Aménagements et accastillage

Gare à vos fesses!

Texte : Danilus.

Images : VAP et catalogues sur internet, capture d'écran (video de JF Bédard)

 

C'est une remarque peu glorieuse mais qui revient en leit-motiv dans le concert d'après navigations, et d'autant plus récurrente que la séance fut longue : "j'ai mal aux fesses!"

Cela tient bien sûr à la dureté du bois, mais peut-être aussi à la position dans nos canots où les genoux sont plutot remontés et par conséquent le poids aurait tendance à se concentrer au point devenant sensible.

Il faudrait mener l'enquête auprès de ceux qui se positionnent largement hors bord dans des rappels musclés , pour savoir s'ils sont épargnés de ces tracas. Laissons plus savants que nous fournir l'explication idoine, contentons-nous de parer au plus pressé et de trouver coussin à nos fesses.

Pour une sortie de l'ordre de une à deux heures, juste histoire de sentir le vent et la mer entre deux tâches impératives, le phénomène douloureux est peu violent, mais existant, aussi une simple couche de mousse, même peu épaisse évite les légers désagréments.
CoussintabletteCet couvre-tablette trouvé pour 1€ chez un grand distributeur de meubles et détourné de sa fonction, mais très résistant à l'eau de mer, va bien pour une sortie courte, hélas! il s'est avéré insuffisant pour une navigation de plusieurs jours avec des séances de l'ordre de dix heures sur l'eau.
Plus épais on trouve aisément des plaques de mousse, impérativement avec cellules fermées, dans les accessoires pour piscine. Veiller cependant à ce que la mousse ne soit pas trop dure, car ça ne servirait à rien.
Mais le matériel "spécialisé" est trouvable chez vos shipchandlers habituels pour un cout plus ou moins modique (entre 15 et 30€ pour le même coussin double en mousse selon l'enseigne et les promotions).

Coussin flottant double

Coussin en mousse, pouvant faire assise et dossier ou assise double épaisseur.

Des coussins en kapok isolé par une membrane bien étanche, s'avère une option intéressante pour une somme du même ordre que la mousse standard. L'avantage c'est qu'on peut remédier au tassement inévitable par des claques vigoureuses qui reconditionnent les fibres internes.

Kapok coussin simple flottant

Coussin en kapok

 

Enfin pour les épreuves de longue haleine on jettera un regard sur l'équipement de JF Bédard sur son RoG lors d'un Everglade Challenge.(300 miles!)

Coussinrog

capture d'écran

Nous nous étions demandé en voyant la video, pourquoi il s'encombrait d'un tel siège, cette espèce de poire verte remplie de mini billes de polystyrène où le corps peut ménager une forme à ses formes. Deux jours entiers assis sur un bout de contre-plaqué suffisent pour une compréhension intime du besoin et procurer un sentiment envieux pour cette solution de continuité entre nos fondements et le bateau.

Pour conclure voici un léger un flash-back, car évidemment, le problème ne date pas d'hier, l'être humain ayant peu évolué dans ces derniers siècles, on n'est donc pas surpris de trouver sur un dériveur vu au Museo di la Barca Lariana, un aménagement visant le confort de poupe.  

coussins et barre Lac de Côme

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Barre amarrée

Texte et photos Y.GG

 

 

Pouvoir bloquer la barre peut servir à bien des choses.

Mon système de blocage de barre est différent de celui utilisé par divers Vapistes (voir note en fin de page)*.

Je pense néanmoins le conserver car j’en suis content.

 

Barre amarrée sur un Skellig

 

Deux bout's fins et longs de plus de un mètre sont amarrés à deux pontets fixés sur le pontage, un à babord et un à tribord. Chaque bout' va jusqu’à la barre où il passe dans un petit filoir. De là ils vont vers la poignée de barre jusqu’à deux taquets coinceurs (clamcleats) sans anneaux.

Clamcleat sans anneau Clamcleat avec anneau
clamcleat sans anneau

clamcleat avec anneau

 

Il faut impérativement des camcleats sans anneau pour éviter que l‘un ou l’autre des bouts ne s’y bloque inopinément. Et pour les débloquer il faut les tirer et soulever franchement, et les faire retomber en arrière des taquets.

 

Pour amarrer la barre dans la position qu’on veut, on tire sur les deux bout's pour les tendre avec la barre dans la position souhaitée, puis on applique les bout's contre la barre pour qu’ils se bloquent dans les clamcleat. Et ça tient.

 

 

Img 2001Je me sers souvent du blocage de barre, pour naviguer par temps tranquille en regardant la mer jolie.

Aussi pour aller faire un réglage ou une manœuvre à l’avant. Par exemple pour prendre un ris ou retendre le point d’amure.

S’il y a de la brise je mets le bateau en état d’avancer plus lentement, mais sans risque, en larguant un peu l’écoute de grand-voile et en mettant la barre légèrement sous le vent. Ainsi en cas de risée le bateau partira tranquillement au lof et se déventera, sans me faire courir le risque qu’il vire de bord « de sa propre initiative ».

 

 

 

 

Img 2002Je me sers encore du blocage de barre pour mettre en panne. Foc bordé à contre et écoute de grand-voile larguée en grand, barre légèrement sous le vent.

Le canot se met à bouchonner en douceur, je peux manger à l’aise, ou même faire la sieste !

 

 

 

 

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Notes Danilusiennes : 

 

  • Le système le plus vu sur nos voilavirons est simplement constitué d'un bout' reliant les deux bords du canot. Ce bout', auquel en son milieu on fixe la barre, comporte une (ou deux) partie élastique suffisamment ferme pour tenir la barre, mais assez souple pour que le barreur puisse agir d'urgence sans la détacher. Il n'y a donc pas la  plage de réglage du système exposé à deux bout's et taquets.

 

 

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mouillage tire-bouchon

texte : Yves G.G

images : Vap

 

J’ai bivouaqué récemment sur une plage proche d’un lieu de mouillage sur fond de sable en pente marquée, où les courants sont vifs.

P1020369

 

La principale contrainte venait de la marée à cette date :

  • j’arrivais le soir à basse mer,
  • et je devais repartir de même à basse mer le lendemain.
  • Je devais donc mouiller long pour que le mouillage ne dérape pas pendant la pleine mer de la nuit.

Mais du coup comment empêcher que mon canot ne « profite » de la pleine mer de la nuit pour s’échouer trop haut sur la grève et m’empêche de repartir à la basse mer du matin ?

 

Je devais donc

  1. placer mon ancre à bonne distance de la grève à basse mer.
  2. pouvoir récupérer mon canot à la basse mer suivante, alors qu’il y avait de bonnes chances qu’il se dandine alors fort loin du bord.

 

Recup mouillage

 

Ancre tirebouchonPour le 1, facile, j’ai mouillé à une distance telle que la longueur de mouillage requise ne permette pas au canot de s’échouer. Puis je suis revenu jusqu’à la plage à la godille en laissant filer cette longueur de mouillage. Je pouvais donc débarquer dans peu d’eau, et ainsi garder mes vêtements secs.

 

Pour le 2, j’avais tourné une ligne fine et solide sur le diamant de l’ancre, bien plus longue que le mouillage, et je l’ai laissée filer de même en revenant débarquer.

 

Test de tractionUne fois sur le sable j’ai continué à dérouler cette ligne, et je l’ai tournée sur un « piquet-tire-bouchon » que j’ai enfoncé dans le sable nettement au dessus du niveau de la basse mer. J’ai pris la précaution de lui donner un mou suffisant pour qu’elle ne risque pas de se tendre après un éventuel petit mouvement de mon ancre lorsque le canot commencerait à tirer dessus.

 

Le lendemain j’ai récupéré cette ligne au niveau du tire-bouchon et je l’ai tirée pour décrocher le mouillage. En continuant à tirer j’ai ramené le canot jusqu’au bord.

 

L’avantage du piquet-tire-bouchon c’est qu’il prend bien moins de poids et de place à bord qu’une ancre. Il n’a d’ailleurs pas à résister à une traction aussi forte que celle qu’exerce le canot sur le mouillage

 

 

 

Piquet tire-bouchon https://www.truffaut.com/produit/tire-bouchon/36966/25267

 

Etambrai : saison 2

TEXTE: Daniel M.

IMAGES : François Vivier ;  copies décran de video (Fred Shell)

 

L'étambrai avons nous dit ici,  se caractérise par deux états : fermé ou ouvert, en O ou en U. La supériorité du modèle ouvert réside uniquement dans la facilité de lever ou abattre le mât.

Mais il est des configurations de pont qui rendent difficiles l'installation d'un étambrai ouvert. On aimerait alors au moins un système entr'ouvert.

Sur un Kanoteko+, Philippe Saint-Arroman devait créer aposteriori un réservoir à ballast liquide englobant le pied de mât. Pour ne pas rehausser celui-ci il pratiqua une ouverture en pan incliné autorisant une mise à la verticale progressive de l'espar majeur, et cette configuration permettait d'imaginer une solution du même ordre pour aménager l'étambrai à travers un pont.

Et bien, François Vivier propose exactement cela dans son plan rénové de son modèle Lilou !

Lilou 2 perspective etambrai 1

Cette image est une vue partielle du plan de Lilou2 (cliquez dessus pour voir l'image originelle sur le site de l'architecte).

On remarquera que le puits de l'étambrai présente une élégante ouverture en forme d'arènes romaines qui coiffe une boite dont le coté arrière est incliné. Le mât peut ainsi se positionner lui aussi incliné sur le bord de l'arènoïde et être graduellement hissé jusqu'à la verticale. De plus il devient aisé d'envisager des réglages savants de sa quête, si tant est que ça présenterait de l'intéret.

J'entends des esprits envieux qui ne voient pas comment créer un puits incliné sur leur canot ponté sans se lancer dans des travaux délicats sur la structure. Dont acte.

En regardant des vidéos de Fred Shell, architecte-constructeur américain, hissant les mâts de ses shooners sans le moindre effort et surtout sans numéro d'équilibriste, nous étions curieux de son truc. On comprend l'astuce dans une vidéo qui détaille son shooner 18 sur Youtube. Une échancrure dans un tuyau : plus simple tu meurs!

Voici une copie d'écran qui vaut tous les discours.

Shell etambrai2

cette image n'est pas très nette mais on comprend aisément le principe. Le haut de l'étambrai est constitué d'un morceau de tuyau (ça ressemble à du matériau de plomberie plastique) dont la coupe en biais est joliment arrondie pour recevoir le coté du mât qui peut ainsi pivoter sur cette arète en glissant sur le bord intérieur opposé du tuyau au fur et à mesure qu'on soulève l'espar. La photo montre le mât arrière, mais manifestement un tuyau du même acabit est installé à travers le pontage avant et ne necessite pas d'autre moyen de calage.

Pour la démonstration, voyez cette video :

Si on doit intervenir aposteriori, une solution simple pour modifier un étambrai fermé (de Skellig par exemple, ou de notre Nantucket catboat), serait de coller un bout de tuyau échancré au dessus du trou dans le pont, il suffit que sa hauteur soit à peine supérieure au diamètre du mât pour que l'on dispose d'un point d'appui oblique afin de dresser progressivement celui-ci. Si on a du bois verni et que le tuyau de plastique gris messied par trop, rien n'empêche soit de la peindre en ronce de noyer tel un tableau de bord de Facel-Vega, soit de le confectionner aussi en bois.

Fred Shell

note Danilusienne : On voit ici Fred Shell dérouler ensuite les voiles, on se demande pourquoi il n'installe pas un truc à la Montaubin sur son mât tournant, mais ceci est une autre histoire.

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Étambrai : ouvert ou fermé?

Texte : Daniel M.

Photos  (dans l'ordre) : VAP ,  Ross Lillistone , Leecton (Gérard Quillet) , VAP .

Dans le numéro 27 de la revue Chasse-marée, de janvier 1987 se trouvait un article fondateur au titre évocateur : "Naviguer autrement".
Dans cet article laudateur du voilaviron, on remarque une petite note critique à propos du matage en mer qu'on reproduit ici ; " À cet égard, certains étambrais fermés (simples trous dans le pontage), situés à l'avant d'un canot sans stabilité initiale, laissent pour le moins rêveur."

Cette remarque n'a pas pris une ride. Hélas!


Img 20160804 184433L'étambrai est cette non-chose, ce creux qui sert à tenir le mât, cet élément fondamental auquel on ne prête que peu d'attentions théoriques, peut-être parce qu'une pensée binaire suffit à l'appréhender, car comme un porte, c'est ouvert ou c'est fermé. La description se résume dans les formes de deux lettres :  O, fermé ou U,ouvert!

Notre première illustration, bien que montrant un dériveur de sport où la retenue du mât vers l'arrière est assurée par un étai, présente l'avantage de bien faire comprendre que l'essentiel de la poussée du mât contre la coque se fait vers l'avant, et donc que la retenue vers l'arrière n'a pas besoin de ressembler à Fort Knox.

Nous parlerons ici bien sûr des étambrais sur des canots de voile-aviron, le plus souvent sans haubans, ayant à tenir des mâts susceptibles d'avoir à être abattus pour passer sous un pont, et de se voir rangés aisément dans l'embarcation, soit pour  diminuer le fardage qui freine les rameurs, soit simplement pour tenir aisément sur la remorque entre deux lieux de navigation.
Histoire de bien savoir de quoi on cause, et pour éviter les quiproquos, référons nous à la synthèse wikipédienne des dictionnaires quant à l'étambrai. On note que le terme désigne deux choses différentes tout en étant liées:

extrait de Wikipedia

Étymologie
(1762) Sous la forme étambraie, de estambrais (1637 ; « ouverture pratiquée dans l’épaisseur du pont pour le passage d’un mât »), de estambroys (1541 ; « renfort servant à étayer un mât »), dérivé d’estambre, lui-même probablement issu de l’ancien nordique timbr (« bois de construction »).

Nom commun
nom masculin
Singulier :  étambrai   \e.tɑ̃.bʀɛ\
Pluriel : étambrais \e.tɑ̃.bʀɛ\

(Marine) Renfort en bois ou en tôle servant de soubassement à un appareil, ou destiné à étayer un mât ou d’autres accessoires.
ex : Les emplantures et étambrais sont en général des pièces métalliques.
(Par métonymie) Ouverture pratiquée dans le pont d’un bâtiment pour le passage des mâts, des cabestans ou d’autres appareils et accessoires.
ex : Ces Indiens […] accolent quelquefois deux à deux les pirogues, au moyen d’une traverse en bois, dans laquelle ils pratiquent un étambrai pour placer leur mât.


On se focalisera sur le dernier sens (en gras) obtenu par confusion de contigus, que l'on restreindra drastiquement en "Ouverture pratiquée dans le pont d’un bâtiment pour le passage des mâts".
Comme on est ici sur le site VAP, on ne parlera que des étambrais sur des canots de voile-aviron.

Quoique.
Sur un bateau nettement plus gros, un sinagot si la mémoire est bonne, à l'échouage en mai 2017 à côté de la cale de Port-Anna, sur le golfe du Morbihan, on distinguait  les deux formes d'étambrai sur cette coque à deux voiles, un simple trou dans le pont à l'avant et une échancrure dans un banc pour le mat arrière, fermable par une ferrure articulée.

Periwinkle deuxieme etambrai dans le bancMalgré ses qualités indéniables de simplicité et une efficacité certaine pour tenir le mât, l'étambrai fermé, autrement dit un trou dans le pont ou un banc quelconque, présente un défaut majeur que même les vapistes dont l'embarcation chérie est dotée d'un semblable dispositif ne contesteront pas : il faut soulever bien verticalement le mât au dessus du trou pour procéder au mâtage et son opposé. C'est délicat à ajuster pour le rentrer, éventuellement coincé quand on veut le sortir et parfois un peu lourd pour des bras fatigués, sans compter le roulis et le tangage.
Malheureusement quand le bateau est ponté, il s'avère malaisé d'intégrer un étambrai ouvert, et c'est probablement pour ça que des petits bateaux comme le Skellig ou le BeetleCat sont dotés d'un étambrai fermé, avec l'excuse d'un volume important sur l'avant. En revanche d'autres sont impardonnables de nous imposer cette contrainte à laquelle il serait souvent simple de remédier et c'est ainsi qu'un Goat Island Skiff de notre connaissance fut modifié aisément pour ouvrir l'étambrai.

 

Etambrai leectonAu vrai il n'y a guère qu'un avantage à l'étambrai ouvert, qui tient tout entier dans la facilité de dresser ou d'abattre le mât.
Il suffit de poser la base de l'espar sur son emplanture de quille (ou de sole) et de soulever graduellement le mât, autour de ce pied faisant pivot, jusqu'à ce qu'il repose dans l'échancrure du pont ou ce qui en tient lieu afin d'être coincé par un dispositif ad hoc.
Cette opératon devenue aisée peut se pratiquer même sur une mer clapoteuse, ce qu'on appréciera si, par inadvertance, le rocambeau a eu le curieuse idée d'élire domicile dans les hauteurs quand la vergue git encore dans le fond du bateau (que celui à qui ce n'est jamais arrivé nous jète la première pierre de lest!).

 

 

Img 20160804 184757Img 20160804 184814L'étambrai ouvert n'est à tout prendre qu'une échancrure dans une planche qui est ouverte vers la poupe.
La force vélique entraine un mouvement du mât vers l'avant du bateau, accessoirement sur les cotés mais pas vers l'arrière, ce qui facilite grandement la clé à trouver pour clore momentanément l'étambrai et maintenir le mât en position plus ou moins verticale selon les réglages.
Quelques exemples  glanés sur notre flotille et quelques autres sur Internet, prouve que des divers systèmes proposés, de la cale en bois qui va bien comme sur le Pirmil,  au bout' coincé par des cabillots, en passant par le demi-cercle métallique fermé par une goupille, aucun ne nécessite d'assistance électronique ni de liaison 4G.
Plus que c'est simple et plus mieux que c'est. Pardon! Plus c'est simple et mieux c'est. Toute une philosophie!

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Modifications sur un canot breton

Texte et photos : Patrik M.

 

Amzer zo ! Vous connaissiez? 

Amzerzoavant2018
C'est un petit canot des chantier Mevel de Carantec: un 12 pieds, plus exactement 11,5 feet. Finalement, une fois traduit, ça ne fait que 3m50 de long, petit canot donc, mais qui a tout d'un grand.
Outre les pertuis charentais, on le voit souvent dans les courants du golfe du Morbihan dont il adore le tapis roulant! De temps en temps il pousse jusqu'aux Glénans et cet été 2018 il s'est aventuré en bonne compagnie jusqu'à l'ile de Sein.

Mais comme son patron veut toujours qu'il aille mieux que bien, sur Amzer-zo une modification n'attend pas l'autre. Petit retour sur ces travaux récurrents.

Dessous

Amzer-zo est un canot breton, à quille longue peu profonde, pour éviter de déraper quand le bateau est gité, on l'a doté de deux ailerons pour compenser le dérapage au près. Des ailerons pas des foils !  
Ces ailerons font 1m de long sur 10 cm ils sont taillés en sifflet et un angle de quelques degrés augmente la portance à faible vitesse ( comme les volets sur les ailes des avions qui sont sortis en phase de décollage et d atterrissage).

Amzerzoaileron
Puis dès que le bateau gite, l'aileron  au vent sort de l'eau et celui sous le vent est sollicité agissant en tant que plan anti-dérive complémentaire, améliorant l'angle de remontée au vent et diminuant très fortement la dérive.  
Apres deux ans de navigations variées, c'est très concluant. 


Dessus

Bon vous allez dire c'est tout ? Pas vraiment. La voile d'origine avait déjà été changée pour plus une maniable et plus performante. Cependant ce canot gréé en misaine était un peu sous toilé (vous me voyez venir !) donc la grand-voile a été reculée et gréée en Houari ( avec une seule drisse s'il vous plait, brevet PM deposé a l'Inpi de St Armel ) dont le réglage fut assez long car il se doit d'être très precis. Ce qui a permis d'installer un foc à recouvrement qui est venu s'intercaler entre l'étrave et le mat qui est maintenant haubanné avec du pré-étiré pour limiter les amplitudes dans les risées. Le foc a 2,10 m2 ce qui porte la surface totale de 10,5m².

Amzerzovoilure2018
Alors évidement c'est moins simple qu'une voile au tiers mais c'est plus amusant et le bateau devient beaucoup plus vivant. Le gain estimé est de 1 noeud à force 1 , 2 et 3. En revanche, il faut réduire plus tôt. Alors qu'il était rare de prendre un ris avec la voile au tiers seule,  dès l'approche de force 4, on navigue avec le foc et un ris pris dans la grand voile, mais c'est royal. Au moment où cet article est écrit cette voilure n'a  pas encore été testée dans des vents plus forts, mais on suppose qu'on naviguera sous grand-voile seule arisée car le bateau va devenir ardent 
Donc ça galope un peu plus! Mais attention, au vent arrière, tout dessus avec un vent de 10noeuds et les voiles en ciseaux, il fallait être assis tout à l'arrière, car le centre de voilure étant alors très en avant le canot avait tendance à enfourner et le bateau s'avérait moins stable. Un ris résoud le problème.
L'ajout d'un foc procure un gain de vitesse dans les petits airs d'environ un noeud, après le bateau atteint rapidement sa vitesse limite.

Dedans

La remise en état lors de son acquisition  avait déjà été l'occasion d'aménagements maison. Mais la pratique et les rhumatismes incitent à cogiter à quelques changements pour le confort. Ayant un pontage qui offre l'avantage de rigidifier la coque, et bien le banc de nage arrière a été supprimé. Quel espace! enfin le skipper solitaire peut déplier ses jambes, se positionner presque face à la route - si je puis dire- et du coup plus de torticoli et plus de banc à enjamber. Sans compter lors du cabanage, le luxe d'un plancher plat libéré pour un matelas grand format.

20181016 151435
Le sac situé à l origine sous ce banc a migré sous le platbord avant et deux réserves de flottabilité ont pu être ajoutées sous les bancs latéraux, ce qui libère un espace de rangement fermable à clé. 
Comme il en manque toujours, un nouveau rangement a pu trouver sa place sous le plancher arrière devenu accessible.

Coffre sous siege

 

Comme on le voit, voila bien beaucoup de choses faites sur un si petit canot. Surtout qu'avant il y avait eu aussi , l'échelle en bois verni, le pontage toile, les coffres en plastique souple et on en oublie.

Amzerzo echelleAmzerzoponttoile

Le patron promet qu'il va se calmer un peu sur les modifications. Ses amis de VAP n'en croient pas un mot.

Accastillage exotique

 

Voici quelques pièces d'accastillage, au sens large, difficilement trouvables chez nos marchands hexagonaux.

Taquetfendu

Le taquet fendu

L'image ci dessus est extraite d'une video sur Youtube relative au grément au tiers bômé d'un canot de Ross Lillistone en Australie. Certes, c'est un taquet, il y en a plein nos magasins, mais celui-ci est fendu et ne nécessite qu'un tour pour tenir le bout'. Comme c'est un morceau de plastique, ça doit être assez commun aux antipodes et on se demande pourquoi on n'en trouve dans aucun catalogue d'accastillage chez nous. Un taquet selon le même principe, mais en métal noble, peut se remarquer sur le Scamp, ce voile-aviron de moins de 12 pieds, que Howard Rice emmène du coté du Cap Horn.
Taquetscamp

La grande dame


Stghorns91049
Ramer debout, à la mode vénitienne, mais sans la "forcole" en bois massif chantourné, est accessible sur nos canots avec cette dame de nage haute d'origine américaine. On la trouve sur le site du fabricant, mais le prix $180, même avec un dollar faible, est plutot rébarbatif. Au moyen d'un bout de tube pour rallonger nos dames courtes en jambes, on doit pouvoir faire à peu près pareil.

 

Le pare-battage "cornue"

Parebattagecornue 1

Vu sur une photo d'un voile aviron américain, ce bizarre pare-battage en forme de cornue qui se porte haut sur le franc-bord, serait très utile pour nous protéger des pontons où nos bateaux ont la facheuse tendance à passer dessous. Tout particulièrement celui de Port-Neuf à La Rochelle où nous avons nos habitudes! Après enquète il semblerait que ce soit la société Taylor Made qui fabrique ce type de protection qui se positionne par dessus le plat-bord qu'il protège à la fois sur le coté et sur le dessus.

http://www.taylormadeproducts.com/cgi-bin/catalog.pl?item_id=9

 

Le "Scullmatix"


Scullmatix
"The Scullmatix is made of 1/8″ stainless steel plate and secured with a pair of stainless 5/16″ bolts and wingnuts"
Comme on le devine, il s'agit encore d'un produit américain, distribué par Duck Works. Cet appareil permet de godiller sans apprendre et sans se tordre le poignet. Géniaux les Americains! Heu, pardon, il s'agit d'une invention française, la "godille automatique" qui n'a pas trouvé de fabricant chez nous. L'auteur offre le schéma pour que tout un chacun se le fabrique avec un  morceau de bois et un bout de ficelle. Rendez-vous sur son site : http://nauticaerium.blogspot.fr/2008/08/la-godyoto-devient-le-scullmatix.html

La demi-pince à linge

Taquet pincelinge
De nouvelle-Zélande cette fois, sur ce "cheap-canoe", le très jeune homme qui l'a construit n'avait pas un rond, il a oeuvré avec les moyens de la ferme paternelle, dont les épingles à linge empruntées à l'étendoir familial. Le bateau ne permet sans doute pas de traverser l'Atlantique, mais il a navigué sur le lac Ngaroto ( Cherchez sur vos cartes préférées). L'embarcation a été ensuite améliorée avec un balancier selon le même genre de bricolage.
Ngaroto 2 640