Cabine repliable

 

Texte Daniel M.

Photos : Daniel M. et sites de Kanota.info  et Oz Goose.org

Cabine amovible et repliable

 

Les articles sur Gorfnik et les PDracers avec les liens vers les OZ Goose, ont créé de l’intéret entre amis et un plan a été commandé. J’en ai profité pour établir un dessin vite fait d’une idée de cabine amovible et dépliable sur cette coque de PD-racer allongée.

Amovible pour ne pas s’en encombrer en dehors des besoins de bivouac.
Repliable pour ne pas avoir à modifier la voilure et conserver l’essentiel des qualités de boite plate de l’engin.

Gouse d ail

Les cotes de la courbure de la carène ne sont pas justes, mais ça ne modifie pas l'aménagement qui concerne la partie aérienne.

  • En gros j'opte pour la position avancée maximum du mât et pour le recul du banc de nage ; parallèlement j'incorpore la dérive pivotante dans un coffre latéral (si on veut peaufiner on peut en mettre deux, mais avec une voile au tiers du même coté que la dérive par rapport au mât, ce n'est pas la peine) ce qui nous donne une possibilité de lit de 200x80, même aux pieds, bien dans le normes du confortable pour une personne.

  • Les coffres latéraux sont cloisonnés et pourvus de trappes de visite étanches pour stocker les habits et les aliments.  Le nécessaire de cuisine peut loger dans une caisse étanche qu'on sort dans le cockpit pour dormir.

  • Le matériel de mouillage, sauf proposition plus performante, est stocké à l'avant du bateau sur le pont.

  • Le banc de nage est un peu trop sur l'arrière, mais ce n'est pas vraiment un bateau d'aviron, alors pas de maximalisme!

  • Les panneaux latéraux de la cabine font un peu moins de 80cm de haut, soit leur largeur repliés, et le panneau frontal un poil plus large pour couvrir l'ensemble et les tasseaux d'étanchéité. Le panneau de toit en deux parties se replie pour ne pas recouvrir le banc de nage en position cabine fermée afin d'éviter les problèmes de solidité si on s'asseyait dessus.

  • La hauteur de la cabine dépliée est confortable pour s'asseoir, surtout pour les tailles modérées, mais les plus de 1,80m auront encore de la place.

  • Le coffre sous le banc est ouvert coté cabine pour assurer un espace de rangement à la tête du dormeur pour les bricoles (liseuse, lampe...).

  • En route, la cabine repliée fait pont, mais on évitera de marcher dessus grâce aux passavants préservés sur les coffres latéraux. Un cadenas peut apporter un surcroit de tranquillité lors d'un abandon temporaire sur une grève.

  • Il suffit de déplier les plaques qui sont autobloquantes pour avoir immédiatement une cabine accessible. Le système est copié de celui des caravanes repliables. Les panneaux sont ensuite solidarisés par des crochets rapides ou une ligne élastique comme les bâches de remorque bagagère.

  • La partie avant et les cotés peuvent éventuellement être équipés de fenêtres fixes en plexiglas, mais ça parait un équipement compliqué, lourd et superflu, du fait de la large ouverture sur l'arrière qui évite tout sentiment de confinement. Pour le système d'occultation, je penche pour de la toile ou nylon contre la pluie et une moustiquaire, mais un panneau en contreplaqué est possible, stocké à plat au fond de la coque en position cabine repliée.

  • OozegooseOn conçoit bien qu'une Goose équipée d'un roof fixe est non seulement envisageable mais déja réalisée (voir la Ooze Goose ci-contre), mais à réserver aux échines souples. En revanche le système pliable proposé ici évite le fardage en navigation pour un honnête confort à l'étape, sans avoir de tente à monter, notamment là où le camping est interdit. Le cockpit demeure suffisant pour une seule personne à bord pour laquelle cet aménagement est destiné.

  • Un calcul au pifomètre fait estimer le poids de la cabine à moins de 15kg en contreplaqué de 5mm avec les renforts et les charnières, ce qui reste raisonnable pour manipuler le canot.

Extension du concept

Galup450L’idée n’est pas exclusive à l’aménagement d’une Oz­Goose. Par exemple j’ai repéré dans le catalogue de Philippe Saint-Arroman une plate qui ferait bien l’affaire, le Galup 450. Tous les éléments essentiels y sont déjà réunis : une sole assez large pour s’étendre, des caissons latéraux pour la flottabilité et le stockage, et une dérive décalée. Il suffirait de modifier le coffre avant pour gagner de la place pour les pieds vers la proue, tout en conservant la solidité de la coque et on aurait, pour une personne seule, un beau voilaviron de camping cotier avec cabine en dur dans un budget serré.

Au total on comprend bien que c'est la dérive centrale qui empêche de s'allonger au large dans nos coques étroites. Fred Shell, de l'autre côté de l'Atlantique, pour une cabine dans un canot de modestes dimensions , crée le plan anti-dérive par deux ailerons sous la coque, libérant l'espace, mais au détriment du tirant d'eau, quant à Matt Layden il utilise des ailerons de bouchain en complément d'un safran de belle taille (mais au prix d'un un mât reculé qui supprime le cockpit ouvert).
La solution de la dérive décalée, comme sur le Scamp, semble un compromis raisonnable pour un aménagement aisé sans modifier fortement la conception classique des canots de voile-aviron où on ne cherche pas toujours à gagner deux dixièmes de seconde au mille, mais qui doivent satisfaire des exigences plus ou moins contradictoires.

***

 

 

 
Précédent : Comment bien nouer les garcettes de ris   Suivant : De La Rochelle à l'ile d'Aix