bateaux lourds embarquant de nombreux équipiers (Yole de Bantry par exemple). Notons que par définition, les bateaux étroits, bons rameurs sont aussi les moins stables.

Il y a un débat entre vélirameurs quant à l’utilisation de la godille comme moyen de propulsion. Si la godille est la seule alternative à la voile, certains disqualifieront ces canots du « label » voile-avirons. Si les discussions sur le sujet vont bon train dans notre association à l’heure de l’apéro, nous ne sommes pas de ceux qui excluent mais plutôt de ceux qui accueillent. Et encore, je ne vous parle pas des propulseurs électriques et encore moins des autres

Un peu d'ordre dans le menu

État du site en décembre 2017

Le site précédent de l'association Voile aviron dans les Pertuis ayant été infesté par quelque bestiole peu recommendable était devenu infréquentable puis quasi inacessible. Il a fallu tout reconstruire début 2017, mais les billets nouveaux où les anciens republiés quand on a pu les retrouver n'avaient pas donné lieu à un classement systématique permettant de s'y retrouver au delà du système chronologique, qui n'est pas le plus pratique qui soit.

Bien sûr il y a la fonction "recherche" en haut à droite de la barre du menu ; hélas la recherche ne s'effectue que dans les titres, ce qui est très limitatif.

Dans l'espoir de faciliter la consultation des articles un peu anciens auxquels on a échapé ou qu'on voudrait revoir, de nouvelles catégories ont été ajoutées pour permettre un affichage plus satisfaisant du menu "billets". Dans l'état actuel, il est opérationnel, c'est à dire que les sous-menus sont suffisamment nombreux pour que tous les titres puissent s'afficher.

Les cales, par exemple, sont devenues un catégorie à part entière, les articles relatifs aux voiles sont regroupés dans le menu "les voiles", ce qui à défaut d'être original présente l'avantage d'une certaine pertinence, il en va de même pour "les rames", rubrique encore peu développée, et une case "des bateaux" regroupe des articles relatifs à divers bateaux de voile-aviron, qu'il ne faut pas confondre avec la rubrique "notre flotille", qui concerne les canots des membres de VAP, et qui est accessible dans le menu propre à l'association qui se trouve à gauche de la page.

Copie ecran site vap 1

Un an après le début de la reconstruction, nous n'avons pas retrouvé tous les lecteurs qui venaient sur l'ancien site et que la menace de virus avait fait fuir, mais dans les tous derniers mois, nous avons presque atteint les chiffres de fréquentation des années d'avant. Ce lectorat croissant nous conforte dans l'effort entrepris et nous espérons que dans l'année 2018, non seulement nous aurons dépassé les résultats antérieurs mais que de nouveaux lecteurs manifesteront leur intéret pour la navigation économique et variée que permettent les canots de voile-aviron dont la polyvalence participe pour beaucoup au charme qu'on y trouve.

Et que quelques uns de ces lecteurs, avec ou sans bateau personnel, nous rejoindront à Voile Avirons dans les Pertuis.

Ramer face à la marche

 

Voir où l’on va quand on nage en tirant sur les bois n’est pas une chose très aisée.

Rien n’est plus ridicule que de se tortiller pour deviner du coin de l’oeil les obstacles qui se dressent devant le bateau quand on rame en s’efforçant de voir par dessus sa propre épaule. De plus c’est douloureux quand on s’avère enclin à l’arthrose cervicale.

Certes on peut utiliser un rétroviseur ou, histoire de faire moderne, équiper son voilaviron d’une caméra de recul que les embruns auront tôt fait de rendre inutilisable. Sinon il reste à adopter les solutions de nage debout comme on la pratique en Adriatique ou sur certains endroits du Mékong, ou se résoudre à se doter d’appareillage inversant le mouvement des avirons.

 

Oar board sup fit on top rower forward facing rowing mirror buy now fun fitness rowing outdoor recreation 2 1000x1000 120x120 1On peut rire de l’idée du rétroviseur, mais il se trouve qu’elle fonctionne assez bien. Nous l’avons vu réalisée sur quelques canots ; à défaut de s’avérer la solution parfaite, elle a le mérite d’être aisément opérationnelle pour un coût assez modique.
Si on ne veut pas se contenter de récupérer un rétroviseur pour caravane de peur de dévaloriser le beau vernis de son tableau arrière, on peut faire venir le modèle de l’illustration pour un peu plus de 200 dollars US.

Les moyens mécaniques

Il y a plus radical : grâce aux vertus d’un inverseur de mouvement, on peut transformer le tirage en poussage, et donc ramer normalement en regardant devant. Nos amis de Escumayres Talasta ont fait venir le modèle de chez Gig Harbor Boat Works, qui n’est qu’une adaptation en matériau moderne d’un système datant de la belle époque du canotage, fin XIXe. Recopions leurs conclusions :

« Le système est particulièrement adapté à une navigation de découverte ou dans des zones de navigation encombrées. Il est également très agréable pour les personnes souffrant de douleurs cervicales car il évite de tourner la tête pour surveiller sa route.[comme quoi il n’y a pas que moi!]

Le modèle essayé souffre de quelques défauts :

- Surdimensionné et donc trop lourd.

- Pour un voile-aviron en configuration voile, le rabattement des pelles et manches vers l'arrière peut gêner la barreur. »

De nombreuses autres vidéos sont disponibles sur Youtube de ce système GHBW, dont on voit bien qu’il est satisfaisant sur un canot uniquement mu aux avirons, mais qu’il deviendrait gênant en configuration voile, sans compter que coupées en deux, les rames ne peuvent servir en nage classique, et sont évidemment inappropriées en usage godille.

D’autres modèles ont existé mais ne semblent pas avoir perduré dans le commerce. Voici pour la bonne bouche en vidéo une séquence nostalgie des années trente du XXe siècle sur l’invention qui se proposait de révolutionner le canotage. À vue de nez le mouvement est transformé par un engrenage simple (deux roues crantées suffisent) et les avirons se rangent plus aisément qu’avec le système GHBW. Mais là encore, ça doit peser son poids d’acier, qu’il faudra compenser par une réserve de flottabilité de huit fois son volume.

 

Plutôt que de transformer le mouvement en son contraire, on peut fixer le bout du manche au centre du bateau et tirer vers soi en tenant les rames entre la poignée et la pelle en regardant droit devant, dans le sens de la marche du bateau. Le problème à résoudre c’est la sortie de la pelle de l’eau : sans un système d’assistance c’est épuisant et peu efficace.

Un modèle très élaboré est commercialisé aux USA sous le nom de « Front Rower », et offre l’avantage de rajouter la force des jambes. De nombreuses vidéos sont disponibles, ne serait-ce que sur Youtube, mais là encore on ne voit pas d’adaptation sur un voilier. Il est vrai que l’appareillage est volumineux.

Pourtant on se dit que le mât du bateau pourrait servir de point fixe pour des avirons demeurant compatibles avec des dames de nages, il suffirait de trouver un système simple pour aider la sortie de la pelle de l’eau. Une vidéo d’un bricoleur offre une piste intéressante, l’aide au relevage est assurée par un ressort ou du caoutchouc, comme une chambre à air de vélo ou un assortiment de sandows.

La nage debout

Si on tient à s’en tenir à la simplicité absolue, alors on optera pour la nage debout, comme dans la lagune de Venise ou quelques rivages du Vietnam. Pour Venise, il s’agit de la « voga alla valesana », pratiquée dans la lagune pour parcourir de longues distances assez rapidement . Les bateaux sont assez étroits et à fond plat pour diminuer au maximum le tirant d’eau. Le rameur se tient à l’arrière de son canot, et utilise une paire de rames qu’il croise, ce qui permet d’avoir un plus grand levier donc plus de force. Les dames de nages, appelons les « forcoles » de leur nom local, sont de belles sculptures à la Boccionni, fabriquées par des artisans spécialisés dans ce genre de travail. Mais on trouve des bateaux qui se contentent de simples planches munie d’une engougeüre, fermement fixées aux parois. Les deux forcoles sont décalées d’une dizaine de centimètres avant de faciliter le mouvement de nage. Voici une vidéo qui montre mieux qu’un discours le geste auguste du rameur.

Au Vietnam, on pratique de manière similaire, mais la forcole de bois sculpté est remplacée par un simple erseau sur un piquet fixé sur l’intérieur du bordé. On aura de la peine à faire plus low-tech. On notera que la hauteur du point d’appui de l’aviron est un peu au dessus du genoux de la rameuse, debout comme à Venise, et que la technique des rames croisées est similaire.

Nagevietnam

Tout le secret est dans la hauteur de la dame de nage ou ce qui en tient lieu.

Sur nos voilavirons on peut s’équiper d’un jeu de dames hautes qui peuvent avoir une emplanture dédiée à coté des dames ou tollets classiques, il faut juste veiller à la solidité du lieu d’effort sur la coque. Un canot traditionnel du lac d’Iseo, dans les Alpes Italiennes, montre un renfort simple aisément transposable.

Argegno 4

Finalement, des techniques traditionnelles peuvent servir à nos petites navigations sur nos voilavirons modernes, garantissant la polyvalence de nos embarcations et de nos rames qui, sans modifications, peuvent mouvoir nos canots de manière variée quand la voile doit être affalée.

Pour preuve certains pêcheurs siciliens qui ne s’éloignant que d’un ou deux milles seulement de la côte, rament alternativement debout dans le sens de la marche ou assis en rétrovision, en utilisant les mêmes avirons au manche épaissi pour un minimum d’effort de relevage de la pelle, sur des barques de la taille d’un de nos voilavirons.

Du nouveau dans le voile-aviron : Lite XP

Le voilaviron ne se limite pas à des bateaux néo-rétro, mais il est assez rare de voir des nouveautés. Une entreprise française de Pontcharra, pas très loin de Chambéry, vient de présenter au Grand Pavois 2017 un nouveau voilier propulsable sérieusement à l'aviron le Lite XP². Petit 2 car le premier du nom est un trimaran voile-aviron mené par le patron de l'entreprise lors de la R2AK 2016, la course sans moteur et sans assistance, 1400km le long de la côte Pacifique du Canada, de Port-Townsend vers l'Alaska. Froid devant!

Litexp voile aviron moderne

Certes, ce Lite XP² atteint 6 mètres de long et joue dans la même cour que le Lili 610 de Montaubin ou le Faering Cruiser de John C. Harris, mais il ne pèse que 150kg tout mâté et voilé de ses 10m² de toile coupée par North Sail (sans bôme mais dotée de lattes comme les catamarans de sport) et équipé de son chariot de nage comme sur les pures yoles d'aviron. On peut lui adjoindre un genacker de 12m² pour le petit temps (voir la video ci-dessous par un petit force 4).

Le mat et les rames sont en carbone, la coque est en composite moulé sous vide, le pont est auto videur et forme un espace abritable par une tente pour le bivouac qui épaule une cabine où deux personnes qui s'adorent peuvent passer la nuit, 

Le tarif n'est pas léger léger, mais demeure dans la logique pour un bateau de 6 mètres.

On notera l'astucieux système de roues amovibles pour le sortir de l'eau sans la remorque, et l'intrigante fermeture éclair qui remplace semble-t-il les garcettes de ris.

Comme je n'ai pas eu le loisir de traverser La Rochelle pour aller au Grand Pavois, je ne connais ce bateau que par la magie d'Internet, aussi je vous renvoie sur le site du constructeur sans faire plus avant de paraphrase de ce qui y est écrit, et sur les videos publiées sur Youtube.

Juste pour le plaisir en voici une prise sous nos fenêtres.