Des bateaux

A propos de bateaux de voile-aviron

Chiffres nautisme

Texte Danilus

Images : copies d'écrans depuis www.ecologie.gouv.fr

 

Scruter des statistiques peut sembler une activité frivole, n’empêche que c’est parfois utile pour avoir quelques idées pas trop biaisées par nos lectures, même avouables.

Savez-vous quels sont les bateaux de plaisance qui se vendent le plus en France métropolitaine pour les eaux maritimes? Bien sûr : des bateaux à moteurs ! Des gros ou des petits ? Et bien là c’est plus difficile, car les revues nautiques nous abreuvent de carènes de plus en plus grosses et de plus en plus chères, mais au 31/08/2020, il y avait 587 524 unités de moins de cinq mètres immatriculées pour 18 944 unités de plus de douze mètres, soit trente fois plus. Ces chiffres proviennent du site officiel du gouvernement français (liens en bas de page).

Screenshot 2020 11 29 la plaisance en quelques chiffres statistiques plaisance 2020v2 pdf

Évidemment, on parle de stock, tous les bateaux quelle que soit leur date de production. Il y a même des épaves qui n’ont jamais été déclarées détruites, et les quelques coques qui dorment sous la poussière dans des granges. Mais le monde change. Voici les enregistrements de cette année 2019/2020 :

>> Cliquez sur les images pour les ouvrir en plus lisibles

Screenshot 2020 11 29 la plaisance en quelques chiffres statistiques plaisance 2020v2 pdf 1

Le plus gros marché est toujours pour les moteurs, mais la progression relative des grandes tailles par rapport aux sans-grades est flagrante. Entre les moins de 5 mètres et les plus de douze, l’écart n’est plus que de un à six au lieu de un à trente.

Les curieux pourront se demander quel peut bien être le mode de propulsion qui ne soit ni moteur ni voile pour 817 « autres ». La réponse « avirons » me paraîtrait surprenante pour des bateaux enregistrés, mais sait-on jamais ?

 

Bateaux2020par paysconstructeursParmi ces nouvelles immatriculations, intéressons-nous aux bateaux de la catégorie C qui concerne nos voilavirons les plus courants. En gros il y a neuf bateaux à moteurs pour un voilier, ce qui correspond à la constatation que j’ai faite en comptant les embarcations au mouillage vers chez moi : cinq voiliers pour cinquante bateaux.

Si on s’en tient raisonnablement aux éoliens, on note que la part belle est faite aux producteurs français (281), mais que la provenance du Royaume-Uni n’est pas négligeable (169). Alors que la France est le premier producteur mondial de voiliers, les anglais nous fournissent l’équivalent de 60 % des ventes de productions françaises.

 

On en restera là de ces constatations déprimantes, et on renverra le lecteur curieux à l’intégralité des tableaux statistiques sur le site gouvernemental avec les chiffres pour les dom-tom et les eaux intérieures : https://www.ecologie.gouv.fr/sites/default/files/Statistiques%20plaisance%202020v2.pdf

 

Screenshot 2020 11 29 la plaisance en quelques chiffres statistiques plaisance 2020v2 pdf 4

 

 

 

le GiorMax

Texte Danilus

Illustrations prises chez les Diecipedi

 

Giormax, un petit bateau d'avant l'Optimist.

HydravionL'histoire raconte que dans une belle villa de Quarto dei Mille, non loin de Gênes, habitait une dame dont était amoureux un jeune pilote qui venait faire le mariolle avec son hydravion. On ne sait pas trop comment ça s'est terminé, toujours est-il que deux gamins, Max et Giorgio, ont trouvé un des flotteurs sur la plage de Priaruggia en 1928.
On ne sait pas non plus quel enfant ou parent a transformé ce flotteur en dériveur, mais l'engin a offert des qualités inespérées, et le premier GiorMax, du nom des deux gamins, a été copié et fabriqué avec des matériaux de récupération, et les régates de jeunes marins ont essaimé dans les villages alentours.
Quand on apprend que le flotteur faisait entre 45 à 50cm de large, on comprend que parmi ceux qui s'y sont essayé enfants, plusieurs soient devenus des champions au niveau international.
Il n'y a pas de plan officiel du Giormax, ça se fabriquait comme on pouvait avec ce qu'il y avait, une plaque d'immatriculation d'autobus pouvant servir de matériau pour la dérive par exemple.
Néanmoins plusieurs dessins ont été publiés.
Dans le revue Yatching de 1946:

Giormax1946

Dans un livre de Mario Corsico "Guida pratica per la costruzione di barche", on trouve un modèle de 3 mètres de long pour 80cm de large, pouvant supporter des adultes :

Giormax plan1946

Il existe en Italie un groupe d'amateurs de petits bateaux qui s'amusent avec des embarcations de diecipedi, c'est à dire dix pieds, soit 3 mètres de long, justement. Alors l'un d'eux a reconstruit un Giormax, en simplifiant la voilure, une seule voile sur un mat sans haubans au lieu d'un grément de cotre avec haubans et foc, et en optimisant le plan de dérive.
Quand il a sorti l'engin, les rires ont fusé, comparant la coque à un tampon-buvard notamment. Mais au près, les autres régatiers n'ont vu que le tableau arrière, et au portant, seul un catamaran a pu rejoindre le Giormax.
Sur la photo de profil, la bouteille permet de mesurer la hauteur de la coque, et la photo de face souligne l'étroitesse (80cm) de la boite.

Giormax1Giormax2

Les plans sont disponibles pour 24€ en italien chez http://bcademco.it/piani.html#1 et en anglais aussi chez Bcademco et DuckWorks. Mais si on est vraiment radin, c'est tellement simple, comme dit l'auteur, qu'on peut les dessiner soi-même.

D'ailleurs je m'y suis frotté, dans l'idée de le couper en deux pour que ça loge dans le coffre de ma voiture, un fois le dossier de la banquette rabattu. Presque tous les plans proposés de bateau pliable souffrent d'une largeur de coque supérieure à celle de l'ouverture des coffres de nos véhicules européens, même de genre Scenic. Pas le Giormax, et possiblement l'intéressant Nesting Expedition Dinghy de Harris qui fait 42 inches, soit 106cm.
Si on coupe le Giormax en deux, et qu'on pose l'arrière sur l'avant, on obtient une boite de 150x80cm avec une hauteur de moins de 70cm. Mesurez votre coffre de voiture pour voir si ça loge.

Si on utilise le plan de 1946 il faut scinder la coque devant le puits de dérive, pour garder la dérive escamotable, mais les deux demi-coques ne seront pas de la même longueur.
Pour le plan modernisé à dérive sabre, l'idée est que la cloison devant le puits de dérive est reportée derrière et doublée, et on scinde la coque entre les deux, ce qui est classique. La plaque élargissant l'assise est amovible et se replie en deux dans le sens de l'axe du bateau. Une fois remise sur la coque reconstituée, et fixée avec les bidules adéquats, elle sert de raidisseur longitudinal. Pour le mât on utilise celui d'une planche à voile en deux parties, éventuellement rallongé par le bas au moyen d'un tube qu'on trouvera aisément dans le matos de la discipline. S'il faut rajouter des haubans, c'est simple, on boulonne des cadènes dans la coque en bois, et on utilise du textile pré-étiré facile à bobiner pour le rangement dans la voiture.

Le projet n'est jamais allé beaucoup au-delà de ces réflexions, mais autant que je me souvienne, j'avais trouvé un système simple et solide pour fixer les plat-bords amovibles sur la coque. Le projet s'était interrompu par l'achat d'un bon kayak gonflable qui logeait dans mon automobile, et la réflexion était devenue alors : comment mettre une voile et une dérive sur l'engin pneumatique où un ne peut pas visser la moindre bricole. Comme il n'y a pas de bonne solution simple pour ça, finalement le Giormax qui loge dans un coffre de voiture va peut-être redevenir d'actualité.

** ** ** ** ** ** ** ** ** ** ** ** ** ** **

Vous trouverez ici les liens utiles : Giormax3

les plans : http://bcademco.it/piani.html#1

l'histoire : http://www.acompagna.org/wit/chisiamo/iniziative/martedi/2008-2009/090623.pdf

des photos de construction : http://www.diecipiedi.it/ns/cant/sophie/sophie.html

 

Demi-pois à l'aviron

Texte : Danilus

Images issues du site de Hannu Vartiala

Le canot de quatre pieds

Ceci n’est pas un scoop !

 

L’information existe de puis 2006 sur le site du créateur du demi-pois (Half Pea) quant à ce petit petit bateau de quatre pieds de long.

"Le plus petit canot du monde qui ressemble à un canot et pas à une boite."

 

Half pea green

 

Pour ceux qui ne sont pas familiers avec les mesures de l’empire britannique, quatre pieds correspondent à 4x30,05cm, soit 1,20m. La moitié de la longueur d’un Pd-racer ou d’un Optimist.

Et ça flotte ?

Oui, voyez cette vidéo : http://hvartial.kapsi.fi/dinghy44/115_1595.AVI

[Si votre ligne internet est lente, ça peut être un peu long à s'ouvrir. Patientez, c'est tout ce qu'il y a à faire.]

 

Auray punt et portugaisHannu Vartiala est un finnois qui a publié en anglais, entre 2003 et 2008, toute une série de plans de bateaux pour l’aviron à construire soi-même dans un minimum de plaques de contre-plaqué. Notamment : une plaque ou une plaque et demie.

 

On trouve ainsi un canot à la mode portugaise ; deux prames de la rivière d’Auray, le petit modèle avec une plaque de contreplaqué, le moins petit modèle nécessitant une plaque et demie ; un sampan vietnamien (une plaque) et le demi-pois qui est en quelque sorte le rejeton ultime de cette recherche de petits canots.

 

« Pour que le canot soit décent, même s'il est petit, faisons-lui suffisamment de largeur pour rendre l'aviron aussi confortable que possible. Ce sera environ 4 pieds. Nous ne voulons pas rendre le bateau plus court que sa largeur. Ce ne serait pas "comme un bateau". Faisons donc sa longueur totale aussi 4 pieds. Un canot carré, pour ainsi dire.

Pour faire un peu d'espace pour les pieds du rameur et pour rendre la partie sous-marine du bateau quelque peu navigable, faisons-lui un fond en V peu profond.

Pour le rendre légèrement plus sûr qu'un seau métallique, rendons-le insubmersible en incorporant un volume de flottabilité sous le siège.

 

Et n'effrayons pas les gens cette fois, construisons-le de manière conventionnelle. Pas de siège longitudinal ou quelque chose comme ça. Et pas l'allure d'une boite. Non, juste une apparence de canot simple et traditionnel, comme la plupart des gens s'attendraient à ce à quoi un canot ressemble.» (traduction Danilus)

 

Finalement, Hannu Vartiala est agréablement surpris du comportement de son demi-pois, sur lequel il pose des avirons « décents» ["Et par avirons décents je veux dire avirons décents. Pas ces horribles jouets pour enfant en plastique ou aluminium de 1,50m"]. 2,40m de bon bois avec 10cm de chevauchement au niveau des poignées.

 

Demi pois hannu vartiala 1Voici encore une vidéo tangante et roulante à plaisir :

http://hvartial.kapsi.fi/dinghy44/115_1598.AVI

 

 

 

Annexe demi poisLe créateur a pris la précaution d’avertir de surtout, surtout, surtout ne pas commencer en construction de bateau par celui-là, le contreplaqué s’y avérant très difficile à cintrer.

 

Peine perdue, de par le monde des néophytes s’y sont lancé avec d’heureux résultats, comme en fait foi la galerie de témoignages. Ça se construit en un week end, et ça se range dans un placard quand ça ne navigue pas.

 

Plein d'images et les plans sur le site du créateur aux adresses suivantes :

http://hvartial.kapsi.fi/dinghy44/dinghy4.htm

http://hvartial.kapsi.fi/dinghy44/gallery/gallery.htm

 

et la page d'accueil : http://hvartial.kapsi.fi/index.htm

 

***

 

 

 

 

 

Voilaviron trans-océanique

Texte : Danilus et Sven Yrvind (traduit)

 

Lors d'une réunion amicale chez VAP, il est apparu que peu connaissaient Sven Yrvind [le Y suédois se prononce come le U français]. Il n'est donc pas inutile de parler ici de son nouveau bateau EXLEX, dont le nom vient du latin et signifie "hors la loi". C'est en effet un bateau voile et aviron, godille plus exactement, qui est conçu pour les grandes traversées océaniques, et ne correspond pas aux règles quasiment auto-définies par les grands constructeurs de bateaux européens (dixit Yrvind) il est donc hors du label CE.

Hunnebo yrvind just

Ce bateau qu'il a construit mesure 5,76m de long pour 1,20m de large, 20cm de tirant d'eau et 600kg à vide ; il est mû par deux voiles au tiers de 2m² (un poil plus grand seulement que la voilure d'un Optimist) et une godille inspirée des ro japonaises qu'il a étudié longuement sur place.

Et c'est pour partir de Dingle, un port d'Irlande, et arriver à son antipode, Dunedin en Nouvelle-Zélande. Le bateau est insubmersible et surtout auto-redresseur. Voici la video du test de retournement effectué début janvier 2020/

Voici le commentaire de Sven Yrvind sur les deux parties de la video :

Première partie, le test de retournement.

Petter à l'aide d'une gaffe vérifie que le moment de redressement de Exlex est positif à tous les angles jusqu'à 180 degrés.

Je suis à l'intérieur d'Exlex pendant le test de retournement. L'idée était que ce serait un roulement contrôlé. Cependant, Exlex est exceptionnellement sans stabilité à l'envers, malgré le manque de quille de ballast, mais en raison de l'abondance de ses volumes de flottabilité dans les hauts, il vient de basculer et c'est une bonne chose. Je n'étais pas préparé et en j'avais une main occupée pour tenir mon ruineux téléphone que je n'aurais pas aimer laisser tomber, donc ce n'était pas facile de m'aggripper à quelque chose, mais sur un petit bateau, le retournement est un petit problème. Maintenant, il y a des ceintures de sécurité dans les deux cabines. Je suis en forme et je ne me suis pas blessé.

La deuxième partie de la vidéo montre le bateau en train de naviguer à Hunnebostrand. Il est très stable et facile à conduire. Les deux voiles ont chacune une superficie de 2 mètres carrés, à peu près la même chose qu'un canot Optimist. Exlex est chargé avec 70 kilos d'eau, 4 ancres et des chaînes Maybee 40 - 50 kilos et 4 batteries de 40 ampères ainsi que des  80 kilos de  mon ami Thomas Grahn. Les ancres de Thomas Grahn resteront à terre. 130 litres d'eau de plus et environ 150 kilos de nourriture seront ajoutés et peut-être 50 à 100 kilos d'autres choses, y compris un mât de plus et 2 mètres carrés de surface de voile en plus. Pendant le passage de Dingle Ireland à Madère, je ne transporterai que 70 litres d'eau. Ça testera la vitesse et le comportement du bateau. À Madère, je vais le charger pour 200 jours et 13400 miles jusqu'à Dunedin NZ. Il sera au début surchargé mais la première partie du voyage est dans les alizés relativement légers de la partie orientale de l'Atlantique Nord. Déjà en atteignant l'équateur et les vents du Sud-Est, il sera plus léger et en passant au sud de l'Afrique, il aura perdu la moitié de sa charge et j'espère que moi et lui, nous aurons atteint notre forme optimale.[traduction Danilus]

Dans sa première version, Exlex avait déjà effectué une navigation jusqu'à Madère. Les modifications apportées depuis permettent un retournement beaucoup plus efficace (et brutal) que dans sa première configuration dotée d'un pont plus plat. C'est flagrant en visionnant les deux vidéos relatives aux retournements, avec l'ancien puis le nouvel aménagement de la partie haute.

Le départ est prévu pour avril 2020.

Sven YrvindLe marin vient d'avoir 80 ans, mais il n'en est pas à son coup d'essai. Dyslexique, il passa pour idiot avant d'exceller en mathématique, mais il fut classé au service militaire parmi les psychopathes et mis à l'isolement en prison où il se trouva fort bien en sa seule compagnie. C'est là qu'il décida d'être le capitaine de son propre bateau, ce qui lui permit de passer de ce statut d'asocial à celui de héros national après ses traversées sur des micros voiliers, comme son Bris, exposé dans un musée.

Mais à 20 ou 80 ans, comment diantre! peut-on vivre dans des boites pareilles? C'est simple, dans Exlex, Yrvind comme d'abitude boira de l'eau et mangera froid un seul repas par jour composé de sardines en boite et de muessli mis sous vide à la maison.

note danilusienne : si un fabricant de sardines à l'huile lit cette page, qu'il se dépêche de fournir à Sven les 400 boites nécessaires pour le voyage.

Mais finalement :"Je peux avoir un soupir de soulagement quand je vois la terre disparaître sous l'horizon parce que je suis plus en sécurité dans mon petit bateau sur la mer profonde, bleue, humide, sans fin, éternelle et immuable que dans le Royaume de Suède."

Les informations de première main sont trouvables sur le site de Sven Yrvind, en anglais (quelques pages sont disponibles en suédois pour ceux qui préfèrent).

Cliquez ici >https://www.yrvind.com/

De nombreuses vidéos sont disponibles sur la toile mondiale.

Sur Youtube vous trouverez la chaine de Sven ici >  https://www.youtube.com/channel/UCptM0nqGDJLz14oP6ROdKRw

***

Lire la suite

"Foils" et gréement au tiers

Texte  : Danilus

Photos et vidéo issues du site de Michael Storer

 

Attention! Ça décoiffe!

Michael Storer, l'architecte du bien connu Goat Island Skiff, s'intéresse tout à la fois aux performances des voiles au tiers (bômée) et aux foils, des Moths aux IMOCA. Il lance un mouvement de mise en commun des innovations en matière de foils sur des caisses à savon, propulsées par des voiles au tiers. Comme il l'écrit, si ça marche avec ce bateau, ça marchera sur tous.

La recherche actuelle ne porte pas sur des foils permettant de s'élever au dessus de l'eau, mais des foils qui diminuent la gite, évitant de recourir à des rappels durs aux abdominaux où à des planches en porte à faux.

Pour comprendre la problématique, regardez cette video d'un OZ Goose, cette boite à sandalettes plates (grande pointure) munie d'une voile.

Ozgoose rappel 1 Cette OZ goose était auparavant affublée de barres de rappel. Les foils ont rendu leur usage inutile, car au fur et à mesure que la vitesse augmente, le foil sous le vent agit comme une aile et le barreur peut rentrer tranquillement dans le bateau au lieu de se pencher désespéremment en dehors. C'est contre intuitif mais ça marche. Le foil n'agit pas comme un flotteur de trimaran qui empêche la coque de s'enfoncer, mais il se crée un courant porteur sous le foil qui soulève le bateau et qui augmente avec la vitesse.

A titre de comparaison vous pouvez regarder cette video du même bateau sans foil : https://www.youtube.com/watch?v=v71RTIrDtfs

et les premiers essais avec foils : https://www.youtube.com/watch?v=UnPz9hd0dws

La force ascensionnelle de l'aile aquatique augmente avec la vitesse, aussi voit-on, comme sur la video du Q17 en test sur le lac de Garde,  les équipages commencer la navigation en position de rappel puis se recentrer à l'intérieur du bateau au lieu de se pencher de plus en plus et de plus en plus loin pour résister à la force de chavirage. Avec un foil de stabilité c'est même l'inverse qu'il faut craindre : faute de recentrer le poids dans le bateau on risque le chavirage à l'envers, la poussée de l'aile s'ajoutant au poids de l'équipage au rappel, et c'est la culbute. Renversant non?

Michael Storer, très au fait des recherches, propose un modèle ultra simple de foils stabilisateurs, à construire avec du bois, de la fibre de verre et de l'epoxy, pour pas cher, remarquant que les progrès décisifs dans les Moths à foils furent faits avec de tels matériaux et que la fibre de carbone et autres sophistications ruineuses ne sont venues que plus tard.

Duck a foilsLe bateau qui sert pour l'expérimentation est dans la lignée des 8 pieds OZ-racer, eux mêmes dérivés des Puddle Duck Racer. Les OZ Racer, très toilés, sont généralement équipés de voiles au tiers bômées, offrant  de très bonnes performances pour un cout modéré ; le foiler n'échappe pas à la règle du moindre prix, une boite, une dérive et un safran tout à la fois simples et très étudiés, une voile au tiers puissante, et des foils horizontaux aussi naturellement faits de contre-plaqué, renforcé de fibre de verre et d'époxy, techniques bien connues des constructeurs amateurs de voilavirons.

Dans un article très récent, Michael Storer indique comment construire un Duck à foil afin de partager des infos en partant d'une base commune rudimentaire. Les premiers essais paraissent conclants, ce qui laisse augurer des progrès décisifs quant on appliquera les résultats pour améliorer la stabilité des canots ordinaires et pourquoi pas tout particulièrement les canoés à voile, qui présentent l'avantage d'être légers, de pouvoir se fixer sur une galerie de toit de voiture ( évitant la remorque quelquefois difficile à garer), manipulables aisément par une personne seule, et suffisamment polyvalents pour pouvoir naviguer sur des plans d'eau divers dans des conditions météos variées.

note surdanilusienne : en réponse à une question quant à l'adaptation des foils sur un canoé genre Viola, Michael Storer répond : "Ceci est une approche judicieuse pour les navires minces comme le Viola - un seul foil latéral horizontal pour augmenter le moment de redressement. Mais je n'en sais pas assez pour l'instant pour implémenter une solution . Ce serait un coup dans le noir [traduction littérale :-) ].

 

Osez "naviguer autrement" et suivez cette aventure : https://www.storerboatplans.com/faq-info-about-materials-and-methods/build-hydrofoil-stabilised-dinghy-shared-specification/

***

L'accon des pertuis

Texte : Robert Sarraud

 

Robert Sarraud fut marin et ostréiculteur à Nieul-sur-mer. Il fut aussi poète. Dans son recueil Grisailles d'Aunis, datant probablement de 1938 ( selon une dédicace sur l'exemplaire en notre possession), il nous parle de l'accon dont il attribue la paternité à un irlandais mythique qui aurait fait naufrage au XIIIe siècle dans la baie de l'Aiguillon, notablement plus étendue alors qu'aujourd'hui.

Accon0001

photo : origine inconnue

Accon d'Aunis

Lire la suite

Пикофолькбот

http://toyboatcustom.ru/services/picofolkboat-420Texte Danilus

Photos tirées du site de Picofolkboat

Petit bateau populaire

 

A Saint-Petersbourg, il y a la mer et des bateaux. Même des petits qui nous intéressent : les Пикофолькбот.
N'ayez pas peur avec ces lettres, dans le cas présent c'est de l'anglais écrit avec du cyrillique : Picofolkboat. C'est le nom d'une entreprise qui propose des plans de petits croiseurs cotiers  et des kits en contreplaqué prédécoupé.
Naviguer sur le Web va bientôt nécessiter d'apprendre le russe tant le contenu dans cette idiome augmente, mais en attendant on peut se dépanner avec la traduction Google qui, curieusement, ne se débrouille pas mal avec cette langue. Donc en vous rendant sur le site de l'entreprise, dont vous trouverez l'adresse en bas de l'article, vous pourrez en lançant la traduction automatique sur votre ordinateur, comprendre grosso-modo de quoi il est question. Voyez déja dans le menu, Фото  ça veut dire photo, et Видео c'est video et vous l'auriez deviné Каталог mène au catalogue.

Folkboat 16

Folkboat16Sur la page du "projet", il est proposé plusieurs bateaux. Le plus grand est le Folkboat 16, qui mesure donc 4.80m de long, pour 1.80m de large. Le franc-bord est à 0.70m au milieu de la coque, Le tirant d'eau est de 0.25m dérive sabre relevée contre 0.95m baissée. la hauteur dans la cabine est de 0.95m, le poids lège 195kg, pour une voilure de 9.60m² qu'équilibre un ballast de 100kg.
La cabine est sensée pouvoir accueillir deux adultes et un enfant. Probablement en se serrant un peu beaucoup. Le bateau est dans nos normes de voilaviron et la randonnée cotière doit très aisément s'avérer envisageable.

Prix du kit : 60 000 roubles soit environ 815€ (frais envoi et de douane non documentés sur le site)

 

Mini-Cruiser

MinicroiseurMalgré sa taille plus réduite, le mini croiseur est annoncé comme stable du fait de son fond et sa quille longue qui représentent 30% du poids de la coque. L'originalité est justement dans cette fausse-quille de 36mm d'épaisseur qui courre sur toute la longueur de bateau, libérant la cabine et le cokpit de toute dérive encombrante.

La longueur est réduite à 4m pour une largeur de 1.50m, un creux intérieur de 0.50m, le tirant d'eau atteint 0.4m avec ce type de plan anti-dérive, la cabine offre cependant une hauteur sous barreau de 0.9m, le poids lège n'est que de 150kg animé par une voile de 7m².

 

Picofolkbot 360


Cabinefb360"Design classique et dimensions minimales pour la navigation confortable d'un petit équipage de deux personnes." On se contente de citer.

3,6 m de long ; Largeur 1.6 m ; Hauteur du milieu du navire 0,6 m ; Tirant d'eau 0.2 / 0.9 m ; Hauteur dans lacabine 0,9 m ; Poids  150 kgLest 60 kg pour une surface de voilure 7,2 m2.

 
 

Toyboat

 

Toyboat270nilsLà ça devient vraiment rigolo comme petit bateau, pour reprendre un concept utilisé en son temps sur Nauticaltrek.com : 2.70m de longueur, avec une cabine!
A noter que le bateau est doté d'une norme de classe ; 10pieds maxi, donc la même que le diecipedi italien.
Le bateau ayant été construit, des vidéos sont disponibles sur Youtube. Cherchez Видео sur le site russe.

toyboat 270

Longueur 2,7 m, 1,4 m de large ; Hauteur moyenne 0,5 m ; Tirant d'eau 0.15 / 0.8 m ; Hauteur dans la cabine de 0,85 m ; Poids 60 kg ; Surface de voilure 5,5 m.
 
On suppose que les jambes du dormeur doivent se caser sous le coffre du cokpit. Sans les plans, on ne voit pas bien où peuvent être les volumes de flottabilité.
 
Toyboat240
 
Le toyboat 240 fait encore plus court, mais toujours doté d'une cabine.
Avec son petit bec et son oeil rond, il fait penser à un poussin. Mais il navigue!
Voyez les vidéos.
 
 
 
 
 
 
 
Sur la page des photos, le picofolkboat est présenté en plusieurs longueurs, dont un modèle en 420cm et plusieurs exemplaires du 360.
***
 

Lire la suite

Nordfjordbåt, un film documentaire

NordfjordbatimageQuelques uns de nos voilavirons sont directement issus de la tradition nordique, nous pensons naturellement au Skerry de John C. Harris à la popularité grandissante en France, nous pensons à la Yole de Ness, à certains plans de Iain Oughtred comme son Elfin, au Youkou-Lili de François Vivier, et même dans une certaine mesure au fameux Doryplume de Luc Casær au plan édité en son temps par le Chasse-Marée.

La charpenterie de marine de notre tradition celto-latine commence par des membrures fixées sur la quille, les vikings et leurs descendants font l’inverse, ils montent les bordés avant les renforts intérieurs, comme à leur imitation on le fait aujourd’hui avec certains kits en contre-plaqué à coudre et coller à l’époxy.

 

Voici un très instructif film sur la construction d’un bateau nordique de dimensions de nos canots voile-aviron. Diffusé par la bibliothèque nationale norvégienne, la Nasjonalbibliotetek à Oslo, ce document datant de 1976 montre l’intégralité des phases de construction traditionnelle.

Le commentaire parlé est en norvégien - mais il semble difficile de leur en faire reproche- ce qui peut le rendre éventuellement un peu opaque à quelques-uns d’entre nous, cependant les images sont tellement explicites qu’on aurait presque l’impression de comprendre la langue.

Le petit chantier naval est équipé des machines de l’époque, scie à ruban, raboteuse, perceuse électrique, ce qui n’empêche pas le charpentier de se servir d’une hache et d'un couteau pour faire les biseaux des pièces de quille ou d’étrave, et d'utiliser un vilebrequin ou une manivelle, plutôt que sa perceuse pour certaines tâches.

On verra comment l’étrave ou les varangues sont sciées et taillées dans du bois tord pour en suivre le fil, gage de solidité ; on s’amusera de voir le charpentier mesurer la longueur de l’étrave par des écarts du pouce et de l’index, méthode que, plus au sud, les corses appellent le scumessu, au lieu de se servir d’un mètre ; on admirera la contre-masse sur ressort pour marteler seul les rivets, un marteau dans chaque main ; mais surtout on comprendra ce mode de construction où les bordés sont montés avant les membrures, les écartements étant obtenus par des chandelles s’appuyant au plafond assez bas de l’atelier.

Finalement on aura compris que le coup de hache doit nécessiter un peu d’entrainement et que le maitre ouvrier n’en est pas à son premier bateau.