mon bateau

mon voilier SandBaggy

 

Zeu baute arcachon 2017Serge n'en est pas à son premier bateau, et celui là est loin d'être le plus gros, mais lorsqu'il manifesta auprès du vendeur son intérêt pour le Sandbaggy, celui-ci, un rien inquiet, le mit en garde: "ce n'est pas un bateau pour un petit vieux". Il y avait de la marge, Serge vient à peine de fêter ses quatre-vingt ans.

 

 

Texte : Serge C.

Photos: VAP et copies d'écrans.

 

Voici mon petit topo donc sur Zebôte, ce superbe Sandbaggy dont je suis devenu acquéreur il y a 2 ans, acheté au propriétaire d’un chantier de voiliers très affûtés à Hennebon. Ce bateau lui servait d’annexe sur palan pour son motor boat dans le golfe du Morbihan et il s’amusait avec lui à la voile de temps en temps. Mais c'était trop lourd comme annexe.

Je lui ai demandé d’installer des tolets et des avirons, pour en faire un voilaviron, et suis passé prendre le bateau (1500 euros ...mais la voile n'était pas neuve).

J'ai navigué avec ce beau jouet à Andernos et à La Rochelle avec mes camarades vapistes, après avoir remplacé vergue et bôme en alu affreusement lourd par du carbone pour la vergue et un mât de planche à voile pour la bôme interminable.
Le mât qui pesait une tonne fut changé pour du carbone également (5kgs!) et une nouvelle voile couleur tan, donc vieille-marine, que m'a  fabriqué mon neveu Sylvain, voilier à Douarnenez, est arrivée fin Mars. Cette voile au tiers bômée ne fait que 12,5 m2, soit 1,5 m2 de moins que celle d'origine, avec 2 bandes de ris.

 

Zebote : l'hiloire en cours de fabricationCerise sur le gâteau, Patrick,mon excellent ami vapiste et «bricoleur» de génie (si,si!) m’a fait de magnifiques hiloires vernies en 3 couches de contreplaqué collées en forme, qui affinent la ligne du bateau et protègent des embruns et autres entrées d’eau indésirables. L’accastillage est optimisé pour pouvoir régler la tension à l'amure et prendre des ris en semi-automatique depuis le cockpit sans aller faire le gugus acrobate sur le pont avant (à mon âge!) et une balancine double fera office de lazzy-jack.

Forcément après tout ça, une peinture de coque est prête pour le printemps et comme un peu de confort ne messied pas, on installera des coussins en kapok sur chaque bord montés sur velcro, ainsi que des poches de cockpit pour vhf et autres bricoles de sécurité. image : l'hiloire en cours de fabrication. (cliquez sur l'image pour voir en grand)

Et voilà une nouvelle jeunesse pour ce bateau attachant et pour son propriétaire qui commence à en avoir bien besoin.

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Sandbaggy yawl[ note danilusienne : Zebôte était déjà avec sa vieille voile distendue le bateau le plus rapide de notre flotille. Sa dérive camenbert de 80kg lui donnant la stabilité nécessaire pour équilibrer une voile de 14m². Mais on voit sur Internet une image du sandgaggy encore plus toilé! Le mat est reculé et un grand foc semble presque doubler la voilure, tandis qu'une queue de malet fait le pendant au bout dehors pour reculer le point de tire de l'écoute. Nous n'avons pas vu Zebôte dans cette configuration. De toutes manières son tableau arrière serait si loin devant nous qu'on ne distinguerait rien! ]

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Voile au tiers sans bôme

Texte : Pierre Gasté

Photos : VAP

Comment régler une voile au tiers sans bôme?

Pirmil et Scaffie sont deux bateaux

image ; un Scafie et un Pirmil sans bômes.

Bon sang de bois ! “Qu'est-ce que c'est que ce rapiamus” aurait dit ma grand-mère du Pays de Retz en voyant cette drôle de voile carrée!  C'est en substance ce que je me suis dit la première fois que j'ai hissé la grand-voile au tiers de mon canot voile-aviron, un Pirmil.
À part quelques vagues conseils donnés par le fabricant, pas grandes indications ne m'ont été fournies et en feuilletant les pages de l'Internet, rien n'est venu compléter mon information sur les voiles au tiers. Je ne me positionne pas comme un expert, loin s'en faut, mais bien comme un pratiquant qui commence à avoir de l’expérience. Dans ce post, je vais vous narrer quelques petits trucs et astuces que j'ai glané au fur et à mesure de mes 15 années passées à naviguer à bord de Doody, mon voilaviron de 4 m 80.

 

Tout d'abord sachez que la bête aime respirer!  En clair, il ne faut pas trop la border et lui laisser en moyenne 10 à 15 degrés d'ouverture de plus qu'une voile traditionnelle bômée. Ces quelques conseils sont valables pour les voiles au tiers non bômées.

Let er buck dorestad

image : un deuxième Pirmil

Mais avant de parler des différentes allures, il me semble important de préciser que la voile au tiers doit être très étarquée avec justesse pour éviter le mauvais pli dans la voile. Par petit temps, il conviendra de souquer un peu moins pour gagner en puissance et en souplesse. A contrario, dès que les 10 Nds sont annoncés n'hésitez pas à étarquer au maximum pour rigidifier la toile. Un petit palan est bien pratique, d’autant que si vous lui laissez une bonne longueur de bout, vous pourrez baisser votre vergue au passage des ponts sans devoir affaler (la classe!).

 

A propos de rigidité, je vous conseille de trouver le bon réglage de votre point d’écoute. En effet, au près la voile sera d’autant plus efficiente qu’elle sera plate. Là encore, c’est à vous d’expérimenter selon votre bateau. La limite entre souplesse et rigidité est fixée à 10 Nds de vent.


Ynox 1

Image ; encore un Pirmil!

Et le portant me direz vous ? Ben y a pas de bôme donc on fait comme on peut ! Certain ajoutent un aviron en guise de bôme pour les longs bords, moi j’aime bien la gaffe prise dans le point d’écoute pour rigidifier et maintenue au pied dans une position relaxe. Le top reste de faire un gui avec un bambou, mais là on perd l’esprit de la voile au tiers libre et en cas d'empannage non souhaité vous risquez le coup de bôme.


 

Je tiens à attirer votre attention sur un point qui peut être dangereux ; je l’appelle le capuchonnage. Je m’explique : sans bôme, votre voile peut faire le tour du mat lorsque vous larguer l’écoute de GV. Ce faisant, la vergue située en tête de mât va venir coincer la drisse de GV.
Vous vous retrouvez alors dans une situation où il est impossible d’affaler ce qui peut très rapidement vous mettre en danger. Il faut alors faire repasser la vergue en tournant la voile autour du mât. Cette manoeuvre est quasi impossible par fort vent. Dans ce cas faites virer le canot sur lui même à la godille, à l’aviron ou avec un propulseur.


Pirmil voile aviron
image : Doody devant les tours de La Rochelle

La prise de ris avec une voile au tiers reste un exercice intéressant car il n’existe pas de système de prise rapide. Il conviendra donc de bien maîtriser l’affalage car tout se fait voile basse sur le pont. Cette technique permet d’agir par fort vent. Cela perd un peu de temps et vos amis avec des gréement aurique vous ferons sans doute la nique ;-(


Pirmilavecunris
image : Doody, un ris dans la grand-voile

 

Girafage 1Une fois maîtrisé les techniques de base, vous aurez à coeur de profiter du confort de la voile au tiers non bômée ; par exemple lors d’une pause au mouillage. La encore, il existe un truc bien pratique : le girafage de la voile. Cette manoeuvre consiste à ramener la voile contre la vergue comme le montre la photo jointe. Pour ce faire, vous devez amarrer judicieusement un bout entre la vergue et la chute de la voile avec un aller retour qui se termine dans de deuxième oeillet de votre ligne de ris. Vous avez alors la possibilité de carguer votre voile libérant ainsi tout le cockpit. C’est aussi une manoeuvre très pratique pour prendre un coffre à la voile car vous libérez le pont, réduisez votre voilure et donc arrêtez presque le canot. Un coup de godille et vous pouvez prendre le coffre même avec un peu de courant.  

   

image : girafage
 

Bref vous l’aurez compris, apprivoiser un gréement au tiers prend un peu de temps surtout quand on est seul à bord. Pour gagner du temps, vous pouvez aussi prendre exemple sur les autres marins en vous mesurant dans de belle ballade dans nos Pertuis ou sur d’autres plans d’eau. Pour ça rien de plus simple, cliquez ICI.


 

Pour conclure, je vous livre enfin mon truc ultime, la beauté ! Oui, le meilleur réglage est celui qui offre le plus bel équilibre, faite confiance à vos sensations de barre et laissez le canot vous guider. Recherchez la performance, celle de l’osmose avec votre voile-aviron, il n’attend que vous ;-)

 

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Commencer la voile à 60 ans

Texte: Jean-Michel M.

Images : Vap et l'Atelier de la Gazelle des Sables.

Mieux vaut tard que jamais!

Étant venu tardivement dans la grande famille «des marins» c’est avec plaisir que j’ai rejoint les VAP. Une association conviviale, des copains toujours prêts à donner un conseil, quelques tuyaux  permettant de naviguer sans grandes connaissances des complexités nautiques.

PasspartooA plus de 60 ans, la souplesse de ce bel âge et les piètres connaissances dans le domaine de la  navigation engendraient l’adoption d’un bateau tolérant et sécuritaire.

Les qualités de la Gazelle des Sables dans ce domaine m’ont permis d’oser.
Certes «Pass’partoo» reste une modeste embarcation mais sa stabilité n’est jamais prise en défaut, mise à l’eau aisée (55kgs) de plus l’entretien reste limité à un coup de jet après usage:     Que du plaisir …..

Même pas peur! (voir ici lhistoire de cette photo)


Voici maintenant quatre années que je navigue sur mon paquebot et l’étroitesse de la bête malmène tout de même un peu mes articulations. Avec tristesse j’ai donc troqué mon compagnon pour acquérir une Gazelle Breizh : "L'Insoumise".

la gazelle breizh

la Gazelle Breizh (images du chantier)


gazelle breizhUn peu plus d’aisance à bord avec, il est vrai, l’inconvénient de mettre à l’eau avec la remorque attelée (comme les copains). Tout n’est-il pas, toujours, une question de compromis?

 

 

 

Cette dernière année 2018, mes navigations  n’ont pas été nombreuses et je ne fais pas encore trop corps avec «l’insoumise», mais en 2019 cela va démarrer fort.
Et même si je ne suis pas en tête de flottille, je prends la mer et y trouve toujours beaucoup de plaisir.

 

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TAKKA, une plate de course


Texte : JIBI

Photos : JIBI et amis

Jibi nous parle de son bateau, TAKKA (avec deux k)
qui est un GOAT ISLAND SKIFF (GIS) 
dû au crayon de Michael STORER, architecte australien d’Adélaïde.

Takka vent arrière

Historique


Je l'ai construit en 2013, après avoir acheté ce plan numérique sur le site américain Wooden Boats Store, pour $100 à l'époque, fourni avec les cotes dans notre système métrique.

J'avais auparavant essayé de construire un « American Peapod » 15 pieds de John Gartner en le modifiant « un peu » pour avoir une sole médiane propre à recevoir une dérive basculante. Une fois le mannequin construit, le lissage de la future coque s'est avérée impossible... J'ai alors sorti ma tronçonneuse !

Construction

Takka dans l'atelier de Chadignac

Bien dépité par l’expérience précédente, j’ai construit Takka seul en 3 mois dans ma propriété d'alors à Chadenac (entre Pons et Jonzac, Charente-Maritime), dans un grand atelier bien équipé d’une ancienne mais belle machine à bois. J'ai choisi ce plan pour sa rapidité et sa simplicité de construction et je n'ai pas été déçu : il n’y a même pas besoin de savoir compter jusqu’à 10 car 9 pièces seulement composent la coque.

Voile au tiers verteJe lui ai aussi cousu une voile verte dans un tissu pour toile de tente que j'avais depuis plus de 20 ans. Celle voile a été taillée sans assez de creux et s'est vite révélée décevante. D’où l'achat en 2014 d'une voile chez RSS (Really Simple Sails) aux Philippines, voilerie installée là par le frère de Michael Storer qui y habite.

Le plan d’origine a quand même été « un peu » modifié ! Tout d’abord en renforçant les échantillonnages : 12mm pour la sole et 9mm pour le bordé, d’où un poids nu de 133 kg au lieu des 85 kgs prévus par l'architecte qui préconise du contreplaqué de 6mm. L’étrave a de même bénéficié de l’ajout d’une solide pièce de chêne qui lui donne des airs de plate de la baie de l’Aiguillon.

Dimensions principales :

  •  Longueur = 4,73 m
  • Largueur au bau = 1,75 m
  •  Tirant d'eau = 10 cm / 85 cm
  •  Voile au tiers bômée = 9,6 m² - 3 ris
  •  dérive sabre et safran éjectable.
  •  Poids = 133 Kg nu
  •  Matériaux – CP 12mm pour la sole - CP 9mm pour le reste -

Utilisation

Takka au prèsCe canot assez voilé ( 9,6m² – 3 bandes de ris) marche très à plat, sur les plans d'eaux abritées... et très mal dans le clapot, à moins qu’il soit mené par deux athlètes comme un dériveur de compétition, en naviguant sur le bouchain, au risque de chavirer comme on le voit sur quelques vidéos. Sinon, dès que la sole plate tape, à la troisième vague, il s’arrête ! C'est donc essentiellement un canot voile-aviron d'estuaire, de lac ou de rivière.

La position normale du barreur en solo est à genoux au milieu de la baignoire. Pour pouvoir m'asseoir plus confortablement sur le coffre arrière je le leste par deux bidons de 5 litres pleins de sable et de plomb logés au pied du mât pesant chacun 15 kgs.

Takka à l'avironIl marche aussi fort bien a l'aviron. Je lui ai fabriqué – pour cette pratique– deux avirons de 2,75m en pin contrecollé.

Je l'ai aussi légèrement modifié en 2017 en sciant l'étambrai pour ne pas avoir à enfiler le mât dans son logement. Il suffit maintenant de le pousser dans son étambrai et de le tenir grâce à une « clé » de verrouillage.

Je l'ai aussi doté d'un système de prise de ris dit « automatique »… entièrement manuel et assez satisfaisant.

L’arrière large du canot lui procure une bonne stabilité de forme. Mais du fait d’un avant étroit, il peut néanmoins chavirer à l'arrêt pour peu que le poids du patron soit avancé inconsidérément au niveau du mât. Ça m'est arrivé, pile entre les tours de La Rochelle, à son neuvage, par un joli temps de demoiselle, mais en février ! L’arrière se soulève hors de l'eau et le bateau perd alors toute sa stabilité due a l’absence de portance de l'avant.... et il chavire doucement  et sûrement !

Notons aussi que ce bateau présente deux caractéristiques originales :

sur Takka : la drisse et le mat carré

  • Un mât carré creux, bien plus facile et rapide à construire qu'un mât cylindrique, mais tout aussi efficace.
    Mickael Storer ne propose pas l'usage du rocambeau, mais préconise un système où c'est la drisse elle-même qui sert à plaquer la vergue sur le mât. Voir à ce sujet la page "hisser une voile au tiers".
  • Un safran « à cassette ».
    Safran à la Storer sur TakkaEn fait, la cassette dont je vous parle est composée de deux joues solidement tenues ensemble par un bâti, entre lesquelles coulisse le safran, qui dans ce cas est une simple planche en bois solide. Quand on aborde une plage ou un haut-fond, la bonne pratique indique d'avoir à relever progressivement son safran. L'autre méthode, sans doute australienne elle aussi, consiste à ne toucher à rien… et attendre que la pelle « touche ». Elle sert donc aussi «d’ écho-sondeur» ! En effet, la pelle coulisse de bas en haut dans un bâti solidaire de la barre et elle n’est tenue à l’ensemble que par un élastique ! Je n'ai changé l'élastique de retenue que cette année, après 3 ans de bons et loyaux services.

 

 

Notes danilusiennes :

Safran serpentaireSafran electricNotez que c'est avec ce type de safran que Daniel Gilard a gagné la première Mini-Transat sur un Serpentaire de série dessiné par Bernard Veys. Certes il n'y a pas d'élastique comme l'a bien vu Jibi !

Notez encore cette idée trouvée sur le forum américain de Woodenboats, où un moteur électrique est greffé sur le sommet du safran, toujours bien rangé sans prendre de place dans le canot et il suffit de changer l'orientation de la  pelle pour profiter de l'aide hélicoïdale à la propulsion.

 

Note additionnelle

Peniche hopital bengladeshSon nom TAKKA lui a été donné en souvenir d'un voyage en péniche (une « fraycinette ») que j'ai fait en 1994 avec mon ami Yves MARRE, de Port-St Louis de Rhône a Djibouti ( pour moi). Yves Marre a continué jusqu’au Bangladesh où cette péniche a été reconvertie en dispensaire flottant toujours en activité.

On y a soigné depuis - surtout en ophtalmologie- plus d'un million de patients.

Le TAKA (un seul K)  [ (টাকা ] est la monnaie du Bangladesh.

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