Naviguer

Choisir un canot voile-aviron

 

L’art du compromis

AVEL-DRO JY CorsonBien choisir un canot voile-aviron

Soyons clairs dès le départ, le bateau idéal n’existe pas; pas plus en Voile-Aviron que pour les autres types de bateaux (classiques et bateaux modernes). Chez voiles et Avirons dans les Pertuis, nous avons de très nombreux types de Voile-Aviron, plus de 20 séries différentes. Chaque Voile-Aviron répond à une pratique particulière en fonction de différents critères : La taille (de 2,5 m à 7 m), le poids de 70 à 500 kg, la simplicité de mise en oeuvre, les performances, le confort, la praticité des aménagements, la simplicité d’entretien, les capacités nautiques, l’adaptation à l’âge de l’équipage (enfants par exemple) …. Vous choisirez aussi votre voile-aviron selon que vous souhaitez le construire vous-même, l’acheter neuf ou trouver un voile-aviron d’occasion.

Le programme de navigation :

Leecton-Voile-AvironDans un premier temps, il convient de déterminer le programme de navigation de l’embarcation. On peut citer trois familles de canots : Le voile-aviron de travail (ce qui est rarement le cas aujourd’hui), le voile-aviron de ballade (sortie à la journée, rando) ou la version sportive (raids et régates). Un des éléments à ne pas oublier dans le programme est l’utilisation des avirons. Annexe, pour se déhaler ou essentiel pour une utilisation longue, les avirons sont la deuxième composante de la propulsion du voile-avirons (voir plus bas). Certains voile-avirons ont été conçus en fonction d’un plan d’eau particulier et ne sont donc pas toujours adaptés à toutes les conditions de navigation (plans d’eau protégés, lacs, mers intérieures, océan, Pertuis …). Préférez un bateau un peu plus dimensionné que votre plan d’eau habituel si vous avez l’intention de vous déplacer régulièrement. Pourtant, la stratégie du « qui peu le plus, peu le moins » n’est pas toujours la meilleure si vous intégrez l’ensemble des autres critères de choix.

Le poids du voile-aviron :

2013_Tramasset_Yannick-Benaben-6La notion de poids est très importante quand on veut choisir un canot voile-aviron. Il conditionnera, le programme de navigation, les options de mise à l’eau, le confort, la sécurité. Le nombre d’équipiers conditionne aussi le poids et l’encombrement du canot voile-aviron. D’une matière générale, préférez un bateau léger si votre programme est estival , si vous avez peu de force (mise à l’eau), si vous naviguez principalement en eaux calmes ou encore si vous souhaitez faire du raid rapide, voire de la régate. Les voile-avirons lourds sont généralement des répliques ou des bateaux de travail. Leur stabilité et leur capacité de charge sont importants et ils présentent souvent une bonne sécurité et tenue à la mer. Le poids est donc une question des dosage. Pour donner un ordre d’idée, un canot voile-aviron de 4 m pèsera dans les 150 à 200 kg.

La simplicité du voile-aviron :

Ronde050La facilité de mise en oeuvre est aussi un point clef pour bien choisir un voile-aviron. Plus le canot est simple, plus il sera rapide à mettre en oeuvre. Les bateaux les plus simples sont les misainiers au tiers et les canots à livarde. Les cotres auriques avec flèche et tapcul (oui, c’est possible!), prennent plus de temps à gréer. Ces canots haubanés donnent de la rigidité au gréement mais demandent plus de temps de mise en oeuvre (sauf certains comme le Monotype des Pertuis qui est équipé d’un mat basculant). La simplicité s’exprime aussi dans la mise à l’eau. Le choix et le réglage de la remorque sont très importants tant pour la facilité que pour les coûts liés à l’entretien de la remorque. Pensez aussi à observer la fluidité des manœuvres et l’ergonomie dans le bateau (position des taquets, passage de barre, accès aux éléments de sécurité, rapidité dans les opérations de sécurité …). Idéalement un voile-aviron doit être gréé en moins de 10 mn.

Les performances sous voile du voile-aviron :

voilaviron: Yole de Ness : Caredig

La majorité des vélirameurs ne recherche pas la performance; c’est en tous cas ce qui se dit ! Dans les faits, tous cherchent à faire marcher le canot. Certains bateaux marchent pourtant mieux que d’autres. Les voile-avirons modernes sont souvent plus performants que les anciens car leurs carènes sont étudiées pour allier esthétique et efficacité. Il n’en demeure pas moins vrai que les bateaux de travail sont souvent le fruit de nombreuses modifications empiriques qui en font de super challenger voire plus ! Certains canots sont extrêmement rapides et rivalisent avec les dériveurs légers. Les performances vont aussi dépendre de l’adéquation entre le bateau et les plans d’eaux qu’il devra parcourir. Ne négligez donc pas le facteur performance dans votre cahier des charges.

Le(s) aviron(s) :

vélirameursLe vélirameur (pratiquant de la discipline) est plus ou moins vélique ; plus ou moins rameur ! Que vous soyez l’un ou l’autre, voire l’un et l’autre, il vous faudra faire des choix selon les différents critères déjà énoncés. Chacun de ces critères aura une influence sur les qualités « ramiques » du canot (l’adjectif n’est pas dans le Larousse mais il est bien pratique !). S’il est logique de penser qu’un bateau léger marche bien à l’aviron, c’est pourtant loin d’être toujours le cas. Il faut remonter à la conception par l’architecte pour trouver l’ADN ramique d’un canot. A ce jeu, les champions sont les bateaux étroits (les yoles et canots fins par exemple). Depuis quelques décennies, la recherche de performance à l’aviron est devenue une culture chez certains architectes « ex-voileux ». Au risque de me répéter, tout est une question de choix dans votre cahier des charges. Pour faire un raccourci, les meilleurs marcheurs voile-avirons sont, soit des canots modernes, étroits et légers, soit des bateaux lourds embarquant de nombreux équipiers (Yole de Bantry par exemple). Notons que par définition, les bateaux étroits, bons rameurs sont aussi les moins stables.

Il y a un débat entre vélirameurs quant à l’utilisation de la godille comme moyen de propulsion. Si la godille est la seule alternative à la voile, certains disqualifieront ces canots du « label » voile-avirons. Si les discussions sur le sujet vont bon train dans notre association à l’heure de l’apéro, nous ne sommes pas de ceux qui excluent mais plutôt de ceux qui accueillent. Et encore, je ne vous parle pas des propulseurs électriques et encore moins des autres

Il y a rafale et rafales

Manche à air

 

Il y a rafales et rafales par Yves GG

Lorsque la météo nous annonce des rafales nettement supérieures au vent moyen, cela peut parler de formes de surventes très différentes, qui ne font pas appel au même type de réaction du skipper ou du barreur. Voici ce qui me semble représenter les 2 types principaux :

1- La rafale brève et soudaine.

Fréquente par vents de terre, elle se produit aussi dans d'autres régimes de vent. Elle dure en général moins d'une minute, arrive parfois comme une claque, mais elle est annoncée par une zone dont la surface de l'eau a un aspect ridé, comme passée à la rape.
Cette zone se déplace beaucoup moins vite que le vent qui la surmonte. Elle se produit même, et souvent, sans aucun nuage qui puisse lui être associé. Sa dimension spatiale est d'ailleurs souvent bien plus petite que les cumulus éventuellement présents.
La réaction, c'est lofer et/ou choquer les écoutes pendant un court laps de temps (et en profiter pour gagner au vent si on est en louvoyage). Dans ce type de temps il est prudent d'avoir l'écoute en main, ou de la bloquer avec un nœud largable instanément (le « nœud d'écoute » n'a pas été inventé pour rien), ou avec un coinceur tout aussi largable en urgence.

2- La survente de grains

Beaucoup plus longue, de l'ordre du quart d'heure, elle est aussi moins brutale. Mais le renforcement du vent peut être aussi important, et surtout la mer se renforce elle aussi pendant ces passages.
Ce renforcement de la mer est d'ailleurs surprenant dans la mesure où les nuages sous lesquels, ou autour desquels, se produisent ces surventes semblent souvent ne pas avoir une dimension suffisante pour produire un fetch tel qu'il expliquerait de telles vagues.
Mais le fait est là : il ne suffit pas de choquer l'écoute. On peut non seulement être amené à réduire la toile, mais surtout il faut surveiller les lames pour faire face éventuellement (en lofant) à celles qui menacent de déferler et de s'écrouler dans le bateau. Si la météo a annoncé un vent de X noeuds toute la journée, venant du large, et « complété » par des rafales, c'est souvent de telles surventes de grains dont il s'agira (qu'il pleuve ou non).
Quand on prend ça sur la tronche et qu'on se retrouve dans la grisaille, on peut se demander s'il s'agit d'une dégradation imprévue et durable du temps. Mais le plus souvent, une fois le train de nuages passés, ça revient à la situation antérieure ou presque.

3. ma conclusion

Voici la conclusion que j'en tire, et que je soumets à votre réflexion et à votre expérience : pour savoir de quoi il retourne, et décider la conduite à tenir, il est utile d'observer les arrivées de tels trains de nuages. S'agit-il d'une masse limitée suivie d'un ciel plus clair ? Son passage devrait alors durer entre 5 à 20 minutes et sera suivi d'un apaisement. Ou s'agit-il d'une masse sans limite visible au loin, qui rendra tout le ciel merdique, et la mer avec ? Pour ce cas, il est utile d'avoir en tête les refuges accessibles.

Lire la suite

Guide de voile-aviron dans les Pertuis

Rando 083

Les pertuis charentais offrent un agréable terrain de jeu pour les petits canots munis d’une bonne voile et d’une paire d’avirons, ce qui ne veut pas dire insouciance, le méchant clapot pouvant ici ou là vous rappeler à la prudence.
La pratique du bateau à la voile et à l’aviron suppose que celui-ci soit d’une taille modeste, ce qui induit quelques limites au programme de navigation ; en revanche cette taille devient un gros avantage pour aborder en des lieux que des unités plus grosses ne peuvent envisager.
Tout d’abord il y a la mise à l’eau. Point n’est besoin de grue ni d’installation portuaire importante.
Une simple cale permet de descendre à l’eau un bateau garé à terre sur sa remorque le reste du temps.
Mais ici où là on s’ingénie à interdire ce qui devrait être toujours permis : l’accès à la mer. C’est ainsi qu’on se casse le nez sur une barrière et un cadenas là où jadis, ou naguère encore, on abordait librement. Tout en revendiquant fortement l’usage libre des cales contre les restrictions d’usage de tous poils, on répertorie ici quelques lieux dans les Pertuis Charentais où, sauf évolution récente pas encore intégrée, il est possible de mettre à l’eau nos petits bateaux. Un des problème étant ensuite de savoir quoi faire de la voiture et de la remorque le temps de la promenade sur l’eau, autant qu’on le peut, on signale les possibilités de parking.
Faire halte quelques heures sur le littoral suppose de prendre quelques précautions, le marnage important, la variabilité des vents et des courants pouvant engendrer quelques sérieux désagréments si l’on ne connait pas bien les lieux où l’on accoste. Les quelques pages sur le beachage peuvent éviter quelques situations fâcheuses.
Mais il arrive aussi que l’on soit sur l’eau, dans la limite des 6 milles qui est celle de la plupart de nos embarcations légères, et les pièges sont souvent cachés sous l’eau chargée de particules vaseuses, rochers, bancs de sables, parcs à huitres, bouchots et quelques vieux fers de parcs abandonnés qui vous font aisément un trou dans la coque. Évidemment il y a aussi les courants, qui ne sont pas tous marqués sur les cartes, et qui changent avec le sens de la marée, et la houle qui vit sa vie à part sans se préoccuper des vents locaux. Les quelques pages sur le sujet seront précieuses, mais elles ne font pas le tour de la question et nous incitons chacun, non seulement à la prudence, mais encore à nous faire part de ses remarques de navigation pour enrichir ce petit guide.

On trouvera sur ce site de VAP, quelques articles relatifs à cette navigation modeste autour de nos côtes charentaises.
L’édition électronique  nous permettra aisément de bonifier ces pages, de mettre à jour l’état des cales, d’intégrer une remarque pertinente sur tel petit coin d’échouage ou encore de préciser un courant modifié par un ouvrage plus ou moins bien venu.

VOICI LES PAGES ACTUELLEMENT CONSULTABLES :

***

Eléments de navigation dans les Pertuis

Blues Baie de l'Aiguillon

COURANTS MOUILLAGES CALES

Informations données à titre purement indicatif

par Yves GG

LA PALLICE ET PONT DE RÉ

Les vents sont assez souvent fantasques (pas fiables) dans ce passage.
Courant : flot vers le nord, jusant vers le sud, souvent vifs mais la vitesse des courants est très influencée par le vent. Cette indication est valable pour toute la côte jusqu’au balisage (perches) des parcs à huitres situés au nord du Port du Plomb.

Dans le passage entre Ré et La Pallice, en montant au jusant, utiliser un contre-courant qui longe la plage de Ré vers le nord jusqu’à l’ancien embarcadère des bacs. Ensuite, si le vent est de secteur nord il faut louvoyer contre vent et courant vif ; peu de chances de gagner ! Si on réussit à franchir le pont, tirer un bord à l’ouest vers la baie de Rivedoux permet d’atteindre une zone de courants plus faibles.
Inversement, revenir au sud au flot par vent de SO est problématique.

ILE DE RÉ, BAIE DE RIVEDOUX

Large zone d’échouage pratiquable à BM entre la pointe de sable près du pont et les grandes perches des parcs à huitres.
La pente très faible du fond de sable casse les vagues ; très peu de ressac (se méfier quand même des vents de NNE !)

FORT DE LA PRÉE

Les ruines de l’abbaye des Chateliers sont bien plus facilement répérables que le fort, qui se situe un peu à l’Est. Ce fort dispose d’un tout petit port. Entrée possible à PM juste pour la visite en restant dans les canots. Débarquement interdit (propriété privée). Le fond est vaseux mais l’échouage est impossible car il y a des caillous saillant un peu partout.

DANS LE PERTUIS

A l’Ouest d’une ligne Pointe de l’Aiguillon-La Flotte, flot vers l’Est, jusant vers l’Ouest. Quelques contre courants le long de l’Ile de Ré, à l’Est de la pointe de Loix et à l’Est de l’entrée du Fier d’Ars.
Dans la zone des bouchots : flot vers le NE, jusant vers le SO. Mais ne pas entrer dans les bouchots si on ne connait pas. Ils sont balisés par de grands pieux, et quelques bouées blanches plus au large (au Sud). C’est à elles qu’il faut se fier si on ne voit pas les pieux.
Les têtes de bouchots apparaissent environ 1h 1⁄2 avant BM pour des coefficients de 80 et plus.

ANSE DE L’AIGUILLON

Les bouées d’aterrissage sont petites et ne se voient pas de très loin.
Les bords de la zone navigable sont encombrés de vieux pieux de bois. Certains se voient même à PM et permettent d’estimer « l’emplacement sous-marin » de ces bords, dont il vaut mieux ne pas s’approcher (attention dans les louvoyages). Se guider aussi aux changements de couleur de l’eau.
La Pointe de l’Aiguillon qui ferme le côté ouest de l’Anse est sableuse et s’étend loin vers l’Est. Sur la face nord de cette pointe on peut s’échouer en toute sécurité. Par vent de N à NE il y a un clapot gênant, pas dangereux si on choisit les endroits où le fond est en pente très douce. Pour aborder cette face nord, longer le sable d’assez près tout en sondant à la gaffe, pour éviter un obstacle situé au nord à peu de distance (pieux, grillages …, couverts d’eau à PM).
En amont de la 2ème bouée d’aterrissage, suivre le balisage.
Au niveau du mouillage des mytiliculteurs (« Port » du Pavé), en cas de louvoyage, se méfier du déventement provoqué par ces bateaux, pour éviter que le courant ne vous pousse contre l’un d’eux.
En amont de cette cale, argile et vase dominent, sans plus de pieux invisibles à redouter.
Attention aux échouements dans le bord convexe des virages : leur fond vaseux s’étend (parfois très) loin des berges.

POINTE D’ARÇAY ET ESTUAIRE DU LAY

Bouée d’aterrissage loin au large.
A BM, au nord de cette bouée se méfier de la barre sableuse : talonnage ou rouleaux possibles.
A PM, attention aux bancs de la Pointe d’Arçay qui débordent loin à l’E. Plus en amont, suivre le balisage rigoureusement.
La pointe elle même est une superbe zone d’échouage. En cas de houle, il y a du ressac, de moins en moins au fur et à mesure qu’on va vers l’amont. Avant de « beacher », suivre le sable à distance jusqu’à voir que le ressac est amorti, ou même entrer dans les anses formées par plusieurs langues de sable. Le fond de ces anses est souvent sablo-vaseux.
En face de la Pointe d’Arçay, à mi-marée au jusant, une partie du courant pousse à l’Est, vers les bouchots.

AIX

Le flot, de direction générale SE, se divise en 2 branches à la pointe St Eulard (pte NO de l’ile)
Le jusant, de direction générale NO, se divise en 2 au sud de l’ile
Le long de la côte nord, franche et accore, on peut naviguer à 30 m du bord sans danger sauf à grande basse mer. Courant parallèle à cette côte. Les mouillages tiennent bien sur fond généralement de sable.
Le long de la côte de l’Anse du Saillant, courants faibles mais fond encombré d’obstacles (parcs à huitres et débris de vieux carrelets). N’y échouer que là où on est sûrs des fonds. La moitié sud de l’anse est sans obstacles (info vérifiée en aout 2013)
De même, les fonds du port ne sont pas sains pour des coques fragiles.
Un échouage-bivouac très sûr, très protégé et très calme à l’extrémité sud de l’Anse du Saillant : microplage de sable (à PM) juste derrière le cordon de galets. Quelques ferrailles dans les parties herbeuses.
Pour le retour vers La Rochelle le jusant porte au NO voire ONO, ce qui autorise une remontée sans louvoyage par vent de NO à NNO. Il est recommandé de passer à l’Ouest de la zone des filières mytilicoles, car à l’Est de ces filières les bancs de roches de Chatelaillon s’avancent très loin au large.

FOURAS- POINTE DE LA FUMEE

A l’ouest des 2 ports de Fouras (nord et sud) les bancs de caillous et roches rendent l’approche de la côte impossible. Toutefois, en cas de nécessité il y a un accostage possible côté Est de la jetée de la Fumée, mais le plus haut possible pour ne pas gêner les bacs. Il faut rester à proximité pour surveiller et déplacer le canot si besoin. Il y a une échelle dans l’angle de la jetée, peu visible sauf de tout près car la jetée et l’échelle sont couvertes de coquilles d’huitres ; coupantes et très agressives pour les peintures et les mains !
La cale côté ouest de la jetée est généralement impraticable (pas protégée).

COUREAU D’OLERON

A partir de Boyardville, et plus au sud, les courants sont forts.
Au nord de la grande tourelle Juliar, flot vers le sud, jusant vers le nordAu sud de l’appontement de St Trojan, c’est l’inverse : flot vers le N, jusant vers le S.
Entre Juliar et St Trojan, ces 2 branches de flot vont à la rencontre l’une de l’autre, et ces 2 branches de jusant s’écartent l’une de l’autre.
La ligne E-O où s’opère la rencontre des 2 flots est plus proche de Juliar en début de flot, plus proche de St Trojan en fin de flot.
De même la ligne E-O de divergence des 2 jusants est plus proche de Juliar en début de jusant, plus proche de St Trojan en fin de jusant.
Au jusant, se méfier des bancs de sable (échouement), qui ne sont pas fixes.
Très beaux échouages possibles tout au sud, à la Pointe de Gatseau (sur l’Ile), et en face, sur le continent, à la Pointe du Galon d’or.
Pratiquement jamais de ressac.
Attention aux courants forts … et donc aux bateaux voisins, parfois mal mouillés.

SEUDRE

Se méfier des rives, encombrées de ferrailles de vieilles tables à huitres.
A la tombée de la nuit, et plus encore durant la nuit, en raison des réverbères des villages proches qui dégradent la vision nocturne, et faute de balisage lumineux, on peut arriver aux berges sans s’en rendre compte. En outre les nombreux corps morts et bateaux au mouillage ne se voient pas à temps, même avec une bonne lampe torche. Donc, n’y circuler que de jour.

*****

"Beacher" dans les Pertuis

Plage et bateaux dans les pertuis charentais

« Beacher » dans les Pertuis (sans soucis)
par Yves G.G

Toutes ces photos de pub qui nous montrent de beaux bateaux échoués sur des plages magnifiques des pertuis charentais, devant de charmants bois de pins parasols, peuvent nous laisser croire que « beacher » est le rêve de tout marin un peu poête. Mais plus que le chant des muses, c’est le ricanement du diable qu’on entendrait, car c’est là que les ennuis arrivent en foule…
Ici ce n’est pas la mer qui est dangereuse, mais la côte! Beacher, est un art, pour naviguer autrement.

Beacher sans soucis est plus difficile qu’on aimerait le croire et avant toute chose, on prendra garde à vérifier comment sont les fonds ? Dans notre eau souvent maronnasse, pas facile à savoir sans avoir vu avant à basse mer, ou avoir des renseignements sûrs. Alors il suffit d’un caillou acéré ou d’une ferraille abandonnée là ; et bonjour la voie d’eau et les réparations qui coûtent cher, sans parler du ouiquènde foutu de chez foutu.
On prendra quelques précautions : sonder à l’aviron, puis juste avant que le canot se pose, descendre et faire le tour à pied.

Autre version : cette belle plage avec eau calme le matin, apparamment idéale pour beacher et piqueniquer dans un paysage de rêve, pourra devenir l’enfer le soir quand la marée aura remonté : très clapoteuse voire « ressacqueuse ». Voyez le tableau : le canot qui tosse et se fait repousser vers le haut de la plage par les rouleaux, le puits de dérive qui se remplit peu à peu de sable et de graviers qui vont coincer la dérive en position haute, la coque à moitié remplie par l’eau qui éclate sur les flancs et saute par dessus le liston, les équipiers qui se trempent jusqu’à la ceinture pour essayer de repousser le bateau vers le large… Ne riez pas : ça s’est vu, et pas que des débutants.

COMMENT ÉVITER DES MÉSAVENTURES AU « BEACHAGE »?

TENIR COMPTE DE LA MÉTÉO

La brise sera-t-elle levée quand la marée remontera et lèvera-t-elle du clapot ?
Cote sableuse ArcayOu plus traitre encore : une houle venue de loin arrivera-t-elle dans le coin au mauvais moment ? Les prévisions météo vous donneront rarement des réponses sûres sur la houle. Voici tout de même un site qui donne des prévisions de houle distinctes des prévisions de vagues du vent : http://marine.meteoconsult.fr/ onglet « Plans d’eau »
Cette houle contournera-t-elle la pointe dont on attend protection ? Est-ce que telle côte y est sensible ? L’expérience des lieux par de nombreux types de temps est précieuse.
Voyez cette image des plages de la pointe d’Arçay (côte nord du Pertuis Breton) : voici un joli vent de terre, ENE, qui ne lève que des vaguelettes sur la mer, mais une vielle houle d’Ouest crée un ressac du diable sur la plage. Imaginez que vous soyez arrivés avant que la houle soit présente : le calme de la plage aurait trompé votre confiance !

CHOISIR SON ENDROIT

Plage Aix commentée 400x205
Beachage sur l’estrant

Cet arsignale plusieurs endroits sûrs. Il y en a d’autres sans doutes, explorez-vous mêmes et partagez votre savoir!
Voici tout de même quelques règles générales adaptées à nos Pertuis.
Les plages ont souvent (pas toujours) 2 pentes : la plage proprement dite, celle des baigneurs, avec du sable en pente marquée ; et en dessous un estran plus ou moins sablo-vaseux, à pente très faible, souvent occupé par des parcs à huitres ou des bouchots mytilicoles.

Plage Aytré commentée
Dune plage et estrant de la plage d’Aytré

Sur la plage proprement dite, il y a souvent du ressac. En revanche, échouer sur la pente faible de l’estran ne pose pas de problème de ressac. Il suffit en plus de tourner le canot face au large avant qu’il soit tout à fait échoué, puis de porter à pied le mouillage plus au large une fois la marée descendue ; dès que le canot flottera à nouveau on se déhalera dessus pour arriver dans des fonds suffisants pour pouvoir godiller ou descendre un peu la dérive, et s’éloigner de la côte.

La photo en tête de cette page a été prise sur le bas de l’estran à la pointe de Sablanceaux, à l’ouest du pont de l’ile de Ré, côté Vendée : On y voit le départ d’un groupe qui avait échoué en bas de la plage (faible pente) le temps de pique-niquer en haut de la grève, à l’abri des dunes. Pour faciliter le départ les canots ont été échoués tournés vers le large ; mouillages portés au large pour faire face aux vagues lorsque l’eau remonte.

Va et vient bateau Et si on risque de devoir récupérer le canot à marée haute, alors qu’on ne peut l’atteindre qu’en se mouillant jusqu’aux « genouilles » voire plus haut, une solution : le va-et-vient (de préférence étrave vers le large, contrairement au schéma explicatif ci-dessous).
Ça permet de haler le canot à terre à marée haute pour, par exemple, y récupérer les allumettes oubliées à bord, puis de le renvoyer au large.
Attention : si le bout du va-et-vient traverse la plage, des promeneurs peuvent s’y prendre les pieds et vous gâcher la soirée.

Naviguer dans les Pertuis Charentais

AU DÉPART DE LA CALE DU CORPS DE GARDE (CHARRON)

par Yves G.G

  • Localisation et accès : par le village de Charron. Le fléchage « Port
    du Corps de Garde » n’existe qu’au dernier carrefour et se voit au
    dernier moment (le long de la rue « … » en sens unique Est-Ouest)
  • Horaires : Cette cale est utilisable sur une large plage d’horaires de
    marée.
  • Caractéristiques : large, bonne pente, rares anneaux pour s’amarrer,
    généralement très bien dévasée. Pas de clapot ni de houle. Utilisée par
    de rares professionnels (leur laisser la priorité).
  • Courants : Sur la cale elle-même le courant traversier n’est pas gênant
    pour les manoeuvres. Mais elle est située sur un fleuve soumis à de
    forts courants de marée contre lesquels il est très présomptueux de
    lutter ; son utilisation comme point de départ et d’arrivée suppose
    donc qu’on ait calibré sa sortie en fonction des marées de l’aller et
    du retour, plus encore qu’en fonction du vent prévu.
  • Commodités : parking OK (mais ne pas y laisser les voitures toute une
    nuit)

Voici quelques destinations typiques accessibles à partir de cette cale :

 

A- VERS MARANS (EN AMONT)

  • Partir au flot, revenir au jusant.
  • Vers l’amont, le balisage latéral est présent jusqu’au pont du Brault.
    Passer sous ce pont nécessite le dématage. S’y prendre longtemps à l’avance si le courant donne fort. A défaut, se planter dans la berge  (argile) pour s’arrêter en urgence le temps de la manœuvre.

A partir de là, 2 options :

  1. Pour passer par le canal rectiligne il faut se renseigner à l’avance sur les jours et  heures de l’éclusage, pour l’aller et le retour.
  2. si on continue dans la Sèvre et ses méandres, les courants sont d’autant plus faibles qu’on s’approche de l’extrémité amont du bief. On ne pourra pas aller jusque dans la ville de Marans car les anciennes écluses situées un peu en aval de la ville sont coincées depuis longtemps. Le débarquement n’y est pas facile (argile et roseaux partout). Une fois débarqués il y a des chemins très praticables pour aller en ville (15-20 minutes). NB : Si le parcours dans ces méandres se fait à marée pas très haute les
    berges vont souvent masquer ou dévier le vent.

B- VERS L’AVAL :

Partir au jusant, revenir au flot.

Les destinations suivantes sont proposées pour une sortie à la journée avec échouage et pique-nique à basse mer  : dans les bouchots, ou à la pointe d’Arçay, ou au Banc du Bûcheron, ou sur la plage de Rivedoux. Les courants sont alors favorables à l’aller et au retour. Et avec des BM entre 12h et 15h, les coefficients de marée sont plutôt élevés, donc les courants sont «efficaces ».

Si le vent est globalement favorable ( sauf dans certains tronçons des méandres, bien sûr!) il faut environ 1heure pour aller du Corps de Garde à la 2ème bouée d’eau libre (sortie de la Baie de l’Aiguillon).

Les temps de parcours vers les autres points de destination sont très variables selon les conditions météo.

TRONC COMMUN :

DANS LES MÉANDRES DE LA SÈVRE :

  • Le balisage latéral est un bon guide. Passer loin des berges convexes pour ne pas s’échouer dans les vasières au jusant.
    On va ainsi passer devant le « Pavé de Charron », grande cale avec un petit phare vert, à l’endroit où la Sèvre débouche dans la Baie de l’Aiguillon. A ce niveau on traverse une grande zone de mouillage des
    navires mytilicoles. Attention à ne pas se faire porter sur eux par le courant, d’autant plus qu’ils sont plus hauts qu’il n’y paraît et qu’ils nous déventent facilement.

TRAVERSÉE DE LA BAIE DE L’AIGUILLON :

  • Le balisage latéral est un bon guide. Mais il n’y en a plus au delà de la 1ère bouée dite d’eau libre (rouge et blanche) située à peu près au milieu de la Baie.
  • Attention : en aval de cette marque il faut encore rester dans le chenal du courant. Les berges vaseuses, qui peuvent être submergées si vous êtes partis tôt, sont encombrés de vieux pieux de bois, dangereux pour les carènes. Quelques uns de ces pieux se voient quand même à PM. Ils permettent d’estimer « l’emplacement sous-marin » de ces berges, dont il vaut mieux ne pas s’approcher (attention dans les louvoyages). Se guider aussi aux changements de couleur de l’eau.
  • A la 2ème bouée d’eau libre on a enfin toute latitude de s’écarter de part et d’autre. C’est là qu’on choisit sa destination dans le Pertuis Breton.

DESTINATION BOUCHOTS À L’OUEST :

  • Les courants dans l’aire des bouchots : flot vers le NE, jusant vers le SO.
  • Au large de cette aire des bouchots : flot vers l’Est, jusant vers l’Ouest
  • Ne pas entrer dans le dédale des bouchots si on ne connaît pas. Ils sont balisés par des pieux plus hauts qu’eux. A bonne distance au large (au sud) leur zone est balisée par quelques bouées blanches. C’est à
    elles qu’il faut se fier lorsque les pieux sont couverts. Les têtes de bouchots apparaissent environ 1h ½ avant BM pour des coefficients de 80 et plus.
  • Si on connaît ou si on est bien guidé, un échouage à basse mer parmi les bouchots est une sortie originale et un pique nique garanti tranquille.

DESTINATION POINTE D’ARÇAY ET EMBOUCHURE DU LAY :

  • Route à l’ouest en passant au sud des bouchots.
  • La bouée d’atterrissage du Lay est située loin au large.
    A BM, au nord de cette bouée se méfier de la barre sableuse : talonnage ou rouleaux possibles.
    A PM, attention aux bancs de sable de la Pointe d’Arçay : ils débordent loin à l’E.
  • En entrant dans l’estuaire du Lay, suivre le balisage rigoureusement.
  • La pointe d’Arçay elle même est une superbe zone d’échouage. En cas de houle, il y a du ressac, de moins en moins au fur et à mesure qu’on va vers l’amont dans l’estuaire du Lay. Avant de « beacher », suivre le sable à distance jusqu’à voir que le ressac est amorti, ou même entrer dans les anses formées par plusieurs langues de sable. Le fond de ces anses est souvent sablo-vaseux.
  • En face de la Pointe d’Arçay, à mi-marée au jusant, une partie du courant pousse à l’Est, vers les bouchots.
  • Attention si on veut ressortir de l’estuaire le jour même (par exemple après s’y être échoué à basse mer) : on va rencontrer des courants de flot puissants. Il faut donc s’être assurés qu’il y aura des vents très favorables avant d’échouer. Sinon, une solution est de descendre les canots au fur et à mesure que l’eau baisse, pour qu’ils puissent flotter et redémarrer avant que le flot soit installé. Dans ce cas (sortie à basse mer) sonder en permanence ; il faudra probablement sortir en 2 temps : si besoin mouiller dans la partie large de l’embouchure (les courants y sont moins forts) en attendant qu’il y ait suffisamment d’eau sur les bancs de sables de la barre avant de poursuivre sa route.

DESTINATION ÎLE DE RÉ

Quand on part de Charron, c’est à BM ou presque qu’on arrive à l’Île, donc très peu de débarquements possibles.

Voici 2 suggestions :

  1. Cap au sud vers la plage située à l’Est de Rivedoux, tout près du pont de l’Île. En dessous de mi-marée sa pente est très faible et casse le ressac. Elle est donc relativement sûre. On peut s’y échouer le temps
    de pique-niquer, et repartir au flot.
    Il y a des parcs à huîtres devant Rivedoux mais ils sont bien balisés par de grands poteaux. La zone indiquée ci-dessus est située à l’Est des poteaux. Elle est vaste et sûre.
  2. Cap à l’Ouest vers le Banc du Bûcheron (avant l’entrée du Fier d’Ars.)
    L’échouage est possible sur le côté nord du banc s’il n’y a pas de houle génératrice de ressac. Sinon il est très abrité côté « intérieur », donc sur le versant sud du banc. Mais attention : quand le flot reviendra le courant entrant dans le Fier sera fort et contraire.
    Solution : porter un mouillage sur le haut du banc et attendre que l’eau soit assez haute pour pouvoir passer par dessus et arriver de l’autre côté, où le courant de flot est favorable (vers l’Est). Mais cela laisse moins de temps pour faire le retour. Pensez que ce parcours est long, et vu qu’il est orienté Est-Ouest, il est rare qu’on puisse faire l’aller et le retour dans la même marée : le vent n’est pas souvent favorable dans les 2 sens !
    Les jours chauds et ensoleillés avec vent synoptique d’Est sont favorables si on pense que la brise thermique soufflera l’après midi.
    Elle vient de l’ouest et commence à souffler au large puis se rapproche de La Rochelle ; l’apparition de quelques cumulus à terre en fin de matinée est un bon pronostic de la formation de cette brise.


Validité février
2015