Des bateaux

A propos de bateaux de voile-aviron

le GiorMax

Texte Danilus

Illustrations prises chez les Diecipedi

 

Giormax, un petit bateau d'avant l'Optimist.

HydravionL'histoire raconte que dans une belle villa de Quarto dei Mille, non loin de Gênes, habitait une dame dont était amoureux un jeune pilote qui venait faire le mariolle avec son hydravion. On ne sait pas trop comment ça s'est terminé, toujours est-il que deux gamins, Max et Giorgio, ont trouvé un des flotteurs sur la plage de Priaruggia en 1928.
On ne sait pas non plus quel enfant ou parent a transformé ce flotteur en dériveur, mais l'engin a offert des qualités inespérées, et le premier GiorMax, du nom des deux gamins, a été copié et fabriqué avec des matériaux de récupération, et les régates de jeunes marins ont essaimé dans les villages alentours.
Quand on apprend que le flotteur faisait entre 45 à 50cm de large, on comprend que parmi ceux qui s'y sont essayé enfants, plusieurs soient devenus des champions au niveau international.
Il n'y a pas de plan officiel du Giormax, ça se fabriquait comme on pouvait avec ce qu'il y avait, une plaque d'immatriculation d'autobus pouvant servir de matériau pour la dérive par exemple.
Néanmoins plusieurs dessins ont été publiés.
Dans le revue Yatching de 1946:

Giormax1946

Dans un livre de Mario Corsico "Guida pratica per la costruzione di barche", on trouve un modèle de 3 mètres de long pour 80cm de large, pouvant supporter des adultes :

Giormax plan1946

Il existe en Italie un groupe d'amateurs de petits bateaux qui s'amusent avec des embarcations de diecipedi, c'est à dire dix pieds, soit 3 mètres de long, justement. Alors l'un d'eux a reconstruit un Giormax, en simplifiant la voilure, une seule voile sur un mat sans haubans au lieu d'un grément de cotre avec haubans et foc, et en optimisant le plan de dérive.
Quand il a sorti l'engin, les rires ont fusé, comparant la coque à un tampon-buvard notamment. Mais au près, les autres régatiers n'ont vu que le tableau arrière, et au portant, seul un catamaran a pu rejoindre le Giormax.
Sur la photo de profil, la bouteille permet de mesurer la hauteur de la coque, et la photo de face souligne l'étroitesse (80cm) de la boite.

Giormax1Giormax2

Les plans sont disponibles pour 24€ en italien chez http://bcademco.it/piani.html#1 et en anglais aussi chez Bcademco et DuckWorks. Mais si on est vraiment radin, c'est tellement simple, comme dit l'auteur, qu'on peut les dessiner soi-même.

D'ailleurs je m'y suis frotté, dans l'idée de le couper en deux pour que ça loge dans le coffre de ma voiture, un fois le dossier de la banquette rabattu. Presque tous les plans proposés de bateau pliable souffrent d'une largeur de coque supérieure à celle de l'ouverture des coffres de nos véhicules européens, même de genre Scenic. Pas le Giormax, et possiblement l'intéressant Nesting Expedition Dinghy de Harris qui fait 42 inches, soit 106cm.
Si on coupe le Giormax en deux, et qu'on pose l'arrière sur l'avant, on obtient une boite de 150x80cm avec une hauteur de moins de 70cm. Mesurez votre coffre de voiture pour voir si ça loge.

Si on utilise le plan de 1946 il faut scinder la coque devant le puits de dérive, pour garder la dérive escamotable, mais les deux demi-coques ne seront pas de la même longueur.
Pour le plan modernisé à dérive sabre, l'idée est que la cloison devant le puits de dérive est reportée derrière et doublée, et on scinde la coque entre les deux, ce qui est classique. La plaque élargissant l'assise est amovible et se replie en deux dans le sens de l'axe du bateau. Une fois remise sur la coque reconstituée, et fixée avec les bidules adéquats, elle sert de raidisseur longitudinal. Pour le mât on utilise celui d'une planche à voile en deux parties, éventuellement rallongé par le bas au moyen d'un tube qu'on trouvera aisément dans le matos de la discipline. S'il faut rajouter des haubans, c'est simple, on boulonne des cadènes dans la coque en bois, et on utilise du textile pré-étiré facile à bobiner pour le rangement dans la voiture.

Le projet n'est jamais allé beaucoup au-delà de ces réflexions, mais autant que je me souvienne, j'avais trouvé un système simple et solide pour fixer les plat-bords amovibles sur la coque. Le projet s'était interrompu par l'achat d'un bon kayak gonflable qui logeait dans mon automobile, et la réflexion était devenue alors : comment mettre une voile et une dérive sur l'engin pneumatique où un ne peut pas visser la moindre bricole. Comme il n'y a pas de bonne solution simple pour ça, finalement le Giormax qui loge dans un coffre de voiture va peut-être redevenir d'actualité.

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Vous trouverez ici les liens utiles : Giormax3

les plans : http://bcademco.it/piani.html#1

l'histoire : http://www.acompagna.org/wit/chisiamo/iniziative/martedi/2008-2009/090623.pdf

des photos de construction : http://www.diecipiedi.it/ns/cant/sophie/sophie.html

 

Demi-pois à l'aviron

Texte : Danilus

Images issues du site de Hannu Vartiala

Le canot de quatre pieds

Ceci n’est pas un scoop !

 

L’information existe de puis 2006 sur le site du créateur du demi-pois (Half Pea) quant à ce petit petit bateau de quatre pieds de long.

"Le plus petit canot du monde qui ressemble à un canot et pas à une boite."

 

Half pea green

 

Pour ceux qui ne sont pas familiers avec les mesures de l’empire britannique, quatre pieds correspondent à 4x30,05cm, soit 1,20m. La moitié de la longueur d’un Pd-racer ou d’un Optimist.

Et ça flotte ?

Oui, voyez cette vidéo : http://hvartial.kapsi.fi/dinghy44/115_1595.AVI

[Si votre ligne internet est lente, ça peut être un peu long à s'ouvrir. Patientez, c'est tout ce qu'il y a à faire.]

 

Auray punt et portugaisHannu Vartiala est un finnois qui a publié en anglais, entre 2003 et 2008, toute une série de plans de bateaux pour l’aviron à construire soi-même dans un minimum de plaques de contre-plaqué. Notamment : une plaque ou une plaque et demie.

 

On trouve ainsi un canot à la mode portugaise ; deux prames de la rivière d’Auray, le petit modèle avec une plaque de contreplaqué, le moins petit modèle nécessitant une plaque et demie ; un sampan vietnamien (une plaque) et le demi-pois qui est en quelque sorte le rejeton ultime de cette recherche de petits canots.

 

« Pour que le canot soit décent, même s'il est petit, faisons-lui suffisamment de largeur pour rendre l'aviron aussi confortable que possible. Ce sera environ 4 pieds. Nous ne voulons pas rendre le bateau plus court que sa largeur. Ce ne serait pas "comme un bateau". Faisons donc sa longueur totale aussi 4 pieds. Un canot carré, pour ainsi dire.

Pour faire un peu d'espace pour les pieds du rameur et pour rendre la partie sous-marine du bateau quelque peu navigable, faisons-lui un fond en V peu profond.

Pour le rendre légèrement plus sûr qu'un seau métallique, rendons-le insubmersible en incorporant un volume de flottabilité sous le siège.

 

Et n'effrayons pas les gens cette fois, construisons-le de manière conventionnelle. Pas de siège longitudinal ou quelque chose comme ça. Et pas l'allure d'une boite. Non, juste une apparence de canot simple et traditionnel, comme la plupart des gens s'attendraient à ce à quoi un canot ressemble.» (traduction Danilus)

 

Finalement, Hannu Vartiala est agréablement surpris du comportement de son demi-pois, sur lequel il pose des avirons « décents» ["Et par avirons décents je veux dire avirons décents. Pas ces horribles jouets pour enfant en plastique ou aluminium de 1,50m"]. 2,40m de bon bois avec 10cm de chevauchement au niveau des poignées.

 

Demi pois hannu vartiala 1Voici encore une vidéo tangante et roulante à plaisir :

http://hvartial.kapsi.fi/dinghy44/115_1598.AVI

 

 

 

Annexe demi poisLe créateur a pris la précaution d’avertir de surtout, surtout, surtout ne pas commencer en construction de bateau par celui-là, le contreplaqué s’y avérant très difficile à cintrer.

 

Peine perdue, de par le monde des néophytes s’y sont lancé avec d’heureux résultats, comme en fait foi la galerie de témoignages. Ça se construit en un week end, et ça se range dans un placard quand ça ne navigue pas.

 

Plein d'images et les plans sur le site du créateur aux adresses suivantes :

http://hvartial.kapsi.fi/dinghy44/dinghy4.htm

http://hvartial.kapsi.fi/dinghy44/gallery/gallery.htm

 

et la page d'accueil : http://hvartial.kapsi.fi/index.htm

 

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Voilaviron trans-océanique

Texte : Danilus et Sven Yrvind (traduit)

 

Lors d'une réunion amicale chez VAP, il est apparu que peu connaissaient Sven Yrvind [le Y suédois se prononce come le U français]. Il n'est donc pas inutile de parler ici de son nouveau bateau EXLEX, dont le nom vient du latin et signifie "hors la loi". C'est en effet un bateau voile et aviron, godille plus exactement, qui est conçu pour les grandes traversées océaniques, et ne correspond pas aux règles quasiment auto-définies par les grands constructeurs de bateaux européens (dixit Yrvind) il est donc hors du label CE.

Hunnebo yrvind just

Ce bateau qu'il a construit mesure 5,76m de long pour 1,20m de large, 20cm de tirant d'eau et 600kg à vide ; il est mû par deux voiles au tiers de 2m² (un poil plus grand seulement que la voilure d'un Optimist) et une godille inspirée des ro japonaises qu'il a étudié longuement sur place.

Et c'est pour partir de Dingle, un port d'Irlande, et arriver à son antipode, Dunedin en Nouvelle-Zélande. Le bateau est insubmersible et surtout auto-redresseur. Voici la video du test de retournement effectué début janvier 2020/

Voici le commentaire de Sven Yrvind sur les deux parties de la video :

Première partie, le test de retournement.

Petter à l'aide d'une gaffe vérifie que le moment de redressement de Exlex est positif à tous les angles jusqu'à 180 degrés.

Je suis à l'intérieur d'Exlex pendant le test de retournement. L'idée était que ce serait un roulement contrôlé. Cependant, Exlex est exceptionnellement sans stabilité à l'envers, malgré le manque de quille de ballast, mais en raison de l'abondance de ses volumes de flottabilité dans les hauts, il vient de basculer et c'est une bonne chose. Je n'étais pas préparé et en j'avais une main occupée pour tenir mon ruineux téléphone que je n'aurais pas aimer laisser tomber, donc ce n'était pas facile de m'aggripper à quelque chose, mais sur un petit bateau, le retournement est un petit problème. Maintenant, il y a des ceintures de sécurité dans les deux cabines. Je suis en forme et je ne me suis pas blessé.

La deuxième partie de la vidéo montre le bateau en train de naviguer à Hunnebostrand. Il est très stable et facile à conduire. Les deux voiles ont chacune une superficie de 2 mètres carrés, à peu près la même chose qu'un canot Optimist. Exlex est chargé avec 70 kilos d'eau, 4 ancres et des chaînes Maybee 40 - 50 kilos et 4 batteries de 40 ampères ainsi que des  80 kilos de  mon ami Thomas Grahn. Les ancres de Thomas Grahn resteront à terre. 130 litres d'eau de plus et environ 150 kilos de nourriture seront ajoutés et peut-être 50 à 100 kilos d'autres choses, y compris un mât de plus et 2 mètres carrés de surface de voile en plus. Pendant le passage de Dingle Ireland à Madère, je ne transporterai que 70 litres d'eau. Ça testera la vitesse et le comportement du bateau. À Madère, je vais le charger pour 200 jours et 13400 miles jusqu'à Dunedin NZ. Il sera au début surchargé mais la première partie du voyage est dans les alizés relativement légers de la partie orientale de l'Atlantique Nord. Déjà en atteignant l'équateur et les vents du Sud-Est, il sera plus léger et en passant au sud de l'Afrique, il aura perdu la moitié de sa charge et j'espère que moi et lui, nous aurons atteint notre forme optimale.[traduction Danilus]

Dans sa première version, Exlex avait déjà effectué une navigation jusqu'à Madère. Les modifications apportées depuis permettent un retournement beaucoup plus efficace (et brutal) que dans sa première configuration dotée d'un pont plus plat. C'est flagrant en visionnant les deux vidéos relatives aux retournements, avec l'ancien puis le nouvel aménagement de la partie haute.

Le départ est prévu pour avril 2020.

Sven YrvindLe marin vient d'avoir 80 ans, mais il n'en est pas à son coup d'essai. Dyslexique, il passa pour idiot avant d'exceller en mathématique, mais il fut classé au service militaire parmi les psychopathes et mis à l'isolement en prison où il se trouva fort bien en sa seule compagnie. C'est là qu'il décida d'être le capitaine de son propre bateau, ce qui lui permit de passer de ce statut d'asocial à celui de héros national après ses traversées sur des micros voiliers, comme son Bris, exposé dans un musée.

Mais à 20 ou 80 ans, comment diantre! peut-on vivre dans des boites pareilles? C'est simple, dans Exlex, Yrvind comme d'abitude boira de l'eau et mangera froid un seul repas par jour composé de sardines en boite et de muessli mis sous vide à la maison.

note danilusienne : si un fabricant de sardines à l'huile lit cette page, qu'il se dépêche de fournir à Sven les 400 boites nécessaires pour le voyage.

Mais finalement :"Je peux avoir un soupir de soulagement quand je vois la terre disparaître sous l'horizon parce que je suis plus en sécurité dans mon petit bateau sur la mer profonde, bleue, humide, sans fin, éternelle et immuable que dans le Royaume de Suède."

Les informations de première main sont trouvables sur le site de Sven Yrvind, en anglais (quelques pages sont disponibles en suédois pour ceux qui préfèrent).

Cliquez ici >https://www.yrvind.com/

De nombreuses vidéos sont disponibles sur la toile mondiale.

Sur Youtube vous trouverez la chaine de Sven ici >  https://www.youtube.com/channel/UCptM0nqGDJLz14oP6ROdKRw

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Gorfnik : croiseur minimal

Texte Danilus

Photos : A-F Bourbeau, Brian A.T.K

AF-Bourdeau sur Gorfnik


Le précédent billet avait évoqué les PD racers, cette classe de bateaux à construire soi même avec trois plaques de contreplaqué de 2,5m de long, dont seule la carène est imposée. Appendices et parties supérieures étant laissés à l’imagination des constructeurs.

Note : évidemment si on ne veut pas participer à des régates officielles de la classe, on se moque aussi de respecter les contraintes de la carène.

Gorfnik shemaDans le cadre limité en taille du Puddle Duck, un professeur québécois à la retraite, André-François Bourbeau, a construit un croiseur minimum pour aller explorer les lacs et la rivière Saguenay, affluent du Saint-Laurent soumis à la marée et à un mascaret, là où il n’y a même pas de rampes de mise à l’eau et où il ne fait pas toujours bien chaud. Son bateau s’appelle Gorfnik et les plans sont publics.

 

André-François Bourbeau se présente comme ayant quelque expertise en activités de plein-air (Outdoor) et on veut bien le croire en consultant la page Wikipédia qui lui est consacrée, ou encore celle-ci, mais aucune en construction de bateau exceptée celle de canoés en écorce.

Le résultat comme on le voit sur les images paraît extrêmement simple.
D’ailleurs c’est extrêmement simple.
Mais cette évidence du dessin est l'aboutissement, comme toujours, d’une étude poussée afin de l’obtenir. Comme A-F Bourbeau l’écrit lui-même, il y a beaucoup de détails qui rendent Gorfnik fonctionnel et il a passé beaucoup plus de temps à se gratter la tête qu'à le construire. L'angle et le placement de la fenêtre frontale étaient particulièrement cruciaux pour remonter les genoux à la poitrine depuis la position allongée et accéder à l' espace avant sans contorsions indues. La hauteur de la cabine a fait l’objet de nombreux essais et mesures, pour tout à la fois être utilisable et demeurer simple à fabriquer.

Gorfnik bivouac

Le bateau ne conviendra pas à tout le monde, notamment les personnes qui mesurent plus d’un 1,80m auront quelques peines à s’y loger, ils faudra qu’elles se résignent à construire 30cm plus long, mais on trouve aisément en France des plaques de contreplaqué de trois mètres, donc pas de raboutage à faire, cependant il y aura des trucs à recalculer.

 

Gorfnik dans des rapides

 

Après de nombreux voyages avec son Gorfnik, sur les lacs canadiens et les Everglades aux USA notamment, le Dr André-François Bourbeau nous livre ses conclusions  (traduction sans fioritures par Danilus) :

 

Gorfnik usages"Gorfnik peut être construit en moins de deux semaines.
Dans l’ensemble, je suis ravi d’annoncer que Gorfnik est un succès merveilleux, de loin supérieur à tout ce que j'avais imaginé au début, et dépasse tous les objectifs que je m'étais fixés.

Quel petit bateau addictif!

 

  • Navigation depuis l'intérieur
  • Dormir assez confortablement
  • Camper n'importe où sans rien à installer, il y a juste à fermer la trappe
  • Explorer les eaux très peu profondes, de quelques centimètres de profondeur
  • Moins de 3 minutes de la remorque à la voile
  • Belle position assise face à l'avant
  • Moins de 95kg, peut être traîné dans et hors de l'eau
  • Peut être transporté dans une remorque standard ou une camionnette
  • le "Stand-up paddle" comme moyen de secours fonctionne comme un charme [note : d'après l'image, comment padoler quand il pleut? ]
  • Incroyablement stable, on peut même cuisiner sur le pont avant tout en naviguant (temps calme)
  • Agréable et chaud en naviguant quand il fait froid" [note : Brian A.T.K sur l'exemplaire de gorfnik de sa fabrication a mis un mini-poële à bois ou à bougie : Clic!]

 

Goorfnik cuisine

 

Voici une video avec un Puddle Duck minimal et Gorfnik.

 

 

 

Et voici les mêmes promeneurs avec deux gorfniks, faut croire que l'aventurier Billy Rioux fut séduit par le bateau du professeur lors du premier voyage.

 

 

 

A la lecture d’une intervention du créateur de Gorfnik sur un forum, Brian A.T.K décide de s’en construire un. Les échanges entre lui, A-F Bourbeau et divers autres internautes ont été réunis dans un document en libre accès, riche en considérations diverses. Hélas c’est en anglais, mais on se consolera en analysant les images et en usant d’un traducteur électronique si la lecture de l’anglais est un peu hésitante.

 

Téléchargez le dossier PDF depuis ici : Gorfnik

 

Téléchargez les plans ici : Gorfnik plans 2016gorfnik-plans-2016.pdf (1.71 Mo)

 

Gorfnik plan1

Cliquez pour agrandir l'image dans une nouvelle fenêtre

 

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"Foils" et gréement au tiers

Texte  : Danilus

Photos et vidéo issues du site de Michael Storer

 

Attention! Ça décoiffe!

Michael Storer, l'architecte du bien connu Goat Island Skiff, s'intéresse tout à la fois aux performances des voiles au tiers (bômée) et aux foils, des Moths aux IMOCA. Il lance un mouvement de mise en commun des innovations en matière de foils sur des caisses à savon, propulsées par des voiles au tiers. Comme il l'écrit, si ça marche avec ce bateau, ça marchera sur tous.

La recherche actuelle ne porte pas sur des foils permettant de s'élever au dessus de l'eau, mais des foils qui diminuent la gite, évitant de recourir à des rappels durs aux abdominaux où à des planches en porte à faux.

Pour comprendre la problématique, regardez cette video d'un OZ Goose, cette boite à sandalettes plates (grande pointure) munie d'une voile.

Ozgoose rappel 1 Cette OZ goose était auparavant affublée de barres de rappel. Les foils ont rendu leur usage inutile, car au fur et à mesure que la vitesse augmente, le foil sous le vent agit comme une aile et le barreur peut rentrer tranquillement dans le bateau au lieu de se pencher désespéremment en dehors. C'est contre intuitif mais ça marche. Le foil n'agit pas comme un flotteur de trimaran qui empêche la coque de s'enfoncer, mais il se crée un courant porteur sous le foil qui soulève le bateau et qui augmente avec la vitesse.

A titre de comparaison vous pouvez regarder cette video du même bateau sans foil : https://www.youtube.com/watch?v=v71RTIrDtfs

et les premiers essais avec foils : https://www.youtube.com/watch?v=UnPz9hd0dws

La force ascensionnelle de l'aile aquatique augmente avec la vitesse, aussi voit-on, comme sur la video du Q17 en test sur le lac de Garde,  les équipages commencer la navigation en position de rappel puis se recentrer à l'intérieur du bateau au lieu de se pencher de plus en plus et de plus en plus loin pour résister à la force de chavirage. Avec un foil de stabilité c'est même l'inverse qu'il faut craindre : faute de recentrer le poids dans le bateau on risque le chavirage à l'envers, la poussée de l'aile s'ajoutant au poids de l'équipage au rappel, et c'est la culbute. Renversant non?

Michael Storer, très au fait des recherches, propose un modèle ultra simple de foils stabilisateurs, à construire avec du bois, de la fibre de verre et de l'epoxy, pour pas cher, remarquant que les progrès décisifs dans les Moths à foils furent faits avec de tels matériaux et que la fibre de carbone et autres sophistications ruineuses ne sont venues que plus tard.

Duck a foilsLe bateau qui sert pour l'expérimentation est dans la lignée des 8 pieds OZ-racer, eux mêmes dérivés des Puddle Duck Racer. Les OZ Racer, très toilés, sont généralement équipés de voiles au tiers bômées, offrant  de très bonnes performances pour un cout modéré ; le foiler n'échappe pas à la règle du moindre prix, une boite, une dérive et un safran tout à la fois simples et très étudiés, une voile au tiers puissante, et des foils horizontaux aussi naturellement faits de contre-plaqué, renforcé de fibre de verre et d'époxy, techniques bien connues des constructeurs amateurs de voilavirons.

Dans un article très récent, Michael Storer indique comment construire un Duck à foil afin de partager des infos en partant d'une base commune rudimentaire. Les premiers essais paraissent conclants, ce qui laisse augurer des progrès décisifs quant on appliquera les résultats pour améliorer la stabilité des canots ordinaires et pourquoi pas tout particulièrement les canoés à voile, qui présentent l'avantage d'être légers, de pouvoir se fixer sur une galerie de toit de voiture ( évitant la remorque quelquefois difficile à garer), manipulables aisément par une personne seule, et suffisamment polyvalents pour pouvoir naviguer sur des plans d'eau divers dans des conditions météos variées.

note surdanilusienne : en réponse à une question quant à l'adaptation des foils sur un canoé genre Viola, Michael Storer répond : "Ceci est une approche judicieuse pour les navires minces comme le Viola - un seul foil latéral horizontal pour augmenter le moment de redressement. Mais je n'en sais pas assez pour l'instant pour implémenter une solution . Ce serait un coup dans le noir [traduction littérale :-) ].

 

Osez "naviguer autrement" et suivez cette aventure : https://www.storerboatplans.com/faq-info-about-materials-and-methods/build-hydrofoil-stabilised-dinghy-shared-specification/

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L'accon des pertuis

Texte : Robert Sarraud

 

Robert Sarraud fut marin et ostréiculteur à Nieul-sur-mer. Il fut aussi poète. Dans son recueil Grisailles d'Aunis, datant probablement de 1938 ( selon une dédicace sur l'exemplaire en notre possession), il nous parle de l'accon dont il attribue la paternité à un irlandais mythique qui aurait fait naufrage au XIIIe siècle dans la baie de l'Aiguillon, notablement plus étendue alors qu'aujourd'hui.

Accon0001

photo : origine inconnue

Accon d'Aunis

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Пикофолькбот

Texte Danilus

Photos tirées du site de Picofolkboat

Petit bateau populaire

 

A Saint-Petersbourg, il y a la mer et des bateaux. Même des petits qui nous intéressent : les Пикофолькбот.
N'ayez pas peur avec ces lettres, dans le cas présent c'est de l'anglais écrit avec du cyrillique : Picofolkboat. C'est le nom d'une entreprise qui propose des plans de petits croiseurs cotiers  et des kits en contreplaqué prédécoupé.
Naviguer sur le Web va bientôt nécessiter d'apprendre le russe tant le contenu dans cette idiome augmente, mais en attendant on peut se dépanner avec la traduction Google qui, curieusement, ne se débrouille pas mal avec cette langue. Donc en vous rendant sur le site de l'entreprise, dont vous trouverez l'adresse en bas de l'article, vous pourrez en lançant la traduction automatique sur votre ordinateur, comprendre grosso-modo de quoi il est question. Voyez déja dans le menu, Фото  ça veut dire photo, et Видео c'est video et vous l'auriez deviné Каталог mène au catalogue.

Folkboat 16

Folkboat16Sur la page du "projet", il est proposé plusieurs bateaux. Le plus grand est le Folkboat 16, qui mesure donc 4.80m de long, pour 1.80m de large. Le franc-bord est à 0.70m au milieu de la coque, Le tirant d'eau est de 0.25m dérive sabre relevée contre 0.95m baissée. la hauteur dans la cabine est de 0.95m, le poids lège 195kg, pour une voilure de 9.60m² qu'équilibre un ballast de 100kg.
La cabine est sensée pouvoir accueillir deux adultes et un enfant. Probablement en se serrant un peu beaucoup. Le bateau est dans nos normes de voilaviron et la randonnée cotière doit très aisément s'avérer envisageable.

Prix du kit : 60 000 roubles soit environ 815€ (frais envoi et de douane non documentés sur le site)

 

Mini-Cruiser

MinicroiseurMalgré sa taille plus réduite, le mini croiseur est annoncé comme stable du fait de son fond et sa quille longue qui représentent 30% du poids de la coque. L'originalité est justement dans cette fausse-quille de 36mm d'épaisseur qui courre sur toute la longueur de bateau, libérant la cabine et le cokpit de toute dérive encombrante.

La longueur est réduite à 4m pour une largeur de 1.50m, un creux intérieur de 0.50m, le tirant d'eau atteint 0.4m avec ce type de plan anti-dérive, la cabine offre cependant une hauteur sous barreau de 0.9m, le poids lège n'est que de 150kg animé par une voile de 7m².

 

Picofolkbot 360


Cabinefb360"Design classique et dimensions minimales pour la navigation confortable d'un petit équipage de deux personnes." On se contente de citer.

3,6 m de long ; Largeur 1.6 m ; Hauteur du milieu du navire 0,6 m ; Tirant d'eau 0.2 / 0.9 m ; Hauteur dans lacabine 0,9 m ; Poids  150 kgLest 60 kg pour une surface de voilure 7,2 m2.

 
 

Toyboat

 

Toyboat270nilsLà ça devient vraiment rigolo comme petit bateau, pour reprendre un concept utilisé en son temps sur Nauticaltrek.com : 2.70m de longueur, avec une cabine!
A noter que le bateau est doté d'une norme de classe ; 10pieds maxi, donc la même que le diecipedi italien.
Le bateau ayant été construit, des vidéos sont disponibles sur Youtube. Cherchez Видео sur le site russe.

toyboat 270

Longueur 2,7 m, 1,4 m de large ; Hauteur moyenne 0,5 m ; Tirant d'eau 0.15 / 0.8 m ; Hauteur dans la cabine de 0,85 m ; Poids 60 kg ; Surface de voilure 5,5 m.
 
On suppose que les jambes du dormeur doivent se caser sous le coffre du cokpit. Sans les plans, on ne voit pas bien où peuvent être les volumes de flottabilité.
 
Toyboat240
 
Le toyboat 240 fait encore plus court, mais toujours doté d'une cabine.
Avec son petit bec et son oeil rond, il fait penser à un poussin. Mais il navigue!
Voyez les vidéos.
 
 
 
 
 
 
 
Sur la page des photos, le picofolkboat est présenté en plusieurs longueurs, dont un modèle en 420cm et plusieurs exemplaires du 360.
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Voilaviron auto-videur

À la recherche du voilaviron auto-videur.


Nul ne saurait nier qu'un canot auto-videur soit une aide importante en cas de chavirage ou de vague submergeante, mais le mouvement voile-avirons, issu pour une large part de l'engouement pour la sauvegarde du patrimoine maritime, cultive un certain immobilisme qui lui vaut de ne pas profiter des évolutions des carènes qui prévalent dans le reste de la construction nautique.

Pourtant un certain frémissement se note dans l'apparition récente (2017) de deux bateaux qu'on trouvera sur ce site (LiteXp² et RoG 15') et qui apportent leur lots de nouveautés, dont une qui nous intéresse aujourd'hui : le cockpit auto-videur. Mais c'est au prix de coques qui rompent avec les lignes élégantes qui firent les beaux jours du canotage et que d'aucuns ne se résigneraient pas à voir disparaitre. Serions-nous alors condammnés à voir sempiternellement nos canots classiques se remplir comme des baignoires?
Que non! 


 Un plan existe qui répond à cette double exigence de lignes classiques et d'un plancher qui évacue de lui-même les eaux surnuméraires. Il s'agit d'une création de Arch Davis, l'auteur des élégants Penobscot, 14', 17' et maintenant 13'.

Laughing gull Arch DAVIS
C'est un canot dessiné pour son intrépide de fils alors agé de douze ans. Le père voulut que le canot prenne soin de son rejeton et son copain d'aventures, aussi dessina-t-il un bateau non seulement incoulable, mais réellement auto-videur : la "Laughing gull", en français "mouette rieuse".

Arch Davis commente ainsi :"Ils voulaient un bateau qui serait grisant pour naviguer dans une bonne brise; Je voulais un bateau qui pardonnerait l'exubérance des jeunes marins. Dès le début, je savais que la coque devrait être auto-vidante. Avec un grand compartiment de flottaison dans le fond et de grands ouvertures d'évacuation dans le tableau arrière, toute eau qui pourrait monter à bord s'ils forçaient un peu trop fort le canot, serait immédiatement renvoyée à son emplacement d'origine, sans la peine d'écoper. Il lui serait pratiquement impossible de couler et je pouvais être sûr qu'il prendrait soin de son équipage. Les enfants adorent ramer quand le vent tombe (moi aussi); le bateau devrait se déplacer aisément aux avirons ou un petit moteur hors-bord." [traduction Danilus]

Et pour faire bonne mesure il ajoute : "{le canot} devrait également être assez simple pour être construit par un menuisier inexpérimenté et, bien sûr, il devrait avoir belle allure."

Finalement il aboutit à un canot long et relativement étroit, 

Caractéristiques "Laughing gull"
Length over all: 15’ 9” | Longueur hors tout : 4,84m
Beam: 4’ 5" largeur : 1,35m
Draft
board up: 0’ 5”
down : 2’ 9”. 
tirant d'eau
dérive relevée: 12,7cm
descendue : 84cm
Weight: 225 pounds poids : 100 kg
Sail areas.
Gunter rig: 95 sq. ft. 
Cat rig: 83 sq. ft. 
Sprit rig: 82 sq. ft.

surface voiles
cotre : 8,82m²
catboat : 7,71m²
livarde : 7,61m²


Le bateau est construit autour d'un caisson étanche constituant la sole et le plancher du cockpit.

Arch Davis construisant la

 

Photo 2 : Arch Davis construisant le prototype. On distingue aisément les deux vomitoires dans le tableau au ras du plancher étanche.
La dérive est en sabre, mais rien n'empêcherait de choisir un pivotante dans ce type de coque.

(Note conjecturelle : à voir la couleur des cheveux on imagine volontiers que le bateau n'est pas récent de conception)

Laughing gull  par Arch Davis

Photo 3 : Une fois le bateau bien équipé, l'élégance de la découpe du support de banc arrière cache le coté utilitaire de l'espace qui mène droit aux ouvertures dans le tableau.

>> Cliquez sur l'image pour en afficher une plus grande

Lgull3

Photo 4 : Bien que dessinné pour des adolescents, le canot supporte aisément deux adultes.

Sur cet exemplaire les évacuations semblent se  limiter à deux trous ronds dans le tableau

Lgull4 Photo 5 : quelques bancs latéraux seraient appréciés des dos douloureux.

 

Trois types de gréments sont proposés sur la même coque. La voile primitive triangulaire de catboat pourrait facilement s'imaginer enroulable comme sur les bateaux dessinés par Gille Montaubin.

Finalement, une fois admis le principe du fond plat étanche auto-videur, rien n'interdit d'intégrer le concept à des canots plus larges, de réserver des compartiments pour la flotabilité et d'autres pour le stockage à condition de concevoir des couvercles vraiment à l'épreuve des infiltrations, voire quelques uns à usage éventuel de lest liquide. Et de conserver, si on y tient,  l'aspect vieille marine à ces nouveaux voilavirons, comme a su le faire Arch Davis avec sa "Laughing gull".

 

Vous trouverez les plans sur le site (en anglais) de l'architecte : 

https://www.archdavisdesigns.com/davis_laughinggull.html

***

Winta boto : voilaviron de 4,10m

Le Winta Boto est un voilaviron dessiné et construit en Guyane par un "amateur" (le logiciel pour dessiner la carène n'est pas exactement à la portée de tout le monde) qui présente diverses caractéristiques intéressantes. Normalement les plans sont disponibles sur demande mais nous n'avons pas pu joindre l'auteur, donc nous ne savons pas si l'offre est encore valide en 2018.

Le site internet est très documenté, aussi vous trouverez beaucoup d'informations intéressantes en vous y rendant: https://wintaboto.blogspot.com/

 

Caractéristiques :


Longueur 4,1 metres
Largeur 1m80
Poids environ 200kg en ordre de marche
Matériau : Contreplaqué + fibre de verre + résine Epoxy
Surface de voilure actuelle 7 m2 prévue 10 m2
Motorisation : de 1 a 18 chevaux et électrique
Nombre de place : 4 à la voile  (jusqu'à 10 au moteur par mer calme)
[ note : il ne s'agit pas de "catégories de conception" au sens de la réglementation européenne]
Longueur des bancs de cockpit 2m20
Longueur a l'intérieur de la cabine 2m40
Hauteur de la Cabine 1m

En premier lieu on est attiré par l'intégration de la cabine ("pour une personne ou deux amoureuses") qui ne se fait pas au détriment du cokpit qui demeure généreux au égard à la taille restreinte du bateau, ni ne crée un volume important au dessus du pont. On est même surpris qu'il y ait une cabine, tant elle est discrète.

La seconde surprise vient de la quille. Il s'agit d'une dérive quille pivotante, mais très longue et lourdement lestée. on a donc affaire à un voilaviron dériveur quillard!

Troisième caractéristique : le grément qui est une variété de voile latine emprunté à un Sunfish et qui ne nécessite qu'un mat très court. Aux dire du concepteur le bateau est sous toilé et il envisageait de le doter d'un grément offrant 10m² de toile. Si la modification a été réalisée elle n'est malheureusement pas clairement documentée .

Enfin le plancher du cokpit a été rehaussé aposteriori, offrant une surface plane, mais rien n'indique que la baignoire soit devenue autovideuse.

 

On se convaincra à la lecture du site du concepteur que la pratique voile-aviron ne condamne pas à des canots néo-rétro, que des coques très élaborées pour être planantes peuvent aussi permettre un usage suffisamment efficace des rames pour mériter qu'on les embarque, voire qu'on se les fabrique à base de carbone comme l'a fait le constructeur.

Dernier conseil : surtout ne manquez pas les images du tour de l'ile de Cayenne, l'aventure est au bout de la rue!

 

Note: n'ayant pu joindre le concepteur pour obtenir
son accord pour l'utilisation des ses images,
les photos qui illustrent cet article ne s'affichent
que grace à un lien qui renvoie sur
 https://wintaboto.blogspot.com/  

15’ RoG : un nouveau voilaviron

 

15'RoG

 

C’est pas pour dire du mal des Américains, mais il y en a qui savent faire des bons bateaux ! Dans le petit monde voile-aviron quelque peu enclin à se contenter des formules à l’ancienne, voici un intéressant canot qui sort des sentiers trop battus, le 15’ River of Grass, dessiné par Jean-François Bedard en Floride qui a construit le prototype en 2017.

« On dit que chaque dessin est un compromis. Mais nous demandons : si vous pouvez naviguer à la limite [ ?? : If you can ride the edge] , faire du près et surfer les vagues comme un canot, apprécier la sécurité et la stabilité d’un quillard, vous glisser dans un trou que seuls des kayakistes peuvent atteindre, dormir à deux confortablement et manger sur une table assez grande pour y déplier entièrement une carte, où est le compromis ? » affirme le créateur en vantant sa marchandise. Qu’on en juge.


 

Longueur

15.3 ft

4,65m

Largeur

5.75ft

1,74m

Tirant d’eau

6in / 46in

15cm / 118cm

Déplacement

975lb

443kg

Poids lège

450lb

205kg

Surface voiles

150sq.ft

14m²


 

Quinze pieds un tiers soit 4,65m en bon métrique, c’est une taille raisonnable (celle d’un Kanoteko+) ; les 1,75m de large font la promesse d'une bonne stabilité ; le tirant d’eau est minimum avec 15cm, mais le plan anti-dérive devient profond une fois la planche abaissée ; propulsion par 14 mètres carrés de voilure ; sur le papier ça paraît bien.

Le poids déjà sérieux de 205kg sans fourniment rend la manipulation manuelle un peu limitée, les mises à l’eau et les sorties nécessiteront la remorque avec treuil ou quelques paires de bras bien musclés, quoique l’on ne s’écarte pas radicalement des normes des canots néo-traditionnels. Comme eux, la construction en sandwich contreplaqué/tissu de verre et époxy, gage de solidité et de flottabilité en soi, est à la portée de n’importe quel constructeur amateur.

15'RoG mise à l'eau

La liste des matériaux et appareillages fait un peu tousser car on dépasse les 9000$. Comme ce sont des prix américains, il importera de vérifier avec les fournisseurs en France, mais il n’est pas encore prouvé que ce serait moins cher. On s’interrogera cependant sur la nécessité de doter le bateau d’un « winch» pour border une voile de 8m², quoique à  $84 le treuil de la marque Forestar plus une manivelle à $37, ce ne sera pas beaucoup plus ruineux que des poulies pour faire un palan, avec un usage plus polyvalent. En revanche, comme le suggère l'architecte, on pourra peut-être faire l’économie du carbone pour les mâts et trouver des voiles moins chères ; des voiles au tiers permettraient de s'en tirer pour 1500€, voiles et mâts si ces derniers sont faits maison en bois, mais il faudra refaire les calculs pour les dessins de voilure. Dès maintenant avec son grément d'origine, les plans sont disponibles sur le site de Bedard Yacht Design (références en fin d'article).

Nous voilà donc avec un canot dont l’esthétique peut ravir ou heurter, c’est selon, mais qui présente deux avantages importants.

  • 15'RoG cabineEn premier lieu pour le confort, il y a une cabine utilisable pour dormir, ce qui est assez difficile à intégrer dans une coque de moins de cinq mètres de long, et qui garantit un stockage à l’abri des embruns et des importuns, surtout si on prend la peine de remplacer le panneau souple en toile par du contreplaqué.

  • 15'Rog plan de coqueLe second point fournit un apport décisif : le cockpit est entièrement auto-videur. C’est ce qui fait le plus défaut sur les canots creux et qui apporte un surcroit de sécurité certain par rapport aux voilavirons traditionnels.

Une drosse continue permet de commander le gouvernail depuis la cabine, de même qu'on peut y régler la voile (peut-être est-ce l'explication du "winch").

On doute guère des capacités de ce mini-croiseur sous voile, son dessin reprenant les canons actuels des coques planantes optimisées pour garder une surface mouillée minimale quelle que soit la gite. La dérive pivotante lourde de 100lb, soit environ 45kg (élément déterminant du poids conséquent de l’ensemble), ainsi qu’une possibilité de remplir deux réservoirs latéraux offrant deux fois 36 kg de ballast complémentaire, assurent apriori une bonne raideur à la toile. En revanche on demandera à voir en ce qui concerne l'efficacité de cette coque large et sans aileron central aux avirons.

15' RoG sous voiles

Jean François Bedard a participé à l'Everglades Challenge de 2017 pour tester notamment son bateau et un peu le marin. Ayant terminé premier de sa catégorie, la plupart des autres équipages n’ayant pas pu conclure cette course éprouvante, on peut supposer que le 15’ River of Grass remplit très honorablement sa fonction.

 

Vous trouverez tout en plus détaillé et laudatif, mais en anglais, sur le site de l’architecte, ainsi que tous les liens pour de bonnes vidéos sur Youtube : https://www.bedardyachtdesign.com/designs/sail/15-rog-micro-cruiser/

Pour vous mettre en bouche, en voici une réalisée le premier jour de l'Everglades Challenge 2017 :

 

 

PS : Suite à notre demande d'autorisation d'utiliser ses photos, Jean-François Bedard nous a gentiment répondu en nous informant que le français étant sa langue maternelle -il est originaire de Montréal- il n'y a nul besoin d'utiliser l'anglais pour communiquer avec lui. Il nous a précisé aussi que les plans sont disponibles avec les cotes en système métrique, ce qui nous arrange bien, et que d'ailleurs un 15'RoG était en cours de construction en France et un autre en Suisse.

Enfin il nous a indiqué : 

Une petite note, J’ai aussi fait l’Everglades Challenge 2018 en mars et j’ai réduit mon temps de près de 48 heures sur l’An dernier.  Le premier jour de la course, j’ai versé le bateau, et je suis content de dire qu’il flotte comme prévu a 90°, cabine ouverte, pas une goutte d’eau a l’intérieur et récupération facile, seul, sans conséquences pour la course.  Dans les mêmes eaux et heures, les garde Cotes ont dû secourir 6 bateaux.

De plus, voici la vidéo qui a mon avis représente le plus l’esprit du bateau;

https://www.youtube.com/watch?v=lV0bVoof2zM

JF Bedard

 

Choisir un canot voile-aviron

 

L’art du compromis

AVEL-DRO JY CorsonBien choisir un canot voile-aviron

Soyons clairs dès le départ, le bateau idéal n’existe pas; pas plus en Voile-Aviron que pour les autres types de bateaux (classiques et bateaux modernes). Chez voiles et Avirons dans les Pertuis, nous avons de très nombreux types de Voile-Aviron, plus de 20 séries différentes. Chaque Voile-Aviron répond à une pratique particulière en fonction de différents critères : La taille (de 2,5 m à 7 m), le poids de 70 à 500 kg, la simplicité de mise en oeuvre, les performances, le confort, la praticité des aménagements, la simplicité d’entretien, les capacités nautiques, l’adaptation à l’âge de l’équipage (enfants par exemple) …. Vous choisirez aussi votre voile-aviron selon que vous souhaitez le construire vous-même, l’acheter neuf ou trouver un voile-aviron d’occasion.

Le programme de navigation :

Leecton-Voile-AvironDans un premier temps, il convient de déterminer le programme de navigation de l’embarcation. On peut citer trois familles de canots : Le voile-aviron de travail (ce qui est rarement le cas aujourd’hui), le voile-aviron de ballade (sortie à la journée, rando) ou la version sportive (raids et régates). Un des éléments à ne pas oublier dans le programme est l’utilisation des avirons. Annexe, pour se déhaler ou essentiel pour une utilisation longue, les avirons sont la deuxième composante de la propulsion du voile-avirons (voir plus bas). Certains voile-avirons ont été conçus en fonction d’un plan d’eau particulier et ne sont donc pas toujours adaptés à toutes les conditions de navigation (plans d’eau protégés, lacs, mers intérieures, océan, Pertuis …). Préférez un bateau un peu plus dimensionné que votre plan d’eau habituel si vous avez l’intention de vous déplacer régulièrement. Pourtant, la stratégie du « qui peu le plus, peu le moins » n’est pas toujours la meilleure si vous intégrez l’ensemble des autres critères de choix.

Le poids du voile-aviron :

2013_Tramasset_Yannick-Benaben-6La notion de poids est très importante quand on veut choisir un canot voile-aviron. Il conditionnera, le programme de navigation, les options de mise à l’eau, le confort, la sécurité. Le nombre d’équipiers conditionne aussi le poids et l’encombrement du canot voile-aviron. D’une matière générale, préférez un bateau léger si votre programme est estival , si vous avez peu de force (mise à l’eau), si vous naviguez principalement en eaux calmes ou encore si vous souhaitez faire du raid rapide, voire de la régate. Les voile-avirons lourds sont généralement des répliques ou des bateaux de travail. Leur stabilité et leur capacité de charge sont importants et ils présentent souvent une bonne sécurité et tenue à la mer. Le poids est donc une question des dosage. Pour donner un ordre d’idée, un canot voile-aviron de 4 m pèsera dans les 150 à 200 kg.

La simplicité du voile-aviron :

Ronde050La facilité de mise en oeuvre est aussi un point clef pour bien choisir un voile-aviron. Plus le canot est simple, plus il sera rapide à mettre en oeuvre. Les bateaux les plus simples sont les misainiers au tiers et les canots à livarde. Les cotres auriques avec flèche et tapcul (oui, c’est possible!), prennent plus de temps à gréer. Ces canots haubanés donnent de la rigidité au gréement mais demandent plus de temps de mise en oeuvre (sauf certains comme le Monotype des Pertuis qui est équipé d’un mat basculant). La simplicité s’exprime aussi dans la mise à l’eau. Le choix et le réglage de la remorque sont très importants tant pour la facilité que pour les coûts liés à l’entretien de la remorque. Pensez aussi à observer la fluidité des manœuvres et l’ergonomie dans le bateau (position des taquets, passage de barre, accès aux éléments de sécurité, rapidité dans les opérations de sécurité …). Idéalement un voile-aviron doit être gréé en moins de 10 mn.

Les performances sous voile du voile-aviron :

voilaviron: Yole de Ness : Caredig

La majorité des vélirameurs ne recherche pas la performance; c’est en tous cas ce qui se dit ! Dans les faits, tous cherchent à faire marcher le canot. Certains bateaux marchent pourtant mieux que d’autres. Les voile-avirons modernes sont souvent plus performants que les anciens car leurs carènes sont étudiées pour allier esthétique et efficacité. Il n’en demeure pas moins vrai que les bateaux de travail sont souvent le fruit de nombreuses modifications empiriques qui en font de super challenger voire plus ! Certains canots sont extrêmement rapides et rivalisent avec les dériveurs légers. Les performances vont aussi dépendre de l’adéquation entre le bateau et les plans d’eaux qu’il devra parcourir. Ne négligez donc pas le facteur performance dans votre cahier des charges.

Le(s) aviron(s) :

vélirameursLe vélirameur (pratiquant de la discipline) est plus ou moins vélique ; plus ou moins rameur ! Que vous soyez l’un ou l’autre, voire l’un et l’autre, il vous faudra faire des choix selon les différents critères déjà énoncés. Chacun de ces critères aura une influence sur les qualités « ramiques » du canot (l’adjectif n’est pas dans le Larousse mais il est bien pratique !). S’il est logique de penser qu’un bateau léger marche bien à l’aviron, c’est pourtant loin d’être toujours le cas. Il faut remonter à la conception par l’architecte pour trouver l’ADN ramique d’un canot. A ce jeu, les champions sont les bateaux étroits (les yoles et canots fins par exemple). Depuis quelques décennies, la recherche de performance à l’aviron est devenue une culture chez certains architectes « ex-voileux ». Au risque de me répéter, tout est une question de choix dans votre cahier des charges. Pour faire un raccourci, les meilleurs marcheurs voile-avirons sont, soit des canots modernes, étroits et légers, soit des bateaux lourds embarquant de nombreux équipiers (Yole de Bantry par exemple). Notons que par définition, les bateaux étroits, bons rameurs sont aussi les moins stables.

Il y a un débat entre vélirameurs quant à l’utilisation de la godille comme moyen de propulsion. Si la godille est la seule alternative à la voile, certains disqualifieront ces canots du « label » voile-avirons. Si les discussions sur le sujet vont bon train dans notre association à l’heure de l’apéro, nous ne sommes pas de ceux qui excluent mais plutôt de ceux qui accueillent. Et encore, je ne vous parle pas des propulseurs électriques et encore moins des autres

Du nouveau dans le voile-aviron : Lite XP

Le voilaviron ne se limite pas à des bateaux néo-rétro, mais il est assez rare de voir des nouveautés. Une entreprise française de Pontcharra, pas très loin de Chambéry, vient de présenter au Grand Pavois 2017 un nouveau voilier propulsable sérieusement à l'aviron le Lite XP². Petit 2 car le premier du nom est un trimaran voile-aviron mené par le patron de l'entreprise lors de la R2AK 2016, la course sans moteur et sans assistance, 1400km le long de la côte Pacifique du Canada, de Port-Townsend vers l'Alaska. Froid devant!

Litexp voile aviron moderne

Certes, ce Lite XP² atteint 6 mètres de long et joue dans la même cour que le Lili 610 de Montaubin ou le Faering Cruiser de John C. Harris, mais il ne pèse que 150kg tout mâté et voilé de ses 10m² de toile coupée par North Sail (sans bôme mais dotée de lattes comme les catamarans de sport) et équipé de son chariot de nage comme sur les pures yoles d'aviron. On peut lui adjoindre un genacker de 12m² pour le petit temps (voir la video ci-dessous par un petit force 4).

Le mat et les rames sont en carbone, la coque est en composite moulé sous vide, le pont est auto videur et forme un espace abritable par une tente pour le bivouac qui épaule une cabine où deux personnes qui s'adorent peuvent passer la nuit, 

Le tarif n'est pas léger léger, mais demeure dans la logique pour un bateau de 6 mètres.

On notera l'astucieux système de roues amovibles pour le sortir de l'eau sans la remorque, et l'intrigante fermeture éclair qui remplace semble-t-il les garcettes de ris.

Comme je n'ai pas eu le loisir de traverser La Rochelle pour aller au Grand Pavois, je ne connais ce bateau que par la magie d'Internet, aussi je vous renvoie sur le site du constructeur sans faire plus avant de paraphrase de ce qui y est écrit, et sur les videos publiées sur Youtube.

Juste pour le plaisir en voici une prise sous nos fenêtres.

Nordfjordbåt, un film documentaire

NordfjordbatimageQuelques uns de nos voilavirons sont directement issus de la tradition nordique, nous pensons naturellement au Skerry de John C. Harris à la popularité grandissante en France, nous pensons à la Yole de Ness, à certains plans de Iain Oughtred comme son Elfin, au Youkou-Lili de François Vivier, et même dans une certaine mesure au fameux Doryplume de Luc Casær au plan édité en son temps par le Chasse-Marée.

La charpenterie de marine de notre tradition celto-latine commence par des membrures fixées sur la quille, les vikings et leurs descendants font l’inverse, ils montent les bordés avant les renforts intérieurs, comme à leur imitation on le fait aujourd’hui avec certains kits en contre-plaqué à coudre et coller à l’époxy.

 

Voici un très instructif film sur la construction d’un bateau nordique de dimensions de nos canots voile-aviron. Diffusé par la bibliothèque nationale norvégienne, la Nasjonalbibliotetek à Oslo, ce document datant de 1976 montre l’intégralité des phases de construction traditionnelle.

Le commentaire parlé est en norvégien - mais il semble difficile de leur en faire reproche- ce qui peut le rendre éventuellement un peu opaque à quelques-uns d’entre nous, cependant les images sont tellement explicites qu’on aurait presque l’impression de comprendre la langue.

Le petit chantier naval est équipé des machines de l’époque, scie à ruban, raboteuse, perceuse électrique, ce qui n’empêche pas le charpentier de se servir d’une hache et d'un couteau pour faire les biseaux des pièces de quille ou d’étrave, et d'utiliser un vilebrequin ou une manivelle, plutôt que sa perceuse pour certaines tâches.

On verra comment l’étrave ou les varangues sont sciées et taillées dans du bois tord pour en suivre le fil, gage de solidité ; on s’amusera de voir le charpentier mesurer la longueur de l’étrave par des écarts du pouce et de l’index, méthode que, plus au sud, les corses appellent le scumessu, au lieu de se servir d’un mètre ; on admirera la contre-masse sur ressort pour marteler seul les rivets, un marteau dans chaque main ; mais surtout on comprendra ce mode de construction où les bordés sont montés avant les membrures, les écartements étant obtenus par des chandelles s’appuyant au plafond assez bas de l’atelier.

Finalement on aura compris que le coup de hache doit nécessiter un peu d’entrainement et que le maitre ouvrier n’en est pas à son premier bateau.

Connaissez-vous le SCAMP?

Scamp

“Scamp” est un mot anglais qui peut se traduire par voyou, coquin, mais aussi par petite coquine, ou en tant que verbe par  faire quelque chose de manière superficielle et imprudente. Mais  pour nous, c’est un acronyme  pour Small  Craft Advisor  Magazine Project, qui désigne un bateau qui devait répondre à un cahier des charges particulier élaboré par John Colvin et Craig Wagner, les éditeurs du magazine américain dont le nom pourrait être en français “gazette des petits bateaux”. [ http://smallcraftadvisor.com ]
Ils voulaient un bateau que chacun pourrait construire et qui serait le voilier de croisière  le plus petit possible tout en étant sûr et confortable. Ils demandèrent à John Welsford, architecte néo-zélandais, de s’atteler à la gageüre.
DonaldboatLe résultat est un bateau de 11 pieds 11 pouces, soit 3,63 mètres, de long, qui ressemble au premier abord à une blague, quelque chose comme un bateau de Donald Duck. Pourtant le succès fut immédiat.
Il ne semble pas qu’il se soit construit encore un Scamp en France, mais il y en a quelques uns répertoriés en Grande Bretagne, en Allemagne, deux ou trois en Suisse, un en Italie, et un en Roumanie ou encore au Danemark. Mais en Amérique du Nord, c’est devenu un classique et chaque année voit son lot de nouvelles constructions, d’autant que des stages annuels sont organisés pour tout à la fois construire des Scamp, mais encore expérimenter la navigation à bord d’un tel bateau.
En dehors de sa trogne de bulldog due à sa marotte, on trouve un ballast liquide, une dérive décalée pour libérer le centre de la baignoire, une “véranda” pour se protéger des éléments, un tirant d’eau de 20cm (8 pouces) dérive relevée, pour, je cite en traduisant :” que les marins intrépides puissent explorer des eaux inaccessibles à beaucup d’autres bateaux”( Deborah Bach, http://threesheetsnw.com/blog/2011/10/at-less-than-12-feet-scamp-boat-offers-big-features-in-a-tiny-package/ ).

Le Scamp est un voile-avironimage : Le Scamp est un voile-aviron
Le Scamp est un voile-aviron, gréé au tiers avec 9,3m² de toile, équipé d’une paire de rames et, si on n’est pas puriste, on peut lui adjoindre un petit moteur hors-bord directement sur le tableau arrière. Dans un coque de la taille de celle d’un ZEF, cette gloire charentaise produite à plus de 16 000 exemplaires, on trouve une simili cabine qui est en fait un lieu de stockage étanche, accessible par deux grandes portes protégées par l’auvent qui, lui, procure un « véritable » abri à l’équipage. L’architecte a trouvé le moyen en décalant la dérive de ménager, sur la sole plate, assez d’espace pour un dormeur, et on peut, en rejoignant les deux bancs latéraux par la solution de continuité de son choix, s’offrir la possibilité d’un lit double de huit pieds de long pour 3 fois 24 pouces de large, soit selon nos normes métriques, 2,40m sur 1,80m, assez grand, si on ne s’aime plus, pour bouder chacun dans son coin.
Quant à la voile, c’est notre bonne vieille voile au tiers bômée, dont les performances surprendront toujours ceux qui ne la connaisse que mal, et qui offre l’inestimable avantage d’un mat court sans haubans.

Le protoype du Scamp fut terminé en novembre et ses 11 pieds 11 pouces furent lancés à l’eau pour la première fois le 11/11/2010 (ils n’ont pas voulu attendre 2011), à Port-Townsend, sur la côte nord ouest des USA (pas très loin de Seattle) et essayé par  Howard Rice, marin aventureux qui s’était rendu célébre en pagayant autour du Cap Horn sur un petit canot. Howard Rice est arrivé à Port Townsend juste après Noël et essaya le bateau lors d’une tempête de neige, avec 30 noeuds de vent, traversant la baie jusqu’à l’ile de Marrowstone, et revint l’après midi suivant. Son commentaire se résuma ainsi : “Il est stable, il y a de la place et il navigue comme un rêve”. Le même Howard est, en 2016, en train de préparer un Scamp pour aller tutoyer de nouveau le Cap Horn, mais en attendant il a animé chaque année le Scamp Camp, durant lesquels lui et les participants ont testé divers moyens de remonter à bord, car le franc bord assez élevé du petit croiseur rend difficile le rétablissement à la force des bras. Après avoir essayé l’étrier, pas trop mal mais pas toujours à la portée d’un grand-père mal entrainé, l’usage de la ligne de vie latérale sur laquelle on met les deux pieds permettant une poussée maximale pour se hisser au niveau du problème, a été plébiscitée par les participants au Scamp Camp 2014.

Voici une photo assez bien illustrative.

image : remonter à bord à l'aide de ses deux pieds

remonter à bord du SCAMPavec ses deux pieds

À Voile Aviron dans les Pertuis, comme nous avons toujours le soucis d’être en mesure de remonter à bord, même si nous évitons le chavirage la plupart du temps, nous allons tenter de reproduire l’expérience sur nos bateaux, car s’aider de ses deux jambes semble une bonne idée, mais pour on ne sait quelle raison impérieuse, le test a été programmé à une période estivale.

Danilus