Raconter

Vous trouverez Ici des récits de navigations des vélirameurs de l'association

Visite aux Vieux Safrans d'Annecy

Visite aux Vieux safrans d’Annecy ou comment prendre de l’altitude ?

Texte et photos Alain B.

 

Dans le cadre du challenge de la Voile Légère Classique nous avons répondu à l’invitation de l’association des Vieux Safrans d’Annecy (VSA).

Ce challenge regroupe en plus des VSA, le Yacht club de l’Île de France (YCIF), Le Cercle de la voile d’Angers, Les Rendez vous de l’Erdre et bien sûr la Petite plaisance des Amis (du Musée Maritime de La Rochelle).

voile en montagne Annecy

Les VSA regroupent des propriétaires de voiliers anciens et classiques : petits quillards : Requin, Dragon, Star, Aile, Corsaire mais aussi dériveurs : Sharpies 9 m², 12m², Monotypes de Chatou, au total une bonne quarantaine de bateaux.

L’Association loue un grand bâtiment qui peut abriter tous les bateaux pendant les travaux d’entretien, ce qui est confortable et favorise une vie associative active et conviviale puisqu’il y a même une « cantine » !

Tous ces bateaux naviguent dans le cadre exceptionnel du Lac d’Annecy avec des escapades sur le Léman ou le Lac du Bourget.

Nous avons participé avec l’Ingénue, ce canot anglais qui navigue avec Voile & Avirons dans les Pertuis et dont on trouvera ici la vraie légende : "flotille Vap"

Dans une ambiance sympathiques et accueillante nous avons été parfaitement bien reçus et nous les attendons sur notre plan d’eau de La Rochelle pour le trophée des Amis les 25 et 26 août .

Attention ce sont de fins barreurs !

Le Lac d'Annecy vu de L'Ingénue

Quelques jours en Seudre

En consultant le calendrier des festivités nautiques dans les Pertuis Charentais 2017, il était apparu qu’on pouvait aisément fin aout en enchainer plusieurs en Seudre et alentour, pourvu qu’on se dote d’une solution de continuité de notre cru. C’est ainsi qu’après avoir été fastueusement reçus par le club de l’Éguille Voile et Nature, on a pu participer au Voiles de Mornac, puis rejoindre le Chantier Rabeau à Bourcefranc.
Jean-Michel et Yannick, ces membres de la diaspora vapiste vivant en pays Nantais, nous racontent ici leur participation à ces réjouissances estivales.

 

Texte  ; Jean-michel COURONNE et Yannick, l’équipage de « Fleurd’Orient », un Bayraider 17 

Photos : Jean-Michel Couronné, Yannick, Jean-Luc Louis.

Des Voiles de Mornac au Chantier Rabeau en aout 2017.

 

Samedi et dimanche

C’est par un beau dimanche d’aout que nous avons découvert les festivités des « Voiles de Mornac », une des nombreuses manifestations nautiques dans le bassin de Marennes Oléron.

Notre association de petits voiliers « VAP » (Voile-aviron dans les Pertuis) était invitée à Mornac sur Seudre, un village classé parmi les plus beaux villages de France, au nord de Royan.

Nos embarcations, si elles sont récentes pour la plupart, sont souvent gréées au tiers avec leurs voiles et coques de couleurs. Elles s’intègrent très bien avec les vieux gréements plus imposants qui participaient à ce rassemblement.

La veille au soir une dizaine de bateaux, sans le nôtre qui n’arrivera de Saint-Nazaire que le lendemain, avaient rejoint le petit port de L'Éguille au fond de la Seudre, pas très loin, en amont de Mornac .

La soirée y fut festive, pour se faire le gosier nous a-t-on dit, et au réveil à 5h du mat’ le dimanche, il y avait des frissons. Mais la marée commande et la mer descend vite, il fallait faire vite pour ne pas se retrouver le cul (du bateau) dans la vase.

Depart matinal sur la Seudre

La flotille avait prévu de s’échouer pour midi au sud d’Oléron, sur la plage de Gatseau en face l’estuaire de la Seudre, cependant les vents défavorables n’ont pas permis cette halte. Finalement c’est à peine posé sur le sable de Ronce les Bains, côté continent, que les voiliers ont dû repartir, car la renverse se faisait déjà sentir.

C’est donc au retour des bateaux qui embouquaient la Seudre, que nous avons rejoint la flotte à partir de la cale de La Cayenne, non pas celle du bagne, mais d’un petit port ostréicole ainsi nommé où se jette le canal de Marennes dans la Seudre. Alors nos belles voiles ont remonté le fleuve sous le soleil, avec un vent léger et portant. La Seudre reste claire comparée à la Charente plus au nord, c’est pourquoi elle est une « rivière » d’élevage de naissains d’huitres, grâce à la qualité de son eau.


 

Voiles de mornac 2017


 

Il était prévu que nous allions rentrer à la queue leu-leu dans un ordre bien défini dans le chenal tortueux de Mornac, rive gauche, aussi une escale s’est imposée dans un étier en attendant le top d’entrée. Après quelques ronds dans l'eau en attendant le signal, tout avait bien commencé, mais bien que nous soyons très disciplinés comme il se doit, au fur et à mesure que nous avancions dans le chenal bordé de carrelets et cabanes colorées, la belle ordonnance a eu quelques ratées, si bien que nous sommes arrivés dans un joli désordre. C’est ainsi que Fleur d’Orient, trop rapide, prenait la première place au lieu de la septième allouée, car pour freiner dans le courant il ne reste que les avirons, mais ramer à contre sens des autres, ce n’est pas facile quand on manque d’espace.

Nous avons été accueillis micro en main par Pierre, notre président de l’époque, consigné à terre avec regret, ou comme lui-même aurait dit, puni de ne pouvoir naviguer. Ce fut une belle prestation de nos petits bateaux entrant à la lueur du soleil couchant, parmi ces voiles multicolores se frayant un passage dans ce très ancien port de pêche et de commerce, situé au bord du marais. Ce village vit au rythme des marées et a conservé tout son caractère traditionnel, à l’image de nos voiliers modestes amarrés le long des quais ou des pontons des cabanes bariolées.

Pour l’animation se fut réussi. D’abord un bain forcé de l’équipier de Fleur d’Orient, Yannick, en voulant nous amarrer provisoirement sur une berge herbue et abrupte. Yannick trempé, Yannick désolé, mais Yannick changé à l’abri des regards dans une de ces petites cabanes qui longent l’étier.

Heureusement, nous avions nos rechanges dans nos sacs étanches, pour les soirées bien arrosées (nous parlons de la pluie, naturellement). Nous n’avons pas de cabine de bains, nous essayons si possible d’être en autonomie complète, mais ce n’est pas toujours facile surtout pour avoir le pain ou le rosé gardés au frais.

Finalement, tous, nous avons posé nos bateaux docilement. Sur un avant-quai, comme le Drascombe de Jean Pierre ou bien coincés sur une cale envasée comme la bande à Isabelle et Patrick.

Voiles de mornac 2017 échouage

Quant à nous, nous avons choisi de nous mettre à couple du Pirmil de Françoise et Philippe, jusqu’à se coller à marée basse dans le reste de filet d’eau. C’est vrai qu’avec leur faible tirant d’eau, dérive et safran relevés, nos bateaux sont bien adaptés à l’échouage et la navigation dans les étiers de cette région de la Charente Maritime.

Après une soirée et un diner musical sur les quais à la lumière des projecteurs dans les voiles des vieux gréements, ce fut bivouac sous tentes pour beaucoup dans un petit bois, pas bien loin de nos bateaux, tandis que certains ont préféré un repos confortable à bord d’un gros vieux gréement.

Rares furent ceux qui cabanèrent, car dormir sous la tente sur le bateau n’est pas toujours confortable, surtout quand le canot s’incline sur la cale envasée. Mais il y a des avantages : certes il faut supporter le bruit de la fête, en revanche on a le privilège d’être proche, suivant nos envies, des bars ou des sanitaires du port.

Mornac soirée

Lundi

Le lundi en matinée comme la mer était basse, c’est une ballade à pied qui nous à fait découvrir ce paysage ostréicole, où la vue se perd dans ce labyrinthe d’anciens marais salants, reconvertis en claires pour l’affinage des huitres ou bassin d’élevage de crevettes ; puis Mornac nous accueillait, avec son église romane, ses maisons peintes en blanc, ses boutiques d’artisanat, et ses ruelles fleuries .

Après un déjeuner partagé sur les quais, ce fut une découverte sous voile des achenaux qui borde la Seudre en amont de Mornac, guidé par Bruno, le local de l’étape.

Il est surprenant de voir depuis la terre ces voiles qui glissent au-dessus des marais, surtout avec la marée haute et un gros coefficient. C’est un grand plan d’eau qui s’offre à nous pour régater, sans l’écran d’arbres qui nous déventeraient comme souvent en rivière, même si certains déclarent forfait, et comme Taka, la plate blanche de JB, préfèrent se planquer dans les roseaux au premier méandre .

Mardi

Le mardi nous avions rendez-vous au chantier Rabeau à Bourcefranc, pas loin du pont d’Oléron, mais dans l’estuaire de la Seudre la flotille s’est divisée. Certains ont sorti leurs bateaux de l’eau à La Cayenne, appelés à terre par quelques obligations, certains non motorisés ont préféré s’échouer à Gatseau au sud d’Oléron, d’autres comme nous, ont suivi Bruno vers une langue de sable en face du château d’Oléron. Il faut dire que les courants divergent ou s’opposent, surtout à la fin des marées, et ce n’est pas facile suivant la force du vent d’être dans le bon timing : soit trop tôt, soit trop tard avec le courant contre, il importe donc d’optimiser.

Fleur d orient devant le fort louvois

Finalement une poussette à la godille-essence fut nécessaire en passant sous le pont d’Oléron avant de s’échouer sur le banc d’Agnas, où on a été tout surpris de voir un si grand nombre de petits bateaux à moteur posés là pour une pêche de palourdes miraculeuse.

Voiles de mornac 2017 apéro

 

Un moment de détente pour un pique-nique, apéro solidaire et très coloré en compagnie de nos ostréiculteurs accompagnateurs sur leur lasse à voile. Ensuite, bien sûr, la sieste s’est imposée avant de rejoindre les hangars bleus du chantier Rabeau. Finalement nous sommes arrivés au complet en fin de soirée comme prévu, après une rafale de vent inopinée qui nous a tous surpris.

Bateaux ancrés ou échoués à marée haute sur le sable fin, bivouac en haut de plage à côté des ateliers.

Re-apéro avec vue sur mer, au soleil couchant, décor d’un autre temps.

Ce soir-là, beaucoup ont sorti avec difficulté leur canot de l’eau, non pas à cause d’un abus d’un quelconque breuvage, mais de l’accès des remorques difficile sur la plage .

chantier Rabeau 2017 échouage

La soirée fut mémorable, dans de cet ancien chantier naval. Folle ambiance et repas cuisiné aux fruits de mer délicieux. C’était coques en stock mais quand même pas woodstock malgré l'odeur de sciure!

La soirée s’est passée entre les machines à bois sous les charpentes empoussiérées, à côté d’un vieux gréement en cours de restauration. Chants de marins, Brassens ou Antoine, grattage de guitare classique, pour gosiers asséchés, ohyé!


 

Mercredi

Malgré l’odeur du café servi, brioches et confitures, le petit déjeuner fut trop matinal, l’atelier respirant encore l’odeur de la bonne cuisine de la veille.

au chantier Rabeau 2017

Profitant du début de la marée descendante nous sommes rentrés seuls par la mer avec une escale au Chateau d’Oléron.

Après bien des bords dans le chenal étroit qui nous à amené aux premiers pontons, l’arrivée fut tranquille, à contre courant au pied de la citadelle.

Le bateau bien rangé, prêt à partir, il était l’heure de la visite des remparts, puis du marché, enfin d'un petit resto, mais déjà il était temps d’appareiller.

Ah les cons ! iIs ont enlevé l’eau autour des pontons ! les mouettes ont pied.

Safran, moteur, dérive, tous bien plantés dans la vase : nous voila obligé d’attendre. Eh oui, dès qu’on aborde les pontons flottants, on retrouve le réflexe des plaisanciers aux docksides.

Après bien des titillements, des mouvements oscillants à l’arrivée des premiers centimètres d’eau, nous avons enfin décollé, bon pour un petit nettoyage des appendices (du bateau s’entend).

De retour « En passant par Marennes  avec not’e bateau » nous avions programmé une escale « chez nos amis voileux. ». Éclade de moules et chambre d’hôte dans une grande maison bois, ça vaut le détour .

Comme nous venions de naviguer ensemble la veille, bien fatigués, notre hôte et moi, tous les deux à plat, finalement nous n’avons parlé que de « flat-twin ». Ah, vieille mécanique, quand tu nous tiens !

Fleur d orient bayraider 17 

Fleur d’Orient a rejoint Saint Nazaire, son port d’attache sur l’estuaire de la Loire, et son équipage a fait le plein de bons souvenirs .

L’Éguille, Mornac, le chantier Rabeau, un mélange d’étonnements.

C’est sûr qu’on y reviendra.

***

Deux canots aux Glénans

 

Texte et photos : Patrick

 

- Tiens pourquoi pas les Glénans!
- Même pas peur.

La météo n'est pas mauvaise ; Jean-Paul a une grosse envie de mettre les Glénans au tableau de chasse d'Alose ; quant à Amzer-zo, lui, il connait : alors on y va.

VAP en route vers les Glénans
Donc nous quittons nos copains de la ballade "Golfe tour" pour rejoindre la pointe de Trévignon notre base de départ où il y a une cale large et de la place pour laisser nos camping cars ainsi que leurs remorques.
Trévignon présente l'avantage d'être à moins de 10 miles de la côte promise, donc à distance légale pour nos canots armés pour 6 miles.
Nous préparons donc nos bateaux le soir, assurons une bonne nuit à terre et le lendemain de bonne heure nous effectuons la mise à l'eau et direct sur un seul bord vers Penfret.
Mer plate et petit vent de 5 noeuds  nous portent tranquillement vers l'ile principale qui nous offre un mouillage sur ancre pour un bon casse-croûte suivi d'une sieste.
Après cette application du "principe de précaution" (comme dirait Nadau) nous appareillons pour une petite virée vers l'ile du Loch agrémenté d'un passage sur les rochers de la Tête de mort, mais pas de soucis avec un temps de curé et une eau limpide comme aux Caraibes nous pouvons voir le fond et évaluer la profondeur. Trois petits bords pour éviter l'ile de fort Cigogne et nous voila prêts pour aborder à la cale de l ile St Nicolas.
Aïe! il y a un gros bateau gris avec une déco bleu-blanc-rouge sur son côté. Nous passons au ras du navire gris qui nous observe mais qui ne bronche pas. Bon, ce n'est pas parce que nous n'avons rien à nous reprocher qu'ils auraient le même point de vue.
Que fait un marin qui, après une grande traversée, débarque à terre ? Il se dirige par instinct vers le bistrot : donc nous ne dérogeons pas à la règle, puis petit tour de reconnaissance et après avoir immortalisé notre présence sur l'ile, un gars du coin nous indique deux bouées où nous pourrons passer la nuit sans problèmes.au port
Et là, à dix mètres de nos canots, un "capitaine" téléphone bruyamment à sa femme (on suppose) : "Devine chérie : il y a trois fous sur des mouille-culs qui sont aux Glénans et en plus ils vont coucher à bord, ils sont en train d'installer leurs taud pour la nuit! J'en crois pas mes yeux!"
Il est vrai que lui, il va passer la nuit sur un 11m double barre à roue et confort à l'avenant.
Bref! Ceci dit le réchaud du bord nous procurera un petit repas chaud puis dodo les petits, pas de télé ce soir et tant mieux.
Après une nuit calme, le réveil est salué par un lever de soleil magnifique, mais le beau temps, ça n'a qu'un temps, il est prévu 35 noeuds de vent.
"Tiens du crachin. Hum... le vent ne devrait pas souffler si fort que cela" se dit le vieux marin.
Et ce sera effectivement le cas. Le départ de St Nicolas nécessitera le moteur et son (avi)ronron ne nous quittera pas jusqu'au continent. Dommage, mais quand même un super souvenir.
La sortie de l'eau à Trévignon sera musclée, car même sans vent il y a une houle qui implique de s'y mettre à  deux pour tenir le bateau tandis qu'un troisième s'affaire à la manoeuvre du treuil. Plus jamais nous ne  partirons de Trévignon car par un vent fort il est impossible d'en ressortir son bateau et il ne resterait  plus qu'à aller à Portmanech avec la complication de récupérer la remorque. La prochaine fois on optera pour un départ de Bénodet ou Port La Foret.
Les Glénans c'est MAGNIFIQUE on ne s'en lasserait pas, c'est à faire et même bien fait c'est à refaire.

visite immortelle

 

 

Vap Golfe Tour 2017

Texte :Patrick

Photos : Patrick ; Jean-Michel C.

Quand un amoureux de la petite mer propose à ses copains voileux de venir en découdre avec les courants du Golfe du Morbihan, cela donne quatre jours inoubliables et ce fut : la "VAP GOLFE TOUR 2017"

Cinq voilavirons de notre association de La Rochelle arrivent en force à Saint-Armel, notre point de départ. Le rendez-vous est chez Patrick qui possède une petite maison sur place. Trois bateaux viennent de La Rochelle, mais la diaspora est représentée par Fleur d'Orient basée à Nantes et qui vient jouer dans son jardin, mais aussi l'Alose qui, malgré son immatriculation Vannaise, arrive en réalité de Lyon.

Calesaintarmel2 r

Premier jour

La première nuit est passée sous tente dans le jardin, et au matin on s’ébroue pour aller mettre à l'eau à la cale du Passage, bien aidé par le fourgon de Patrick qui arbore une boule d’attelage à l'avant de son véhicule, ce qui n'était pas du luxe vu l’étroitesse de la cale

Pendant que certains commencent à gréer, d'autres vont stationner les remorques sur notre terrain de base et c'est en milieu de matinée que nous nous dirigeons vent arrière vers l'ile de Lern puis, doucement, passons devant l'ile d'Arz et allons beacher sur l'ile d’en face à Ilur.

Dans une petite baie magnifique et abritée sur fond de sable blanc immaculé (ou presque) nous posons pieds à terre pour une plaisante visite du petit hameau, mais aussi pour sortir du sac le casse-croute. Faute de bistrot nous débouchons nos bouteilles puis... digérons sur le sable au soleil en faisant une petite sieste. Oui oui ! au soleil ! Nous profitons du micro climat ( il est vrai que nous sommes alors protegés du vent ).

Pique nique sur la plage d'Ilur

- Hé !les gars, ça remonte il va falloir s’y mettre, car nous allons a la pointe de Kerners. nous attend une bonne pizza et notre camping.

Ça se complique car il va falloir naviguer contre le courant et là l'expérience du marin du coin sera utile.

- Tiens, pourquoi il va à babord ? Ce n'est pas la route !

- Si ! si bien sur, parce que à 500m il y a un contre courant qui va nous permettre de ruser et de gagner un temps précieux

Beau Merle, le bateau basque, est impressionné par la force du courant, mais taille la route ; Let’er buck après un empannage résoud son problème de voile passée par dessus le mat ; Amzer zo tourne autour et surveille son monde, et tous finissent par arriver sans encombres au port de Kerners où nous pouvons mettre nos canots sur bouées et regagner terre grâce à l’annexe gentiment prêtée par notre restaurateur.

Belle traversée avec un beau soleil mais un joli vent de force 4, un peu froid aux doigts mais chaud dans les coeurs.

Les tentes sont vite montées et c'est face à la mer , presque les pieds dans l'eau que, assis aux tables du petit bistrot, nous dégustons les pizzas déjà commandées et livrées sur place et réchauffées par dessus le marché par notre hôte qui avait ouvert sa buvette spécialement pour nous. Quelle classe ! L'intendance est à la hauteur.

On se refait la navigation de la journée.

- Tu as vu le courant c'est dingue, et les rochers où nous sommes passés !

- Non, mais il y avait au moins 1m50 d'eau!

- Tu sais l'eau ici est aussi claire qu’en Méditerranée !

- Oui, mais elle est froide.

- Oui, mais elle est claire.

- Mais froide.

- Hé les gars faut faire dodo

Le soleil est couché, le froid arrive vite, nous allons nous mettre sous la couette et faire de beaux rêves. Ou des cauchemars, chacun fait comme il veut.

Deuxième jour

- Ha ! ce matin ça vente fort.

- Comme d’hab!

Petit briefing.

Devant les légères réticences, nous optons pour un changement de programme : plus tranquille car passer devant Berder avec six nœuds de courant, plus le vent et l'eau froide et sans sécu, ben …

Nous tombons d’accord pour dire que nous sommes là pour nous amuser et non pour faire des exploits. Bref, départ en direction de l'ile de Conleau en passant entre l'ile au Moines et l'ile d'Arz puis Arradon et port Anna.

VAP Echouage en Morbihan

La traversée s’avère sans problèmes par un vent certes soutenu mais très maniable et du soleil. Encore du soleil ! hé oui.

Un petit coup de VHF au port de Conleau pour donner notre heure d'arrivée et savoir quelle sera notre bouée d'amarrage ? Cerise sur le gâteau, une annexe nous attend afin que nous puissions débarquer. Elle a été gentiment préparée par le maitre de port que Patrick avait joint deux jours plus tôt

 

-Hé !les filles et les gars, c'est pas fini vous avez 300m pour aller planter vos tentes et on revient pour le resto où un menu nous attend (pas terrible finalement, et on n’y reviendra pas le lendemain).

Encore et encore des anecdotes sur la navigation du jour, puis on se glisse dans le duvet

Une seconde journée bien remplie, plein de bons souvenir sauf l'addition du resto. On ne peut pas réussir partout, demain sera un autre jour.

Troisième jour


-Ah ! Mais ce matin ça souffle !
- O buffe point trop cha p’tit.

Patrick qui a dormi dans son Amser zo de 3m50 pourra témoigner que dans la nuit il y a eu plusieurs rafales à décoiffer une bigoudène !
Durant le petit dèj’ au camping de Conleau, ça discute ferme car il est prévu au programme de descendre vers Arradon, puis l'ile de Berder et de remonter en passant entre l'ile au Moines et Arz puis se refaire une seconde escale  à Conleau le soir.
Bref beaucoup de vent et un peu de pluie (c’est à dire qu’on sera complètement trempés) nous pousse à tout simplement remonter la rivière vers Vannes. On est en vacances ( "amzer zo"en breton : on a tout le temps ! )
Une équipe partira visiter Vanne à pied et les autres en bateau, qui ne verront finalement de la ville que l’écluse et le dessous d’un pont. 
Nous accostons le long d'un quai pour casser la croute et retour au près à contre courant, mais avec le soleil revenu, jusqu’à notre bouée au port de Conleau. 
Ce petit retour est très sympa, du louvoyage sous le soleil, ma foi, ça ne se refuse pas.
Ce soir nous faisons un refus de tribord à notre resto d’hier qui peut toujours nous attendre et mangeons au camping, ce que nous ne regrettons pas
Après avoir refait le monde, dodo, car demain nous sortons les bateaux à la cale de Port Anna après avoir recupéré nos remorques grâce a Jo le taxi. En effet, comme le vent est prévu assez fort, de plus en plein dans le pif, la solution de facilité est adoptée par la majorité après concertation.
Et la soirée se termine chez Patrick à St Armel où une ventrée de spaghettis sauce tomate nous est concocté par Francoise et Jean-Michel.
Demain matin retour aux bercails La Rochelle ou Nantes.
Seul deux irréductibles, l’Alose et Amzer zo partent pour une virée aux Glenans ! Oui rien que ça.
C'est vrai qu'Amzer zo n'en est pas à son coup d'essai pour les Glénans, et l’Alose en a vu d’autres. Cela fera l'objet d'un autre reportage.

***

Voilà , c'est ça la promenade en voile aviron. Naviguer en totale autonomie, à la robinson, ou alors profiter des commodités, mais passer par des chemins que peu de bateaux empruntent, beacher le temps d'un repas avec sieste (principe de précaution d’après Nadau ) et pour seuls visiteurs une mouette et un lapin de garenne 
 

Le jour de l'Hermione

 

Hermione, baie de La Rochelle fev 2018

Premier février 2018, l’Hermione qui avait quitté depuis deux jours son abri dans le port de Rochefort et descendu la Charente, devait faire son entrée à La Rochelle pour s’y faire admirer pendant un mois.

L’idée d’aller la saluer au large avait forcément germé dans quelque cervelle, mais pour une fois les voilavirons étaient restés au sec, et plusieurs vapistes, infidèles à leur coque de noix, embarquèrent sur un trimaran Corsair. Parti après beaucoup de monocoques bien plus gros, dès que le vent eut forci, l’engin montra vite sa vélocité et arriva bien avant le reste de la troupe aux abords de l’Hermione. Un des navires de Croisière-Inter-Iles y polluait déjà le paysage, ainsi que des bateaux bleu-orange de la SNSM, mais ceux-ci on y tient vraiment et ceux-là on les aiment bien finalement.

Comme il fallait bien faire des photos pour justifier le déplacement, le trimaran virevolta autour de la frégate avant de rentrer avant tout le monde au port . Il aurait été sage de freiner le bateau car il fonçait droit vers un joli grain. Mais le moyen de ne pas surfer?

Bref, on s’est mouillé, et il faisait plutôt frisquet.

Hermione et trimaran

 

 

Voile-avirons sur l'Erdre 2017

 

 

Texte, photo et vidéo : Christian

 

Voile-aviron sur l'Erdre 2017

 

Si vos goûts du moment vont vers l’acier, le bois brut plus qu’au vernis et au cuivre, si vous préférez les carrelets aux châteaux, si vous êtes plus Schumann que Michel Portal ou si le clapotement furieux des marées vous manque alors l’Erdre ne sera pas votre Rendez-Vous cette année.

Imaginez quand même une aubade musicale dans le petit matin ou le murmure des saxos qui approche, vous frôle et s’éloigne ou bien un pas de danse au rythme d’un big band pour dégourdir ses jambes à l’heure de l’apéro. La musique s’invite à chaque escale et même sur l’eau.

De l’Erdre secrète et bucolique du départ jusqu’à la foule sur les passerelles et les quais de Nantes, vont se succéder de larges espaces, des échappées sur les châteaux.

Vous serez nombreux à partager la fête, musicale et nautique, à la fois spectateur et acteur, surtout si vous venez en compagnie d’autres VAPistes déjà addicts.

Cette navigation là comporte un risque à bien considérer, celui d’y prendre goût et de revenir l’année suivante avec ou même sans son bateau...

 

VAP au bassin d'Arcachon

Textes : Annie-Claude

Montage video : Christian

Photos : Isabelle


Pour une petite virée des Vapistes, en septembre 2017, quatre « canots » de VAP s’en allèrent naviguer sur le fameux bassin à partir d'un confortable camp de base à Andernos.

Voilaviron devant une cabane à Arcachon

Malgré une météo moyenne, Chico Mendès, Josépha, L’Ingénue et Curlew rejoints par un sandbaggy local, ont paradé avec bonheur au milieu des parcs à huîtres … sans y causer de dommages ce qui n’est pas si évident !

Lors de la première sortie, quelle ne fut pas notre surprise, en contournant les célèbres cabanes tchanquées, de constater que nous évoluions au milieu de baigneurs … qui avaient pieds !!!! oups !

Ok, le bassin d’Arcachon ce n’est pas les 40èmes rugissants mais il faut quand même tenir compte des marées et des chenaux pour éviter de passer la nuit sur le sable en attendant que l’eau revienne ….

Quelques escales de pique-nique mémorables, à marée basse au milieu du bassin ou sur le port de l’Herbe, et pour clôturer ces belles journées de navigation, de joyeuses soirées chez nos hôtes que nous remercions encore pour leur accueil chaleureux, elle est pas belle la vie  ?

Tous gardent un excellent souvenir de ces quelques jours et ne demandent qu’une chose :

Y RETOURNER 

Cette petite vidéo en témoignera mieux qu’un long discours ! 

 

 

De joyeux Vapistes en quête d’émotions
Avec quatre canots traversèrent la Gironde.
Ce n’était pas la traditionnelle ronde
Mais la découverte de nouveaux horizons.

Habitués aux vastes étendues
Ils découvrirent avec bonheur ce petit paradis
Il faut cependant être marins accomplis
Pour regagner la terre le soir venu

Tout change, tout est chamboulé
Au rythme des courants et des marées
Mais le bassin et ses atouts ont su les ravir 

Ses célèbres cabanes, ses charmants villages
’île aux oiseaux, la pêche aux coquillages ….
Nos vélirameurs conquis rêvent d’ y revenir !

Remontée de canot Andernos


 

L'oeil de la mer : navigation au pays basque

Zokoa

Itsas-begia, l’œil de la mer en langue basque, est une association qui œuvre pour la mémoire maritime basque. Cette association organise tous les deux ans, sauf quand ça n’a pas lieu, une navigation autour de Socoa pour les voile-avirons et bateaux traditionnels.
Beau-Merle, construit sur les bords de l’Adour, est allé se mêler à ces festivités maritimes dites Zokoa 2015 (le Z se prononce S dans l’idiome local), à l’occasion de la Pentecôte. Disons-le sans ambages, le temps aurait pu être pire, certes, il aurait pu pleuvoir à verses, mais on aurait quand même aimé un peu plus de chaleur. Heureusement celle de l’accueil ne fit pas défaut, comme on s’en doutait, et au final, nous passâmes un agréable moment.

PREMIÈRE JOURNÉE

Pourtant, ça avait commencé en demi-teinte, la navigation jusqu’à Hendaye le samedi ayant du être annulée du fait d’une houle limite pour nos petits bateaux. Sagement les organisateurs avaient remplacé la navigation côtière par des régates très bon-enfant, autour de trois bouées dans la baie de Saint-Jean-de-Luz, avec départs anarchiques, sans enjeux, ni classements, ni récompenses et bien sûr pas de formulaires de réclamations. Beau-Merle pouvait ainsi comparer sa voile au tiers avec le gréement de sloup houari d’un autre exemplaire de Kanoteko+, Hegoak, premier de la série, et comme on le supposait, la version houari, avec 2m² de plus sous forme de foc, s’est avérée légèrement plus rapide au près.
Une sortie de la baie dans la soirée a confirmé qu’il aurait été bien imprudent de s’engager plus au large ce jour là sur nos coques de noix joliment secouées.

DEUXIÈME JOURNÉE

Le lendemain, le programme a pu être respecté, la houle ayant quelque peu décru, et toute la flotille a su faire une entrée remarquée dans le simili port de Guéthary, celui-ci n’étant à tout prendre qu’une cale fortement inclinée sur laquelle les barques sont hissées à l’aide d’un treuil, ce qui suppose d’épaisses bandes molles pour résister à cet usage. L’approche du port s’effectue entre une ligne de brisants à tribord et les vagues déferlantes prisées des surfeurs sur babord. Après avoir descendu trois belles vagues, il faut vite affaler la voilure pour terminer à l’aviron. Il devait y avoir 11 ou 12 nœuds de vent, ce qui rendait l’exercice plaisant, mais le jeu doit vite devenir acrobatique avec une brise plus jolie et une mer à l’avenant. La sortie du port se fait également à l’aviron, et il convient de sérieusement s’éloigner pour sereinement hisser la voilure, le risque de dériver vers des fonds incléments s’imposant rapidement à la conscience, même au plus novice des navigateurs dans ces contrées. Le retour vers Socoa se fit au près dans une houle plus haute que nos coques de bateaux, mais finalement, à part le léger déventement dans les creux, ce fut assez facile à négocier et moins chahutant qu’un clapot court deux fois moins élevé.
Ça valait mieux, car la sécurité aurait eu fort à faire, les consignes de naviguer groupés étant largement tombées dans les oreilles de sourds. Le préposé au bateau motorisé, ancien moniteur du centre de formation de l’UCPA, ne pouvant que constater qu’une armada de voile-avirons est plus difficile à tenir qu’une kyrielle d’Optimists, et que la bonne partie des participants ayant passer l’age de s’accrocher au trapèze se montre plus indisciplinée que de jeunes impétrants moniteurs. De surcroît, la grosse chaloupe du patrimoine naviguant qui devait assurer le sauvetage et le remorquage d’éventuels petits bateaux en difficulté, n’aurait pas été d’un grand secours, s’étant emmêlé la ligne de mouillage dans l’hélice. Mais la SNSM veillait au grain et tout rentra dans l’ordre.

TROISIÈME JOURNÉE

Beau merle sur la Nivelle 2015

Le lendemain fut plus calme, on naviguait sur la Nivelle, du port de Ciboure jusqu’à Ascain, et retour partiel avec le reflux pour trouver une cale accessible avant la marée basse, afin de sortir les bateaux et repartir chez soi. Certains avaient pris l’option tout à l’aviron, quant à Beau-Merle, il a pu quasiment assurer l’aller à la voile, dans un souffle d’air pour accompagner la marée montante, mais l’équipage inattentif a pourtant failli se retrouver à l’eau sur une modeste risée et un clapot d’enfer d’au moins cinq centimètres de haut. On se contenta d’embarquer quelques litres et d’échapper au ridicule.

LA FLOTILLE

Côté bateau, Itsas-begia avait sorti deux fleurons de son patrimoine naviguant pour ces trois jours, outre la chaloupe baleinière Brokoa gréée de deux voiles à livarde, Doga-Dohibane une « petite » chaloupe capable de remonter la Nivelle à la rame, qu’accompagnait une pinasse landaise venue du Vieux-Boucau, la Sauvagine aussi rapide à l’aviron qu’à la voile aux allures portantes.
Dans un registre plus modeste, on notait inévitablement trois plans Vivier, un Youkou-Lili et un Morbic 12 qui disputait le prix du bois verni avec un Ilur construit à petite lattes par un Béarnais natif de Marans ; on admirait de même un monotype d’Arcachon qui tenait fièrement son rôle de doyen encore vert ; une Caravelle pimpante au couleurs d’une marinière d’époque, menée en solitaire juste sous grand voile, qui se laissait distancer par pas grand monde ; un Skerry poids plume d’inspiration scandinave ; un batel basque venu d’Espagne avec une curieuse vergue intermédiaire entre celle d’une voile au tiers et celle d’une voile latine ; et toute une trilochée de plans Saint-Arroman comme il se doit dans la région : couralin habitable, Baléa, Kanoteko, Kanoteko+, Batel traditionnel construit en bois moderne et diverses plates dont on retiendra l’incroyable Beroï. Ce Galipot de 3,80m de long, sorte de grosse annexe munie de roulettes sous le tableau arrière, est gréé d’une voile au tiers de plus de 8 m² et se montre stable à la voile, plus véloce que le Morbic 12 de même longueur, même dans la houle (l’architecte prétend cependant que le clapot n’est pas son fort), très honorable à l’aviron et aisément manipulable à terre du fait d’un poids modeste et des roulettes incorporées.

TOUT A UNE FAIM

Pour finir, on prendra garde de ne pas oublier de souligner l’impeccable logistique de la cantine. Ici on ne badine pas avec le pique-nique. Pour preuve les planchas qui étaient déjà sur place au port de Guéthary pour nous fournir des sandwichs chauds garnis de ventrèche ou de lombes de porc (après le pâté évidemment). Sangria et vin à volonté comme il se doit, le plus difficile restant de trouver une bouteille d’eau. Quant aux repas du soir, il fut ardu de tout digérer dans les délais pour repartir le lendemain.
J’ai dit, je crois, du bien de la chaleur de l’accueil, mais comme c’est trop peu dire, je dirai même plus, tout ça vous laisse un petit goût de revenez-y.

Danilus

Voir les photos de Michel L