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Hisser une voile au tiers

Le 08/02/2017

Leecton voile et manoeuvres
Hisser la voile se fait par une drisse, qui est un cordage ( nous précisons ça uniquement pour le lecteur peu au fait des termes marins et qui s’est égaré par-ici). Que votre voile soit au tiers ou bermudienne, la chose et le mot sont semblables.

Rocambeau leecton 317x400
image : La vergue, le mât et le rocambeau

Mais nous parlons aujourd’hui de hisser la voile au tiers, c’est à dire une voile quadrangulaire dont le côté supérieur est fixé sur une vergue, elle-même reliée au mât à environ un tiers de la longueur d’icelle. En général un œil, équipé ou non d’un réa, est percé en haut du mat et la drisse passe dedans.
Sur nos canots, il n’y a généralement pas de système d’assistance, l’effort demeurant assez modeste, mais on trouve parfois un palan simple, qui peut se justifier si la voile est en tissu lourd ou si le préposé à la manœuvre a lésiné sur les exercices des bras dans sa salle de musculation habituelle. Cela demeure quand même une exception, les voiles actuelles en tergal pouvant se contenter d’un grammage léger.
Sur un système Marconi, le guindant de la voile coulisse le long du mât, tandis que sur un gréement au tiers, il n’y a qu’un point de fixation sur la vergue, par le truchement du « rocambeau » qui est le système traditionnel dans la vieille culture maritime française, et qui à prouvé son efficacité.

image :  rocambeau galvanisé (catalogue "à l'abordage")Rocambeau galva

Il s’agit d’un anneau métallique , aujourd’hui de préférence en inox qui s’enfile autour du mât, muni d’un œil pour accrocher la
drisse de manière permanente, et d’un crochet auquel on suspend simplement la vergue munie d’une boucle de corde environ au tiers de sa longueur.
En tirant sur la drisse, un mouvement ascensionnel est communiqué à la voile qui s’élève majestueusement. Quand la vergue est arrivée à la hauteur désirée sur le mât, la drisse est tournée sur un taquet, souvent fixé sur le mât lui-même au dessus de l’étambrai. Il suffit alors d’étarquer grâce au hale-bas fixé au point d’amure. Pour prendre le bon pli, reportez-vous à cette page sur ce site même. Comme il s’agit de tendre sérieusement la toile, il est préférable que ce hale-bas soit équipé d’un palan, qu’il peut-être intéressant de fixer près du barreur si on navigue souvent seul, afin de pouvoir régler le creux de la voile aisément en cours de navigation sans avoir à s’avancer beaucoup.


Rocambeau et boutdehorsimage : Le rocambeau de bout-dehors
À propos du rocambeau, une pièce métallique similaire,qui, contre toute attente, s’appelle aussi un rocambeau, est parfois utilisée sur le bout dehors de côtre aurique, comme on le voit sur cette illustration de Jean-Pierre Guillou, tirée d’un petit opuscule édité par le Chasse Marée*, que tout un chacun lira avec profit car on y trouve des considérations fondamentales pour la philosophie du voile-aviron, comme celle-ci apposée à cette image :  « sur un petit sloup on évite les complications et c’est souvent le hale-dehors qui fait office de sous-barbe […] ».

On ne saurait trop se souvenir de cette assertion,  éviter les complications, et on peut trouver que le rocambeau est non seulement cher fabriqué en inox, mais encore cause de situations embarrassantes quand il s’avise d’être demeuré – ou remonté – en haut du mât quand la voile a été affalée précipitamment ou décrochée dans la confusion. Il ne reste souvent qu’à abattre le mât, à moins qu’on ait frappé un bout de rappel, trop rarement utile pour qu’on s’en encombre, ce qu’on regrette quand on s’aperçoit qu’il manque un mètre au manche du grappin. Les aventures rocambolesques, ça n’arrive pas qu’aux débutants.


image : la drisse filée à l’anglaise sur Takka : la drisse
Une autre tradition, plutôt  anglaise, fait l’économie du rocambeau, la drisse étant directement fixée à la vergue. En général, un « parrel » en langue anglaise, en fait une boucle de cordage fixée sur l’espar et faisant le tour du mât, assure la fonction de retenue latérale. On trouvera un système analogue sur voiles au tiers des barques vénitiennes, plus ou moins compliqué par des cordages de réglage. Il semble bien qu’il n’y ait pas d’autres solutions que de retenir la vergue contre le haut du mât par un procédé quelconque, alors qu’on peut fort bien se passer de toute attache de la bôme (ou balestron),  la tension du point d’amure étant suffisante pour tout maintenir dans l’ordre.

Une intéressante variante est le système que Michael Storer, architecte naval australien, recommande  pour son Goat Island Skiff.


Storer lugrig halyardimage : shéma de la drisse sur la vergue selon Storer
La drisse venant de la tête du mat passe par une poulie (ou tout autre système où la drisse peut coulisser) fixée au tiers avant de la vergue, puis fait le tour du mat, entre lui et la portion descendante de la drisse, et est attachée à l’avant de l’espar. Le dessin ci-contre montre le circuit de la drisse autour du mât.  Comme on le voit sur la photo au dessus, un des bateaux de notre flotille, un Goat Island Skiff quelque peu charentisé, est équipé de ce système sans rocambeau qui donne toute satisfaction. L’astuce réside dans la tension de la drisse elle-même qui assure que la vergue soit tenue le long du mât, faisant l’économie de tout autre anneau. Il semblerait que ce montage demande un mât un peu plus haut que l’usage du rocambeau.
Bien sûr, sans rocambeau, celui-ci ne remonte pas tout seul pour se mettre hors d’atteinte, mais ça n’empêcherait pas que le bout de la drisse se retrouve malencontreusement en haut du mât si elle était détachée de la vergue et que s’emmêleraient les pieds dans le plat de vermicelle qui gésirait alors au fond du bateau. Mais ça n’arriverait qu’aux débutants, bien sûr.

image : le hale-bas sur Leecton
Leecton palan d'amure
Rocambeau ou pas, la drisse est en général tournée sur un taquet fixé sur le mat lui-même ou sur un cabillot à coté de l’étambrai ; elle peut aussi être renvoyée près du barreur si on veut éviter d’aller à l’avant du bateau, mais ceci présente surtout de l’intérêt dans le cas d’une navigation en solitaire sur un bateau un peu instable à l’avant.  En revanche, c’est toujours une bonne idée pour le réglage du hale-bas.

Voilà, vous savez presque tout, hissez haut et nous irons à Valparaiso.
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*Guide de la manoeuvre des petits voiliers traditionnels . Éditions du Chasse-Marée ArMen; DZ 2001.

Voile au tiers : le tire-vergue

Le 08/02/2017

par Ross Lillistone

La littérature a propos de la voile au tiers moderne est assez pauvre en langue française . Pour la rendre plus accessible à beaucoup, nous avons traduit de l’anglais une page de l’architecte naval australien Ross Lillistone qui propose sur son catalogue quelques jolis voilavirons.
Ce texte est tiré, avec l’accord chaleureux de l’auteur, de son blog  dont 
on trouvera l’original encliquant ici .

« En ce qui concerne la méthode pour améliorer la performance d’une voile-au-tiers lorsqu’on navigue au près, une piste se trouve dans la disposition de la voile sur une jonque chinoise.

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image : “Mon vieux bateau, qui est encore sous voile après 45 ans, portait ici sa voile au tiers chinoise en 1990 environ” (Ross Lillistone)

Le système que j’utilise pour améliorer les performances d’une voile à corne est un tire-vergue très simple qui s’accroche à la tête de l’espar. Ce système de hale-bas peut également être utilisé efficacement avec toutes les variétés de voile au tiers, à livarde, etc.
La plupart des gens sont familiers des hale-bas de bôme, mais le hale-bas que je montre ici s’accroche en haut de la voile, et contrairement au hale-bas de bôme, il est très légèrement chargé, nécessitant seulement une légère corde. Ce ne est pas une idée de moi -des hale-bas de ce genre ont été en usage au cours des siècles- cependant, je soupçonne que ma méthode de réglage du gréement est nouvelle.
Dans le dessin ci-dessous, j’ai montré un petit bateau avec une voile-au-tiers bômée à l’allure de près, tribord amure.
Par souci de clarté, je n’ai pas dessiné l’écoute de grand-voile.
Le tire-vergue est tout simplement une cordelette de 3 mm (1/8″) de VB-cord fixée à la tête de l’espar. Dans le cas d’un gréement à livarde, le tire-vergue s’attache à l’extrémité supérieure de la livarde, ou à l’extrémité extérieure du pic pour un gréement aurique.
J’ai dessiné le tire-vergue en rouge ; on voit qu’il descend jusqu’à un taquet « gueule de raie » fixé sur le côté au vent du tableau arrière, le cordage coulisse à travers un simple passe-câble sur la tête de safran, puis suit la barre jusqu’à un petit taquet-sifflet ou un taquet-coinceur situé dans une position idéale pour permettre le réglage. Il y a très peu de charge sur le tire-vergue, et il est rapide et facile à régler.

Phoenix schéma d'un tire-vergue

image : schéma du hale-bas de vergue

Le tire-vergue est conduit sur le côté au vent de telle sorte que l’angle qu’il fait en haut n’est pas trop aigu, augmentant ainsi l’avantage mécanique. Au virement de bord il y a aucune manipulation nécessaire, parce que le tire-vergue glisse sous l’ergot du taquet de son propre chef quand la voile change de bord. Quand le virement est achevé et que le bateau s’est installé sur la nouvelle amure, c’est simple pour le barreur d’attraper le tire-vergue qui flotte selon une jolie courbe de la tête de la voile vers le le gouvernail, et de le glisser sous le taquet « gueule de raie » de ce qui est devenu le nouveau côté au vent du tableau.

 

 

Pour naviguer dans la brise, ce simple tire-vergue permet d’ajuster la torsion dans la voile, de la bôme à la vergue (ou à la livarde ou au pic), améliorant considérablement la performance si l’équipage sait ce qu’il fait. Certains vous diront que vous devriez avoir de la torsion dans une voile qui prenne en compte le « gradient de vent ».Gueul de raie Eh bien, les tests empiriques en vraie grandeur ont montré qu’une telle chose peut avoir de la valeur à de très faibles vitesses de vent, mais une fois que le vent dépasse 6 nœuds, vous êtes mieux avec la torsion minimum. Voile vent arrière, le même tire-vergue peut être utilisé pour empêcher l’espar d’aller au-delà de 90 degrés de la ligne médiane de la coque (70 ou 80 degrés est préférable), évitant ainsi le ‘rouleau de la mort redouté’ [tout au moins avec une voile sans bôme; ndt].»

image : un taquet "gueule de raie"

Commentaires :
On notera que la bôme ne doit pas dépasser le tableau arrière, ce qui rend le système impossible à installer par exemple sur un Monotype d’Arcachon. On rapprochera ce système de la ‘burina’ des bateaux vénitiens, qui bien qu’agissant sur l’autre extrémité de la vergue semble avoir un rôle similaire.
On peut supposer a priori, que le tire-vergue en contrepartie, diminue la capacité de la voile à absorber spontanément les surventes.

Dans Remorque

Remorque : accrochage devant le véhicule

Le 08/02/2017

Attelageavant

Toutes les cales ne sont pas faciles d’accès, certaines sont étroites, d’autres courbes comme l’ancienne cale des bacs de La Cayenne sur la Seudre, et il est parfois délicat de manoeuvrer avec aisance.

boule d'attelage fixée à l'avant du véhiculeimage : gros plan sur la boule d'avant

Fort de ce constat et de la pratique d’une de ces cales inhospitalières dans un recoin du Golfe du Morbihan, notre ami P. s’est concocté un système d’attelage à l’avant de son fourgon, transformant en jeu d’enfant la mise à l’eau de son canot, même là ou d’autres reculeraient à reculer.

Tout le secret tient dans le détournement d’usage de la prise de remorquage  cachée sur la plupart des véhicules récents derrière une petite trappe dans le pare-choc. La photo ci-contre explique mieux qu’un discours le procédé : sur un boulon est soudée une boule d’attelage. Le boulon se visse dans la prise de remorquage et permet donc d’accrocher la remorque devant le véhicule. Plus besoin de se coincer les cervicales pour guider le bateau jusqu’à l’eau.

Le guindeau électrique pour une manoeuvre facile!

Sur cette autre photo, prise pour la démonstration sur la cale de Port-Neuf à La Rochelle, dont la largeur permettrait de se dispenser du procédé, on note un bénéfice secondaire pour les voitures à roues arrières motrices comme ce fourgon : pouvoir approcher de l’eau en gardant les roues propulsives sur le sec et le non glissant.

image : treuil électrique amovible

treuil électriquePour les curieux, on signalera que le cable électrique de 16mm qu’on remarque sortant de la portière n’est pas pris sur l’allume cigare mais sur une prise speciale connectée sur la batterie avec une protection par fusible de 100 amp, car la consommation en charge peut monter à 80 amp ; ce cable  alimente un guindeau qui remplace le treuil à manivelle et permet au solitaire de guider l’avant du canot d’une main tout en commandant la remontée sur les rouleaux de la remorque.

Enfin, on goutera le nouvel oxymore de commandement : “Arrière, en avant toutes!”
 

 

 

Connaissez-vous le SCAMP?

Le 08/02/2017

Scamp

“Scamp” est un mot anglais qui peut se traduire par voyou, coquin, mais aussi par petite coquine, ou en tant que verbe par  faire quelque chose de manière superficielle et imprudente. Mais  pour nous, c’est un acronyme  pour Small  Craft Advisor  Magazine Project, qui désigne un bateau qui devait répondre à un cahier des charges particulier élaboré par John Colvin et Craig Wagner, les éditeurs du magazine américain dont le nom pourrait être en français “gazette des petits bateaux”. [ http://smallcraftadvisor.com ]
Ils voulaient un bateau que chacun pourrait construire et qui serait le voilier de croisière  le plus petit possible tout en étant sûr et confortable. Ils demandèrent à John Welsford, architecte néo-zélandais, de s’atteler à la gageüre.
DonaldboatLe résultat est un bateau de 11 pieds 11 pouces, soit 3,63 mètres, de long, qui ressemble au premier abord à une blague, quelque chose comme un bateau de Donald Duck. Pourtant le succès fut immédiat.
Il ne semble pas qu’il se soit construit encore un Scamp en France, mais il y en a quelques uns répertoriés en Grande Bretagne, en Allemagne, deux ou trois en Suisse, un en Italie, et un en Roumanie ou encore au Danemark. Mais en Amérique du Nord, c’est devenu un classique et chaque année voit son lot de nouvelles constructions, d’autant que des stages annuels sont organisés pour tout à la fois construire des Scamp, mais encore expérimenter la navigation à bord d’un tel bateau.
En dehors de sa trogne de bulldog due à sa marotte, on trouve un ballast liquide, une dérive décalée pour libérer le centre de la baignoire, une “véranda” pour se protéger des éléments, un tirant d’eau de 20cm (8 pouces) dérive relevée, pour, je cite en traduisant :” que les marins intrépides puissent explorer des eaux inaccessibles à beaucup d’autres bateaux”( Deborah Bach, http://threesheetsnw.com/blog/2011/10/at-less-than-12-feet-scamp-boat-offers-big-features-in-a-tiny-package/ ).

Le Scamp est un voile-avironimage : Le Scamp est un voile-aviron
Le Scamp est un voile-aviron, gréé au tiers avec 9,3m² de toile, équipé d’une paire de rames et, si on n’est pas puriste, on peut lui adjoindre un petit moteur hors-bord directement sur le tableau arrière. Dans un coque de la taille de celle d’un ZEF, cette gloire charentaise produite à plus de 16 000 exemplaires, on trouve une simili cabine qui est en fait un lieu de stockage étanche, accessible par deux grandes portes protégées par l’auvent qui, lui, procure un « véritable » abri à l’équipage. L’architecte a trouvé le moyen en décalant la dérive de ménager, sur la sole plate, assez d’espace pour un dormeur, et on peut, en rejoignant les deux bancs latéraux par la solution de continuité de son choix, s’offrir la possibilité d’un lit double de huit pieds de long pour 3 fois 24 pouces de large, soit selon nos normes métriques, 2,40m sur 1,80m, assez grand, si on ne s’aime plus, pour bouder chacun dans son coin.
Quant à la voile, c’est notre bonne vieille voile au tiers bômée, dont les performances surprendront toujours ceux qui ne la connaisse que mal, et qui offre l’inestimable avantage d’un mat court sans haubans.

Le protoype du Scamp fut terminé en novembre et ses 11 pieds 11 pouces furent lancés à l’eau pour la première fois le 11/11/2010 (ils n’ont pas voulu attendre 2011), à Port-Townsend, sur la côte nord ouest des USA (pas très loin de Seattle) et essayé par  Howard Rice, marin aventureux qui s’était rendu célébre en pagayant autour du Cap Horn sur un petit canot. Howard Rice est arrivé à Port Townsend juste après Noël et essaya le bateau lors d’une tempête de neige, avec 30 noeuds de vent, traversant la baie jusqu’à l’ile de Marrowstone, et revint l’après midi suivant. Son commentaire se résuma ainsi : “Il est stable, il y a de la place et il navigue comme un rêve”. Le même Howard est, en 2016, en train de préparer un Scamp pour aller tutoyer de nouveau le Cap Horn, mais en attendant il a animé chaque année le Scamp Camp, durant lesquels lui et les participants ont testé divers moyens de remonter à bord, car le franc bord assez élevé du petit croiseur rend difficile le rétablissement à la force des bras. Après avoir essayé l’étrier, pas trop mal mais pas toujours à la portée d’un grand-père mal entrainé, l’usage de la ligne de vie latérale sur laquelle on met les deux pieds permettant une poussée maximale pour se hisser au niveau du problème, a été plébiscitée par les participants au Scamp Camp 2014.

Voici une photo assez bien illustrative.

image : remonter à bord à l'aide de ses deux pieds

remonter à bord du SCAMPavec ses deux pieds

À Voile Aviron dans les Pertuis, comme nous avons toujours le soucis d’être en mesure de remonter à bord, même si nous évitons le chavirage la plupart du temps, nous allons tenter de reproduire l’expérience sur nos bateaux, car s’aider de ses deux jambes semble une bonne idée, mais pour on ne sait quelle raison impérieuse, le test a été programmé à une période estivale.

Danilus

Bôme et balestron

Le 03/01/2017

Bomeetbalestron 985x500

Agréable réunion à l’apéro des vélirameurs ce vendredi. A propos de la voile au tiers d’un bateau nouvellement intégré dans la flottille, une grave question est posée par quelqu’un : « quelle est la différence entre une bôme et un balestron ? ».
Réponse de l’un : « une bôme est articulée sur le mât par un vit de mulet ou un encornat, tandis qu’un balestron est simplement attaché à la voile.»
Un autre : « et si ce balestron est attaché aussi au mât par un bout’ ? »
Il semblerait qu’on puisse encore parler de balestron. Léger doute subsistant.
Mais la guerre sémantique n’eut pas lieu, d’autres questions fondamentales s’imposant dans le débat : « quand est-ce qu’on mange ? ». Il s’agissait d’une sortie prochaine, et l’enjeu c’était avant ou après la mise à l’eau des bateaux.

Le mauvais temps survenu dans la nuit semblant perdurer encore quelques heures, sinon sur l’eau on prend le temps de naviguer sur l’Internet à propos de bôme et balestron.

La malouine brigantinComme on a le respect des anciens (avec modération), on demande à Monsieur Littré le sens de ces mots au XIXe siècle. Balestron? inconnu au bataillon ! Bôme ? réponse : « Terme de marine. Vergue dite aussi gui, sur laquelle se borde la voile nommée brigantine ».
Brigantine nous donne « voile de brigantin », et brigantin nous fournit « 1- Petit bâtiment à un ou deux mâts, gréé comme un brick, et qui n’a qu’un pont. 2- Petit vaisseau plat, léger et ouvert, qui va à la voile et à la rame, et qui sert à combattre ou à donner la chasse. » Nous voila bien avancés, mais au moins, « qui va à voile et à la rame », notre ignorance demeure en pays de connaissance. Bon, on va chercher « vergue ». Littré nous informe : « Terme de marine. Pièce d’un bois léger, longue et grosse en proportion de la grandeur de la voile qu’elle doit porter, ronde dans toute sa longueur, et plus mince à ses extrémités qu’à son milieu ». Tentons notre chance au gui (l’an neuf) : « Terme de marine. Vergue, dite aussi bôme sur laquelle s’étend la ralingue de bordure de la brigantine ». La bôme est bien définie comme tenant la bordure, donc le bas de la voile, mais il n’est pas question pour ces synonymes de bôme, d’une mention d’une articulation quelconque au mât. On ne lui en voudra pas, car le Littré n’est pas un dictionnaire encyclopédique, pas plus que le Trésor Informatisé de la Langue Française qui nous ne dit rien quant au balestron qu’il ignore superbement, de même que le sens marinal de « baume » (l’écriture « bôme » apparaissant cependant dans l’article « espars », mais sans explication).
Puisons dans les références encyclopédiques. Le Larousse encyclopédique en ligne nous informe que bôme est synonyme de gui, on ne peut plus sobre. Gui : « Fort espar arrondi, placé horizontalement, sur lequel vient se border toute voile à corne« . On tourne en rond à défaut d’autour du mât. Interrogeons Larousse à propos du balestron : « Espar qui servait à établir certaines voiles auriques« . Qui servait, donc ça ne sert plus. Il n’y a plus de voiles à corne, et nos bateaux n’existent pas.

Wabi 17 voile a balestron 1Quittons ces généralistes pour de vraies références maritimes. Sur le sitenetmarine.net, le lexique établi « d’après le Glossaire des termes courants de vocabulaire maritime, Ecole Navale et Groupe Ecoles du Poulmic, Edition 1977, on trouve à la page des B la bôme (Vergue inférieure d’une voile aurique. Synonyme : gui.) mais point de balestron. Au moins nous savons que c’est la vergue inférieure, mais seulement de la voile aurique, sans doute que les voiles Marconi n’en ont pas. Le site alabordache.fr semble un copié-collé du précédent, à moins que ce soit l’inverse, et ne nous propose rien de plus. Le glossaire du Nouveau cours de navigation des Glénans (edition 1972, je n’en ai pas d’autre sous la main) connait la bôme, mais pas le balestron, mais comme il ne connait comme architecture de gréement rien d’autre que celui du côtre Marconi, cela n’a rien de bien étonnant. Comme on a de la ressource, on puise au Dictionnaire de la mer & de la navigation de Gianni Cazzaroli, {Denoël; 1973}. Enfin du neuf et du précis, jugez-en. « Balestron : espar assez court fixé à la bordure d’une voile de flèche et qui permet d’établir son point d’écoute au-delà de l’extrémité de la corne de la grand voile« . Bon, mais la grand voile n’aurait jamais de balestron mais une bôme? L’article correspondant décrit la matière et la forme – la couleur demeurant optionnelle – de la bôme qui est un espar sur lequel vient s’enverguer (souvenons-nous que bôme est synonyme de vergue et de gui!) la grand voile, même comme on y précise deux lignes plus bas que la bôme prend le nom de la voile qui y est enverguée, il ne s’agirait donc pas uniquement de la grand voile, Mais enfin, nous apprenons que l’une des extrémités de la bôme est fixée sur le mât par une articulation appelée vit de mulet. Point d’encornat ici, mais il semble qu’en voile comme en logique on y pratique le tiers exclu.

Bomepont 400x300Soyons moderne, si nous n’arrivons pas à bien cerner le balestron, dont l’origine semble récente (le nom pas la chose), un architecte, tout sauf passéiste comme Gilles Montaubin, utilise ce qu’il appelle un balestron pour border au portant ses voiles enroulables sur un mât en carbone, et d’autres architectes ont articulé la bôme sur le pont et pas sur le mât. Il commence à y avoir du mou dans la corde à noeuds dictionnariale.

Pour rester dans le vent, voyons Wikipedia, l’encyclopédie moderne et interactive et participative. « La bôme, ou gui, est un espar horizontal, articulé à la base du mât, et qui permet de maintenir et d’orienter certaines voiles triangulaires (grand-voile ou foc) et voiles auriques. » Enfin! c’est bien un espar articulé, et diverses voiles sont possibles! Mais peut-être que c’est notre ami vélirameur qui a wikipédié dans la nuit pour avoir raison, allez savoir! Néanmoins, le balestron y est beaucoup mieux défini qu’ailleurs :

« Un balestron, ou une livarde, est un espar, sorte de perche ou de vergue utilisée pour déployer une voile aurique généralement quadrangulaire.
Le terme de balestron est également employé en voile radiocommandée pour désigner une bôme de foc, ou un espar pivotant supportant l’ensemble de la voilure. »

Vrcbalestron 400x252Tout s’explique, il y a donc deux sens à balestron, un synonyme de livarde, qui est selon Littré un « terme de marine. Perche longue et légère avec laquelle on tend une voile rectangulaire enverguée sur le mât« , et un terme utilisé dans le domaine des modèles réduits télécommandés. Effectivement, les gréement à balestron dans ce petit monde comporte une bôme double équilibrée autour du mât et commune à la grand’voile et au foc. Libre à eux d’appeler ça « gréement à balestron ». Bon, mais ça n’a rien à voir avec le noble exercice de la vraie marine à voile.

Quoique. Comble de la confusion, Marc Pajot, sur son Elf-Aquitaine II (architecte Philippe Briand) , utilisait un gréement dit à balestron dont les espars de bordure de la grand voile et du foc étaient solidaires et tournaient avec le mât-aile. D’autres voiliers possèdent ce type de balestron qui tourne autour du mât avec lequel il est articulé, donc une bôme selon la définition Wikipedia. C’est la même chose en plus grand que le balestron des modèles réduits.

Voilure balestroncroiseurFinalement, pour ne pas risquer d’impair, éviter d’employer bôme ou balestron de manière inappropriée, j’appellerai dorénavant l’espar où est enverguée la bordure de ma voile au tiers le « Bômestron« . Et pour couper court au remarques désobligeantes, je prétendrai que c’est un nom propre.

 

Post-scriptum :
Si l’usage du mot « balestron » semble se développer en ce début du XXIème siècle, après de savantes recherches, on en trouve finalement mention dans le DICTIONNAIRE DE LA MARINE FRANÇOISE ; AVEC FIGURES ; Par CHARLES ROMME,Dicobome 400x204 

Correspondant de l’Académie des Sciences de Paris et de l’Institut de France, et Professeur de Mathématiques et d’Hydrographie au Port de Rochefort, ce dictionnaire datant de 1813. 

Voici ce qu’il dit du balestron : 
BALESTRON. s. m. Sprit. Perche qui placée diagonalement, sur la surface d’une voile quarrée, sert à la tenir déployée, ainsi qu’à la soutenir à une certaine hauteur . On nomme aussi balestron , une perche , qui, établie sur le côté d’une voile , sert à l’étendre le long d’un mât et à porter son coin supérieur, a une hauteur plus ou moins considérable,—L’espèce de voilure, ou la forme des voiles, qu’on doit remarquer dans ces bâtiméns, est distinguée sous le nom , de voilure ou de voile à balestron.

Dans Remorque

Régler une remorque de bateau

Le 28/12/2016

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Régler sa remorque de bateau n’est pas une tâche simple. Dans cet article, nous évoquerons les différents points clefs et des conseils pour bien régler  votre remorque de bateau en fonction des spécificités de ce dernier. Les mises à l’eau fréquentes sont aussi sources de problèmes notamment au niveau des roulements et des essieux de remorque de bateau. Nous consacrerons un article à l’entretien des remorques de bateaux.

Cet article est une ébauche. Il pourra être alimenté par vos retours d’expériences et photos. Si vous souhaitez participer à l’élaboration de cet article, vous pouvez nous faire parvenir textes et photos.

En premier lieu, il faut retenir deux mots clefs pour bien régler sa remorque de bateau : équilibre et stabilité.

L’équilibre ou la répartition des charges est très important tant pour l’efficacité de la mise à l’eau du bateau que pour le confort et la sécurité sur route. Il faut retenir que le poids sur la boule doit être le suivant  de 50 Kg pour un PTAC < 500 kg et 80 kg pour un PTAC > 500 kg. Vous pouvez utiliser un pèse personne pour mesures le poids sur la boule. Il conviendra donc soit d’avancer ou reculer le bateau soit de déplacer quelque peu l’essieu de la remorque. Dans tous les cas, nous vous conseillons de vous en tenir aux recommandations du constructeur de la remorque.

La stabilité elle concerne le positionnement du bateau sur la remorque. Notez qu’il est important d’avoir une remorque adaptée à votre type de bateau.
– Si vous avez un bateau avec une quille, vous aurez à choisir une remorque avec des rouleaux centraux. Dans ce cas, votre bateau devra reposer sur au moins deux rouleaux. L’espace entre vos rouleaux devra être bien réparti sur la longueur du bateau pour éviter les basculements (s’ils sont trop rapproché) ou une mauvaise répartition du poids du bateau (s’ils sont trop éloignés). Dans ce cas, votre bateau qui pourrait se trouver fragilisé surtout lors de longs et fréquents déplacements.
– Si votre bateau est à fond plat, vous devrez privilégier une remorque à rouleaux latéraux sur chandelles principalement utilisé en motonautisme. La aussi il conviendra de bien régler les chandelles latérales tant pour permettre à votre bateau  de reposer sur deux ou trois points bien répartis sur la longueur que d’un point de vue latéral pour une bonne stabilité.

Voici quelques photos du la dernière intervention sur la remorque de Muddy le Cat Boat (Beetle-Cat / Nantucket) de l’association VAP :