Billets de yvus

Trois cales en aval de Rochefort

Texte : Peter Peetz et Yves Grosset-Grange. 

 

Ces cales peuvent servir de point de départ/arrivée pour une virée vers les endroits « plageables » à basse mer des îles d’Aix et d’Oléron.  Prenez la précaution de vous informer sur les courants pour ne pas vous retrouver piégés.
On peut aussi les utiliser pour remonter la Charente au flot et revenir au jusant.

ATTENTION : le courant de jusant dans le fleuve dure encore près d’1 h après la basse mer.  Ce décalage est variable selon le débit d’eau douce dans le fleuve (plus long après les périodes de fortes pluies).  C’est pourquoi, lorsqu’on revient dans le fleuve, en venant de l’île d’Aix par exemple, mieux vaut attendre 1 ou 2 heures près de l’île avant d’embouquer l’estuaire.

Informations valables fin juin 2020


SOUBISE

Soubise cales et pontons

En contrebas du village et de son église romane massive, le « port » de Soubise se résume à 2 cales, 2 pontons flottants et 1 appontement fixe, des sanitaires et une capitainerie

La cale amont, tournée vers l’Est, est ouverte à tous, gratuite et utilisable environ 4h avant et après la PM (variable selon coefficient de marée et état d’envasement).  Elle sert aux engins de levage du port à sec ; c’est pourquoi il faut l’occuper brièvement et donc préparer son canot hors de la cale (sur l’esplanade à gauche de la capitainerie).  Elle est généralement bien dévasée jusque bas dans le fleuve. Il faut utiliser de préférence (en semaine) la partie droite (sud) de la cale pour laisser la partie gauche au chantier à sec.
sauf un bourrelet de vase en bas à droite gênant au dessous de mi-marée

La cale aval est interdite à la plaisance, car réservée au bac piétons Rochefort-Soubise qui traverse la Charente à cet endroit.

L’appontement entre les 2 cales est prolongé par un ponton flottant auquel on peut amarrer son canot pendant les manœuvres de voiture et remorque.
Il y a un ponton flottant d’escale en amont des cales.
Le courant est modéré au niveau des pontons, et faible devant les cales.

On peut garer voiture et remorque derrière la capitainerie (entre elle et le fleuve)
Restaurant à proximité immédiate (vue sur le fleuve) et d’autre(s?) en haut dans le village.


SAINT NAZAIRE SUR CHARENTE

St nazaire fontaine lupin cale

Juste en amont de la Fontaine Lupin, (une tour carrée en pierres dans la Charente, à faible distance de la rive gauche) il y a une cale payante et parfois cadenassée.  En fait il y a rarement quelqu’un de la mairie présent pour percevoir le péage.
Elle est plus ou moins bien dévasée selon les jours, et le courant devant est modéré.
Il n’y a pas de ponton d’attente (celui qui est relié à la Fontaine Lupin est réservée au catamaran à moteur de tourisme) et le parking est loin.

Il y a un restaurant juste en aval   (son parking n’est pas disponible pour les non-consommateurs)


PORT DES BARQUES (mais en limite de St Nazaire)

Port des barques amont cale ponton et parking

Située à 300 m en aval de la Fontaine Lupin, une cale très large est autorisée aux plaisanciers, mais utilisée par les professionnels, auxquels il faut laisser la priorité, d’autant plus que leurs manœuvres produisent souvent un « beau » clapot.  

Elle est payante.  Elle est utilisable jusqu’à basse mer sauf en gros coefficients.  Le bout de la cale est marqué par une balise verte.

Il y a un ponton tout près, mais à éviter car il y a un très fort courant.  Mieux vaut se contenter de la cale, d’autant plus qu’il y a un creux avec des ferrailles entre cale et ponton si bien qu’on ne peut pas conduire son canot « à pied » de l’un à l’autre (ou alors on lance un bout à un comparse).  
La partie du ponton la plus proche de la cale (donc perpendiculaire au courant) peut être éventuellement utilisée en marée descendante (cas fréquent lors de nos mises à l’eau) lorsque le courant éloigne le canot du ponton.  En revanche au flot le courant va pousser le canot contre le ponton et le clapot va le faire tosser.

Bref, pour utiliser cette cale mieux vaut ne pas être en solo.

Il y a un grand parking de l’autre côté de la route qui passe devant cette cale.

 

                        

Aller échouer dans les bouchots

Texte: Jean-Paul V. et Yves G.G.

Photos : VAP


En ce début du mois de juillet 2020 toutes les conditions étaient réunies pour une navigation en aval de Charron avec un pique-nique dans les bouchots à l'Ouest de la baie de l’Aiguillon. C’est à l’initiative d’Yves, déjà familier des lieux, que se sont retrouvés les neuf participants à cette journée de navigation, pour naviguer sur 3 canots.
Nous sommes le 6 juillet 2020 au Corps de Garde de Charron.  BM à 12h25, coef 85. Vents annoncés de secteur NE à NO.


Deux heures et demie avant la basse-mer l’embarquement sur les canots de la flottille Vapiste « Beau Merle », « Chico Mendès » et « Keep Cool » est réalisé rapidement à partir de la large cale bien entretenue de ce petit port. Il ne faut pas traîner car la marée descendante peut réserver quelques mauvaises surprises (gare aux berges vaseuses).
Les trois esquifs se laissent porter avec le courant du jusant en jouant à cache-cache au gré des boucles de fleuve. Du haut des berges quelques oiseaux migrateurs de la réserve voisine nous toisent sans crainte.
Le vent nord/nord-est facilite notre descente de la Sèvre niortaise jusqu’au port du Pavé où la vigilance du barreur est de mise pour esquiver les nombreux Chalands conchylicoles et autres navires agrippés à leur corps mort.
Nous poursuivons notre route en nous alignant sur les bouées d’atterrissage (rouge et blanche) afin de bien profiter du courant du fleuve où peu à peu l’horizon s’élargit en approchant de la sortie de la baie de l’Aiguillon.
Après la Pointe de l’Aiguillon nous tournons à droite et après environ une heure et demie de navigation nous sommes tout près des bouchots qui se dressent sur tribord.

1 arrivee dans les bouchots
« Chico Mendes » prend alors la tête de la flottille pour sonder les fonds vaseux à proximité d’une forêt immobile de pieux sur lesquels croit la prochaine récolte des moules.

Il est midi, c’est presque la basse mer et l’heure de de se restaurer. Après s’être regroupés, nos trois canots jettent l’ancre au milieu de ce paysage si particulier à travers lequel on aperçoit les rives sableuses de la pointe de l’Aiguillon.

2 pique nique a

 

Passé la pause, et pour donner le temps à la marée de monter suffisamment haut sur la cale du Corps de Garde, nous levons l’ancre pour une petite incursion dans le pertuis breton (cap au SO). Après un long bord en direction de l’île de ré, le signal du retour est donné.
Il est 14h30 et nous pouvons désormais profiter du flot pour revenir à notre point de départ. Nous sommes encore groupés et nous pouvons apprécier les qualités marines de « Keep Cool » (Yole de Ness) qui avance à bonne allure avec ses cinq passagers.

Keep cool

 

Néanmoins, il ne peut rivaliser avec les départs au planning de « Beau Merle » (Kanoteko+) qui achève la navigation loin devant.

Beau merle 1


Le retour à bord de « Chico Mendès » (skellig 1) est également très agréable grâce à la petite brise bien établie sur notre travers bâbord. Très vite nous retrouvons la première bouée d’atterrissage (que nous dépassons à près de 7/8 nœuds avec l’apport du courant).

Chico mendes

Nous sommes maintenant suffisamment haut pour voir au loin les digues qui entourent la vaste baie de l’Aiguillon
Puis à nouveau port du Pavé en direction de Charron avant de retrouver les boucles de la Sèvre niortaise dont le paysage s’est métamorphosé avec le flot
En remontant vers l’amont, le vent se fait plus discret. Passé le dernier méandre, il faut anticiper notre arrivée pour ne pas manquer la cale. L’expérience et la connaissance des lieux est ici précieuse pour accoster sans se faire emporter plus loin que prévu avec le courant.
Au final, une très belle journée de navigation dans un paysage sauvage et enchanteur se modifiant sous l’effet de la marée.
                                                                                                                                         Jean-Paul Vaille et Yves Grosset-Grange

Compléments pratiques :
    • La cale est payante (5 €/ jour)
    • Les indications générales pour naviguer à partir de cette cale ont fait l’objet de pages du blog sous le titre  « Naviguer au départ de Charron ». http://www.naviguerautrement.org/blog/naviguer/naviguer-dans-les-pertuis-charentais.html

Aménagements sur Skellig1

Quelques améliorations sur Chico Mendes, un Skellig 1

J'ai effectué plusieurs modifications pour mieux vivre et naviguer sur Chico Mendes.

Banc coffre

Un banc-coffre dans le cockpit : Il permet d'abord de ranger ce dont on a besoin souvent (ciré, gourde, crème solaire, carte, biscuits…) pour l'avoir sous la main.  Il permet aussi de s’asseoir plus près de l’axe du bateau ; ce qui est très utile pour ne pas « contre-giter » dans les vents très faibles et les allures portantes.

Renvoi ecoutes de foc

Voici mon dispositif pour le renvoi au barreur des écoutes de foc. Réglages et virements de bord sont facilités pour les navigations en solitaire :
J'ai fixé à l'arrière du puits de dérive une pièce de bois percée de 2 filières, et un taquet coinceur facilement largable

La suppression des taquets fixés au mat : Après 2 ruptures de mat, au niveau des trous de passage des boulons de fixation des taquets et pontets,  j’ai racheté un tube alu neuf,avec la ferme intention de ne pas le percer dans la partie basse. Les drisses et autres bouts qui tirent verticalement passent maintenant dans des poulies fixées au pont, puis sont renvoyés vers des taquets fixés eux aussi au pont, ou dans le cockpit.

Renvois drisses
Sur cette photo on voit le côté tribord, avec la drisse de GV dans la grande poulie noire, et dans la petite poulie inox la balancine (de la GV, qui est bômée) .
De l’autre côté (à bâbord) il y a un dispositif analogue, pour le palan d’amure de GV et pour la drisse de foc.

Couchette démontable : Elle est en 4 éléments en CP de 5 mm, renforcés en dessous par des longerons (petits tasseaux).  Ils s’appuient simplement sur le banc-coffre et sur 2 traverses amovibles en red cedar (très léger et imputrescible).  La largeur disponible entre les bancs dans le cockpit ne permet qu’une place. Pour utiliser aussi la surface des bancs -et obtenir 2 places- il aurait fallu donner à la couchette la même "tonture" que celle des bancs (ils ne sont pas plans), ce qui aurait rendu difficele le rangement de ces éléments.

Couchette demontable

Une fois séparés ces 4 éléments plans se rangent 2 par 2 de chaque côté du puits de dérive. (photo c-dessous)

Couchette demontee et rangee
      NB : c'est tout neuf. je ne l’ai pas encore utilisée en bivouac ! 

J’ai adopté la bôme de GV pour mieux déployer la voile au portant,et j’y ai fixé un dispositif de prise de ris rapide (voir ici)

J’ai installé un système de blocage de barre pour naviguer barre amarrée pendant des réglages à l’avant ou pendant le pique-nique, pour mettre en panne, etc.

Et j’ai installé des planchers plats dans les coffres pour que les rangements -et surtout les recherches- soient plus faciles.

Je n’ai pas encore trouvé comment assécher les fonds entre coque et cockpit car ils sont difficilement accessibles.  Si quelqu’un a un bon dispositif je suis preneur !

À bientôt en mer !

 

Enseignements d'un chavirage

 

Le dimanche 24 juin 2012 nous étions 3 à bord de Blues, canot à voile au tiers (la photo ci-dessous n'a pas été prise ce jour là, mais notez déja l'importance du vrillage de la voile au portant, on en reparlera).

Nous étions sortis de l'Anse de l'Aiguillon avec le jusant pour nous rendre à La Rochelle.

J2s blues entre ds le lay

Le vent de S-O de force 4 nous obligeait à louvoyer. Ce vent et la mer qu’il levait étaient maniables pour mon canot ; nous gagnions au vent normalement. Après quelque temps, sentant que le vent et la mer forcissaient, j'ai craint l'apparition de déferlantes avant d'être arrivé à l'abri de l'Ile de Ré, et j'ai décidé de rentrer nous mettre à l'abri dans l'Anse de l'Aiguillon.

Cette route retour nous mettait vent arrière, allure risquée (roulis et risque d’empannage). J’ai donc voulu tirer des bords de grand largue. Mais il fallait aussi éviter de virer vent arrière. J’avais donc décidé de faire mes virements vent devant.

C’est pendant ce retour vers la baie que j'ai chaviré, en sortie d'un virement vent-devant destiné à me faire passer à grand largue bâbord-amure. L’originalité (si je puis dire) de ce chavirage est qu’il s’est produit au vent, vers bâbord donc. J’ai mis longtemps à en trouver l’explication.

Mes 2 équipiers avaient souvent navigué avec moi et souvent tenu la barre de mon canot en diverses occasions. Au moment de l'accident et pendant le virement de bord qui précédait c’est moi qui tenais la barre.

Le virement vent devant s'était très bien passé. Arrivé bâbord-amure en sortie de virement le canot s'est mis à gîter à tribord, comme il est normal à cette allure, et l'équipage s'est spontanément porté à bâbord, constituant une contre-gite appropriée.

J'ai alors largué l'écoute en grand, en poursuivant la rotation vers tribord pour passer au grand largue, toujours bâbord amure. Nous avions alors peu de vitesse. C'est lorsque j'ai remis de la tension dans l'écoute que j'ai senti le canot se pencher rapidement vers bâbord, au vent, jusqu'à embarquer beaucoup d'eau puis chavirer.

Ce qui s’est passé ensuite a confirmé les enseignements « habituels » de tout chavirage : il faut avoir tout attaché à bord, naviguer brassières capelées, disposer de moyens atteignables de se signaler, etc. Je ne vais pas m’y attarder : les manuels de navigation sont pleins de ces recommandations… (que j’avais en partie négligées !)

Mais j’en tire 3 autres enseignements plus rarement énoncés.

Le premier est relatif à l’étrangeté de ce chavirage au vent, qu’il faut pouvoir expliquer pour savoir éviter ensuite ce qui l’a provoqué.

Certes, il y avait la position bâbord de l'équipage, qui n'avait pas encore vraiment réagi au changement d'équilibre qui se produit quand on passe de vent de travers à grand largue. Cela a favorisé l'accident mais n'aurait normalement pas suffi. Peut-être y a-t-il eu aussi une vague oblique par rapport aux autres. Mais tout cela n'explique pas pour moi la rapidité du mouvement de chavirage ; il y avait donc eu autre chose et j'ai mis longtemps à comprendre.

J’ai trouvé une seule explication à ce chavirage « original » brutal : le vent a poussé le haut de la voile vers bâbord, ce haut de voile étant passé probablement en avant du mat (voir schéma). C’est un phénomène que j'avais déjà constaté en d'autres occasions, mais pas aussi fort. Ce 24 juin, il est probable que j'ai fait l'erreur de trop larguer l'écoute au cours de cette abattée volontaire, puis de la retenir brutalement, ce qui a accentué le vrillage de la voile, et le passage du haut de voile en avant du travers du canot. C’est ce qui à dû provoquer une force inhabituellement forte vers bâbord en haut de gréement. (flèche en haut du schéma ci-dessous)

Forces chavirage

Donc, au grand largue avec une voile au tiers, il est prudent d’éviter que le haut de voile dépasse trop le travers et pousse au vent.

Une fois dans l'eau, nous essayions de redresser le canot en nous agrippant aux quilles d’échouage, car la dérive était rentrée dans son puits, nous privant de son bras de levier.

Notre prise semblait insuffisante puisque nous n’arrivions pas à redresser. Équiper son canot de meilleures prises semble de bon sens. Mais il y avait autre chose qui nous empêchait de redresser le canot, ce que nous n’avons remarqué et compris qu’après notre sauvetage : c’est que le mouillage avait dégringolé au chavirage et avait croché le fond, l'autre extrémité du bout étant attachée au pied du mat. C’est la tension de la ligne de mouillage qui s’opposait à nos efforts de redressement. L’équipage du gonflable rigide qui est venu redresser et remorquer le canot a donc dû couper cette ligne de mouillage.

Mon second enseignement est donc que la ligne de mouillage ne doit pas pouvoir se dérouler sans action volontaire. Pour ce faire, sa glène est donc désormais bloquée par un petit bout (largable facilement, pour les cas où il faut mouiller d’urgence)

Mon 3ème enseignement relève de la psychologie.

L’un de mes équipiers devait prendre un train tôt le lendemain 25 juin à La Rochelle. Je m’étais donc mis une pression mentale pour atteindre ce port ce jour là, le 24.

Je ne crois pas que j’en ai été perturbé au point de ne pas être lucide sur l’état de la mer et du vent. En revanche, je pense que le fait d’avoir dû y renoncer me préoccupait au point d’affaiblir ma concentration, et mon attention aux forces qui s’exerçaient.

J’avais déjà remarqué que l’acuité de mes perceptions et la précision de mes actions sont amoindries par des préoccupations comme les contraintes de temps ou les équipiers bavards. Il y a celles qu’on ne peut pas éviter (comme les contraintes de marées). Alors autant ne pas s’en ajouter.

Telle est ma 3ème conclusion : Pour être totalement « dans » ce qu’on fait, il faut éviter de se donner des soucis (de rendez-vous par exemple) quand on navigue ! Et pour ne pas être perturbés par l’obligation de passer aux plans B, il faut avoir prévenu « les autres », et intégré en soi, que le rendez-vous (s’il y en a un) est pris « sous réserve ».

Puisque je suis toujours là pour le raconter, et puisque mes équipiers apprécient encore de naviguer avec moi malgré le temps que nous avons passé dans l’eau, je suppose que j’ai bien géré ce qui relevait de moi depuis le chavirage jusqu’à l’opération de sauvetage qui s’en est suivie. Je ne vais pas redire ici la profonde reconnaissance que j’ai exprimée à tous ceux qui y ont participé. Qu’ils sachent simplement que je n’oublie pas.


 

Comment bien nouer les garcettes de ris

Texte : Yves G.G

Photos : VAP

 

L’important c’est de ne pas coincer la toile en serrant les garcettes, sinon on va se retrouver avec des plis à la fois moches, néfastes pour la circulation du vent le long de la voile, voire même dangereux pour la toile.

Chaque garcette doit donc devenir, une fois nouée, un anneau lâche dans lequel la toile peut bouger d’avant en arrière et réciproquement.  Une photo vaut mieux qu’un long discours :

Garcettes bien nouees

Comme on le voit sur la photo, la garcette ne serre pas la toile.  C’est ainsi que la voile trouvera toute seule sa bonne disposition.

Quand au bon nœud, c’est le nœud plat (et surtout pas le nœud de vache) pour qu’il soit facile à dé-souquer sans qu’il risque de se défaire seul.
Pour le souquer il faut d’abord le faire sans forcer, puis le souquer non pas par les 2 brins libres, mais par les 2 brins qui entourent la bande de toile. Ainsi on ne risquera pas de la serrer.

Ferline transfilée à la place des garcettes du premier ris.Si on veut utiliser le dispositif de tranfilage décrit sur cette page : http://www.naviguerautrement.org/blog/les-voiles/prise-de-ris-sur-voile-au-tiers.html , on peut conserver les garcettes pour les oeillets avant de la voile (ceux qui sont facilement accessibles depuis le cockpit quand on largue l’écoute le temps de prendre les ris). Ainsi, en limitant l’usage de la ferline aux oeillets de la moitié arrière, on n’a besoin que d’une moindre longueur de ferline tout en s’épargnant le risque de devoir se pencher hors du cockpit pour le ferlage.

 

***

 

 

De La Rochelle à l'ile d'Aix

Texte :Y.G-G

Images de base : copies d'écran

 

Les meilleures conditions pour entreprendre un aller et retour LR-Aix-LR

 

 

Si les vents sont favorables le trajet se fait en 3 heures maximum, voire 2 heures dans des conditions de courant très favorables de forts coefficients.

Mais si on doit louvoyer ...

 

Courants entre lr et aix

À l’aller, de La Rochelle vers l’Île d’Aix, c’est le courant de flot (SE) qui sera favorable, et le jusant (NO) sera dans le bon sens au retour vers La Rochelle. Ça tombe bien puisque c’est uniquement à marée haute qu’on peut profiter de l’Anse du Saillant,côté Est (*) pour « plager », ou du port pour se mettre à quai. D’autres parties de l’île sont à découvrir à basse mer.

(*) n’entrer dans cette anse que si la hauteur d’eau est d’au moins 5m, et dérive en partie relevée !

 

Voyons d’abord cette option « pleine mer à l’Île d’Aix »

 

Pour un aller et retour dans la journée, il faut choisir des horaires de PM pas trop tardives pour avoir le temps de faire le retour avant la nuit.

Il est donc essentiel de pouvoir prévoir la durée du retour en fonction du vent et du jusant.

La direction du jusant a une sérieuse composante Ouest, qu’il faut compenser en donnant une composante Est à son cap. Autrement dit les vents de N à ENE sont peu favorables : ils obligeront à louvoyer ce qui va allonger beaucoup la durée du retour. En revanche les vents de NO ne sont pas un problème, direction fréquente en régime de brises thermiques.

Qui dit PM dans la journée dit coefficient moyen à faible, donc « l’assistance » par les courants sera faible, et la hauteur de la PM pourra être insuffisante pour atteindre le haut sableux -et relativement sûr- de l'anse.

Les mois avec longues durées du jour donnent plus de liberté pour choisir des horaires un peu tardifs, donc avec coefficient plus forts, puisque la nuit viendra très tard.

Autre précaution à prendre : évaluer la durée pendant laquelle le bateau restera flottant avant que le niveau de l’eau ne baisse trop. Les courbes de hauteur d’eau sont données pour Aix sur http://maree.info/128

 

Attention : les informations sur les conditions d’échouage et plageage données dans cet article ne sont valables que pour les petits canots à dérive relevable ; type canots « voiles-avirons ». Plus gros, s’abstenir !

 

L’option nuit sur l’île permet en revanche de profiter de PM du matin et du soir, donc de courants plus forts. Cela entraîne que le bateau sera échoué la nuit (BM). Il faut alors être sûr de la qualité des fonds. Ceux du port sont douteux (pierres). Ceux de la bande sableuse du haut de l’Anse du Saillant sont bons, sauf quelques obstacles dispersés. Il faut donc sonder autour du bateau avant de le laisser toucher le fond. Par faible coefficient on n’aura pas assez d’eau pour atteindre cette zone sableuse haute et on risque de heurter des dispositifs d’ostréiculture (insuffisamment balisés).

L’Anse est bien protégée de la houle. Le ressac n’est donc jamais fort sauf si un "bon p'tit vent" d’E se lève en fin de nuit. Plager en tenant compte du risque de ressac impose d’échouer nez au large, et de porter le mouillage au large quand l’eau a suffisamment baissé (voir notre rubrique http://www.naviguerautrement.org/blog/do/tag/echouage/

Ne pas échouer tout en haut de la PM du soir, car celle du lendemain matin est souvent 20 à 30 cm plus basse. Ce serait bête de rester coincé...

En repartant le matin on a environ 5 heures pour le retour, ce qui permet d’accepter de louvoyer, d’autant plus que le courant favorable sera plus fort avec ces coefficients.

 

Option « basse mer à l’Île d’Aix »

 

C’est à basse mer qu’on peut plager dans l’Anse de la Croix (au pied des phares) ou dans l’Anse de Tridoux (un peu plus au nord). L’approche de l’Anse de la Croix ne présente pas de problèmes. Celle de Tridoux doit se faire quand l’eau a suffisamment baissé pour que le banc de roches qui l’abrite par le sud soit visible. On peut le longer d’assez près car sa bordure nord est accore. Avant qu’il soit visible il est repérable par la perche qu’il porte.

A ce bas niveau d’eau la houle est un peu amortie sur les bancs de roches. Éviter quand même les jours de houle forte et/ou longue (voir prévisions de houle sur https://marine.meteoconsult.fr/meteo-marine/marine-cotiere/france/previsions-meteo-zone-des-sables-d-olonne-a-oleron-6312-5.php ).

Prendre les précautions de plageage déjà indiquées.

(Si on voit que ça « l’fera pas » à cause du ressac, poursuivre vers le mouillage de la rade du port de l’île.)

3 anses aix

 

Cette fois, c’est à dire avec basse mer en milieu de journée, les courants seront défavorables dans les 2 sens. Pour le retour la difficulté sera renforcée par brises thermiques de l’après midi (d’ONO en général) : avec le courant allant au SE, ça devient dur !

Il faut donc s’assurer d’un vent favorable … et se préparer à faire demi-tour et se réfugier au mouillage de l’Île d’Aix, ou dans la Charente, si le retour commence mal : Fouras, Port des Barques, Soubise, Rochefort. Ces ports ou cales ne sont atteignables que bien au-dessus de mi-marée. Se renseigner avant sur leurs conditions d’accès et de stationnement.

 

Petit « détail »

 

La route LR-Aix passe sur la partie ouest d’une grande zone de filières à moules (au large de Chatelaillon et Yves). Elle est bien balisée.

En général on passe à l’Ouest, mais la longer par l’Est est possible aussi.