Seudre

naviguer pertuis charentais zone sud

Naviguer au départ de Marennes en Charente Maritime

Marennes constitue une bonne base de départ
pour naviguer sur la Seudre ou dans le Coureau d’Oléron.

la cale de la Cayenne (Marennes)image : cale à La Cayenne

Mais tout n'y est pas toujours facile compte tenu de l'importante activité ostréïcole, du marnage qui vous oblige à consulter le tableau des marées, des courants qui sont vite assez traîtres si on ne s'en fait pas des alliés, de l'opacité de l'eau qui vous cache les obstacles, du balisage à la mode locale qu'il faut savoir décrypter (une simple branche effeuillée marque la limite de la vase cachée ; un bidon bleu en lieu et place des balises jaunes officielles ; un panneau au trois-quarts effacé qu'on ne voit que lorsqu'il est trop tard pour prendre le chenal qui mène au petit port qu'on convoite ...).

Mais ces difficultés ne saurait rebuter l'amateur, d'autant que l'étrangeté de certains paysages mérite l'effort de s'aventurer dans les coureaux et les chenaux, aussi sommes nous heureux de vous proposer un document établi par Philippe L. avec l'aide de Miles D. , des vapistes qui navignent souvent dans ces eaux là sur leurs voilavirons. 

Voici les lignes relatives à la Seudre :

Pour explorer la Seudre, ses achenaux et ports :

  • Partir à marée montante, avec le courant. En fonction du vent, l’Eguille peut être atteint en moins de 2h. Les autres destinations intéressantes sont Mornac sur la même rive de la Seudre ou Port Paradis sur l’autre rive par le chenal de Pélard.

  • Précautions :

  1.  bien identifier les obstacles constitués par les parcs à huîtres et signalés par des branchages émergeant au dessus du niveau d’eau,

  2.  pénétrer dans les chenaux d’accès à l’approche de la pleine mer (4,5m) en naviguant au milieu (attention aux ferrailles et autres épaves pouvant être abandonnées de part et d’autre des chenaux).

En remontant la Seudre, l’entrée du chenal de Pélard est repérable après une grande maison en structure bois sur la même rive et une bouée jaune au milieu de la Seudre, l’entrée du chenal de Mornac est signalée par une pancarte (note Danilusienne : il faut de bons yeux!). Mornac (dont le chenal d’accès et de sortie est le plus court) est, aux périodes de vives eaux, une bonne base pour explorer les « acheneaux » voisins de Teger, Plordonnier, Fontbedeau et du Liman (attention néanmoins aux possibles obstacles immergés en bordure des chenaux).

 

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Quelques jours en Seudre 2018

Nous somme quelques uns à aimer cet étrange paysage du bassin de la Seudre où la marée basse dévoile des montagnes de vase le long des chenaux. Ce fut naturellement avec plaisir qu'on reçut l'invitation à participer aux Hauts de Seudre en cette fin aout 2018, manifestation organisée par PNCM, Patrimoine Naviguant en Charente-Maritime.
Aussi mit-on à l'eau nos jolis canots, les uns à Chatressac, l'autre à La Tremblade, les plus malins parce qu'ils  habitent à côté optèrent pour Port Paradis.

dans les chenaux de Seudre
Comme il se doit, après une tranquille remontée du fleuve, et un regroupement des diverses escadrilles devant le chenal de Mornac, nous abordâmes le port à la voile, le vent s'y prêtant opportunément. L'accueil, comme de coutume, fut parfait, et la soirée passée dans un restaurant où nos hôtes ont leurs habitudes fut des plus conviviales. Comme il faisait doux et sec, la nuit sous nos petites tentes se passa sans incidents. 

Chalouppe de l'Hermione en Seudre

Il fallait être lève-tôt, car il s'agissait pour ce premier matin de suivre la marée descendante pour aller picniquer à l'embouchure sur un banc découvrable où foisonnent les couteaux. La modestie du vent nous condamna à un train de sénateur, en compagnie de la chaloupe de l'Hermione, et ce fut un peu tardivement que nous abordâmes le banc de sable convoité qui ne découvrit pas et à défaut de pêche au couteaux, pour le pâté nous sortîmes les nôtres, les pieds dans l'eau. La tête aussi car il s'était mis à pleuvoir! Mais déjà il est temps de rehisser la voile, car si le reflux nous amena, le flux nous remporte vers l'amont où notre guide du jour nous fit visiter quelques chenaux secondaires que nous parcourumes plus aux avirons (à mains ou à essence) qu'à la voile qu'on garda pour faire joli. Bien nous en prit car le vent forcit bientôt et nous pûmes revenir du bout du monde en louvoyant dans le chenal étroit, puis de nouveau en Seudre, tirer quelques bords pour le plaisir et rentrer jusqu'au port de Mornac grace au déplacement de l'air. Les Hauts de Seudre se termineront par un repas en commun grâce aux ressources de nos sacs et aux cageots de moules que des bénévoles feront cuire pour la collectivité.

Chenal en Seudre 2018

Comme on se sent bien dans ce coin de marais sur nos canots légers, il avait été convenu que nous remettrions le couvert et passerions encore deux jours entre vapistes entre les berges vaseuses. Lever au petit matin, mais trois quarts d'heure plus tard que la veille du fait de l'heureux décalage de la marée, petit déjeuner encore offet par PNCM sur le quai, et nous revoilà partis à quatre bateaux vers les sables de la plage de Ronce les Bains. Le début du voyage fut magique, dans le calme du fond de Seudre, seuls sur l'eau, avant que les ostréiculteurs ne nous rattrapent bientôt sur leurs extraordinaires embarcations poussées par 350 cv. On signalera qu'à part deux ou trois inévitables butors, ces professionnels se montrent attentifs à nos frêles barcasses et nous font souvent un petit salut amical. Le vent léger poussant dans le sens de la marée descendante, nous avions l'impression de nous trainer, mais finalement nous pûmes aborder assez tôt à la pointe sableuse et déjeuner en regardant les brisants qui marquent le début du Pertuis de Maumusson de redoutable renommée.
La remontée se fit le vent dans le nez, heureusement suffisant, nous obligeant à tirer des bords en compagnie d'une jolie Billie-Jane que nous abandonnâmes pour embouquer le chenal du Pélard et retrouver des amis à Port Paradis.

Lasse de Marennes
Port Paradis est un coin secret et qui doit le rester, aussi n'en fairons-nous aucune publicité. Il y avait du monde pourtant ce soir là pour fêter le retour sur l'eau après quelques travaux de la "Vaga Luna", lasse marennaise classée monument historique. Un banquet à la Astérix se tint face au soleil couchant et l'orage qui menaçait au loin. La météo avait annoncé un coup de vent. Il vint. Brutalement. Accompagné bientôt de grands abats d'eau qui mirent fin en un instant aux agapes. Les tentes, couchées dans l'herbe du talus où nous les avions plantées furent abandonnées à leur sort et nous trouvâmes refuge dans la cabane de l'ami qui accueillait l'évènement. Une dame partie avec le vent revint aussi y trouver asile après qu'un poteau électrique se fut abattu sur sa voiture.

En attendant l'orage
La navigation du lendemain se limita à un retour au moteur jusqu'à Chatressac où stationnaient nos remorques. Il ne resta plus qu'à rentrer chez soi faire sécher le matériel.

Quelques jours en Seudre 2017

En consultant le calendrier des festivités nautiques dans les Pertuis Charentais 2017, il était apparu qu’on pouvait aisément fin aout en enchainer plusieurs en Seudre et alentour, pourvu qu’on se dote d’une solution de continuité de notre cru. C’est ainsi qu’après avoir été fastueusement reçus par le club de l’Éguille Voile et Nature, on a pu participer au Voiles de Mornac, puis rejoindre le Chantier Rabeau à Bourcefranc.
Jean-Michel et Yannick, ces membres de la diaspora vapiste vivant en pays Nantais, nous racontent ici leur participation à ces réjouissances estivales.

 

Texte  ; Jean-michel COURONNE et Yannick, l’équipage de « Fleurd’Orient », un Bayraider 17 

Photos : Jean-Michel Couronné, Yannick, Jean-Luc Louis.

Des Voiles de Mornac au Chantier Rabeau en aout 2017.

 

Samedi et dimanche

C’est par un beau dimanche d’aout que nous avons découvert les festivités des « Voiles de Mornac », une des nombreuses manifestations nautiques dans le bassin de Marennes Oléron.

Notre association de petits voiliers « VAP » (Voile-aviron dans les Pertuis) était invitée à Mornac sur Seudre, un village classé parmi les plus beaux villages de France, au nord de Royan.

Nos embarcations, si elles sont récentes pour la plupart, sont souvent gréées au tiers avec leurs voiles et coques de couleurs. Elles s’intègrent très bien avec les vieux gréements plus imposants qui participaient à ce rassemblement.

La veille au soir une dizaine de bateaux, sans le nôtre qui n’arrivera de Saint-Nazaire que le lendemain, avaient rejoint le petit port de L'Éguille au fond de la Seudre, pas très loin, en amont de Mornac .

La soirée y fut festive, pour se faire le gosier nous a-t-on dit, et au réveil à 5h du mat’ le dimanche, il y avait des frissons. Mais la marée commande et la mer descend vite, il fallait faire vite pour ne pas se retrouver le cul (du bateau) dans la vase.

Depart matinal sur la Seudre

La flotille avait prévu de s’échouer pour midi au sud d’Oléron, sur la plage de Gatseau en face l’estuaire de la Seudre, cependant les vents défavorables n’ont pas permis cette halte. Finalement c’est à peine posé sur le sable de Ronce les Bains, côté continent, que les voiliers ont dû repartir, car la renverse se faisait déjà sentir.

C’est donc au retour des bateaux qui embouquaient la Seudre, que nous avons rejoint la flotte à partir de la cale de La Cayenne, non pas celle du bagne, mais d’un petit port ostréicole ainsi nommé où se jette le canal de Marennes dans la Seudre. Alors nos belles voiles ont remonté le fleuve sous le soleil, avec un vent léger et portant. La Seudre reste claire comparée à la Charente plus au nord, c’est pourquoi elle est une « rivière » d’élevage de naissains d’huitres, grâce à la qualité de son eau.


 

Voiles de mornac 2017


 

Il était prévu que nous allions rentrer à la queue leu-leu dans un ordre bien défini dans le chenal tortueux de Mornac, rive gauche, aussi une escale s’est imposée dans un étier en attendant le top d’entrée. Après quelques ronds dans l'eau en attendant le signal, tout avait bien commencé, mais bien que nous soyons très disciplinés comme il se doit, au fur et à mesure que nous avancions dans le chenal bordé de carrelets et cabanes colorées, la belle ordonnance a eu quelques ratées, si bien que nous sommes arrivés dans un joli désordre. C’est ainsi que Fleur d’Orient, trop rapide, prenait la première place au lieu de la septième allouée, car pour freiner dans le courant il ne reste que les avirons, mais ramer à contre sens des autres, ce n’est pas facile quand on manque d’espace.

Nous avons été accueillis micro en main par Pierre, notre président de l’époque, consigné à terre avec regret, ou comme lui-même aurait dit, puni de ne pouvoir naviguer. Ce fut une belle prestation de nos petits bateaux entrant à la lueur du soleil couchant, parmi ces voiles multicolores se frayant un passage dans ce très ancien port de pêche et de commerce, situé au bord du marais. Ce village vit au rythme des marées et a conservé tout son caractère traditionnel, à l’image de nos voiliers modestes amarrés le long des quais ou des pontons des cabanes bariolées.

Pour l’animation se fut réussi. D’abord un bain forcé de l’équipier de Fleur d’Orient, Yannick, en voulant nous amarrer provisoirement sur une berge herbue et abrupte. Yannick trempé, Yannick désolé, mais Yannick changé à l’abri des regards dans une de ces petites cabanes qui longent l’étier.

Heureusement, nous avions nos rechanges dans nos sacs étanches, pour les soirées bien arrosées (nous parlons de la pluie, naturellement). Nous n’avons pas de cabine de bains, nous essayons si possible d’être en autonomie complète, mais ce n’est pas toujours facile surtout pour avoir le pain ou le rosé gardés au frais.

Finalement, tous, nous avons posé nos bateaux docilement. Sur un avant-quai, comme le Drascombe de Jean Pierre ou bien coincés sur une cale envasée comme la bande à Isabelle et Patrick.

Voiles de mornac 2017 échouage

Quant à nous, nous avons choisi de nous mettre à couple du Pirmil de Françoise et Philippe, jusqu’à se coller à marée basse dans le reste de filet d’eau. C’est vrai qu’avec leur faible tirant d’eau, dérive et safran relevés, nos bateaux sont bien adaptés à l’échouage et la navigation dans les étiers de cette région de la Charente Maritime.

Après une soirée et un diner musical sur les quais à la lumière des projecteurs dans les voiles des vieux gréements, ce fut bivouac sous tentes pour beaucoup dans un petit bois, pas bien loin de nos bateaux, tandis que certains ont préféré un repos confortable à bord d’un gros vieux gréement.

Rares furent ceux qui cabanèrent, car dormir sous la tente sur le bateau n’est pas toujours confortable, surtout quand le canot s’incline sur la cale envasée. Mais il y a des avantages : certes il faut supporter le bruit de la fête, en revanche on a le privilège d’être proche, suivant nos envies, des bars ou des sanitaires du port.

Mornac soirée

Lundi

Le lundi en matinée comme la mer était basse, c’est une ballade à pied qui nous à fait découvrir ce paysage ostréicole, où la vue se perd dans ce labyrinthe d’anciens marais salants, reconvertis en claires pour l’affinage des huitres ou bassin d’élevage de crevettes ; puis Mornac nous accueillait, avec son église romane, ses maisons peintes en blanc, ses boutiques d’artisanat, et ses ruelles fleuries .

Après un déjeuner partagé sur les quais, ce fut une découverte sous voile des achenaux qui borde la Seudre en amont de Mornac, guidé par Bruno, le local de l’étape.

Il est surprenant de voir depuis la terre ces voiles qui glissent au-dessus des marais, surtout avec la marée haute et un gros coefficient. C’est un grand plan d’eau qui s’offre à nous pour régater, sans l’écran d’arbres qui nous déventeraient comme souvent en rivière, même si certains déclarent forfait, et comme Taka, la plate blanche de JB, préfèrent se planquer dans les roseaux au premier méandre .

Mardi

Le mardi nous avions rendez-vous au chantier Rabeau à Bourcefranc, pas loin du pont d’Oléron, mais dans l’estuaire de la Seudre la flotille s’est divisée. Certains ont sorti leurs bateaux de l’eau à La Cayenne, appelés à terre par quelques obligations, certains non motorisés ont préféré s’échouer à Gatseau au sud d’Oléron, d’autres comme nous, ont suivi Bruno vers une langue de sable en face du château d’Oléron. Il faut dire que les courants divergent ou s’opposent, surtout à la fin des marées, et ce n’est pas facile suivant la force du vent d’être dans le bon timing : soit trop tôt, soit trop tard avec le courant contre, il importe donc d’optimiser.

Fleur d orient devant le fort louvois

Finalement une poussette à la godille-essence fut nécessaire en passant sous le pont d’Oléron avant de s’échouer sur le banc d’Agnas, où on a été tout surpris de voir un si grand nombre de petits bateaux à moteur posés là pour une pêche de palourdes miraculeuse.

Voiles de mornac 2017 apéro

 

Un moment de détente pour un pique-nique, apéro solidaire et très coloré en compagnie de nos ostréiculteurs accompagnateurs sur leur lasse à voile. Ensuite, bien sûr, la sieste s’est imposée avant de rejoindre les hangars bleus du chantier Rabeau. Finalement nous sommes arrivés au complet en fin de soirée comme prévu, après une rafale de vent inopinée qui nous a tous surpris.

Bateaux ancrés ou échoués à marée haute sur le sable fin, bivouac en haut de plage à côté des ateliers.

Re-apéro avec vue sur mer, au soleil couchant, décor d’un autre temps.

Ce soir-là, beaucoup ont sorti avec difficulté leur canot de l’eau, non pas à cause d’un abus d’un quelconque breuvage, mais de l’accès des remorques difficile sur la plage .

chantier Rabeau 2017 échouage

La soirée fut mémorable, dans de cet ancien chantier naval. Folle ambiance et repas cuisiné aux fruits de mer délicieux. C’était coques en stock mais quand même pas woodstock malgré l'odeur de sciure!

La soirée s’est passée entre les machines à bois sous les charpentes empoussiérées, à côté d’un vieux gréement en cours de restauration. Chants de marins, Brassens ou Antoine, grattage de guitare classique, pour gosiers asséchés, ohyé!


 

Mercredi

Malgré l’odeur du café servi, brioches et confitures, le petit déjeuner fut trop matinal, l’atelier respirant encore l’odeur de la bonne cuisine de la veille.

au chantier Rabeau 2017

Profitant du début de la marée descendante nous sommes rentrés seuls par la mer avec une escale au Chateau d’Oléron.

Après bien des bords dans le chenal étroit qui nous à amené aux premiers pontons, l’arrivée fut tranquille, à contre courant au pied de la citadelle.

Le bateau bien rangé, prêt à partir, il était l’heure de la visite des remparts, puis du marché, enfin d'un petit resto, mais déjà il était temps d’appareiller.

Ah les cons ! iIs ont enlevé l’eau autour des pontons ! les mouettes ont pied.

Safran, moteur, dérive, tous bien plantés dans la vase : nous voila obligé d’attendre. Eh oui, dès qu’on aborde les pontons flottants, on retrouve le réflexe des plaisanciers aux docksides.

Après bien des titillements, des mouvements oscillants à l’arrivée des premiers centimètres d’eau, nous avons enfin décollé, bon pour un petit nettoyage des appendices (du bateau s’entend).

De retour « En passant par Marennes  avec not’e bateau » nous avions programmé une escale « chez nos amis voileux. ». Éclade de moules et chambre d’hôte dans une grande maison bois, ça vaut le détour .

Comme nous venions de naviguer ensemble la veille, bien fatigués, notre hôte et moi, tous les deux à plat, finalement nous n’avons parlé que de « flat-twin ». Ah, vieille mécanique, quand tu nous tiens !

Fleur d orient bayraider 17 

Fleur d’Orient a rejoint Saint Nazaire, son port d’attache sur l’estuaire de la Loire, et son équipage a fait le plein de bons souvenirs .

L’Éguille, Mornac, le chantier Rabeau, un mélange d’étonnements.

C’est sûr qu’on y reviendra.

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