avirons

Forcole : le tollet de Venise

La forcole, petite fourche, (forcola, au pluriel forcole, francisé en forcole, forcoles) est le type de tollet utilisé dans les nages à la vénitienne. Une expérimentation vieille de plusieurs siècles a donné les formes de ce type d’instrument très élaborées. Chaque courbe, angle, inclinaison a une fonction précise dans l'économie de l'aviron.

Dans la conduite des bateaux vénitiens, l'aviron est normalement soutenu par le mors, mais on peut manœuvrer le bateau en faisant varier l'action de l'aviron en déplaçant son point d'appui sur la forcole qui présente plusieurs creux pour caler la rame.
La conception de la forcole dépend de l’utilisation, de formes et de profils précis, qui varient en fonction du type de bateau et de la position d’aviron auxquels ils sont destinés, notamment poupe (la principale) ou proue. On trouvera par exemple dans le catalogue de Saverio PASTOR, toute une variation de courbures adaptées aux diverses embarcations de la lagune de Venise: 
https://www.forcole.com/it-catalogo.html
La forcole de la gondole Forcol de gondole vénitienneest l’une des plus complexes et des plus complètes: il existe en fait huit positions d’aviron pour cette embarcation qui fait dix mètres de long et qu'un seul rameur doit insinuer dans les étroits canaux de la ville.

L'image ci-contre (source wikipédia) montre une forcole de face et de profil.

Le matériau utilisé pour la construction des forcoles est surtout le bois de noyer, mais on utilise aussi le poirier et le cerisier. Ces essences préférées des remèri (artisans constructeurs de forcoles et de rames) doivent répondre à des caractéristiques de dureté et d'élasticité considérables. 

Le noyer est le matériau de prédilection de la tradition en tant que matériau précieux et fonctionnel car il use peu la rame et résiste bien grace à son imprégnation d'huile.

Les forcoles doivent être fabriquées à partir d'un seul morceau de bois (de plus en plus rare et précieux dans le cas de grandes forcoles de gondoles), mais on peut également obtenir des résultats acceptables en collant des planches au grain adéquat.

 

Les autres barques, moins célèbres que la gondole, sont traditionnellement adaptées à la rame dans la lagune, pour aller vite sur de longues distances. En général  plusieurs rameurs, debout, contribuent à l'avancemant du bateau, souvent étroit et très bas sur l'eau, ce qui demande une coordination de tous les instants. Mais s'il n'y a qu'un seul rameur, celui-ci se positionne à l'arrière de l'embarcation et doit assurer tout à la fois l'avancement et le cap de l'esquif avec son seul aviron qui n'est pas lié au tollet mais simplement posé dans une des encoches.

S ciopon regata storica 1992

Une variante intéressante est la voga alla valesana, où le rameur dispose de deux avirons qu'il croise et pousse dans le sens de la marche. Les deux forcoles sont décalées d'une bonne dizaine de centimètres, celle de babord plus avancée vers la proue que celle de tribord, afin que les avirons ne se cognent pas. La main droite tient la rame babord et la gauche la rame tribord. Le rameur se tient debout , un peu comme un escrimeur,  la jambe droite en avant, la gauche s'appuyant sur un pan légèrement incliné (merci pour le tendon d'Achille!) et tout le corps participe à la poussée. En compétition, la tendance actuelle est d'abaisser et d'avancer la tête de la forcole, mais dans un usage plus utilitaire le rameur tient une position plus relevée et confortable, comme dans l'image d'un s-ciopon sur le Grand Canal ci-dessus. Les forcoles des barques de pêche peuvent être plus simples que celles sculptées par des maitre-artisans ; parfois il ne s'agit que de simples planches dans lesquelles on a découpé le mors. Bien que les barques actuelles soient surtout mues par un moteur hors-bord, elles possèdent presque toutes des supports pour les dames de nage locales.

tollets Chioggia<< Sur cette photo prise en septembre 2018 à Chioggia, on distingue nettement les dames de nage simples et le décalage babord/tribord, bien visible en suivant la ligne du capot. On devine sur babord vers la proue une fente pour accueillir une forcole pour un second rameur, chacun n'utilisant alors qu'un seul aviron. Les forcoles semblent basses, mais c'est que le franc bord est plus haut que dans les élégants sàndoli et autres puparini.

Ce type de canot, qui mesure environ six mètres de long, est très commun dans la lagune, c'est la camionette du coin, et si la voile a généralement disparu, les avirons sont toujours là, malgré la prééminence du moteur.

 

 

 

sources: 

https://it.wikipedia.org/wiki/Forcola_(voga_veneta)
https://www.forcole.com/it-costruzione.html
http://www.ilforcolaiomatto.it
http://www.veniceboats.com/it-flotta-barche-sandoli.htm

Ramer face à la marche

 

Voir où l’on va quand on nage en tirant sur les bois n’est pas une chose très aisée.

Rien n’est plus ridicule que de se tortiller pour deviner du coin de l’oeil les obstacles qui se dressent devant le bateau quand on rame en s’efforçant de voir par dessus sa propre épaule. De plus c’est douloureux quand on s’avère enclin à l’arthrose cervicale.

Certes on peut utiliser un rétroviseur ou, histoire de faire moderne, équiper son voilaviron d’une caméra de recul que les embruns auront tôt fait de rendre inutilisable. Sinon il reste à adopter les solutions de nage debout comme on la pratique en Adriatique ou sur certains endroits du Mékong, ou se résoudre à se doter d’appareillage inversant le mouvement des avirons.

 

Oar board sup fit on top rower forward facing rowing mirror buy now fun fitness rowing outdoor recreation 2 1000x1000 120x120 1On peut rire de l’idée du rétroviseur, mais il se trouve qu’elle fonctionne assez bien. Nous l’avons vu réalisée sur quelques canots ; à défaut de s’avérer la solution parfaite, elle a le mérite d’être aisément opérationnelle pour un coût assez modique.
Si on ne veut pas se contenter de récupérer un rétroviseur pour caravane de peur de dévaloriser le beau vernis de son tableau arrière, on peut faire venir le modèle de l’illustration pour un peu plus de 200 dollars US.

Les moyens mécaniques

Il y a plus radical : grâce aux vertus d’un inverseur de mouvement, on peut transformer le tirage en poussage, et donc ramer normalement en regardant devant. Nos amis de Escumayres Talasta ont fait venir le modèle de chez Gig Harbor Boat Works, qui n’est qu’une adaptation en matériau moderne d’un système datant de la belle époque du canotage, fin XIXe. Recopions leurs conclusions :

« Le système est particulièrement adapté à une navigation de découverte ou dans des zones de navigation encombrées. Il est également très agréable pour les personnes souffrant de douleurs cervicales car il évite de tourner la tête pour surveiller sa route.[comme quoi il n’y a pas que moi!]

Le modèle essayé souffre de quelques défauts :

- Surdimensionné et donc trop lourd.

- Pour un voile-aviron en configuration voile, le rabattement des pelles et manches vers l'arrière peut gêner la barreur. »

De nombreuses autres vidéos sont disponibles sur Youtube de ce système GHBW, dont on voit bien qu’il est satisfaisant sur un canot uniquement mu aux avirons, mais qu’il deviendrait gênant en configuration voile, sans compter que coupées en deux, les rames ne peuvent servir en nage classique, et sont évidemment inappropriées en usage godille.

D’autres modèles ont existé mais ne semblent pas avoir perduré dans le commerce. Voici pour la bonne bouche en vidéo une séquence nostalgie des années trente du XXe siècle sur l’invention qui se proposait de révolutionner le canotage. À vue de nez le mouvement est transformé par un engrenage simple (deux roues crantées suffisent) et les avirons se rangent plus aisément qu’avec le système GHBW. Mais là encore, ça doit peser son poids d’acier, qu’il faudra compenser par une réserve de flottabilité de huit fois son volume.

 

Plutôt que de transformer le mouvement en son contraire, on peut fixer le bout du manche au centre du bateau et tirer vers soi en tenant les rames entre la poignée et la pelle en regardant droit devant, dans le sens de la marche du bateau. Le problème à résoudre c’est la sortie de la pelle de l’eau : sans un système d’assistance c’est épuisant et peu efficace.

Un modèle très élaboré est commercialisé aux USA sous le nom de « Front Rower », et offre l’avantage de rajouter la force des jambes. De nombreuses vidéos sont disponibles, ne serait-ce que sur Youtube, mais là encore on ne voit pas d’adaptation sur un voilier. Il est vrai que l’appareillage est volumineux.

Pourtant on se dit que le mât du bateau pourrait servir de point fixe pour des avirons demeurant compatibles avec des dames de nages, il suffirait de trouver un système simple pour aider la sortie de la pelle de l’eau. Une vidéo d’un bricoleur offre une piste intéressante, l’aide au relevage est assurée par un ressort ou du caoutchouc, comme une chambre à air de vélo ou un assortiment de sandows.

La nage debout

Si on tient à s’en tenir à la simplicité absolue, alors on optera pour la nage debout, comme dans la lagune de Venise ou quelques rivages du Vietnam. Pour Venise, il s’agit de la « voga alla valesana », pratiquée dans la lagune pour parcourir de longues distances assez rapidement . Les bateaux sont assez étroits et à fond plat pour diminuer au maximum le tirant d’eau. Le rameur se tient à l’arrière de son canot, et utilise une paire de rames qu’il croise, ce qui permet d’avoir un plus grand levier donc plus de force. Les dames de nages, appelons les « forcoles » de leur nom local, sont de belles sculptures à la Boccionni, fabriquées par des artisans spécialisés dans ce genre de travail. Mais on trouve des bateaux qui se contentent de simples planches munie d’une engougeüre, fermement fixées aux parois. Les deux forcoles sont décalées d’une dizaine de centimètres avant de faciliter le mouvement de nage. Voici une vidéo qui montre mieux qu’un discours le geste auguste du rameur.

Au Vietnam, on pratique de manière similaire, mais la forcole de bois sculpté est remplacée par un simple erseau sur un piquet fixé sur l’intérieur du bordé. On aura de la peine à faire plus low-tech. On notera que la hauteur du point d’appui de l’aviron est un peu au dessus du genoux de la rameuse, debout comme à Venise, et que la technique des rames croisées est similaire.

Nagevietnam

Tout le secret est dans la hauteur de la dame de nage ou ce qui en tient lieu.

Sur nos voilavirons on peut s’équiper d’un jeu de dames hautes qui peuvent avoir une emplanture dédiée à coté des dames ou tollets classiques, il faut juste veiller à la solidité du lieu d’effort sur la coque. Un canot traditionnel du lac d’Iseo, dans les Alpes Italiennes, montre un renfort simple aisément transposable.

Argegno 4

Finalement, des techniques traditionnelles peuvent servir à nos petites navigations sur nos voilavirons modernes, garantissant la polyvalence de nos embarcations et de nos rames qui, sans modifications, peuvent mouvoir nos canots de manière variée quand la voile doit être affalée.

Pour preuve certains pêcheurs siciliens qui ne s’éloignant que d’un ou deux milles seulement de la côte, rament alternativement debout dans le sens de la marche ou assis en rétrovision, en utilisant les mêmes avirons au manche épaissi pour un minimum d’effort de relevage de la pelle, sur des barques de la taille d’un de nos voilavirons.

Du nouveau dans le voile-aviron : Lite XP

Le voilaviron ne se limite pas à des bateaux néo-rétro, mais il est assez rare de voir des nouveautés. Une entreprise française de Pontcharra, pas très loin de Chambéry, vient de présenter au Grand Pavois 2017 un nouveau voilier propulsable sérieusement à l'aviron le Lite XP². Petit 2 car le premier du nom est un trimaran voile-aviron mené par le patron de l'entreprise lors de la R2AK 2016, la course sans moteur et sans assistance, 1400km le long de la côte Pacifique du Canada, de Port-Townsend vers l'Alaska. Froid devant!

Litexp voile aviron moderne

Certes, ce Lite XP² atteint 6 mètres de long et joue dans la même cour que le Lili 610 de Montaubin ou le Faering Cruiser de John C. Harris, mais il ne pèse que 150kg tout mâté et voilé de ses 10m² de toile coupée par North Sail (sans bôme mais dotée de lattes comme les catamarans de sport) et équipé de son chariot de nage comme sur les pures yoles d'aviron. On peut lui adjoindre un genacker de 12m² pour le petit temps (voir la video ci-dessous par un petit force 4).

Le mat et les rames sont en carbone, la coque est en composite moulé sous vide, le pont est auto videur et forme un espace abritable par une tente pour le bivouac qui épaule une cabine où deux personnes qui s'adorent peuvent passer la nuit, 

Le tarif n'est pas léger léger, mais demeure dans la logique pour un bateau de 6 mètres.

On notera l'astucieux système de roues amovibles pour le sortir de l'eau sans la remorque, et l'intrigante fermeture éclair qui remplace semble-t-il les garcettes de ris.

Comme je n'ai pas eu le loisir de traverser La Rochelle pour aller au Grand Pavois, je ne connais ce bateau que par la magie d'Internet, aussi je vous renvoie sur le site du constructeur sans faire plus avant de paraphrase de ce qui y est écrit, et sur les videos publiées sur Youtube.

Juste pour le plaisir en voici une prise sous nos fenêtres.

Défi rochelais de la godille 2016

Sur le quai en attendant Godille

 

Ce défi rochelais de godille 2016 fut une grande édition. Vingt compétiteurs étaient présents dans le vieux port de La Rochelle. C’est dans le « U » du ponton visiteurs que Voiles-Avirons dans les Pertuis avait installé Ty Gouez et Zigoteau, les deux canots de godille appartenant à nos adhérents Christian et Thierry.

Les traditionnelles godillettes étaient aussi au défi rochelais de godille 2016. Ainsi donc les passants et autres marins ont pu s’initier à l’art de la godille avant d’assister à la compétition elle-même.

Basée sur deux « runs » d’environ 100 mètres avec virement d’une bouée, la compétition de sélection pour le championnat du monde de godille s’annonçait bien, par un temps lumineux mais sans soleil. Les premiers à ouvrir la compétition furent deux marins d’expérience déjà habitués à se mesurer sur l’eau avec leur gros bateaux respectifs, Coppelia pour Patrice et Emjo pour Alain. Les deux hommes, deux beaux gabarits des pertuis prêts à en découdre, se sont affrontés dans un duel fratricide d’où Alain sortit vainqueur face à un Patrice régulier comme une horloge sous les bravos de la foule.

Course de godilleDans les duels notables, on retiendra celui de Philippe M, le grand vainqueur contre Thierry D. Nous avons particulièrement remarqué le combat inter-île (à ne pas confondre avec la compagnie de transport ! ), entre Jean-Yves et Daniel. Le premier ambassadeur de l’Ile d’Oléron et le second de l’île de Ré. Unis par leur insularité, les deux hommes n’ont pas mesuré leurs efforts pour faire briller leur Île . On remarquera au passage que le vainqueur Aixois de l’an dernier a déclaré forfait pour cette édition, laissant la belle Ile d’Aix sans chevalier godilleur malgré notre invitation. De ce combat d’iliens c’est Jean-Yves qui l’a emporté.

Un duel inattendu opposa ensuite deux ex-participants au championnat du monde de godille de Groix. Cécile chez les femmes et Gabriel chez les enfants. Un beau parcours pour les deux qui n’ont pas laissé un instant de calme au public venu nombreux. L’un et l’autre signant ce jour des temps de parcours proches des meilleurs du défi rochelais de godille 2016.

Vient ensuite un combat entre Patrick et Philippe A. Le premier ayant par la suite jouéles commentateurs pour l’équipe de France 3, venue en amie pour faire quelques images pour l’édition du soir.

La rélève à la godillePuis, c’est la voix cassée d’avoir commenté les « Runs », que le Président de l’association, par ailleurs avant dernier des premières manches, se trouva face à son fils Gabriel . Fermement décidé à ne pas laisser le « drôle » prendre le dessus, Pierre comptait sur son expérience et son endurance pour montrer qu’il était toujours le plus fort de la famille. C’est humilié mais fier de la relève, qu’il regagna le micro pour encourager les autres champions.

A l’issue de cet après-midi de compétition amicale, une remise des prix est venue récompenser les meilleurs qui sont donc sélectionnés pour le championnat du monde de godille qui aura lieu à Groix.

Voici les résultats :

Philippe M (qualifié)
Patrick
Alain
Cécile (qualifiée)
….
Gabriel (qualifié)

Connaissez-vous le SCAMP?

Scamp

“Scamp” est un mot anglais qui peut se traduire par voyou, coquin, mais aussi par petite coquine, ou en tant que verbe par  faire quelque chose de manière superficielle et imprudente. Mais  pour nous, c’est un acronyme  pour Small  Craft Advisor  Magazine Project, qui désigne un bateau qui devait répondre à un cahier des charges particulier élaboré par John Colvin et Craig Wagner, les éditeurs du magazine américain dont le nom pourrait être en français “gazette des petits bateaux”. [ http://smallcraftadvisor.com ]
Ils voulaient un bateau que chacun pourrait construire et qui serait le voilier de croisière  le plus petit possible tout en étant sûr et confortable. Ils demandèrent à John Welsford, architecte néo-zélandais, de s’atteler à la gageüre.
DonaldboatLe résultat est un bateau de 11 pieds 11 pouces, soit 3,63 mètres, de long, qui ressemble au premier abord à une blague, quelque chose comme un bateau de Donald Duck. Pourtant le succès fut immédiat.
Il ne semble pas qu’il se soit construit encore un Scamp en France, mais il y en a quelques uns répertoriés en Grande Bretagne, en Allemagne, deux ou trois en Suisse, un en Italie, et un en Roumanie ou encore au Danemark. Mais en Amérique du Nord, c’est devenu un classique et chaque année voit son lot de nouvelles constructions, d’autant que des stages annuels sont organisés pour tout à la fois construire des Scamp, mais encore expérimenter la navigation à bord d’un tel bateau.
En dehors de sa trogne de bulldog due à sa marotte, on trouve un ballast liquide, une dérive décalée pour libérer le centre de la baignoire, une “véranda” pour se protéger des éléments, un tirant d’eau de 20cm (8 pouces) dérive relevée, pour, je cite en traduisant :” que les marins intrépides puissent explorer des eaux inaccessibles à beaucup d’autres bateaux”( Deborah Bach, http://threesheetsnw.com/blog/2011/10/at-less-than-12-feet-scamp-boat-offers-big-features-in-a-tiny-package/ ).

Le Scamp est un voile-avironimage : Le Scamp est un voile-aviron
Le Scamp est un voile-aviron, gréé au tiers avec 9,3m² de toile, équipé d’une paire de rames et, si on n’est pas puriste, on peut lui adjoindre un petit moteur hors-bord directement sur le tableau arrière. Dans un coque de la taille de celle d’un ZEF, cette gloire charentaise produite à plus de 16 000 exemplaires, on trouve une simili cabine qui est en fait un lieu de stockage étanche, accessible par deux grandes portes protégées par l’auvent qui, lui, procure un « véritable » abri à l’équipage. L’architecte a trouvé le moyen en décalant la dérive de ménager, sur la sole plate, assez d’espace pour un dormeur, et on peut, en rejoignant les deux bancs latéraux par la solution de continuité de son choix, s’offrir la possibilité d’un lit double de huit pieds de long pour 3 fois 24 pouces de large, soit selon nos normes métriques, 2,40m sur 1,80m, assez grand, si on ne s’aime plus, pour bouder chacun dans son coin.
Quant à la voile, c’est notre bonne vieille voile au tiers bômée, dont les performances surprendront toujours ceux qui ne la connaisse que mal, et qui offre l’inestimable avantage d’un mat court sans haubans.

Le protoype du Scamp fut terminé en novembre et ses 11 pieds 11 pouces furent lancés à l’eau pour la première fois le 11/11/2010 (ils n’ont pas voulu attendre 2011), à Port-Townsend, sur la côte nord ouest des USA (pas très loin de Seattle) et essayé par  Howard Rice, marin aventureux qui s’était rendu célébre en pagayant autour du Cap Horn sur un petit canot. Howard Rice est arrivé à Port Townsend juste après Noël et essaya le bateau lors d’une tempête de neige, avec 30 noeuds de vent, traversant la baie jusqu’à l’ile de Marrowstone, et revint l’après midi suivant. Son commentaire se résuma ainsi : “Il est stable, il y a de la place et il navigue comme un rêve”. Le même Howard est, en 2016, en train de préparer un Scamp pour aller tutoyer de nouveau le Cap Horn, mais en attendant il a animé chaque année le Scamp Camp, durant lesquels lui et les participants ont testé divers moyens de remonter à bord, car le franc bord assez élevé du petit croiseur rend difficile le rétablissement à la force des bras. Après avoir essayé l’étrier, pas trop mal mais pas toujours à la portée d’un grand-père mal entrainé, l’usage de la ligne de vie latérale sur laquelle on met les deux pieds permettant une poussée maximale pour se hisser au niveau du problème, a été plébiscitée par les participants au Scamp Camp 2014.

Voici une photo assez bien illustrative.

image : remonter à bord à l'aide de ses deux pieds

remonter à bord du SCAMPavec ses deux pieds

À Voile Aviron dans les Pertuis, comme nous avons toujours le soucis d’être en mesure de remonter à bord, même si nous évitons le chavirage la plupart du temps, nous allons tenter de reproduire l’expérience sur nos bateaux, car s’aider de ses deux jambes semble une bonne idée, mais pour on ne sait quelle raison impérieuse, le test a été programmé à une période estivale.

Danilus