Nordfjordbåt, un film documentaire

NordfjordbatimageQuelques uns de nos voilavirons sont directement issus de la tradition nordique, nous pensons naturellement au Skerry de John C. Harris à la popularité grandissante en France, nous pensons à la Yole de Ness, à certains plans de Iain Oughtred comme son Elfin, au Youkou-Lili de François Vivier, et même dans une certaine mesure au fameux Doryplume de Luc Casær au plan édité en son temps par le Chasse-Marée.

La charpenterie de marine de notre tradition celto-latine commence par des membrures fixées sur la quille, les vikings et leurs descendants font l’inverse, ils montent les bordés avant les renforts intérieurs, comme à leur imitation on le fait aujourd’hui avec certains kits en contre-plaqué à coudre et coller à l’époxy.

 

Voici un très instructif film sur la construction d’un bateau nordique de dimensions de nos canots voile-aviron. Diffusé par la bibliothèque nationale norvégienne, la Nasjonalbibliotetek à Oslo, ce document datant de 1976 montre l’intégralité des phases de construction traditionnelle.

Le commentaire parlé est en norvégien - mais il semble difficile de leur en faire reproche- ce qui peut le rendre éventuellement un peu opaque à quelques-uns d’entre nous, cependant les images sont tellement explicites qu’on aurait presque l’impression de comprendre la langue.

Le petit chantier naval est équipé des machines de l’époque, scie à ruban, raboteuse, perceuse électrique, ce qui n’empêche pas le charpentier de se servir d’une hache et d'un couteau pour faire les biseaux des pièces de quille ou d’étrave, et d'utiliser un vilebrequin ou une manivelle, plutôt que sa perceuse pour certaines tâches.

On verra comment l’étrave ou les varangues sont sciées et taillées dans du bois tord pour en suivre le fil, gage de solidité ; on s’amusera de voir le charpentier mesurer la longueur de l’étrave par des écarts du pouce et de l’index, méthode que, plus au sud, les corses appellent le scumessu, au lieu de se servir d’un mètre ; on admirera la contre-masse sur ressort pour marteler seul les rivets, un marteau dans chaque main ; mais surtout on comprendra ce mode de construction où les bordés sont montés avant les membrures, les écartements étant obtenus par des chandelles s’appuyant au plafond assez bas de l’atelier.

Finalement on aura compris que le coup de hache doit nécessiter un peu d’entrainement et que le maitre ouvrier n’en est pas à son premier bateau.