NAVIGUER DANS LES PERTUIS CHARENTAIS

AU DÉPART DE LA CALE DU CORPS DE GARDE (CHARRON)

par Yves G.G

  • Localisation et accès : par le village de Charron. Le fléchage « Port
    du Corps de Garde » n’existe qu’au dernier carrefour et se voit au
    dernier moment (le long de la rue « … » en sens unique Est-Ouest)
  • Horaires : Cette cale est utilisable sur une large plage d’horaires de
    marée.
  • Caractéristiques : large, bonne pente, rares anneaux pour s’amarrer,
    généralement très bien dévasée. Pas de clapot ni de houle. Utilisée par
    de rares professionnels (leur laisser la priorité).
  • Courants : Sur la cale elle-même le courant traversier n’est pas gênant
    pour les manoeuvres. Mais elle est située sur un fleuve soumis à de
    forts courants de marée contre lesquels il est très présomptueux de
    lutter ; son utilisation comme point de départ et d’arrivée suppose
    donc qu’on ait calibré sa sortie en fonction des marées de l’aller et
    du retour, plus encore qu’en fonction du vent prévu.
  • Commodités : parking OK (mais ne pas y laisser les voitures toute une
    nuit)

Voici quelques destinations typiques accessibles à partir de cette cale :

 

A- VERS MARANS (EN AMONT)

  • Partir au flot, revenir au jusant.
  • Vers l’amont, le balisage latéral est présent jusqu’au pont du Brault.
    Passer sous ce pont nécessite le dématage. S’y prendre longtemps à l’avance si le courant donne fort. A défaut, se planter dans la berge  (argile) pour s’arrêter en urgence le temps de la manœuvre.

A partir de là, 2 options :

  1. Pour passer par le canal rectiligne il faut se renseigner à l’avance sur les jours et  heures de l’éclusage, pour l’aller et le retour.
  2. si on continue dans la Sèvre et ses méandres, les courants sont d’autant plus faibles qu’on s’approche de l’extrémité amont du bief. On ne pourra pas aller jusque dans la ville de Marans car les anciennes écluses situées un peu en aval de la ville sont coincées depuis longtemps. Le débarquement n’y est pas facile (argile et roseaux partout). Une fois débarqués il y a des chemins très praticables pour aller en ville (15-20 minutes). NB : Si le parcours dans ces méandres se fait à marée pas très haute les
    berges vont souvent masquer ou dévier le vent.

B- VERS L’AVAL :

Partir au jusant, revenir au flot.

Les destinations suivantes sont proposées pour une sortie à la journée avec échouage et pique-nique à basse mer  : dans les bouchots, ou à la pointe d’Arçay, ou au Banc du Bûcheron, ou sur la plage de Rivedoux. Les courants sont alors favorables à l’aller et au retour. Et avec des BM entre 12h et 15h, les coefficients de marée sont plutôt élevés, donc les courants sont «efficaces ».

Si le vent est globalement favorable ( sauf dans certains tronçons des méandres, bien sûr!) il faut environ 1heure pour aller du Corps de Garde à la 2ème bouée d’eau libre (sortie de la Baie de l’Aiguillon).

Les temps de parcours vers les autres points de destination sont très variables selon les conditions météo.

TRONC COMMUN :

DANS LES MÉANDRES DE LA SÈVRE :

  • Le balisage latéral est un bon guide. Passer loin des berges convexes pour ne pas s’échouer dans les vasières au jusant.
    On va ainsi passer devant le « Pavé de Charron », grande cale avec un petit phare vert, à l’endroit où la Sèvre débouche dans la Baie de l’Aiguillon. A ce niveau on traverse une grande zone de mouillage des
    navires mytilicoles. Attention à ne pas se faire porter sur eux par le courant, d’autant plus qu’ils sont plus hauts qu’il n’y paraît et qu’ils nous déventent facilement.

TRAVERSÉE DE LA BAIE DE L’AIGUILLON :

  • Le balisage latéral est un bon guide. Mais il n’y en a plus au delà de la 1ère bouée dite d’eau libre (rouge et blanche) située à peu près au milieu de la Baie.
  • Attention : en aval de cette marque il faut encore rester dans le chenal du courant. Les berges vaseuses, qui peuvent être submergées si vous êtes partis tôt, sont encombrés de vieux pieux de bois, dangereux pour les carènes. Quelques uns de ces pieux se voient quand même à PM. Ils permettent d’estimer « l’emplacement sous-marin » de ces berges, dont il vaut mieux ne pas s’approcher (attention dans les louvoyages). Se guider aussi aux changements de couleur de l’eau.
  • A la 2ème bouée d’eau libre on a enfin toute latitude de s’écarter de part et d’autre. C’est là qu’on choisit sa destination dans le Pertuis Breton.

DESTINATION BOUCHOTS À L’OUEST :

  • Les courants dans l’aire des bouchots : flot vers le NE, jusant vers le SO.
  • Au large de cette aire des bouchots : flot vers l’Est, jusant vers l’Ouest
  • Ne pas entrer dans le dédale des bouchots si on ne connaît pas. Ils sont balisés par des pieux plus hauts qu’eux. A bonne distance au large (au sud) leur zone est balisée par quelques bouées blanches. C’est à
    elles qu’il faut se fier lorsque les pieux sont couverts. Les têtes de bouchots apparaissent environ 1h ½ avant BM pour des coefficients de 80 et plus.
  • Si on connaît ou si on est bien guidé, un échouage à basse mer parmi les bouchots est une sortie originale et un pique nique garanti tranquille.

DESTINATION POINTE D’ARÇAY ET EMBOUCHURE DU LAY :

  • Route à l’ouest en passant au sud des bouchots.
  • La bouée d’atterrissage du Lay est située loin au large.
    A BM, au nord de cette bouée se méfier de la barre sableuse : talonnage ou rouleaux possibles.
    A PM, attention aux bancs de sable de la Pointe d’Arçay : ils débordent loin à l’E.
  • En entrant dans l’estuaire du Lay, suivre le balisage rigoureusement.
  • La pointe d’Arçay elle même est une superbe zone d’échouage. En cas de houle, il y a du ressac, de moins en moins au fur et à mesure qu’on va vers l’amont dans l’estuaire du Lay. Avant de « beacher », suivre le sable à distance jusqu’à voir que le ressac est amorti, ou même entrer dans les anses formées par plusieurs langues de sable. Le fond de ces anses est souvent sablo-vaseux.
  • En face de la Pointe d’Arçay, à mi-marée au jusant, une partie du courant pousse à l’Est, vers les bouchots.
  • Attention si on veut ressortir de l’estuaire le jour même (par exemple après s’y être échoué à basse mer) : on va rencontrer des courants de flot puissants. Il faut donc s’être assurés qu’il y aura des vents très favorables avant d’échouer. Sinon, une solution est de descendre les canots au fur et à mesure que l’eau baisse, pour qu’ils puissent flotter et redémarrer avant que le flot soit installé. Dans ce cas (sortie à basse mer) sonder en permanence ; il faudra probablement sortir en 2 temps : si besoin mouiller dans la partie large de l’embouchure (les courants y sont moins forts) en attendant qu’il y ait suffisamment d’eau sur les bancs de sables de la barre avant de poursuivre sa route.

DESTINATION ÎLE DE RÉ

Quand on part de Charron, c’est à BM ou presque qu’on arrive à l’Île, donc très peu de débarquements possibles.

Voici 2 suggestions :

  1. Cap au sud vers la plage située à l’Est de Rivedoux, tout près du pont de l’Île. En dessous de mi-marée sa pente est très faible et casse le ressac. Elle est donc relativement sûre. On peut s’y échouer le temps
    de pique-niquer, et repartir au flot.
    Il y a des parcs à huîtres devant Rivedoux mais ils sont bien balisés par de grands poteaux. La zone indiquée ci-dessus est située à l’Est des poteaux. Elle est vaste et sûre.
  2. Cap à l’Ouest vers le Banc du Bûcheron (avant l’entrée du Fier d’Ars.)
    L’échouage est possible sur le côté nord du banc s’il n’y a pas de houle génératrice de ressac. Sinon il est très abrité côté « intérieur », donc sur le versant sud du banc. Mais attention : quand le flot reviendra le courant entrant dans le Fier sera fort et contraire.
    Solution : porter un mouillage sur le haut du banc et attendre que l’eau soit assez haute pour pouvoir passer par dessus et arriver de l’autre côté, où le courant de flot est favorable (vers l’Est). Mais cela laisse moins de temps pour faire le retour. Pensez que ce parcours est long, et vu qu’il est orienté Est-Ouest, il est rare qu’on puisse faire l’aller et le retour dans la même marée : le vent n’est pas souvent favorable dans les 2 sens !
    Les jours chauds et ensoleillés avec vent synoptique d’Est sont favorables si on pense que la brise thermique soufflera l’après midi.
    Elle vient de l’ouest et commence à souffler au large puis se rapproche de La Rochelle ; l’apparition de quelques cumulus à terre en fin de matinée est un bon pronostic de la formation de cette brise.


Validité février
2015