moteur

Moteurs et remorques

Partage de connaissances

Dans la grande halle à bateau de la base nautique de Port-Neuf (La Rochelle), par un pluvieux et venteux samedi de décembre 2018, on profite des compétences de Thierry et du renfort d'un ami des Lasses Marennaise spécialiste des lubrifiants, pour compléter les connaissances en matière d'entretien des petits moteurs de nos bateaux, ainsi que celui, plus simple mais tout aussi fondamental, de nos remorques routières.

Cours dans la grande halle vap
Une grosse dizaine de participants attentifs, venus même d'assez loin pour certains, dont notamment des voileux d’associations amies, comme ceux des Lasses Marennaises qui se sont joints à ce petit stage mécanique. 
L'enseignement s'est fait par la pratique, mais pour aider la mémoire un petit manuel avait été concocté et distribué à chaque participant.

Reservoir moteur

Non ce n'est pas un cubi de rosé! c'est un réservoir de moteur

Le matin fut consacré à la révision moteur, vidange, graissage, et vérification de tout ce qui a pu souffrir durant les navigations et l'entreposage entre deux sorties.

​Une pose déjeuner permit aux esprits de se réoxygéner, avant que certains profitent de l'occasion pour mettre en pratique en vérifiant leur propre moteur, et que d'autres passent aux joies du démontage des moyeux de roues.

Autour du moyeu

Merci aux sachants qui ont transmis leurs connaissances, d’être venu du fond des terres avec leur matériel, outils, bac d’essais, graisse et huile de coude!

Thierry présente sa pompe à l'huile d'embase made in maison.
Pompe a huile d embase moteur nautique  

L'accord était unanime, il faut continuer ce partage de connaissances entre amis, il est donc probable que d'autres ateliers seront programmés dans l'année.

Les documents techniques vont faire l'objet d'une publication réservée aux adhérents sur cette page subtilement appelée: documents techniques.

Manuel moteur Voile Aviron Pertuis

Du nouveau dans le voile-aviron : Lite XP

Le voilaviron ne se limite pas à des bateaux néo-rétro, mais il est assez rare de voir des nouveautés. Une entreprise française de Pontcharra, pas très loin de Chambéry, vient de présenter au Grand Pavois 2017 un nouveau voilier propulsable sérieusement à l'aviron le Lite XP². Petit 2 car le premier du nom est un trimaran voile-aviron mené par le patron de l'entreprise lors de la R2AK 2016, la course sans moteur et sans assistance, 1400km le long de la côte Pacifique du Canada, de Port-Townsend vers l'Alaska. Froid devant!

Litexp voile aviron moderne

Certes, ce Lite XP² atteint 6 mètres de long et joue dans la même cour que le Lili 610 de Montaubin ou le Faering Cruiser de John C. Harris, mais il ne pèse que 150kg tout mâté et voilé de ses 10m² de toile coupée par North Sail (sans bôme mais dotée de lattes comme les catamarans de sport) et équipé de son chariot de nage comme sur les pures yoles d'aviron. On peut lui adjoindre un genacker de 12m² pour le petit temps (voir la video ci-dessous par un petit force 4).

Le mat et les rames sont en carbone, la coque est en composite moulé sous vide, le pont est auto videur et forme un espace abritable par une tente pour le bivouac qui épaule une cabine où deux personnes qui s'adorent peuvent passer la nuit, 

Le tarif n'est pas léger léger, mais demeure dans la logique pour un bateau de 6 mètres.

On notera l'astucieux système de roues amovibles pour le sortir de l'eau sans la remorque, et l'intrigante fermeture éclair qui remplace semble-t-il les garcettes de ris.

Comme je n'ai pas eu le loisir de traverser La Rochelle pour aller au Grand Pavois, je ne connais ce bateau que par la magie d'Internet, aussi je vous renvoie sur le site du constructeur sans faire plus avant de paraphrase de ce qui y est écrit, et sur les videos publiées sur Youtube.

Juste pour le plaisir en voici une prise sous nos fenêtres.

Moteur : électrique contre essence

Nos petits bateaux peuvent souvent accueillir un moteur hors-bord qui remplace les avirons pour quelques muscles vieillissants. Mais les moteurs à essence font du bruit, dégagent des vapeurs nauséabondes, salissent les cales et polluent forcément les eaux où l'on navigue. D'où la question légitime : "puis-je opter pour un moteur électrique pour aller en mer?

Chercher un éclairage autorisé à cette question entraine vers des abimes de perplexité à vouloir s'y retrouver dans les chevaux vapeurs, les watts et les livres de poussée anglaises, sans compter les détours par la puisssance à l'axe et la puissance à l'hélice.

Peu de littérature sur Internet permet de se faire un avis tant soit peu raisonné. Une revue suédoise, "vi Båtågare" avait, en 2006, fait des comparaisons en utilisant des moteurs thermiques et des électriques sur deux barques identiques. Test torqeedo/mercury Article en Suédoistesttorqeedosuedois.pdf (5.38 Mo)

électrique contre essence

 

Mais comme il se pourrait que quelques-uns d'entre vous ne soient pas totalement à l'aise avec le suédois, nous en faisons ici un résumé qui peut être utile.
Les journalistes de la revue ont testé deux moteurs électriques de la marque Torqeedo et deux moteurs Mercury, dans des puissances compatibles avec nos embarcations. Le premier duel opposait un Torqeedo 801, d'une puissance de 800W, aujourd'hui remplacé dans la gamme par un moteur plus puissant le 1003, à un Mercury 2.5cv à quatre-temps, alors que la seconde confrontation concernait un Torqeedo Cruise2 de 2000W et un Mercury quatre temps de 5 cv.

Nous ne décrirons pas les moteurs, il vous suffit de rechercher sur Internet pour en avoir les caractéristiques, en revanche nous vous fournissons le tableau récapitulatif des tests en adaptant les commentaires en français qui sont affichés sous le tableau en suédois. Pour vous faciliter la lecture directe des tableaux, voici un peu de vocabulaire suédois :
Torqeedo/ Mercury

bensin : essence
belastning : charge à bord
elmotor : moteur électrique
fullt gaspådrag : plein gaz
halv gas : gaz à moitié
lågfart : petite vitesse
ljudniva :niveau sonore
med : avec
medan : tandis que
mot : contre, opposé à
samma : identique
sjomil : mile marin
topfart : vitesse maximum

 

Voici donc les commentaires des tables de comparaison de moteurs à essence/ moteurs électriques.

Le Mercury 2.5cv est en noir, le Torqeedo 801 est en gris, le Mercury 5cv a droit à la couleur rouge et le Torqeedo Cruise se peint en vert.

Tableau 1 : vitesses maximales.

 

Vitesse maximale avec 2 personnes à bord.

Ici, nous voyons que lla vitesse de pointe ne diffère pas tellement dans chaque paire de moteurs. Entre le plus petit 2,5cv Mercury et le Torqeedo Travel 801 il n'y a que un nœud à l'avantage du moteur à essence : 5,5 noeuds au lieu de 4,5 noeuds.

Pour le grand frère Mercury de 5cv  et le Torqeedo Cruise 2.0, la vitesse de pointe ne diffère que de 0,8 noeuds : l'essence est la plus rapide avec 6,1 noeuds tandis Torqeedo Cruiser est légèrement plus lent avec 5,3 noeuds

 

Tableau 2 : accélérations

Accélération avec 2 personnes à bord.

Ici, nous voyons que les moteurs à essence accélèrent plus vite que leurs collègues électriques.

Le Mercury 2.5cv est presque deux fois plus rapide que le Torqeedo Travel 801 pour passer de 0 à 4,5 noeuds,  tandis que le Mercury 5 cv met deux secondes de moins que le Torqeedo Cruiser de 0  à 5.5 noeuds.

 

Tableau 3 :  niveau sonore

Niveau sonore endécibels.

Pour le bruit il n'y a pas combat dans le couple Mercury 2.5cv et le Torqeedo Travel 801. Le moteur électrique est beaucoup plus agréable à conduire. Le Mercury 2.5cv a un niveau sonore de 20 dBA plus élevé que le Torqeedo Travel 801. Entre les gros moteurs, l'écart est moins net. De 1,7 jusqu'à 3,5 noeuds les niveaux sont semblables, cependant à plein régime le Mercury 5cv  devient deux fois plus bruyant que l'électrique.

(10 dBA de plus  correspond en principe à un doublement du niveau sonore pour l'oreille humaine,)

 

Tableau 4 : autonomie en miles nautiques

Distance parcourue avec respectivement un réservoir plein et la batterie complète avec 2 personnes à bord.

Mercury 2.5cv contre Torqeedo travel 801

A fond, à vitesse maximum de 4,5 noeuds, on ne parcours que  1,9 miles nautiques avant que la batterie intégrée de 300w du Travel 801 ne soit vide. Alors qu'avec son reservoir intégré de 0.95 litre, le moteur à essence permet de parcourir 4.2 mile nautiques à la vitesse de 5.5 noeuds.

Mercury 5cv contre Torqeedo Cruise 2.0

A la vitesse 3,5 noeuds, nous pourrons parcourir 28 miles nautiques avec Torqeedo Cruise sur les batteries pleines, tandis que c'est 58,3 miles avec un réservoir plein sur le Mercury 5cv à la même vitesse.

Tableau 5 : autonomie en heures

Nombre d'heures de fonctionnement avec un réservoir plein ou une batterie complètement chargée avec deux personnes à bord.

Mercury 2.5cv contre Torqeedo travel 801

A fond les manettes avec un réservoir plein d'essence et la batterie complètement chargée, on peut durer jusqu'à 45 minutes avec le Mercury 2.5cv, mais seulement 25 minutes avec un moteur électrique Travel 801, avant que le contenu de la cuve / batterie soit épuisé.

Mercury 5cv contre Torqeedo Cruise 2.0

Si vous réduisez la vitesse à 3,5 noeuds avec les moteurs plus gros, nous voyons que nous pouvez durer un peu moins de 17 heures avec le Mercury 5cv et une nourrice pleine de 12 litres. Avec le moteur électrique Torqeedo Cruise, vous conduisez pendant huit heures avant que les piles soient épuisées.

 

Conclusions

Quelques remarques complémentaires peuvent être formulées. En terme de puissance, les prétentions de Torqeedo de comparer un moteur de 800w à un moteur thermique de 2cv ne semblent pas abusives. Le Mercury donné pour 2.5cv n'est que légèrement plus puissant que le Travel 801. On peut extrapoler en admettant que le Torqeedo 1003 actuel fournit une puissance comparable à un 3cv à essence.

En revanche on est très déçu en terme d'accélérations, ce qui est surprenant, les moteurs électriques permettant en général des montées rapides et régulières en puissance.

C'est une fois de plus l'autonomie qui fait défaut aux électriques, avec le Travel 801, malgré les batteries sans plomb, revenir de l'ile d'Aix vers La Rochelle un jour de pétole semble hors de portée. Pourtant les pêcheurs qui veulent naviguer longtemps à petite vitesse et sans bruit y trouveront leur compte, l'autonomie étant excellente à 1.7 noeuds, tant pour le Travel 801 que pour son grand frère.

Petite déconvenue en matière sonore, si le petit Torqeedo 801 ménage effectivement nos oreilles, le Cruise à vitesse moyenne ne fait pas mieux que le Mercury 5cv.