flottabilité

Equipement obligatoire 2 à 6 milles

Texte : Danilus et Journal Officiel

 

Amis de VAP et périphériques, votre petit bateau qui va à plus de 2 milles d'un abri en mer ne comporte probablement pas les équipements obligatoires depuis mai 2019 !

La nouvelle "division 240" publiée au JO en mai 2019 a sensiblement modifié les catégories de navigation et redéfini les engins nautiques, donnant leur existence légale aux planches à padoler ou tractées par des cerf-volants.

Nos voilavirons paraissaient à l'abri d'un traquenard, depuis le temps qu'ils existent.
Et bien non.

Certes vous pouvez ne plus avoir de miroir pour faire des signaux solaires, vous pouvez désormais utilisez vos inutiles pinoches en bois pour faire du feu, mais il vous faut un extincteur, même si vous êtes à moins de 2 milles d'un abri.

 Un ou plusieurs extincteurs portatifs d’incendie. Le type
d’extincteur portatif d’incendie, son
emplacement et sa signalisation sont définis par le manuel du propriétaire ou, à défaut, par l’annexe 240-A3 de la présente division.

 

Bon, un extincteur ce n'est pas bien gros et si en plus des avirons et de la voile, on s'encombre d'un moteur à essence, l'incendie n'est pas impossible.

Une ligne de mouillage n'est pas obligatoire si votre bateau pèse moins de 250kg, en revanche il vous faut une bouée type fer à cheval ou en forme de donuts, pas facile à caser, dotée de caractéristiques particulières.

Un dispositif de repérage et d’assistance pour personne tombée à l’eau type «bouée fer à cheval» ou«bouée couronne», conforme aux dispositions de l’article 240-2.17.

extrait de l'article 240-2.17 :

"il possède un dispositif lumineux étanche et pouvant résister à une immersion d’une heure dans 1 mètre d’eau, résister au milieu marin, avoir une autonomie d’au moins 6 heures et dont le rayonnementdoit pouvoir être visible sur tout l’horizon jusqu’à une distance de 0,5 mille"

 

Et en plus de la lumineuse bouée, il convient de posséder à bord d'autre matériel éclairant.
Heureusement une lampe étanche pouvant tenir 6 heures est un équipement collectif suffisant.

Un dispositif lumineux.
Celui-ci peut-être
:

collectif. Il est alors constitué d’une lampe torche étanche ayant une autonomie d’au moins 6 heures;

ou individuel. En ce cas:

  • il doit être étanche et avoir une autonomie d’au moins 6 heures;
  • il doit être soit porté soit fixé à l’équipement individuel de flottabilité mis à la disposition de lapersonne embarquée;
  • il peut être de type lampe flash, lampe torche ou cyalume.

 

Retenez bien "cyalume" pour tout à l'heure.

Le reste est plus classique et nos bateaux sont déja normalement équipés de la carte marine (tenue à jour) du lieu de navigation, de l'horaire des marée et autres documents habituels, des fuséees de détresse, etc. Mais l'extincteur et la bouée lumineuse pour personne à la mer, c'est nouveau.

Pour vous aider, voici une sélection dans un catalogue que j'ai sous la main.

  • Baton lumineux cyalume à 10,90€ les trois (3,95€ l'unité). On l'accroche à la bouée fer à cheval et c'est réglementaire.
    De plus si on n'a pas de lampe étanche "collective" on attache un baton à chaque gilet de sauvetage individuel porté par les personnes à bord.
  • Bouée fer à cheval en mousse cellulaire souple (plus facile à caser dans nos canots) pour 28€.
  • Cordage flottant pour attacher la bouée 30m/8mm 12,50€.
  • Extincteur à poudre 19,90€

C'est juste le minimum; bien sûr il y a plus sophistiqué et plus cher, je ne voudrais pas vous priver du plaisir de faire chauffer la carte bancaire.

Vous pouvez télécharger le document officiel relatif aux "RÈGLES DE SÉCURITÉ APPLICABLES À LA NAVIGATION DE PLAISANCE EN MER SUR DES EMBARCATIONS DE LONGUEUR INFÉRIEURE OU ÉGALE À 24M".

Division 240 texte consolide 12 decembre 2014 avec signetsdivision-240-texte-consolide-12-decembre-2014-avec-signets.pdf (314.63 Ko)

C'est un document à étudier soigneusement, on est probablement en faute quelque part. Vérifiez bien que votre voilaviron possède :

Équipement individuel de flottabilité
Un dispositif lumineux
Équipements mobiles de lutte contre l’incendie
Dispositif d’assèchement manuel
Dispositif de remorquage
Ligne de mouillage (si masse lège ≥250 kg)
Annuaire des marées (sauf Méditerranée)
Pavillon national (hors eaux territoriales)
Dispositif de repérage et d’assistance pour personne à la mer de type « bouée fer à cheval » ou « bouée couronne »
Trois feux rouges à main
Compas magnétique
Cartes marines officielles
Règlement international pour prévenir les abordages en mer
Description du système de balisage

***

Voilaviron auto-videur

À la recherche du voilaviron auto-videur.


Nul ne saurait nier qu'un canot auto-videur soit une aide importante en cas de chavirage ou de vague submergeante, mais le mouvement voile-avirons, issu pour une large part de l'engouement pour la sauvegarde du patrimoine maritime, cultive un certain immobilisme qui lui vaut de ne pas profiter des évolutions des carènes qui prévalent dans le reste de la construction nautique.

Pourtant un certain frémissement se note dans l'apparition récente (2017) de deux bateaux qu'on trouvera sur ce site (LiteXp² et RoG 15') et qui apportent leur lots de nouveautés, dont une qui nous intéresse aujourd'hui : le cockpit auto-videur. Mais c'est au prix de coques qui rompent avec les lignes élégantes qui firent les beaux jours du canotage et que d'aucuns ne se résigneraient pas à voir disparaitre. Serions-nous alors condammnés à voir sempiternellement nos canots classiques se remplir comme des baignoires?
Que non! 


 Un plan existe qui répond à cette double exigence de lignes classiques et d'un plancher qui évacue de lui-même les eaux surnuméraires. Il s'agit d'une création de Arch Davis, l'auteur des élégants Penobscot, 14', 17' et maintenant 13'.

Laughing gull Arch DAVIS
C'est un canot dessiné pour son intrépide de fils alors agé de douze ans. Le père voulut que le canot prenne soin de son rejeton et son copain d'aventures, aussi dessina-t-il un bateau non seulement incoulable, mais réellement auto-videur : la "Laughing gull", en français "mouette rieuse".

Arch Davis commente ainsi :"Ils voulaient un bateau qui serait grisant pour naviguer dans une bonne brise; Je voulais un bateau qui pardonnerait l'exubérance des jeunes marins. Dès le début, je savais que la coque devrait être auto-vidante. Avec un grand compartiment de flottaison dans le fond et de grands ouvertures d'évacuation dans le tableau arrière, toute eau qui pourrait monter à bord s'ils forçaient un peu trop fort le canot, serait immédiatement renvoyée à son emplacement d'origine, sans la peine d'écoper. Il lui serait pratiquement impossible de couler et je pouvais être sûr qu'il prendrait soin de son équipage. Les enfants adorent ramer quand le vent tombe (moi aussi); le bateau devrait se déplacer aisément aux avirons ou un petit moteur hors-bord." [traduction Danilus]

Et pour faire bonne mesure il ajoute : "{le canot} devrait également être assez simple pour être construit par un menuisier inexpérimenté et, bien sûr, il devrait avoir belle allure."

Finalement il aboutit à un canot long et relativement étroit, 

Caractéristiques "Laughing gull"
Length over all: 15’ 9” | Longueur hors tout : 4,84m
Beam: 4’ 5" largeur : 1,35m
Draft
board up: 0’ 5”
down : 2’ 9”. 
tirant d'eau
dérive relevée: 12,7cm
descendue : 84cm
Weight: 225 pounds poids : 100 kg
Sail areas.
Gunter rig: 95 sq. ft. 
Cat rig: 83 sq. ft. 
Sprit rig: 82 sq. ft.

surface voiles
cotre : 8,82m²
catboat : 7,71m²
livarde : 7,61m²


Le bateau est construit autour d'un caisson étanche constituant la sole et le plancher du cockpit.

Arch Davis construisant la

 

Photo 2 : Arch Davis construisant le prototype. On distingue aisément les deux vomitoires dans le tableau au ras du plancher étanche.
La dérive est en sabre, mais rien n'empêcherait de choisir un pivotante dans ce type de coque.

(Note conjecturelle : à voir la couleur des cheveux on imagine volontiers que le bateau n'est pas récent de conception)

Laughing gull  par Arch Davis

Photo 3 : Une fois le bateau bien équipé, l'élégance de la découpe du support de banc arrière cache le coté utilitaire de l'espace qui mène droit aux ouvertures dans le tableau.

>> Cliquez sur l'image pour en afficher une plus grande

Lgull3

Photo 4 : Bien que dessinné pour des adolescents, le canot supporte aisément deux adultes.

Sur cet exemplaire les évacuations semblent se  limiter à deux trous ronds dans le tableau

Lgull4 Photo 5 : quelques bancs latéraux seraient appréciés des dos douloureux.

 

Trois types de gréments sont proposés sur la même coque. La voile primitive triangulaire de catboat pourrait facilement s'imaginer enroulable comme sur les bateaux dessinés par Gille Montaubin.

Finalement, une fois admis le principe du fond plat étanche auto-videur, rien n'interdit d'intégrer le concept à des canots plus larges, de réserver des compartiments pour la flotabilité et d'autres pour le stockage à condition de concevoir des couvercles vraiment à l'épreuve des infiltrations, voire quelques uns à usage éventuel de lest liquide. Et de conserver, si on y tient,  l'aspect vieille marine à ces nouveaux voilavirons, comme a su le faire Arch Davis avec sa "Laughing gull".

 

Vous trouverez les plans sur le site (en anglais) de l'architecte : 

https://www.archdavisdesigns.com/davis_laughinggull.html

***

Chavirages volontaires

CHAVIRAGE ET REDRESSEMENT :
ESSAIS LE 8 AOÛT À PORT-NEUF

Dans un chenal bien protégé, sans clapot et avec une température digne du mois d'aout, nous avons fait deux essais de chavirage, surtout pour tester les capacités à remonter à bord à soixante-dix ans, afin de ne pas vivre sur les souvenirs des muscles d'antan.

Bien sûr, un vent sérieux et du clapot conséquent rendraient forcément l'opération globalement plus ardue, mais malgré ses limitations le test inspire confiance.

 

Le point de vue de Sirius (du haut du quai)

Félicitations à nos 2 cobayes, JiBi et Daniel, qui se sont portés volontaires pour mouiller leurs chemises -et bien d’autres choses- pour nous faire prendre conscience des conditions pour se sortir d’un mauvais pas, le chavirage.

Le 8 août 2018 à 15 h, la pleine mer, le vent maniable d’ouest, l’eau calme dans le chenal de Port Neuf, et la température clémente de la mer, réunissaient des conditions favorables à ces tentatives. Trop favorables en fait, puisque cet incident peut se produire dans des conditions de mer (agitée et/ou froide) bien plus éprouvantes.

Kanoteko+, remontée à bord

Premier constat rassurant : nos héros du jour sont parvenus rapidement à redresser leurs canots (Beau Merle, et Takka) en prenant appui sur la dérive (toujours avoir un moyen de sortir la dérive si elle a eu le mauvais goût de rentrer dans son puits!). Même JiBi y est parvenu en quelques minutes alors qu’il avait laissé la voile à poste, donc hissée.

Plus difficile, la remontée à bord. Pour ces 2 canots elle a été un peu « facilitée » (c’est beaucoup dire!) par les dispositifs préparés à l’avance (toujours se préparer à l’avance !) sur lesquels les pieds pouvaient trouver un appui. Elle a surtout été possible lorsque le liston s’est trouvé sous l’eau en raison du poids de la personne qui s’y agrippait (toujours disposer d’un point où s’agripper!). Il suffisait alors de basculer dans le bateau.

Restait à évacuer l’eau qui avait envahi les esquifs. Ce fut « facile », au seau, bien qu’au prix de pas mal d’huile de coude et d’un rythme soutenu, dans la mesure où les importants volumes de flottabilité de ces 2 canots n’ont laissé la place qu’à des volumes d’eau limités à l’intérieur, de sorte que les franc-bords se trouvaient nettement au dessus de la mer (toujours avoir de gros volumes de flottabilité!)

Chacun a donc pu retrouver son autonomie de navigation en 15-20 minutes.

Heureu-semeeeent qu’il faisait beau et qu’les skippers VAPiens avaient de bons canots… (air connu)

 

YGG

 

PS : toujours penser à amarrer tout son matos pour éviter qu’il se carapate !

 

Les points de vue les pieds dans l'eau

Takka remontée à bord

 

JIBI:

Takka est un GIS, Goat Island Skif, quelque peu renforcé et la coque pèse 115kg au lieu des 70 obtenus par l'architecte avec un échantillonnage léger du contreplaqué.

Mes remarques =
>> surprise de la facilité à redresser le bateau avec sa voile hissée !  et flottabilité importante du bateau sur le flanc ( les caissons AR et AV ne se sont remplis que de 4-5 litres chacun)
>> Difficulté a  agripper le liston quand on appuie sur la dérive = le bordé est glissant et le bouchain aussi.
>> Peu d'eau a bord qui provient surtout du poids du Capitaine lors du roulé-boulé
>> l'eau résiduelle était sous le haut du puits de dérive d'environ 10 cm au moins

Roulé boulé

 

Daniel :


Le Kanoteko+ est un dériveur léger dont la coque pèse 115kg et il s'est comporté comme tel.
Le bateau flotte tranquillement sur le côté, aussi peut-on aisément atteindre la dérive pour la sortir de la coque.
La remise à flot du canot ne nécessite qu'une poussée minime sur la dérive, tout au moins sans la voile qu'on n'avait pas voulu risquer si près du quai.
A défaut d'élégance, la remontée à bord est facile, même pour un septuagénaire.
Le volume d'eau impressionne bien qu'en réalité il s'en faut d'une quinzaine de centimètres avant qu'elle n'affleure le liston. Du fait de la coque en V, le volume est beaucoup moindre que dans une plate et on atteint très vite une masse résiduelle compatible avec une relance de la navigation.
Parmi les trucs qui faudra fixer, il y a les deux petits caillebottis et les bouchons de pineau, planqués sous les caillebottis justement, et qui sont là pour palier une perte des bouchons de nables officiels. Tout le reste avait reçu les caoutchoucs et bouts de ficelle adhoc qui ont fait leur office, notamment pour les avirons qui n'ont pas bougé.

Le gilet gonflable avait été délaissé pour un plus classique. Quelqu'un a demandé :" Est-ce que ça gêne?" En fait on ne peut pas donner de réponse car on n'a guère eu le temps d'y penser! Probablement que ça ne gêne pas.