Mon bateau

Kanoteko+

Texte : Daniel M.

Photos : Vap et Kanota

 

Mon bateau est un Kanoteko+.

C'est un canot dont tout le monde s'accorde à dire : "il est beau". Comme je n'en suis ni le concepteur ni le constructeur,  je ne suis pas gêné pour affirmer que c'est vrai.

La coque étant peinte en noir, son nom de "Beau-Merle" lui va comme un gant.

Voile aviron sur la Nive

Vous trouverez sur le site  de Philippe Saint-Arroman, les informations techniques détaillées. 

J'étais allé voir le chantier installé au bord de l'Adour, pour acheter un Balea qui m'avait tapé dans l'oeil à la lecture du Chasse Marée, d'autant que Yves G.G qui l'avait essayé pour cette revue m'avait dit le plus grand bien de la carène. Le Balea m'avait finalement paru un peu petit, mais un bateau recouvert d'une housse sous un hangar semblait correspondre à mes souhaits. C'était Hegoak, le Kanoteko+ numéro un. 

J'exprime mon cahier des charges à Philippe Saint-Arroman : "un canot que je puisse mener seul jusqu'à force 5, et manipuler seul à terre". Il m'assure que le K+ fera le job. Je passe commande, finalement en achetant un chat en poche, n'ayant pas essayé le bateau. Et je ne l'ai jamais regretté.

Un vrai voilaviron.

La carène est de la même famille que celle du Balea, une coque en V, sensible à l'arrêt, qui s'élargit fortement pour assurer une stabilité dynamique, un peu comme sur un Doris, en mieux.

Kuluxka voile aviron c 2012 jc broca

Le K+ est une interprétation des petits canots basque utilisés par les pêcheurs ; comme eux il est très maniable à l'aviron, le faire reculer par exemple est aussi simple que d'avancer, et il s'avère suffisamment rapide pour qu'on se serve des rames. Pour éviter la cohue de l'école de voile sur la cale d'où je le lance souvent, je pars à l'aviron pour ne gréer qu'au large. Quand le vent se montre faible et le clapot modéré, je parcours environ un mille (20 minutes pépère) avant de hisser la voile. De même au retour, j'abaisse la voile au large (moins loin) et le bateau est ainsi plus aisé à sortir de l'eau, tâche rendue difficile parfois avec le ressac qui vous drosse sur le béton de la cale à la moindre erreur.

Le grément de Beau-Merle est au tiers avec une bôme. La voile fut dessinée spécialement pour lui, les K+ précédents utlisant l'option houari plus foc. Il m'a fallu pas mal de temps pour trouver les bons réglages, le bateau ayant tendance à se planter face au vent et ne plus vouloir en démordre, sauf en le faisant reculer avec la barre à contre. Mais je ne saurais faire la part de ce qui revient au bateau et ce qui incombe à la faible expérience du marin (je n'avais commencé la voile que deux ans auparavant à soixante-quatre ans, un âge où l'on apprend pas très vite). Quoi qu'il en soit, en reculant le point d'attache sur la vergue et en amurant au pied du mât, le canot est devenu docile, aussi bien pour les virements que pour les empannages. Du moins tant qu'on n'est pas surtoilé. 

Voile aviron, kanoteko+ La Rochelle

Seul à bord, dès 12 noeuds de vent, il faut prendre un ris, et le second vers 15/16 noeuds. Il importe alors de très bien ferler la voile avec les garcettes, sinon on obtient un sac de pomme de terre, une poche à contre se formant à l'arrière du mât, rendant la voilure incontrôlable. Quand le ris est correctement ficelé, le bateau reste mieux à plat, il devient plus rapide et plus confortable, le barreur solitaire demeurant assis comme un pacha sans avoir à se pencher pour des rappels d'enfer. Le bateau n'a jamais chaviré,  sauf cette fois là. Même, à deux poids lourds, par force 5 sérieuse (rafales à 23 noeuds bon poids), le souvenir disant "toute la voile dessus", plus probablement un ris de pris, le mât a cassé, mais le K+ n'a pas chaviré.

Beau-Merle naviguant souvent dans le Pertuis Breton, un clapot fort et court et souvent désordoné lui tient lieu de terrain de jeu. Sa jolie carène passe bien la vague et le bateau n'embarque quasiment jamais d'eau. Après deux heures de navigation, une petite dizaine de coups d'éponge vient aisément à bout de l'eau indésirable, c'est une opération qui relève plus de la coquetterie que du besoin.

Aux allures de largue, le canot arrive à surfer la vague malgré ses 9,6m2 de toile seulement pour une coque de 118kg environ auxquels s'ajoutent éventuellement les 75kg de lest sous forme de ballast liquide. Au près un cap de 40/45° par rapport au vent se tient aisément. Une attention soutenue permet de remonter à 35°, au prix d'une vitesse réduite et d'une surveillance du fasseyage de tous les instants pour ne pas se trouver planté brutalement bout au vent.

Voile aviron    Pertuis d'Antioche

De retour à terre, la coque munie de sa voile et ses espars, ses avirons, son mouillage et chargée des ans du capitaine, auxquels il convient d'ajouter le poids du chariot de mise à l'eau en acier galvanisé (plus de 30kg) on est à la limite du manipulable par une seule personne. Remonter une cale peut s'avérer vite problématique si la fatigue de la navigation se fait un peu trop sentir.  C'est le moment où le Balea se fait regretter.

En revanche le lancement et la sortie de l'eau avec la remorque de route la plus simple du marché sont des opérations extrèmement aisées.

Toute chose présentant un revers, au ponton le K+ n'est pas une affaire. Il ne peut pas faire office de barge pour recevoir huit personnes à l'apéro, il y aurait vite des buveurs à la mer. En fait c'est un engin bien fait pour naviguer, seul ou à deux ( trois à la rigueur) plus rapide à la voile que la plupart des bateaux de voile-aviron présents dans les flotilles et réellement utilisable aux rames, même debout à la valesana.

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mon voilier SandBaggy

 

Zeu baute arcachon 2017Serge n'en est pas à son premier bateau, et celui là est loin d'être le plus gros, mais lorsqu'il manifesta auprès du vendeur son intérêt pour le Sandbaggy, celui-ci, un rien inquiet, le mit en garde: "ce n'est pas un bateau pour un petit vieux". Il y avait de la marge, Serge vient à peine de fêter ses quatre-vingt ans.

 

 

Texte : Serge C.

Photos: VAP et copies d'écrans.

 

Voici mon petit topo donc sur Zebôte, ce superbe Sandbaggy dont je suis devenu acquéreur il y a 2 ans, acheté au propriétaire d’un chantier de voiliers très affûtés à Hennebon. Ce bateau lui servait d’annexe sur palan pour son motor boat dans le golfe du Morbihan et il s’amusait avec lui à la voile de temps en temps. Mais c'était trop lourd comme annexe.

Je lui ai demandé d’installer des tolets et des avirons, pour en faire un voilaviron, et suis passé prendre le bateau (1500 euros ...mais la voile n'était pas neuve).

J'ai navigué avec ce beau jouet à Andernos et à La Rochelle avec mes camarades vapistes, après avoir remplacé vergue et bôme en alu affreusement lourd par du carbone pour la vergue et un mât de planche à voile pour la bôme interminable.
Le mât qui pesait une tonne fut changé pour du carbone également (5kgs!) et une nouvelle voile couleur tan, donc vieille-marine, que m'a  fabriqué mon neveu Sylvain, voilier à Douarnenez, est arrivée fin Mars. Cette voile au tiers bômée ne fait que 12,5 m2, soit 1,5 m2 de moins que celle d'origine, avec 2 bandes de ris.

 

Zebote : l'hiloire en cours de fabricationCerise sur le gâteau, Patrick,mon excellent ami vapiste et «bricoleur» de génie (si,si!) m’a fait de magnifiques hiloires vernies en 3 couches de contreplaqué collées en forme, qui affinent la ligne du bateau et protègent des embruns et autres entrées d’eau indésirables. L’accastillage est optimisé pour pouvoir régler la tension à l'amure et prendre des ris en semi-automatique depuis le cockpit sans aller faire le gugus acrobate sur le pont avant (à mon âge!) et une balancine double fera office de lazzy-jack.

Forcément après tout ça, une peinture de coque est prête pour le printemps et comme un peu de confort ne messied pas, on installera des coussins en kapok sur chaque bord montés sur velcro, ainsi que des poches de cockpit pour vhf et autres bricoles de sécurité. image : l'hiloire en cours de fabrication. (cliquez sur l'image pour voir en grand)

Et voilà une nouvelle jeunesse pour ce bateau attachant et pour son propriétaire qui commence à en avoir bien besoin.

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Sandbaggy yawl[ note danilusienne : Zebôte était déjà avec sa vieille voile distendue le bateau le plus rapide de notre flotille. Sa dérive camenbert de 80kg lui donnant la stabilité nécessaire pour équilibrer une voile de 14m². Mais on voit sur Internet une image du sandgaggy encore plus toilé! Le mat est reculé et un grand foc semble presque doubler la voilure, tandis qu'une queue de malet fait le pendant au bout dehors pour reculer le point de tire de l'écoute. Nous n'avons pas vu Zebôte dans cette configuration. De toutes manières son tableau arrière serait si loin devant nous qu'on ne distinguerait rien! ]

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Commencer la voile à 60 ans

Texte: Jean-Michel M.

Images : Vap et l'Atelier de la Gazelle des Sables.

Mieux vaut tard que jamais!

Étant venu tardivement dans la grande famille «des marins» c’est avec plaisir que j’ai rejoint les VAP. Une association conviviale, des copains toujours prêts à donner un conseil, quelques tuyaux  permettant de naviguer sans grandes connaissances des complexités nautiques.

PasspartooA plus de 60 ans, la souplesse de ce bel âge et les piètres connaissances dans le domaine de la  navigation engendraient l’adoption d’un bateau tolérant et sécuritaire.

Les qualités de la Gazelle des Sables dans ce domaine m’ont permis d’oser.
Certes «Pass’partoo» reste une modeste embarcation mais sa stabilité n’est jamais prise en défaut, mise à l’eau aisée (55kgs) de plus l’entretien reste limité à un coup de jet après usage:     Que du plaisir …..

Même pas peur! (voir ici lhistoire de cette photo)


Voici maintenant quatre années que je navigue sur mon paquebot et l’étroitesse de la bête malmène tout de même un peu mes articulations. Avec tristesse j’ai donc troqué mon compagnon pour acquérir une Gazelle Breizh : "L'Insoumise".

la gazelle breizh

la Gazelle Breizh (images du chantier)


gazelle breizhUn peu plus d’aisance à bord avec, il est vrai, l’inconvénient de mettre à l’eau avec la remorque attelée (comme les copains). Tout n’est-il pas, toujours, une question de compromis?

 

 

 

Cette dernière année 2018, mes navigations  n’ont pas été nombreuses et je ne fais pas encore trop corps avec «l’insoumise», mais en 2019 cela va démarrer fort.
Et même si je ne suis pas en tête de flottille, je prends la mer et y trouve toujours beaucoup de plaisir.

 

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TAKKA, une plate de course


Texte : JIBI

Photos : JIBI et amis

Jibi nous parle de son bateau, TAKKA (avec deux k)
qui est un GOAT ISLAND SKIFF (GIS) 
dû au crayon de Michael STORER, architecte australien d’Adélaïde.

Takka vent arrière

Historique


Je l'ai construit en 2013, après avoir acheté ce plan numérique sur le site américain Wooden Boats Store, pour $100 à l'époque, fourni avec les cotes dans notre système métrique.

J'avais auparavant essayé de construire un « American Peapod » 15 pieds de John Gartner en le modifiant « un peu » pour avoir une sole médiane propre à recevoir une dérive basculante. Une fois le mannequin construit, le lissage de la future coque s'est avérée impossible... J'ai alors sorti ma tronçonneuse !

Construction

Takka dans l'atelier de Chadignac

Bien dépité par l’expérience précédente, j’ai construit Takka seul en 3 mois dans ma propriété d'alors à Chadenac (entre Pons et Jonzac, Charente-Maritime), dans un grand atelier bien équipé d’une ancienne mais belle machine à bois. J'ai choisi ce plan pour sa rapidité et sa simplicité de construction et je n'ai pas été déçu : il n’y a même pas besoin de savoir compter jusqu’à 10 car 9 pièces seulement composent la coque.

Voile au tiers verteJe lui ai aussi cousu une voile verte dans un tissu pour toile de tente que j'avais depuis plus de 20 ans. Celle voile a été taillée sans assez de creux et s'est vite révélée décevante. D’où l'achat en 2014 d'une voile chez RSS (Really Simple Sails) aux Philippines, voilerie installée là par le frère de Michael Storer qui y habite.

Le plan d’origine a quand même été « un peu » modifié ! Tout d’abord en renforçant les échantillonnages : 12mm pour la sole et 9mm pour le bordé, d’où un poids nu de 133 kg au lieu des 85 kgs prévus par l'architecte qui préconise du contreplaqué de 6mm. L’étrave a de même bénéficié de l’ajout d’une solide pièce de chêne qui lui donne des airs de plate de la baie de l’Aiguillon.

Dimensions principales :

  •  Longueur = 4,73 m
  • Largueur au bau = 1,75 m
  •  Tirant d'eau = 10 cm / 85 cm
  •  Voile au tiers bômée = 9,6 m² - 3 ris
  •  dérive sabre et safran éjectable.
  •  Poids = 133 Kg nu
  •  Matériaux – CP 12mm pour la sole - CP 9mm pour le reste -

Utilisation

Takka au prèsCe canot assez voilé ( 9,6m² – 3 bandes de ris) marche très à plat, sur les plans d'eaux abritées... et très mal dans le clapot, à moins qu’il soit mené par deux athlètes comme un dériveur de compétition, en naviguant sur le bouchain, au risque de chavirer comme on le voit sur quelques vidéos. Sinon, dès que la sole plate tape, à la troisième vague, il s’arrête ! C'est donc essentiellement un canot voile-aviron d'estuaire, de lac ou de rivière.

La position normale du barreur en solo est à genoux au milieu de la baignoire. Pour pouvoir m'asseoir plus confortablement sur le coffre arrière je le leste par deux bidons de 5 litres pleins de sable et de plomb logés au pied du mât pesant chacun 15 kgs.

Takka à l'avironIl marche aussi fort bien a l'aviron. Je lui ai fabriqué – pour cette pratique– deux avirons de 2,75m en pin contrecollé.

Je l'ai aussi légèrement modifié en 2017 en sciant l'étambrai pour ne pas avoir à enfiler le mât dans son logement. Il suffit maintenant de le pousser dans son étambrai et de le tenir grâce à une « clé » de verrouillage.

Je l'ai aussi doté d'un système de prise de ris dit « automatique »… entièrement manuel et assez satisfaisant.

L’arrière large du canot lui procure une bonne stabilité de forme. Mais du fait d’un avant étroit, il peut néanmoins chavirer à l'arrêt pour peu que le poids du patron soit avancé inconsidérément au niveau du mât. Ça m'est arrivé, pile entre les tours de La Rochelle, à son neuvage, par un joli temps de demoiselle, mais en février ! L’arrière se soulève hors de l'eau et le bateau perd alors toute sa stabilité due a l’absence de portance de l'avant.... et il chavire doucement  et sûrement !

Notons aussi que ce bateau présente deux caractéristiques originales :

sur Takka : la drisse et le mat carré

  • Un mât carré creux, bien plus facile et rapide à construire qu'un mât cylindrique, mais tout aussi efficace.
    Mickael Storer ne propose pas l'usage du rocambeau, mais préconise un système où c'est la drisse elle-même qui sert à plaquer la vergue sur le mât. Voir à ce sujet la page "hisser une voile au tiers".
  • Un safran « à cassette ».
    Safran à la Storer sur TakkaEn fait, la cassette dont je vous parle est composée de deux joues solidement tenues ensemble par un bâti, entre lesquelles coulisse le safran, qui dans ce cas est une simple planche en bois solide. Quand on aborde une plage ou un haut-fond, la bonne pratique indique d'avoir à relever progressivement son safran. L'autre méthode, sans doute australienne elle aussi, consiste à ne toucher à rien… et attendre que la pelle « touche ». Elle sert donc aussi «d’ écho-sondeur» ! En effet, la pelle coulisse de bas en haut dans un bâti solidaire de la barre et elle n’est tenue à l’ensemble que par un élastique ! Je n'ai changé l'élastique de retenue que cette année, après 3 ans de bons et loyaux services.

 

 

Notes danilusiennes :

Safran serpentaireSafran electricNotez que c'est avec ce type de safran que Daniel Gilard a gagné la première Mini-Transat sur un Serpentaire de série dessiné par Bernard Veys. Certes il n'y a pas d'élastique comme l'a bien vu Jibi !

Notez encore cette idée trouvée sur le forum américain de Woodenboats, où un moteur électrique est greffé sur le sommet du safran, toujours bien rangé sans prendre de place dans le canot et il suffit de changer l'orientation de la  pelle pour profiter de l'aide hélicoïdale à la propulsion.

 

Note additionnelle

Peniche hopital bengladeshSon nom TAKKA lui a été donné en souvenir d'un voyage en péniche (une « fraycinette ») que j'ai fait en 1994 avec mon ami Yves MARRE, de Port-St Louis de Rhône a Djibouti ( pour moi). Yves Marre a continué jusqu’au Bangladesh où cette péniche a été reconvertie en dispensaire flottant toujours en activité.

On y a soigné depuis - surtout en ophtalmologie- plus d'un million de patients.

Le TAKA (un seul K)  [ (টাকা ] est la monnaie du Bangladesh.

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