Raconter

Vous trouverez Ici des récits de navigations des vélirameurs de l'association

Échouage sur la plage : sémantique

 

 

 

Grave discussion par mels entre graves vapistes. Quel mot français pour remplacer le franglais « beachage » ?

Disons-le de suite, tous savaient que le terme « échouage » correspond parfaitement dans son sens général et qu’on peut échouer sur la plage de Gatseau ou sur le Banc des Bucherons en attendant la renverse.

Mais.

Comme une nuance semble se deviner derrière le vocable « beachage », il convenait de sentir ce que l’on éprouve et qui entraine le besoin de l’exprimer en utilisant « beachage » plutôt que « échouage ». Il semblerait que nos activités de plaisance légère induisent un sens ludique ou tout au moins de plaisir à l’arrêt sur une plage le temps d’un repas, d’une sieste, voire d’un bivouac. Ces pauses plus ou moins étirées préfèrent la plage au lieu de la vasière ou le banc de rochers. En tout cas on ne « beache» pas à un ponton, ni même dans un port d’échouage, une échouerie pour reprendre un terme logique et bien formé, utilisé par Bernardin de Saint-Pierre.

Nous n’entrerons pas sérieusement dans la discussion bysantine sur l’étymologie de « échouer » qui mit en échec plus savants que nous, qui cependant n’hésitèrent pas à proposer des parentés supposées plus ou moins surprenantes, mais nous nous amuserons à souligner un lien possible entre « ashore » et « échouer » histoire de faire avancer le smilblick.

 

Poussés par quelque démon du néologisme, nous voila à imaginer des « échouplage », « grèvage», « plagir » ( donnant plageant ou plagissant selon qu’on opte pour une forme ou une autre dans l’arsenal des catégories de verbes), « plagirer » au sens d’aller à la plage comme on irait à la côte, et seules les complies mirent fin à cette débauche de nouveautés plus ou moins bien justifiables.

Les laudes ouvrent les yeux neufs et les recherches dans le monde des réseaux interconnectés nous font atteindre des rivages explorés par d’autres. Un article de Wikitionary.org en français nous indique « plager » en tant que dénominal de « plage » avec un sens militaire qui nous intéresse même si le sens commun nous va bien aussi. Qu’on en juge :
 

plager \pla.ʒe\ intransitif 1er groupe (conjugaison)

  1. Se détendre, s'allonger sur une plage pour bronzer.

    • Je déteste plager, moi, en vacances, il me faut de l'activité.

  2. (Militaire) s'échouer volontairement pour un navire.


Comment! La Royale se permettrait-elle de « beacher » ? L’auteur anonyme de cette notice ne cite pas de référence justificative, aussi convient-il de replonger pour explorer les fonds de la marine.

Bonne pêche. On trouve dans notre filet :

Avec 50 marins à bord, le Dumont d’Urville vient d’effectuer sa quatrième escale à Port-au-Prince depuis le séisme du 12 janvier 2010 dans le cadre de ses opérations de « plageage ».(Pilkiz,com)

 

Le plageage présente de nombreux avantages notamment pour soutenir des populations en cas de catastrophe naturelle. En effet, il ne nécessite aucune infrastructure portuaire pour débarquer des troupes ou décharger du matériel.(Cols Bleus)

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EDA-R en manoeuvre de plageage (© MARINE NATIONALE)

 

 Le BATRAL a été spécialement conçu pour le transport de compagnies d'infanteries avec armes et véhicules (compagnie d'intervention "GUÉPARD" à 140 hommes et une douzaine de véhicules) et le débarquement de ces unités à l'issue d'un plageage ou d'un embequetage.[ http://www.defense.gouv.fr/marine/patrimoine/histoire/la-marine-d-hier/les-batiments-de-surface/champlain-l-9030] [note de la rédaction : nous laissons le lecteur se documenter sur l’embèquetage qui sort de notre propos]

 

Avec ou à la place des RIB, on peut embarquer des véhicules de reconnaissance et patrouiller près des côtes ou en mode fluvial. Si quelque chose de suspect est détecté à terre, le MPC va plager et lancer ses véhicules, l'équipage pouvant ainsi directement poursuivre sa mission sans attendre l'arrivée, parfois longue, de moyens terrestres. (noticiaronaval)


 

L'arrivée aux Seychelles se fait quelques jours plus tard, samedi 2 décembre, sous la pluie. Commence alors l'exercice CATEAU NOIR 2006. Dès le premier jour, un plageage est réalisé dans l'anse Lazio… (meretmarine.com)

 

en zone contrôlée par des armées amies ou en opérations de débarquement comportant héliportages et plageages sur des rivages non aménagés ou faiblement défendus.(netmarine.net)

 

Arrêtons là ce chapelet de citations : la messe est dite, les mots plager et plageage sont officiels depuis longtemps. Comme dit Cols Bleus, le plageage présente de nombreux avantages. En effet, il ne nécessite aucune infrastructure portuaire pour débarquer.

Toute la philosophie vapiste!

Allons plager sur le sable chaud nos petits bateaux qui n’ont pas de jambes mais qui se posent très bien le cul par terre.

 

Plage et bateaux dans les pertuis charentais

Quelques jours en Seudre

En consultant le calendrier des festivités nautiques dans les Pertuis Charentais 2017, il était apparu qu’on pouvait aisément fin aout en enchainer plusieurs en Seudre et alentour, pourvu qu’on se dote d’une solution de continuité de notre cru. C’est ainsi qu’après avoir été fastueusement reçus par le club de l’Éguille Voile et Nature, on a pu participer au Voiles de Mornac, puis rejoindre le Chantier Rabeau à Bourcefranc.
Jean-Michel et Yannick, ces membres de la diaspora vapiste vivant en pays Nantais, nous racontent ici leur participation à ces réjouissances estivales.

 

Texte  ; Jean-michel COURONNE et Yannick, l’équipage de « Fleurd’Orient », un Bayraider 17 

Photos : Jean-Michel Couronné, Yannick, Jean-Luc Louis.

Des Voiles de Mornac au Chantier Rabeau en aout 2017.

 

Samedi et dimanche

C’est par un beau dimanche d’aout que nous avons découvert les festivités des « Voiles de Mornac », une des nombreuses manifestations nautiques dans le bassin de Marennes Oléron.

Notre association de petits voiliers « VAP » (Voile-aviron dans les Pertuis) était invitée à Mornac sur Seudre, un village classé parmi les plus beaux villages de France, au nord de Royan.

Nos embarcations, si elles sont récentes pour la plupart, sont souvent gréées au tiers avec leurs voiles et coques de couleurs. Elles s’intègrent très bien avec les vieux gréements plus imposants qui participaient à ce rassemblement.

La veille au soir une dizaine de bateaux, sans le nôtre qui n’arrivera de Saint-Nazaire que le lendemain, avaient rejoint le petit port de L'Éguille au fond de la Seudre, pas très loin, en amont de Mornac .

La soirée y fut festive, pour se faire le gosier nous a-t-on dit, et au réveil à 5h du mat’ le dimanche, il y avait des frissons. Mais la marée commande et la mer descend vite, il fallait faire vite pour ne pas se retrouver le cul (du bateau) dans la vase.

Depart matinal sur la Seudre

La flotille avait prévu de s’échouer pour midi au sud d’Oléron, sur la plage de Gatseau en face l’estuaire de la Seudre, cependant les vents défavorables n’ont pas permis cette halte. Finalement c’est à peine posé sur le sable de Ronce les Bains, côté continent, que les voiliers ont dû repartir, car la renverse se faisait déjà sentir.

C’est donc au retour des bateaux qui embouquaient la Seudre, que nous avons rejoint la flotte à partir de la cale de La Cayenne, non pas celle du bagne, mais d’un petit port ostréicole ainsi nommé où se jette le canal de Marennes dans la Seudre. Alors nos belles voiles ont remonté le fleuve sous le soleil, avec un vent léger et portant. La Seudre reste claire comparée à la Charente plus au nord, c’est pourquoi elle est une « rivière » d’élevage de naissains d’huitres, grâce à la qualité de son eau.


 

Voiles de mornac 2017


 

Il était prévu que nous allions rentrer à la queue leu-leu dans un ordre bien défini dans le chenal tortueux de Mornac, rive gauche, aussi une escale s’est imposée dans un étier en attendant le top d’entrée. Après quelques ronds dans l'eau en attendant le signal, tout avait bien commencé, mais bien que nous soyons très disciplinés comme il se doit, au fur et à mesure que nous avancions dans le chenal bordé de carrelets et cabanes colorées, la belle ordonnance a eu quelques ratées, si bien que nous sommes arrivés dans un joli désordre. C’est ainsi que Fleur d’Orient, trop rapide, prenait la première place au lieu de la septième allouée, car pour freiner dans le courant il ne reste que les avirons, mais ramer à contre sens des autres, ce n’est pas facile quand on manque d’espace.

Nous avons été accueillis micro en main par Pierre, notre président de l’époque, consigné à terre avec regret, ou comme lui-même aurait dit, puni de ne pouvoir naviguer. Ce fut une belle prestation de nos petits bateaux entrant à la lueur du soleil couchant, parmi ces voiles multicolores se frayant un passage dans ce très ancien port de pêche et de commerce, situé au bord du marais. Ce village vit au rythme des marées et a conservé tout son caractère traditionnel, à l’image de nos voiliers modestes amarrés le long des quais ou des pontons des cabanes bariolées.

Pour l’animation se fut réussi. D’abord un bain forcé de l’équipier de Fleur d’Orient, Yannick, en voulant nous amarrer provisoirement sur une berge herbue et abrupte. Yannick trempé, Yannick désolé, mais Yannick changé à l’abri des regards dans une de ces petites cabanes qui longent l’étier.

Heureusement, nous avions nos rechanges dans nos sacs étanches, pour les soirées bien arrosées (nous parlons de la pluie, naturellement). Nous n’avons pas de cabine de bains, nous essayons si possible d’être en autonomie complète, mais ce n’est pas toujours facile surtout pour avoir le pain ou le rosé gardés au frais.

Finalement, tous, nous avons posé nos bateaux docilement. Sur un avant-quai, comme le Drascombe de Jean Pierre ou bien coincés sur une cale envasée comme la bande à Isabelle et Patrick.

Voiles de mornac 2017 échouage

Quant à nous, nous avons choisi de nous mettre à couple du Pirmil de Françoise et Philippe, jusqu’à se coller à marée basse dans le reste de filet d’eau. C’est vrai qu’avec leur faible tirant d’eau, dérive et safran relevés, nos bateaux sont bien adaptés à l’échouage et la navigation dans les étiers de cette région de la Charente Maritime.

Après une soirée et un diner musical sur les quais à la lumière des projecteurs dans les voiles des vieux gréements, ce fut bivouac sous tentes pour beaucoup dans un petit bois, pas bien loin de nos bateaux, tandis que certains ont préféré un repos confortable à bord d’un gros vieux gréement.

Rares furent ceux qui cabanèrent, car dormir sous la tente sur le bateau n’est pas toujours confortable, surtout quand le canot s’incline sur la cale envasée. Mais il y a des avantages : certes il faut supporter le bruit de la fête, en revanche on a le privilège d’être proche, suivant nos envies, des bars ou des sanitaires du port.

Mornac soirée

Lundi

Le lundi en matinée comme la mer était basse, c’est une ballade à pied qui nous à fait découvrir ce paysage ostréicole, où la vue se perd dans ce labyrinthe d’anciens marais salants, reconvertis en claires pour l’affinage des huitres ou bassin d’élevage de crevettes ; puis Mornac nous accueillait, avec son église romane, ses maisons peintes en blanc, ses boutiques d’artisanat, et ses ruelles fleuries .

Après un déjeuner partagé sur les quais, ce fut une découverte sous voile des achenaux qui borde la Seudre en amont de Mornac, guidé par Bruno, le local de l’étape.

Il est surprenant de voir depuis la terre ces voiles qui glissent au-dessus des marais, surtout avec la marée haute et un gros coefficient. C’est un grand plan d’eau qui s’offre à nous pour régater, sans l’écran d’arbres qui nous déventeraient comme souvent en rivière, même si certains déclarent forfait, et comme Taka, la plate blanche de JB, préfèrent se planquer dans les roseaux au premier méandre .

Mardi

Le mardi nous avions rendez-vous au chantier Rabeau à Bourcefranc, pas loin du pont d’Oléron, mais dans l’estuaire de la Seudre la flotille s’est divisée. Certains ont sorti leurs bateaux de l’eau à La Cayenne, appelés à terre par quelques obligations, certains non motorisés ont préféré s’échouer à Gatseau au sud d’Oléron, d’autres comme nous, ont suivi Bruno vers une langue de sable en face du château d’Oléron. Il faut dire que les courants divergent ou s’opposent, surtout à la fin des marées, et ce n’est pas facile suivant la force du vent d’être dans le bon timing : soit trop tôt, soit trop tard avec le courant contre, il importe donc d’optimiser.

Fleur d orient devant le fort louvois

Finalement une poussette à la godille-essence fut nécessaire en passant sous le pont d’Oléron avant de s’échouer sur le banc d’Agnas, où on a été tout surpris de voir un si grand nombre de petits bateaux à moteur posés là pour une pêche de palourdes miraculeuse.

Voiles de mornac 2017 apéro

 

Un moment de détente pour un pique-nique, apéro solidaire et très coloré en compagnie de nos ostréiculteurs accompagnateurs sur leur lasse à voile. Ensuite, bien sûr, la sieste s’est imposée avant de rejoindre les hangars bleus du chantier Rabeau. Finalement nous sommes arrivés au complet en fin de soirée comme prévu, après une rafale de vent inopinée qui nous a tous surpris.

Bateaux ancrés ou échoués à marée haute sur le sable fin, bivouac en haut de plage à côté des ateliers.

Re-apéro avec vue sur mer, au soleil couchant, décor d’un autre temps.

Ce soir-là, beaucoup ont sorti avec difficulté leur canot de l’eau, non pas à cause d’un abus d’un quelconque breuvage, mais de l’accès des remorques difficile sur la plage .

chantier Rabeau 2017 échouage

La soirée fut mémorable, dans de cet ancien chantier naval. Folle ambiance et repas cuisiné aux fruits de mer délicieux. C’était coques en stock mais quand même pas woodstock malgré l'odeur de sciure!

La soirée s’est passée entre les machines à bois sous les charpentes empoussiérées, à côté d’un vieux gréement en cours de restauration. Chants de marins, Brassens ou Antoine, grattage de guitare classique, pour gosiers asséchés, ohyé!


 

Mercredi

Malgré l’odeur du café servi, brioches et confitures, le petit déjeuner fut trop matinal, l’atelier respirant encore l’odeur de la bonne cuisine de la veille.

au chantier Rabeau 2017

Profitant du début de la marée descendante nous sommes rentrés seuls par la mer avec une escale au Chateau d’Oléron.

Après bien des bords dans le chenal étroit qui nous à amené aux premiers pontons, l’arrivée fut tranquille, à contre courant au pied de la citadelle.

Le bateau bien rangé, prêt à partir, il était l’heure de la visite des remparts, puis du marché, enfin d'un petit resto, mais déjà il était temps d’appareiller.

Ah les cons ! iIs ont enlevé l’eau autour des pontons ! les mouettes ont pied.

Safran, moteur, dérive, tous bien plantés dans la vase : nous voila obligé d’attendre. Eh oui, dès qu’on aborde les pontons flottants, on retrouve le réflexe des plaisanciers aux docksides.

Après bien des titillements, des mouvements oscillants à l’arrivée des premiers centimètres d’eau, nous avons enfin décollé, bon pour un petit nettoyage des appendices (du bateau s’entend).

De retour « En passant par Marennes  avec not’e bateau » nous avions programmé une escale « chez nos amis voileux. ». Éclade de moules et chambre d’hôte dans une grande maison bois, ça vaut le détour .

Comme nous venions de naviguer ensemble la veille, bien fatigués, notre hôte et moi, tous les deux à plat, finalement nous n’avons parlé que de « flat-twin ». Ah, vieille mécanique, quand tu nous tiens !

Fleur d orient bayraider 17 

Fleur d’Orient a rejoint Saint Nazaire, son port d’attache sur l’estuaire de la Loire, et son équipage a fait le plein de bons souvenirs .

L’Éguille, Mornac, le chantier Rabeau, un mélange d’étonnements.

C’est sûr qu’on y reviendra.

***

Deux canots aux Glénans

 

Texte et photos : Patrick

 

- Tiens pourquoi pas les Glénans!
- Même pas peur.

La météo n'est pas mauvaise ; Jean-Paul a une grosse envie de mettre les Glénans au tableau de chasse d'Alose ; quant à Amzer-zo, lui, il connait : alors on y va.

VAP en route vers les Glénans
Donc nous quittons nos copains de la ballade "Golfe tour" pour rejoindre la pointe de Trévignon notre base de départ où il y a une cale large et de la place pour laisser nos camping cars ainsi que leurs remorques.
Trévignon présente l'avantage d'être à moins de 10 miles de la côte promise, donc à distance légale pour nos canots armés pour 6 miles.
Nous préparons donc nos bateaux le soir, assurons une bonne nuit à terre et le lendemain de bonne heure nous effectuons la mise à l'eau et direct sur un seul bord vers Penfret.
Mer plate et petit vent de 5 noeuds  nous portent tranquillement vers l'ile principale qui nous offre un mouillage sur ancre pour un bon casse-croûte suivi d'une sieste.
Après cette application du "principe de précaution" (comme dirait Nadau) nous appareillons pour une petite virée vers l'ile du Loch agrémenté d'un passage sur les rochers de la Tête de mort, mais pas de soucis avec un temps de curé et une eau limpide comme aux Caraibes nous pouvons voir le fond et évaluer la profondeur. Trois petits bords pour éviter l'ile de fort Cigogne et nous voila prêts pour aborder à la cale de l ile St Nicolas.
Aïe! il y a un gros bateau gris avec une déco bleu-blanc-rouge sur son côté. Nous passons au ras du navire gris qui nous observe mais qui ne bronche pas. Bon, ce n'est pas parce que nous n'avons rien à nous reprocher qu'ils auraient le même point de vue.
Que fait un marin qui, après une grande traversée, débarque à terre ? Il se dirige par instinct vers le bistrot : donc nous ne dérogeons pas à la règle, puis petit tour de reconnaissance et après avoir immortalisé notre présence sur l'ile, un gars du coin nous indique deux bouées où nous pourrons passer la nuit sans problèmes.au port
Et là, à dix mètres de nos canots, un "capitaine" téléphone bruyamment à sa femme (on suppose) : "Devine chérie : il y a trois fous sur des mouille-culs qui sont aux Glénans et en plus ils vont coucher à bord, ils sont en train d'installer leurs taud pour la nuit! J'en crois pas mes yeux!"
Il est vrai que lui, il va passer la nuit sur un 11m double barre à roue et confort à l'avenant.
Bref! Ceci dit le réchaud du bord nous procurera un petit repas chaud puis dodo les petits, pas de télé ce soir et tant mieux.
Après une nuit calme, le réveil est salué par un lever de soleil magnifique, mais le beau temps, ça n'a qu'un temps, il est prévu 35 noeuds de vent.
"Tiens du crachin. Hum... le vent ne devrait pas souffler si fort que cela" se dit le vieux marin.
Et ce sera effectivement le cas. Le départ de St Nicolas nécessitera le moteur et son (avi)ronron ne nous quittera pas jusqu'au continent. Dommage, mais quand même un super souvenir.
La sortie de l'eau à Trévignon sera musclée, car même sans vent il y a une houle qui implique de s'y mettre à  deux pour tenir le bateau tandis qu'un troisième s'affaire à la manoeuvre du treuil. Plus jamais nous ne  partirons de Trévignon car par un vent fort il est impossible d'en ressortir son bateau et il ne resterait  plus qu'à aller à Portmanech avec la complication de récupérer la remorque. La prochaine fois on optera pour un départ de Bénodet ou Port La Foret.
Les Glénans c'est MAGNIFIQUE on ne s'en lasserait pas, c'est à faire et même bien fait c'est à refaire.

visite immortelle

 

 

Vap Golfe Tour 2017

Texte :Patrick

Photos : Patrick ; Jean-Michel C.

Quand un amoureux de la petite mer propose à ses copains voileux de venir en découdre avec les courants du Golfe du Morbihan, cela donne quatre jours inoubliables et ce fut : la "VAP GOLFE TOUR 2017"

Cinq voilavirons de notre association de La Rochelle arrivent en force à Saint-Armel, notre point de départ. Le rendez-vous est chez Patrick qui possède une petite maison sur place. Trois bateaux viennent de La Rochelle, mais la diaspora est représentée par Fleur d'Orient basée à Nantes et qui vient jouer dans son jardin, mais aussi l'Alose qui, malgré son immatriculation Vannaise, arrive en réalité de Lyon.

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Premier jour

La première nuit est passée sous tente dans le jardin, et au matin on s’ébroue pour aller mettre à l'eau à la cale du Passage, bien aidé par le fourgon de Patrick qui arbore une boule d’attelage à l'avant de son véhicule, ce qui n'était pas du luxe vu l’étroitesse de la cale

Pendant que certains commencent à gréer, d'autres vont stationner les remorques sur notre terrain de base et c'est en milieu de matinée que nous nous dirigeons vent arrière vers l'ile de Lern puis, doucement, passons devant l'ile d'Arz et allons beacher sur l'ile d’en face à Ilur.

Dans une petite baie magnifique et abritée sur fond de sable blanc immaculé (ou presque) nous posons pieds à terre pour une plaisante visite du petit hameau, mais aussi pour sortir du sac le casse-croute. Faute de bistrot nous débouchons nos bouteilles puis... digérons sur le sable au soleil en faisant une petite sieste. Oui oui ! au soleil ! Nous profitons du micro climat ( il est vrai que nous sommes alors protegés du vent ).

Pique nique sur la plage d'Ilur

- Hé !les gars, ça remonte il va falloir s’y mettre, car nous allons a la pointe de Kerners. nous attend une bonne pizza et notre camping.

Ça se complique car il va falloir naviguer contre le courant et là l'expérience du marin du coin sera utile.

- Tiens, pourquoi il va à babord ? Ce n'est pas la route !

- Si ! si bien sur, parce que à 500m il y a un contre courant qui va nous permettre de ruser et de gagner un temps précieux

Beau Merle, le bateau basque, est impressionné par la force du courant, mais taille la route ; Let’er buck après un empannage résoud son problème de voile passée par dessus le mat ; Amzer zo tourne autour et surveille son monde, et tous finissent par arriver sans encombres au port de Kerners où nous pouvons mettre nos canots sur bouées et regagner terre grâce à l’annexe gentiment prêtée par notre restaurateur.

Belle traversée avec un beau soleil mais un joli vent de force 4, un peu froid aux doigts mais chaud dans les coeurs.

Les tentes sont vite montées et c'est face à la mer , presque les pieds dans l'eau que, assis aux tables du petit bistrot, nous dégustons les pizzas déjà commandées et livrées sur place et réchauffées par dessus le marché par notre hôte qui avait ouvert sa buvette spécialement pour nous. Quelle classe ! L'intendance est à la hauteur.

On se refait la navigation de la journée.

- Tu as vu le courant c'est dingue, et les rochers où nous sommes passés !

- Non, mais il y avait au moins 1m50 d'eau!

- Tu sais l'eau ici est aussi claire qu’en Méditerranée !

- Oui, mais elle est froide.

- Oui, mais elle est claire.

- Mais froide.

- Hé les gars faut faire dodo

Le soleil est couché, le froid arrive vite, nous allons nous mettre sous la couette et faire de beaux rêves. Ou des cauchemars, chacun fait comme il veut.

Deuxième jour

- Ha ! ce matin ça vente fort.

- Comme d’hab!

Petit briefing.

Devant les légères réticences, nous optons pour un changement de programme : plus tranquille car passer devant Berder avec six nœuds de courant, plus le vent et l'eau froide et sans sécu, ben …

Nous tombons d’accord pour dire que nous sommes là pour nous amuser et non pour faire des exploits. Bref, départ en direction de l'ile de Conleau en passant entre l'ile au Moines et l'ile d'Arz puis Arradon et port Anna.

VAP Echouage en Morbihan

La traversée s’avère sans problèmes par un vent certes soutenu mais très maniable et du soleil. Encore du soleil ! hé oui.

Un petit coup de VHF au port de Conleau pour donner notre heure d'arrivée et savoir quelle sera notre bouée d'amarrage ? Cerise sur le gâteau, une annexe nous attend afin que nous puissions débarquer. Elle a été gentiment préparée par le maitre de port que Patrick avait joint deux jours plus tôt

 

-Hé !les filles et les gars, c'est pas fini vous avez 300m pour aller planter vos tentes et on revient pour le resto où un menu nous attend (pas terrible finalement, et on n’y reviendra pas le lendemain).

Encore et encore des anecdotes sur la navigation du jour, puis on se glisse dans le duvet

Une seconde journée bien remplie, plein de bons souvenir sauf l'addition du resto. On ne peut pas réussir partout, demain sera un autre jour.

Troisième jour


-Ah ! Mais ce matin ça souffle !
- O buffe point trop cha p’tit.

Patrick qui a dormi dans son Amser zo de 3m50 pourra témoigner que dans la nuit il y a eu plusieurs rafales à décoiffer une bigoudène !
Durant le petit dèj’ au camping de Conleau, ça discute ferme car il est prévu au programme de descendre vers Arradon, puis l'ile de Berder et de remonter en passant entre l'ile au Moines et Arz puis se refaire une seconde escale  à Conleau le soir.
Bref beaucoup de vent et un peu de pluie (c’est à dire qu’on sera complètement trempés) nous pousse à tout simplement remonter la rivière vers Vannes. On est en vacances ( "amzer zo"en breton : on a tout le temps ! )
Une équipe partira visiter Vanne à pied et les autres en bateau, qui ne verront finalement de la ville que l’écluse et le dessous d’un pont. 
Nous accostons le long d'un quai pour casser la croute et retour au près à contre courant, mais avec le soleil revenu, jusqu’à notre bouée au port de Conleau. 
Ce petit retour est très sympa, du louvoyage sous le soleil, ma foi, ça ne se refuse pas.
Ce soir nous faisons un refus de tribord à notre resto d’hier qui peut toujours nous attendre et mangeons au camping, ce que nous ne regrettons pas
Après avoir refait le monde, dodo, car demain nous sortons les bateaux à la cale de Port Anna après avoir recupéré nos remorques grâce a Jo le taxi. En effet, comme le vent est prévu assez fort, de plus en plein dans le pif, la solution de facilité est adoptée par la majorité après concertation.
Et la soirée se termine chez Patrick à St Armel où une ventrée de spaghettis sauce tomate nous est concocté par Francoise et Jean-Michel.
Demain matin retour aux bercails La Rochelle ou Nantes.
Seul deux irréductibles, l’Alose et Amzer zo partent pour une virée aux Glenans ! Oui rien que ça.
C'est vrai qu'Amzer zo n'en est pas à son coup d'essai pour les Glénans, et l’Alose en a vu d’autres. Cela fera l'objet d'un autre reportage.

***

Voilà , c'est ça la promenade en voile aviron. Naviguer en totale autonomie, à la robinson, ou alors profiter des commodités, mais passer par des chemins que peu de bateaux empruntent, beacher le temps d'un repas avec sieste (principe de précaution d’après Nadau ) et pour seuls visiteurs une mouette et un lapin de garenne 
 

Le jour de l'Hermione

 

Hermione, baie de La Rochelle fev 2018

Premier février 2018, l’Hermione qui avait quitté depuis deux jours son abri dans le port de Rochefort et descendu la Charente, devait faire son entrée à La Rochelle pour s’y faire admirer pendant un mois.

L’idée d’aller la saluer au large avait forcément germé dans quelque cervelle, mais pour une fois les voilavirons étaient restés au sec, et plusieurs vapistes, infidèles à leur coque de noix, embarquèrent sur un trimaran Corsair. Parti après beaucoup de monocoques bien plus gros, dès que le vent eut forci, l’engin montra vite sa vélocité et arriva bien avant le reste de la troupe aux abords de l’Hermione. Un des navires de Croisière-Inter-Iles y polluait déjà le paysage, ainsi que des bateaux bleu-orange de la SNSM, mais ceux-ci on y tient vraiment et ceux-là on les aiment bien finalement.

Comme il fallait bien faire des photos pour justifier le déplacement, le trimaran virevolta autour de la frégate avant de rentrer avant tout le monde au port . Il aurait été sage de freiner le bateau car il fonçait droit vers un joli grain. Mais le moyen de ne pas surfer?

Bref, on s’est mouillé, et il faisait plutôt frisquet.

Hermione et trimaran

 

 

Voile-avirons sur l'Erdre 2017

 

 

Texte, photo et vidéo : Christian

 

Voile-aviron sur l'Erdre 2017

 

Si vos goûts du moment vont vers l’acier, le bois brut plus qu’au vernis et au cuivre, si vous préférez les carrelets aux châteaux, si vous êtes plus Schumann que Michel Portal ou si le clapotement furieux des marées vous manque alors l’Erdre ne sera pas votre Rendez-Vous cette année.

Imaginez quand même une aubade musicale dans le petit matin ou le murmure des saxos qui approche, vous frôle et s’éloigne ou bien un pas de danse au rythme d’un big band pour dégourdir ses jambes à l’heure de l’apéro. La musique s’invite à chaque escale et même sur l’eau.

De l’Erdre secrète et bucolique du départ jusqu’à la foule sur les passerelles et les quais de Nantes, vont se succéder de larges espaces, des échappées sur les châteaux.

Vous serez nombreux à partager la fête, musicale et nautique, à la fois spectateur et acteur, surtout si vous venez en compagnie d’autres VAPistes déjà addicts.

Cette navigation là comporte un risque à bien considérer, celui d’y prendre goût et de revenir l’année suivante avec ou même sans son bateau...

 

VAP au bassin d'Arcachon

Textes : Annie-Claude

Montage video : Christian

Photos : Isabelle


Pour une petite virée des Vapistes, en septembre 2017, quatre « canots » de VAP s’en allèrent naviguer sur le fameux bassin à partir d'un confortable camp de base à Andernos.

Voilaviron devant une cabane à Arcachon

Malgré une météo moyenne, Chico Mendès, Josépha, L’Ingénue et Curlew rejoints par un sandbaggy local, ont paradé avec bonheur au milieu des parcs à huîtres … sans y causer de dommages ce qui n’est pas si évident !

Lors de la première sortie, quelle ne fut pas notre surprise, en contournant les célèbres cabanes tchanquées, de constater que nous évoluions au milieu de baigneurs … qui avaient pieds !!!! oups !

Ok, le bassin d’Arcachon ce n’est pas les 40èmes rugissants mais il faut quand même tenir compte des marées et des chenaux pour éviter de passer la nuit sur le sable en attendant que l’eau revienne ….

Quelques escales de pique-nique mémorables, à marée basse au milieu du bassin ou sur le port de l’Herbe, et pour clôturer ces belles journées de navigation, de joyeuses soirées chez nos hôtes que nous remercions encore pour leur accueil chaleureux, elle est pas belle la vie  ?

Tous gardent un excellent souvenir de ces quelques jours et ne demandent qu’une chose :

Y RETOURNER 

Cette petite vidéo en témoignera mieux qu’un long discours ! 

 

 

De joyeux Vapistes en quête d’émotions
Avec quatre canots traversèrent la Gironde.
Ce n’était pas la traditionnelle ronde
Mais la découverte de nouveaux horizons.

Habitués aux vastes étendues
Ils découvrirent avec bonheur ce petit paradis
Il faut cependant être marins accomplis
Pour regagner la terre le soir venu

Tout change, tout est chamboulé
Au rythme des courants et des marées
Mais le bassin et ses atouts ont su les ravir 

Ses célèbres cabanes, ses charmants villages
’île aux oiseaux, la pêche aux coquillages ….
Nos vélirameurs conquis rêvent d’ y revenir !

Remontée de canot Andernos


 

Ronde des Pertuis 2008

En ce début d'année 2018 nous republions le compte rendu fait après la Ronde 2008. Dix ans déjà! 
Les mésaventures de nos hébergements sur Internet avaient fait disparaitre ce document heureusement retrouvé au fond d'un disque dur.
Le revoici donc. Il s'agit d'un document PDF, il vous faudra peut-être le télécharger pour le visionner. C'est sans danger. Bonne lecture.

Cliquez sur ce lien : 

Rondepertuis2008rondepertuis2008.pdf

Ronde2008

Vie de chateau sur l'Erdre

 

Par Petrus Gastus le 23 Septembre 2010

Chateau d erdre

 

Le week-end du 17 au 19 septembre 2010 a été l'occasion d'un mini raid en eaux intérieures sur l'Erdre que nous avions baptisé "la Vie de Châteaux au bord de l'eau".

Sur l erdre

Trois bateaux et quatre marins étaient au RDV. Jean-Baptiste C sur "Pointe d'Ail", une plate de l'Aiguillon. Se nouveau membre s'est illustré tant par sa bonne humeur que par ses qualités de campeur de l'extrême (un concurrent sérieux pour Christian et Yves) !

 

 

Michel P sur Piou, son Moorskoul  bien connu des Rondeurs 2010 étaPiou dans la brumeit en grande forme. Il était venu pour inaugurer son système de cabanage et les températures des nuits étaient au RDV. Enfin Doody recevait pour la deuxième fois (après la Fête de la moule), Marc Cavalier, grand chasseur hapnésite qui découvre le véliramage et qui va nous rejoindre et ainsi compléter la liste des membres équipiers de VAP (à vos mail pour les inviter). Bref cette mini rando a trouvé un écho plus favorable chez les nouveaux que chez les anciens VAPistes.

 

Petit descriptif de la ballade : 

Pointe d'AilDépart de LR vendredi à 15 h et mise à l'eau pour 18 H une petite nav d'heure trente nous a conduit au port de Sucé sur Erdre. Petit ponton gratuit 48 h avec les restaurants face à la rivière. Nous n'avons donc pas manqué l'occasion de faire une bonne bouffe dans l'un d'entre eux. Après ce repas, montage des cabanages et dodo.

Le matin nous décidâme de ne prendre que 2 bateaux car Pointe d'ail n'est pas taillé pour le près. Une longue journée sur l'eau nous a amené sur les plaines de Maserolles où nous avons trouvé un lieu de bivouac extrêmement sauvage. Notre ami Jibi en a profiter pour dormir sous une bâche par 5 à 6 degrés.Marc dans la brume

C'est dans une brume fantomatique que nous avons appareillé pour une grande descente de la rivière en direction de Nantes. Le vent n'étant pas de la partie, c'est au moteur que nous avons rejoint Nantes sans toutefois atteindre le centre ville. Les nombreux châteaux rencontrés nous ont consolé des 2 h de moteurs. L'après midi a aussi eu pas mal de godille à l'essence. De retour à Port Jean nous nous sommes quittés en prenant date pour un débrif et pour préparer quelques articles, ainsi, peut-être, qu'une édition 2011 au Printemps. 

La gavotte des Pertuis 2013

Par Petrus Gastus

Parcours gavotte 2013

Initialement, notre ami Alban avait organisé une "ronde des Iles", une randonnée de 4 jours en baie de Quiberon, avec Houat et Hoedic en point de mire. Mais la météo capricieuse de cette fin de printemps ne nous a pas laissé le choix. Avec des vents annoncés à 35 noeuds, il a fallu annuler .

Claranse au large de Fort Boyard

Quatre jours de libres sur l'agenda, et des prévisions très convenables en Charente-maritime, nous ont convaincus que c'était ici qu'il fallait naviguer! C'est donc dans nos Pertuis que 6 équipages de vélirameurs ont embarqués le samedi 15 juin. Rendez-vous donné à la cale du Bout-blanc (la Rochelle) pour un pique-nique avant le grand départ. 3 canots vapistes, Zigoteau, Leecton et Doody, nous ont fait la surprise de venir partager notre déjeuner avant de partir dans le Vieux-port faire les beaux avec les Filles du Roy (voir article dans ce blog). Les assiettes et verres vidés, les ventres pleins, la gavotte des pertuis pouvaient commencer pour Bénetin (Ilur), Blues (construction amateur), Claranse (Pertuis 500), Josépha (canot britannique dont je ne connais pas le type[>> Bay Raider de Swallow boats]), Caredig (yole de ness) et Zazakelli (Insula).

Bord charenteAprès une sortie de port très délicate compte tenu de l'étroitesse du chenal et du traffic devant la Tour Richelieu, nous mettons le cap au sud et naviguons à vue jusqu'à l'embouchure de la Charente. Au près bon plein, sous un soleil revigorant, les bateaux marchent bien, poussés par une douce brise de secteur O/SO. Nous remontons la Charente de conserve jusqu'à un lieu de bivouac connu de Yves... On embouque une chenau rive gauche et on pique dans la vase et les roseaux. Voila le nid douillet pour nos embarcations... Les tentes sont installées vite fait. Nous pouvons profiter du calme des rives de la Charente pour partager nos victuailles.   

Dimanche 16. En route pour Boyardville. Les bateaux descendent gentiment le fleuve avec le courant. Les avirons nous aident à rester ensemble, ... et à se passer les bouteilles de pineau à l'heure du repas. Enfin le vent rentre alors que nous passons l'ile Madame. Nous bordons enfin les voiles pour tirer un long bord en direction de l'île d'Aix où nous pensons relacher quelques heures. Notre Dame de Flots, ketch traditionnel dont le port d'attache est le bassin du musée maritime de La Rochelle, nous suit à quelques emcablures. Nous decidons d'aller le saluer et de lui rendre hommage par une navigation bord à bord, pour le plaisir de ses invités.

 Naviguer avec Note Dame des FlotsAprès une demi-heure de séance photo nous choquons tout et nous dirigeons vers le chenal de Boyard. Après cette belle journée, une petite bière s'impose pour rafraîchir les gosiers. Heureusement nous somme en territoire ami et le bar resto "Le bout" nous accueille à bras ouvert. Je vous recommande chaudement ce lieu situé le long du port de Boyard, du côté du ponton visiteur. Vous y serez accueilli par Manu, un gars de Boyard. Pour moi, le seul bar où l'accueil est vraiment cordial, et où on ne sent pas pris pour un touriste (tapas et fish and ships extra!!! euh pas très couleur locale).

Les prévisions pour la nuit sont mauvaises : alerte orange aux orages. vents en rafale de 30 nds. 30 mm de pluie. Les bateaux sont remisés dans une alvéole le long du chenal. les marins profiteront d'une maison rachetée par l'Etat suite à la tempête Xynthia. Nous ne regrettons pas ce choix lorsqu'éclate l'orage autour de 3 heures du matin.

Au petit matin tout paraît calme. Pendant le petit déjeuner pris sur un ponton ostréïcole qui sèche au soleil, nous consultons  la météo et repérons vite qu'une seule petite fenêtre météo s'ouvre à nous si l'on veut rentrer sereinement à La Rochelle. Nous décidons de partir immédiatement pour profiter des vent de secteurs sud encore maniables en fin de matinée. L'après midi près de 20 noeuds sont annoncés et l'alerte orage est maintenu par la Préfecture. Sachant que le lendemain, c'est la même  chose mais avec des vent de NO cette fois, nous ne regrettons pas le bon sens marin qui nous poussent à activer les préparatifs du départ.

Claranse vent arriereLe temps orageux est lourd et sans vent. jusqu'au fort Boyard où la bascule de sud attendue se manifeste. Le vent fraîchit. Tous le monde prend un ris et continue sa route. Mer plate, vent arrière, 12 à 15 noeuds. La bateaux marchent bien. Nous taillons notre route à une vitesse de 5 à 6 noeuds. Malgré la visibilité médiocre les bateaux restent à vue et la VHF nous permet de prendre régulièrement des nouvelles de l'ambiance, concentrée, sur chacun des 6 voile-avirons. Nous arrivons aux ports des Minimes en flotille, seulement séparés les uns des autres de quelques minutes. On apponte, on prend un petit verre de rouge, une bière, un sandwich. On refait le match. Vivement septembre pour une nouvelle rando, dans les eaux morbihannaises cette fois...

Défi rochelais de la godille 2016

Sur le quai en attendant Godille

 

Ce défi rochelais de godille 2016 fut une grande édition. Vingt compétiteurs étaient présents dans le vieux port de La Rochelle. C’est dans le « U » du ponton visiteurs que Voiles-Avirons dans les Pertuis avait installé Ty Gouez et Zigoteau, les deux canots de godille appartenant à nos adhérents Christian et Thierry.

Les traditionnelles godillettes étaient aussi au défi rochelais de godille 2016. Ainsi donc les passants et autres marins ont pu s’initier à l’art de la godille avant d’assister à la compétition elle-même.

Basée sur deux « runs » d’environ 100 mètres avec virement d’une bouée, la compétition de sélection pour le championnat du monde de godille s’annonçait bien, par un temps lumineux mais sans soleil. Les premiers à ouvrir la compétition furent deux marins d’expérience déjà habitués à se mesurer sur l’eau avec leur gros bateaux respectifs, Coppelia pour Patrice et Emjo pour Alain. Les deux hommes, deux beaux gabarits des pertuis prêts à en découdre, se sont affrontés dans un duel fratricide d’où Alain sortit vainqueur face à un Patrice régulier comme une horloge sous les bravos de la foule.

Course de godilleDans les duels notables, on retiendra celui de Philippe M, le grand vainqueur contre Thierry D. Nous avons particulièrement remarqué le combat inter-île (à ne pas confondre avec la compagnie de transport ! ), entre Jean-Yves et Daniel. Le premier ambassadeur de l’Ile d’Oléron et le second de l’île de Ré. Unis par leur insularité, les deux hommes n’ont pas mesuré leurs efforts pour faire briller leur Île . On remarquera au passage que le vainqueur Aixois de l’an dernier a déclaré forfait pour cette édition, laissant la belle Ile d’Aix sans chevalier godilleur malgré notre invitation. De ce combat d’iliens c’est Jean-Yves qui l’a emporté.

Un duel inattendu opposa ensuite deux ex-participants au championnat du monde de godille de Groix. Cécile chez les femmes et Gabriel chez les enfants. Un beau parcours pour les deux qui n’ont pas laissé un instant de calme au public venu nombreux. L’un et l’autre signant ce jour des temps de parcours proches des meilleurs du défi rochelais de godille 2016.

Vient ensuite un combat entre Patrick et Philippe A. Le premier ayant par la suite jouéles commentateurs pour l’équipe de France 3, venue en amie pour faire quelques images pour l’édition du soir.

La rélève à la godillePuis, c’est la voix cassée d’avoir commenté les « Runs », que le Président de l’association, par ailleurs avant dernier des premières manches, se trouva face à son fils Gabriel . Fermement décidé à ne pas laisser le « drôle » prendre le dessus, Pierre comptait sur son expérience et son endurance pour montrer qu’il était toujours le plus fort de la famille. C’est humilié mais fier de la relève, qu’il regagna le micro pour encourager les autres champions.

A l’issue de cet après-midi de compétition amicale, une remise des prix est venue récompenser les meilleurs qui sont donc sélectionnés pour le championnat du monde de godille qui aura lieu à Groix.

Voici les résultats :

Philippe M (qualifié)
Patrick
Alain
Cécile (qualifiée)
….
Gabriel (qualifié)

Encore heureux qu'il ait fait beau ( 18 octobre 2014 )

20102014 passpartoo  et gros pétrolier

Les météos avaient claironné partout un été indien, et pour combler l’amateur, les marines avait promis un vent établi de force 4 et des rafales de 20 à 23 noeuds, si bien qu’un mel diffusé dans la soirée du vendredi à tout VAPiste avait lancé la chose : « Navigation demain. Demain Zigoteau et Pass’partoo prévoient une mis à l’eau à la cale de la pointe du Chay à Angoulins vers 12h30, bienvenue aux amateurs. » Un lève-­tôt (Petrus) avait répondu dès 7h 19mn : « Muddy sera mis à l’eau de Port Neuf avec Isabelle MC et Nathalie D, je ferai le mousse !

2014/10/20 beau merle
image : Beau Merle Le voile-Aviron de Daniel

Nous rejoindrons les autres en prenant plein sud. Qui d’autre ? ». Deux heures plus tard Beau­ Merle se rallie : « bonjour, je suppose que ‘navigation demain’ c’est navigation aujourd’hui samedi. A quelle heure la mise à l’eau à Port­Neuf? » On s’entend par téléphone sur la nécessité de faire plus vite que rapidement. Il n’était pas onze heures, ce 18 octobre 2014, que Beau ­Merle se présente, en même temps que Petrus, aux plots rétractables qui bouchent l’entrée de la cale de Port­Neuf. Quelque peu facétieux, ceux­ci demeurent coincés en position haute, malgré les manœuvres autorisées et les inavouables pour les faire s’abaisser.

Sur ces entre­faits, la petite Gazelle des sables, Passe­partoo, arrive en renfort, ayant été lâchement abandonnée par le Zigoto resté dans les terres lointaines. En attendant l’arrivée de l’électricien de garde aux services techniques de la ville, on devise avec d’autres infortunés, tandis que les dames, arrivées tôt, se livrent à l’antique corvée d’eau, s’évertuant à rejeter de la bonne eau de pluie hors du corps creux de Muddy. Ce Nantucket cat­boat étant un plan américain ancien, on suppose que l’invention du nable n’avait pas encore franchi l’Atlantique.

Du côté de la porte, on commençait à revoir à la baisse le programme de navigation. Arrive le préposé d’astreinte qui de sa carte magique fait que les bornes se rétractent illico. Aussitôt Passe-Partoo se met à l’eau, remplissant allègrement son ballast par le nable approprié, tandis que Beau­Merle quittant sa remorque va s’amarrer au quai. Il est, lui (c’est un bateau moderne), bien équipé d’un nable de vidange, mais qui ne respecte pas le sens unique et a une fâcheuse tendance à suinter aussi vers l’intérieur, il s’ensuit qu’il faut là aussi se livrer au jeux de l’éponge en attendant Muddy qui se fait désirer.

On en est encore à aller déjeuner du côté d’Aytré, départ au près retour au portant. Quand Muddy est enfin à l’eau, commence le délicat travail de le gréer. Pensez, il y a au­moins deux drisses qui ne font que s’emmêler et deux haubans qui gênent l’ouvrage. En s’y mettant à cinq, on finit par le rendre présentable.

Pendant ce temps, la marée étant de petit coefficient, la mer n’avait qu’à peine recouvert quelques traitres cailloux, mais l’horloge n’avait pas perdu de temps et il commençait à être un peu tard pour le programme annoncé. Conférence au sommet : on décide de faire route au portant vers l’Ile de Ré, de passer sous le pont et de déjeuner à Rivedoux, on aura tout l’après midi pour revenir. Comme Muddy risque d’aller trop vite, on convient d’attendre Passe­Partoo. Prudente, la petite Gazelle des Sables part la première, juste avec sa grand­voile et le foc, force 4 et rafales à plus de 20 noeuds annoncés obligent. Sur Beau­Merle et Muddy, on prend un ris de précaution. Muddy s’élance ! Pas loin. Le vent promis tardant à venir, le flux est le plus fort et entraine le Nantucket sur les hauts fonds d’où il peine à se dégager. Beau­Merle vient en renfort à coup d’avirons et quand on parvient enfin à se déhaler, la petite gazelle a tant tracé la route qu’on ne la rattrapera jamais. On avance péniblement dans un vent atone. On se décide à larguer les ris ; trop tard, même toute voile dehors (une chacun) les deux bateaux qui devaient attendre Passe­Partoo sont enclins au farniente. Il n’est même plus question de passer le pont. Joint par téléphone, Jean-Michel M de Passe­partoo nous informe qu’il a déjeuné à flot. On le prie de revenir vers le reste de la flottille où l’on va aussi pique­niquer à bord.

Muddy, le Beetle Cat de l'association VAP
image : Muddy le Nantucket de l’association

 

Cette partie du programme se déroule plaisamment sur une mer calme, un vent léthargique et un soleil bienveillant. On flâne, on prend des photos, on se baigne. La monotonie est juste rompue par le passage d’un long cargo qui développe quatre méchantes vagues déferlantes très rapprochées, heureusement d’une hauteur mesurée, que Passe­Partoo, le plus près du navire marchand, supporte sans broncher grâce au dessin de sa voûte en cul pointu qui a sauvé tant de marins olonnois lors de l’ouragan du 19/20 septembre 1930, embarqués sur les Gazelles originelles.

Finalement on met le cap sur Port­ Neuf. Le vent est juste suffisant pour que les bateaux soient manœuvrables, mais la Gazelle, malgré le renfort d’un flèche et d’un clin­foc, un peu plus au large, peine à remonter le courant, et se fait prendre en remorque par un pêche­promenade à moteur, pour pouvoir repartir dans l’intérieur des terres dans un délai raisonnable. Muddy et Beau­Merle se laissent porter par le flot, comme les centaines d’autres embarcations qui étaient de sortie devant La Rochelle. Canots, catamarans et course­croisière de tout poil, chacun suivait le même  train de sénateur. Nous avons ainsi éprouvé au milieu de toutes ces voiles qui tentaient de rentrer, un intéressant concept : le « naviguer autrement comme tout le monde ». Pour être tout à fait juste, certains voiliers allaient plus vite que les autres, voiles fermement bordées dans l’axe du bateau pour ne pas gêner l’action du moteur. Peut­être un train à prendre avant 18h ?

Quelque obscur problème vestimentaire a retardé quelques instants Muddy ; Beau­Merle en profite pour s’éloigner afin d’arriver avant la trop grande marée basse, et éviter d’aborder aux Minimes quand voitures et remorques sont à Port ­Neuf. Mission accomplie dans les délais, le bateau est remis sur sa remorque avant que les roues tractrices de la voiture soient sur la partie glissante de la cale. On guette Muddy, le voilà ! il double le musoir de la digue, moteur auxiliaire à fond (la godille je veux dire) pour aborder de justesse sur un filet d’eau. Mais le pilote connait son terrain, il existe au ras du quai une bande qu’épargne les algues glissantes. Voila bientôt Muddy hors de la vase et profitant d’une douche réparatrice. Passe­Partoo est reparti depuis longtemps dans son van.

 

Petit debriefing autour d’un verre. Chacun en convient, il y avait longtemps qu’on n’avait pas vu un tel plantage de la météo.

Encore heureux qu’il ait fait beau et que pour faire dans l’eau des ronds, on ait de fort jolis bateaux, la poupe ornée d’un aviron.

Danilus

Image de titre : Passepartoo , la petite gazelle des sables, devant un pétrolier à La Pallice

L'oeil de la mer : navigation au pays basque

Zokoa

Itsas-begia, l’œil de la mer en langue basque, est une association qui œuvre pour la mémoire maritime basque. Cette association organise tous les deux ans, sauf quand ça n’a pas lieu, une navigation autour de Socoa pour les voile-avirons et bateaux traditionnels.
Beau-Merle, construit sur les bords de l’Adour, est allé se mêler à ces festivités maritimes dites Zokoa 2015 (le Z se prononce S dans l’idiome local), à l’occasion de la Pentecôte. Disons-le sans ambages, le temps aurait pu être pire, certes, il aurait pu pleuvoir à verses, mais on aurait quand même aimé un peu plus de chaleur. Heureusement celle de l’accueil ne fit pas défaut, comme on s’en doutait, et au final, nous passâmes un agréable moment.

PREMIÈRE JOURNÉE

Pourtant, ça avait commencé en demi-teinte, la navigation jusqu’à Hendaye le samedi ayant du être annulée du fait d’une houle limite pour nos petits bateaux. Sagement les organisateurs avaient remplacé la navigation côtière par des régates très bon-enfant, autour de trois bouées dans la baie de Saint-Jean-de-Luz, avec départs anarchiques, sans enjeux, ni classements, ni récompenses et bien sûr pas de formulaires de réclamations. Beau-Merle pouvait ainsi comparer sa voile au tiers avec le gréement de sloup houari d’un autre exemplaire de Kanoteko+, Hegoak, premier de la série, et comme on le supposait, la version houari, avec 2m² de plus sous forme de foc, s’est avérée légèrement plus rapide au près.
Une sortie de la baie dans la soirée a confirmé qu’il aurait été bien imprudent de s’engager plus au large ce jour là sur nos coques de noix joliment secouées.

DEUXIÈME JOURNÉE

Le lendemain, le programme a pu être respecté, la houle ayant quelque peu décru, et toute la flotille a su faire une entrée remarquée dans le simili port de Guéthary, celui-ci n’étant à tout prendre qu’une cale fortement inclinée sur laquelle les barques sont hissées à l’aide d’un treuil, ce qui suppose d’épaisses bandes molles pour résister à cet usage. L’approche du port s’effectue entre une ligne de brisants à tribord et les vagues déferlantes prisées des surfeurs sur babord. Après avoir descendu trois belles vagues, il faut vite affaler la voilure pour terminer à l’aviron. Il devait y avoir 11 ou 12 nœuds de vent, ce qui rendait l’exercice plaisant, mais le jeu doit vite devenir acrobatique avec une brise plus jolie et une mer à l’avenant. La sortie du port se fait également à l’aviron, et il convient de sérieusement s’éloigner pour sereinement hisser la voilure, le risque de dériver vers des fonds incléments s’imposant rapidement à la conscience, même au plus novice des navigateurs dans ces contrées. Le retour vers Socoa se fit au près dans une houle plus haute que nos coques de bateaux, mais finalement, à part le léger déventement dans les creux, ce fut assez facile à négocier et moins chahutant qu’un clapot court deux fois moins élevé.
Ça valait mieux, car la sécurité aurait eu fort à faire, les consignes de naviguer groupés étant largement tombées dans les oreilles de sourds. Le préposé au bateau motorisé, ancien moniteur du centre de formation de l’UCPA, ne pouvant que constater qu’une armada de voile-avirons est plus difficile à tenir qu’une kyrielle d’Optimists, et que la bonne partie des participants ayant passer l’age de s’accrocher au trapèze se montre plus indisciplinée que de jeunes impétrants moniteurs. De surcroît, la grosse chaloupe du patrimoine naviguant qui devait assurer le sauvetage et le remorquage d’éventuels petits bateaux en difficulté, n’aurait pas été d’un grand secours, s’étant emmêlé la ligne de mouillage dans l’hélice. Mais la SNSM veillait au grain et tout rentra dans l’ordre.

TROISIÈME JOURNÉE

Beau merle sur la Nivelle 2015

Le lendemain fut plus calme, on naviguait sur la Nivelle, du port de Ciboure jusqu’à Ascain, et retour partiel avec le reflux pour trouver une cale accessible avant la marée basse, afin de sortir les bateaux et repartir chez soi. Certains avaient pris l’option tout à l’aviron, quant à Beau-Merle, il a pu quasiment assurer l’aller à la voile, dans un souffle d’air pour accompagner la marée montante, mais l’équipage inattentif a pourtant failli se retrouver à l’eau sur une modeste risée et un clapot d’enfer d’au moins cinq centimètres de haut. On se contenta d’embarquer quelques litres et d’échapper au ridicule.

LA FLOTILLE

Côté bateau, Itsas-begia avait sorti deux fleurons de son patrimoine naviguant pour ces trois jours, outre la chaloupe baleinière Brokoa gréée de deux voiles à livarde, Doga-Dohibane une « petite » chaloupe capable de remonter la Nivelle à la rame, qu’accompagnait une pinasse landaise venue du Vieux-Boucau, la Sauvagine aussi rapide à l’aviron qu’à la voile aux allures portantes.
Dans un registre plus modeste, on notait inévitablement trois plans Vivier, un Youkou-Lili et un Morbic 12 qui disputait le prix du bois verni avec un Ilur construit à petite lattes par un Béarnais natif de Marans ; on admirait de même un monotype d’Arcachon qui tenait fièrement son rôle de doyen encore vert ; une Caravelle pimpante au couleurs d’une marinière d’époque, menée en solitaire juste sous grand voile, qui se laissait distancer par pas grand monde ; un Skerry poids plume d’inspiration scandinave ; un batel basque venu d’Espagne avec une curieuse vergue intermédiaire entre celle d’une voile au tiers et celle d’une voile latine ; et toute une trilochée de plans Saint-Arroman comme il se doit dans la région : couralin habitable, Baléa, Kanoteko, Kanoteko+, Batel traditionnel construit en bois moderne et diverses plates dont on retiendra l’incroyable Beroï. Ce Galipot de 3,80m de long, sorte de grosse annexe munie de roulettes sous le tableau arrière, est gréé d’une voile au tiers de plus de 8 m² et se montre stable à la voile, plus véloce que le Morbic 12 de même longueur, même dans la houle (l’architecte prétend cependant que le clapot n’est pas son fort), très honorable à l’aviron et aisément manipulable à terre du fait d’un poids modeste et des roulettes incorporées.

TOUT A UNE FAIM

Pour finir, on prendra garde de ne pas oublier de souligner l’impeccable logistique de la cantine. Ici on ne badine pas avec le pique-nique. Pour preuve les planchas qui étaient déjà sur place au port de Guéthary pour nous fournir des sandwichs chauds garnis de ventrèche ou de lombes de porc (après le pâté évidemment). Sangria et vin à volonté comme il se doit, le plus difficile restant de trouver une bouteille d’eau. Quant aux repas du soir, il fut ardu de tout digérer dans les délais pour repartir le lendemain.
J’ai dit, je crois, du bien de la chaleur de l’accueil, mais comme c’est trop peu dire, je dirai même plus, tout ça vous laisse un petit goût de revenez-y.

Danilus

Voir les photos de Michel L

Elle est pas belle, la vie?

L'ingénue le voile-aviron parasolVoici l'image buccolique d'un homme qui sait que le plaisir d'être sur l'eau ne vaut que si rien ne vient le troubler. Les esprits facheux disent qu'il ne faut jamais partir sans son ciré. Les nouvelles générations ne partent pas sur l'eau sans avoir le réflexe préventif et la médicale attention de se oindre de crème solaire. Finalement, cette photo nous rappelle que nous vivons une drôle d'époque où de simples pragmatiques sont vus comme des poètes !

« Ça aussi c’est Tramasset ! »

Certains d’entre vous ont déjà entendu parler des Chantiers Tramasset au Tourne, en pays aquitain. Certains même ont entendu parler de la manifestation « Rencontre des bateaux bois et autres instruments à vent ». Du 16 au 22 juillet 2012, lors de la quinzième édition, trois des bateaux de VAP y ont participé : « Pa Stranden », « Josepha », des habitués de l’évènement et « Doody » petit nouveau dans l’aventure.

Petit rappel : Cette manifestation est à la fois une randonnée nautique de 3 à 7 jours sur la Dordogne et la Garonne et un festival de musique, théâtre et danse, porté par une très impressionnante équipe de bénévoles.

La partie rando-nautique a réuni environ 20 bateaux autour de la gabarre « les Deux Frères » et des filadières « La libournaise » et « Amynata », trois des bateaux du chantier. La ballade nous a emmené de Branne, vers Caverne, Bourg, Bordeaux et enfin le Tourne, fief des Chantiers Tramasset. Le mélange entre rando et festivités est véritablement la signature de ce rendez-vous. Mais « l’esprit Tramasset » est ailleurs ; dans la diversité des rencontres et l’amitié qui vous porte. Pour en dire plus, l’esprit Tramasset c’est aussi :

Un accueil familial des habitués comme des nouveaux,
Une solidarité dans l’adversité (draguer, plonger, pour retrouver un moteur arraché par un arbre puis entourer le marin qui a vu la mort de près)
Se retrouver le soir pour faire la fête et finir presque chaque nuit au rhum sur la Gabarre avec ceux qui ne veulent pas que la fête s’arrête.
Des baignades tout au long des navigations et sur un banc à marée basse
Les fameux courants qui peuvent faire perdre la raison aux marins habitués à avancer et non à reculer lorsque le bateau avance !!!
Une succession de spectacles superbes, orchestrés par une équipe « inspirée ». (Vous passez du chanteur à la guitare à l’orchestre symphonique en duo avec un DJ en passant par du rock, du théâtre une fanfare et tant d’autres animations que vous retrouverez en photos sur le site de Tramasset !) 
Et évidemment…

Des rencontres qui ne vous laissent pas indemne et vous font grandir.

Tout au long de la semaine, Bertrand, l’un des piliers de la rencontre, a précisé que chaque petite chose qui arrive est dans l’esprit Tramasset. Et comme le refrain d’une jolie chanson, Bertrand commentait les évènements par : « Ça aussi, c’est Tramasset ! ».

Alors, amis Vélirameurs, ne manquez pas cet évènement, car pour moi, c’est promis, je serai à nouveau à « Tramasset » l’autre pays du naviguer autrement !

Merci à tous les bénévoles et à tous mes nouveaux amis pour cette semaine de décompression et de petits bonheurs ☺ 2013 tramasset yannick benaben 2