Raconter

Vous trouverez Ici des récits de navigations des vélirameurs de l'association

Vie de chateau sur l'Erdre

 

Par Petrus Gastus le 23 Septembre 2010

Chateau d erdre

 

Le week-end du 17 au 19 septembre 2010 a été l'occasion d'un mini raid en eaux intérieures sur l'Erdre que nous avions baptisé "la Vie de Châteaux au bord de l'eau".

Sur l erdre

Trois bateaux et quatre marins étaient au RDV. Jean-Baptiste C sur "Pointe d'Ail", une plate de l'Aiguillon. Se nouveau membre s'est illustré tant par sa bonne humeur que par ses qualités de campeur de l'extrême (un concurrent sérieux pour Christian et Yves) !

 

 

Michel P sur Piou, son Moorskoul  bien connu des Rondeurs 2010 étaPiou dans la brumeit en grande forme. Il était venu pour inaugurer son système de cabanage et les températures des nuits étaient au RDV. Enfin Doody recevait pour la deuxième fois (après la Fête de la moule), Marc Cavalier, grand chasseur hapnésite qui découvre le véliramage et qui va nous rejoindre et ainsi compléter la liste des membres équipiers de VAP (à vos mail pour les inviter). Bref cette mini rando a trouvé un écho plus favorable chez les nouveaux que chez les anciens VAPistes.

 

Petit descriptif de la ballade : 

Pointe d'AilDépart de LR vendredi à 15 h et mise à l'eau pour 18 H une petite nav d'heure trente nous a conduit au port de Sucé sur Erdre. Petit ponton gratuit 48 h avec les restaurants face à la rivière. Nous n'avons donc pas manqué l'occasion de faire une bonne bouffe dans l'un d'entre eux. Après ce repas, montage des cabanages et dodo.

Le matin nous décidâme de ne prendre que 2 bateaux car Pointe d'ail n'est pas taillé pour le près. Une longue journée sur l'eau nous a amené sur les plaines de Maserolles où nous avons trouvé un lieu de bivouac extrêmement sauvage. Notre ami Jibi en a profiter pour dormir sous une bâche par 5 à 6 degrés.Marc dans la brume

C'est dans une brume fantomatique que nous avons appareillé pour une grande descente de la rivière en direction de Nantes. Le vent n'étant pas de la partie, c'est au moteur que nous avons rejoint Nantes sans toutefois atteindre le centre ville. Les nombreux châteaux rencontrés nous ont consolé des 2 h de moteurs. L'après midi a aussi eu pas mal de godille à l'essence. De retour à Port Jean nous nous sommes quittés en prenant date pour un débrif et pour préparer quelques articles, ainsi, peut-être, qu'une édition 2011 au Printemps. 

LA GAVOTE DES PERTUIS 2013

Par Petrus Gastus

Parcours gavotte 2013

Initialement, notre ami Alban avait organisé une "ronde des Iles", une randonnée de 4 jours en baie de Quiberon, avec Houat et Hoedic en point de mire. Mais la météo capricieuse de cette fin de printemps ne nous a pas laissé le choix. Avec des vents annoncés à 35 noeuds, il a fallu annuler .

Claranse au large de Fort Boyard

Quatre jours de libres sur l'agenda, et des prévisions très convenables en Charente-maritime, nous ont convaincus que c'était ici qu'il fallait naviguer! C'est donc dans nos Pertuis que 6 équipages de vélirameurs ont embarqués le samedi 15 juin. Rendez-vous donné à la cale du Bout-blanc (la Rochelle) pour un pique-nique avant le grand départ. 3 canots vapistes, Zigoteau, Leecton et Doody, nous ont fait la surprise de venir partager notre déjeuner avant de partir dans le Vieux-port faire les beaux avec les Filles du Roy (voir article dans ce blog). Les assiettes et verres vidés, les ventres pleins, la gavotte des pertuis pouvaient commencer pour Bénetin (Ilur), Blues (construction amateur), Claranse (Pertuis 500), Josépha (canot britannique dont je ne connais pas le type[>> Bay Raider de Swallow boats]), Caredig (yole de ness) et Zazakelli (Insula).

Bord charenteAprès une sortie de port très délicate compte tenu de l'étroitesse du chenal et du traffic devant la Tour Richelieu, nous mettons le cap au sud et naviguons à vue jusqu'à l'embouchure de la Charente. Au près bon plein, sous un soleil revigorant, les bateaux marchent bien, poussés par une douce brise de secteur O/SO. Nous remontons la Charente de conserve jusqu'à un lieu de bivouac connu de Yves... On embouque une chenau rive gauche et on pique dans la vase et les roseaux. Voila le nid douillet pour nos embarcations... Les tentes sont installées vite fait. Nous pouvons profiter du calme des rives de la Charente pour partager nos victuailles.   

Dimanche 16. En route pour Boyardville. Les bateaux descendent gentiment le fleuve avec le courant. Les avirons nous aident à rester ensemble, ... et à se passer les bouteilles de pineau à l'heure du repas. Enfin le vent rentre alors que nous passons l'ile Madame. Nous bordons enfin les voiles pour tirer un long bord en direction de l'île d'Aix où nous pensons relacher quelques heures. Notre Dame de Flots, ketch traditionnel dont le port d'attache est le bassin du musée maritime de La Rochelle, nous suit à quelques emcablures. Nous decidons d'aller le saluer et de lui rendre hommage par une navigation bord à bord, pour le plaisir de ses invités.

 Naviguer avec Note Dame des FlotsAprès une demi-heure de séance photo nous choquons tout et nous dirigeons vers le chenal de Boyard. Après cette belle journée, une petite bière s'impose pour rafraîchir les gosiers. Heureusement nous somme en territoire ami et le bar resto "Le bout" nous accueille à bras ouvert. Je vous recommande chaudement ce lieu situé le long du port de Boyard, du côté du ponton visiteur. Vous y serez accueilli par Manu, un gars de Boyard. Pour moi, le seul bar où l'accueil est vraiment cordial, et où on ne sent pas pris pour un touriste (tapas et fish and ships extra!!! euh pas très couleur locale).

Les prévisions pour la nuit sont mauvaises : alerte orange aux orages. vents en rafale de 30 nds. 30 mm de pluie. Les bateaux sont remisés dans une alvéole le long du chenal. les marins profiteront d'une maison rachetée par l'Etat suite à la tempête Xynthia. Nous ne regrettons pas ce choix lorsqu'éclate l'orage autour de 3 heures du matin.

Au petit matin tout paraît calme. Pendant le petit déjeuner pris sur un ponton ostréïcole qui sèche au soleil, nous consultons  la météo et repérons vite qu'une seule petite fenêtre météo s'ouvre à nous si l'on veut rentrer sereinement à La Rochelle. Nous décidons de partir immédiatement pour profiter des vent de secteurs sud encore maniables en fin de matinée. L'après midi près de 20 noeuds sont annoncés et l'alerte orage est maintenu par la Préfecture. Sachant que le lendemain, c'est la même  chose mais avec des vent de NO cette fois, nous ne regrettons pas le bon sens marin qui nous poussent à activer les préparatifs du départ.

Claranse vent arriereLe temps orageux est lourd et sans vent. jusqu'au fort Boyard où la bascule de sud attendue se manifeste. Le vent fraîchit. Tous le monde prend un ris et continue sa route. Mer plate, vent arrière, 12 à 15 noeuds. La bateaux marchent bien. Nous taillons notre route à une vitesse de 5 à 6 noeuds. Malgré la visibilité médiocre les bateaux restent à vue et la VHF nous permet de prendre régulièrement des nouvelles de l'ambiance, concentrée, sur chacun des 6 voile-avirons. Nous arrivons aux ports des Minimes en flotille, seulement séparés les uns des autres de quelques minutes. On apponte, on prend un petit verre de rouge, une bière, un sandwich. On refait le match. Vivement septembre pour une nouvelle rando, dans les eaux morbihannaises cette fois...

DÉFI ROCHELAIS DE GODILLE 2016

Sur le quai en attendant Godille

 

Ce défi rochelais de godille 2016 fut une grande édition. Vingt compétiteurs étaient présents dans le vieux port de La Rochelle. C’est dans le « U » du ponton visiteurs que Voiles-Avirons dans les Pertuis avait installé Ty Gouez et Zigoteau, les deux canots de godille appartenant à nos adhérents Christian et Thierry.

Les traditionnelles godillettes étaient aussi au défi rochelais de godille 2016. Ainsi donc les passants et autres marins ont pu s’initier à l’art de la godille avant d’assister à la compétition elle-même.

Basée sur deux « runs » d’environ 100 mètres avec virement d’une bouée, la compétition de sélection pour le championnat du monde de godille s’annonçait bien, par un temps lumineux mais sans soleil. Les premiers à ouvrir la compétition furent deux marins d’expérience déjà habitués à se mesurer sur l’eau avec leur gros bateaux respectifs, Coppelia pour Patrice et Emjo pour Alain. Les deux hommes, deux beaux gabarits des pertuis prêts à en découdre, se sont affrontés dans un duel fratricide d’où Alain sortit vainqueur face à un Patrice régulier comme une horloge sous les bravos de la foule.

Course de godilleDans les duels notables, on retiendra celui de Philippe M, le grand vainqueur contre Thierry D. Nous avons particulièrement remarqué le combat inter-île (à ne pas confondre avec la compagnie de transport ! ), entre Jean-Yves et Daniel. Le premier ambassadeur de l’Ile d’Oléron et le second de l’île de Ré. Unis par leur insularité, les deux hommes n’ont pas mesuré leurs efforts pour faire briller leur Île . On remarquera au passage que le vainqueur Aixois de l’an dernier a déclaré forfait pour cette édition, laissant la belle Ile d’Aix sans chevalier godilleur malgré notre invitation. De ce combat d’iliens c’est Jean-Yves qui l’a emporté.

Un duel inattendu opposa ensuite deux ex-participants au championnat du monde de godille de Groix. Cécile chez les femmes et Gabriel chez les enfants. Un beau parcours pour les deux qui n’ont pas laissé un instant de calme au public venu nombreux. L’un et l’autre signant ce jour des temps de parcours proches des meilleurs du défi rochelais de godille 2016.

Vient ensuite un combat entre Patrick et Philippe A. Le premier ayant par la suite jouéles commentateurs pour l’équipe de France 3, venue en amie pour faire quelques images pour l’édition du soir.

La rélève à la godillePuis, c’est la voix cassée d’avoir commenté les « Runs », que le Président de l’association, par ailleurs avant dernier des premières manches, se trouva face à son fils Gabriel . Fermement décidé à ne pas laisser le « drôle » prendre le dessus, Pierre comptait sur son expérience et son endurance pour montrer qu’il était toujours le plus fort de la famille. C’est humilié mais fier de la relève, qu’il regagna le micro pour encourager les autres champions.

A l’issue de cet après-midi de compétition amicale, une remise des prix est venue récompenser les meilleurs qui sont donc sélectionnés pour le championnat du monde de godille qui aura lieu à Groix.

Voici les résultats :

Philippe M (qualifié)
Patrick
Alain
Cécile (qualifiée)
….
Gabriel (qualifié)

ÇA AUSSI C'EST TRAMASSET

Tramasset  2012

 

Retour sur la rando-festival du chantier Tramasset, la RBBAIV 2012.

Des moments rares sur l’eau et sur terre. L’un des rassemblements de voiliers traditionnels les plus originaux de la saison.

Amis vélirameurs, ne manquez pas l’édition 2013 !

Certains d’entre vous ont déjà entendu parler des Chantiers Tramasset au Tourne, en pays aquitain. Certains même ont entendu parler de la manifestation « Rencontre des bateaux bois et autres instruments à vent ». Du 16 au 22 juillet 2012, lors de la quinzième édition, trois des bateaux de VAP y ont participé : « Pa Stranden », « Josepha », des habitués de l’évènement et « Doody » petit nouveau dans l’aventure.

Petit rappel : Cette manifestation est à la fois une randonnée nautique de 3 à 7 jours sur la Dordogne et la Garonne et un festival de musique, théâtre et danse, porté par une très impressionnante équipe de bénévoles.

La partie rando-nautique a réuni environ 20 bateaux autour de la gabarre « les Deux Frères » et des filadières « La libournaise » et « Amynata », trois des bateaux du chantier. La ballade nous a emmené de Branne, vers Caverne, Bourg, Bordeaux et enfin le Tourne, fief des Chantiers Tramasset. Le mélange entre rando et festivités est véritablement la signature de ce rendez-vous. Mais « l’esprit Tramasset » est ailleurs ; dans la diversité des rencontres et l’amitié qui vous porte. Pour en dire plus, l’esprit Tramasset c’est aussi :

Un accueil familial des habitués comme des nouveaux,

  • Une solidarité dans l’adversité (draguer, plonger, pour retrouver un moteur arraché par un arbre puis entourer le marin qui a vu la mort de près)
  • Se retrouver le soir pour faire la fête et finir presque chaque nuit au rhum sur la Gabarre avec ceux qui ne veulent pas que la fête s’arrête.
  • Des baignades tout au long des navigations et sur un banc à marée basse
  • Les fameux courants qui peuvent faire perdre la raison aux marins habitués à avancer et non à reculer lorsque le bateau avance !!!
  • Une succession de spectacles superbes, orchestrés par une équipe « inspirée ». (Vous passez du chanteur à la guitare à l’orchestre symphonique en duo avec un DJ en passant par du rock, du théâtre, une fanfare et tant d’autres animations que vous retrouverez en photos sur le site de Tramasset !)

Et évidemment…

2013 tramasset yannick benaben 2Des rencontres qui ne vous laissent pas indemne et vous font grandir.

Tout au long de la semaine, Bertrand, l’un des piliers de la rencontre, a précisé que chaque petite chose qui arrive est dans l’esprit Tramasset. Et comme le refrain d’une jolie chanson, Bertrand commentait les évènements par : « Ça aussi, c’est Tramasset ! ».

Alors, amis Vélirameurs, ne manquez pas cet évènement, car pour moi, c’est promis, je serai à nouveau à « Tramasset », l’autre pays du naviguer autrement !

Merci à tous les bénévoles et à tous mes nouveaux amis pour cette semaine de décompression et de petits bonheurs J

ENCORE HEUREUX QU’IL AIT FAIT BEAU ( 18 octobre 2014 )

20102014 passpartoo  et gros pétrolier

Les météos avaient claironné partout un été indien, et pour combler l’amateur, les marines avait promis un vent établi de force 4 et des rafales de 20 à 23 noeuds, si bien qu’un mel diffusé dans la soirée du vendredi à tout VAPiste avait lancé la chose : « Navigation demain. Demain Zigoteau et Pass’partoo prévoient une mis à l’eau à la cale de la pointe du Chay à Angoulins vers 12h30, bienvenue aux amateurs. » Un lève-­tôt (Petrus) avait répondu dès 7h 19mn : « Muddy sera mis à l’eau de Port Neuf avec Isabelle MC et Nathalie D, je ferai le mousse !

2014/10/20 beau merle
image : Beau Merle Le voile-Aviron de Daniel

Nous rejoindrons les autres en prenant plein sud. Qui d’autre ? ». Deux heures plus tard Beau­ Merle se rallie : « bonjour, je suppose que ‘navigation demain’ c’est navigation aujourd’hui samedi. A quelle heure la mise à l’eau à Port­Neuf? » On s’entend par téléphone sur la nécessité de faire plus vite que rapidement. Il n’était pas onze heures, ce 18 octobre 2014, que Beau ­Merle se présente, en même temps que Petrus, aux plots rétractables qui bouchent l’entrée de la cale de Port­Neuf. Quelque peu facétieux, ceux­ci demeurent coincés en position haute, malgré les manœuvres autorisées et les inavouables pour les faire s’abaisser.

Sur ces entre­faits, la petite Gazelle des sables, Passe­partoo, arrive en renfort, ayant été lâchement abandonnée par le Zigoto resté dans les terres lointaines. En attendant l’arrivée de l’électricien de garde aux services techniques de la ville, on devise avec d’autres infortunés, tandis que les dames, arrivées tôt, se livrent à l’antique corvée d’eau, s’évertuant à rejeter de la bonne eau de pluie hors du corps creux de Muddy. Ce Nantucket cat­boat étant un plan américain ancien, on suppose que l’invention du nable n’avait pas encore franchi l’Atlantique.

Du côté de la porte, on commençait à revoir à la baisse le programme de navigation. Arrive le préposé d’astreinte qui de sa carte magique fait que les bornes se rétractent illico. Aussitôt Passe-Partoo se met à l’eau, remplissant allègrement son ballast par le nable approprié, tandis que Beau­Merle quittant sa remorque va s’amarrer au quai. Il est, lui (c’est un bateau moderne), bien équipé d’un nable de vidange, mais qui ne respecte pas le sens unique et a une fâcheuse tendance à suinter aussi vers l’intérieur, il s’ensuit qu’il faut là aussi se livrer au jeux de l’éponge en attendant Muddy qui se fait désirer.

On en est encore à aller déjeuner du côté d’Aytré, départ au près retour au portant. Quand Muddy est enfin à l’eau, commence le délicat travail de le gréer. Pensez, il y a au­moins deux drisses qui ne font que s’emmêler et deux haubans qui gênent l’ouvrage. En s’y mettant à cinq, on finit par le rendre présentable.

Pendant ce temps, la marée étant de petit coefficient, la mer n’avait qu’à peine recouvert quelques traitres cailloux, mais l’horloge n’avait pas perdu de temps et il commençait à être un peu tard pour le programme annoncé. Conférence au sommet : on décide de faire route au portant vers l’Ile de Ré, de passer sous le pont et de déjeuner à Rivedoux, on aura tout l’après midi pour revenir. Comme Muddy risque d’aller trop vite, on convient d’attendre Passe­Partoo. Prudente, la petite Gazelle des Sables part la première, juste avec sa grand­voile et le foc, force 4 et rafales à plus de 20 noeuds annoncés obligent. Sur Beau­Merle et Muddy, on prend un ris de précaution. Muddy s’élance ! Pas loin. Le vent promis tardant à venir, le flux est le plus fort et entraine le Nantucket sur les hauts fonds d’où il peine à se dégager. Beau­Merle vient en renfort à coup d’avirons et quand on parvient enfin à se déhaler, la petite gazelle a tant tracé la route qu’on ne la rattrapera jamais. On avance péniblement dans un vent atone. On se décide à larguer les ris ; trop tard, même toute voile dehors (une chacun) les deux bateaux qui devaient attendre Passe­Partoo sont enclins au farniente. Il n’est même plus question de passer le pont. Joint par téléphone, Jean-Michel M de Passe­partoo nous informe qu’il a déjeuné à flot. On le prie de revenir vers le reste de la flottille où l’on va aussi pique­niquer à bord.

Muddy, le Beetle Cat de l'association VAP
image : Muddy le Nantucket de l’association

 

Cette partie du programme se déroule plaisamment sur une mer calme, un vent léthargique et un soleil bienveillant. On flâne, on prend des photos, on se baigne. La monotonie est juste rompue par le passage d’un long cargo qui développe quatre méchantes vagues déferlantes très rapprochées, heureusement d’une hauteur mesurée, que Passe­Partoo, le plus près du navire marchand, supporte sans broncher grâce au dessin de sa voûte en cul pointu qui a sauvé tant de marins olonnois lors de l’ouragan du 19/20 septembre 1930, embarqués sur les Gazelles originelles.

Finalement on met le cap sur Port­ Neuf. Le vent est juste suffisant pour que les bateaux soient manœuvrables, mais la Gazelle, malgré le renfort d’un flèche et d’un clin­foc, un peu plus au large, peine à remonter le courant, et se fait prendre en remorque par un pêche­promenade à moteur, pour pouvoir repartir dans l’intérieur des terres dans un délai raisonnable. Muddy et Beau­Merle se laissent porter par le flot, comme les centaines d’autres embarcations qui étaient de sortie devant La Rochelle. Canots, catamarans et course­croisière de tout poil, chacun suivait le même  train de sénateur. Nous avons ainsi éprouvé au milieu de toutes ces voiles qui tentaient de rentrer, un intéressant concept : le « naviguer autrement comme tout le monde ». Pour être tout à fait juste, certains voiliers allaient plus vite que les autres, voiles fermement bordées dans l’axe du bateau pour ne pas gêner l’action du moteur. Peut­être un train à prendre avant 18h ?

Quelque obscur problème vestimentaire a retardé quelques instants Muddy ; Beau­Merle en profite pour s’éloigner afin d’arriver avant la trop grande marée basse, et éviter d’aborder aux Minimes quand voitures et remorques sont à Port ­Neuf. Mission accomplie dans les délais, le bateau est remis sur sa remorque avant que les roues tractrices de la voiture soient sur la partie glissante de la cale. On guette Muddy, le voilà ! il double le musoir de la digue, moteur auxiliaire à fond (la godille je veux dire) pour aborder de justesse sur un filet d’eau. Mais le pilote connait son terrain, il existe au ras du quai une bande qu’épargne les algues glissantes. Voila bientôt Muddy hors de la vase et profitant d’une douche réparatrice. Passe­Partoo est reparti depuis longtemps dans son van.

 

Petit debriefing autour d’un verre. Chacun en convient, il y avait longtemps qu’on n’avait pas vu un tel plantage de la météo.

Encore heureux qu’il ait fait beau et que pour faire dans l’eau des ronds, on ait de fort jolis bateaux, la poupe ornée d’un aviron.

Danilus

Image de titre : Passepartoo , la petite gazelle des sables, devant un pétrolier à La Pallice

L'OEIL DE LA MER : navigation au pays basque

Zokoa

Itsas-begia, l’œil de la mer en langue basque, est une association qui œuvre pour la mémoire maritime basque. Cette association organise tous les deux ans, sauf quand ça n’a pas lieu, une navigation autour de Socoa pour les voile-avirons et bateaux traditionnels.
Beau-Merle, construit sur les bords de l’Adour, est allé se mêler à ces festivités maritimes dites Zokoa 2015 (le Z se prononce S dans l’idiome local), à l’occasion de la Pentecôte. Disons-le sans ambages, le temps aurait pu être pire, certes, il aurait pu pleuvoir à verses, mais on aurait quand même aimé un peu plus de chaleur. Heureusement celle de l’accueil ne fit pas défaut, comme on s’en doutait, et au final, nous passâmes un agréable moment.

PREMIÈRE JOURNÉE

Pourtant, ça avait commencé en demi-teinte, la navigation jusqu’à Hendaye le samedi ayant du être annulée du fait d’une houle limite pour nos petits bateaux. Sagement les organisateurs avaient remplacé la navigation côtière par des régates très bon-enfant, autour de trois bouées dans la baie de Saint-Jean-de-Luz, avec départs anarchiques, sans enjeux, ni classements, ni récompenses et bien sûr pas de formulaires de réclamations. Beau-Merle pouvait ainsi comparer sa voile au tiers avec le gréement de sloup houari d’un autre exemplaire de Kanoteko+, Hegoak, premier de la série, et comme on le supposait, la version houari, avec 2m² de plus sous forme de foc, s’est avérée légèrement plus rapide au près.
Une sortie de la baie dans la soirée a confirmé qu’il aurait été bien imprudent de s’engager plus au large ce jour là sur nos coques de noix joliment secouées.

DEUXIÈME JOURNÉE

Le lendemain, le programme a pu être respecté, la houle ayant quelque peu décru, et toute la flotille a su faire une entrée remarquée dans le simili port de Guéthary, celui-ci n’étant à tout prendre qu’une cale fortement inclinée sur laquelle les barques sont hissées à l’aide d’un treuil, ce qui suppose d’épaisses bandes molles pour résister à cet usage. L’approche du port s’effectue entre une ligne de brisants à tribord et les vagues déferlantes prisées des surfeurs sur babord. Après avoir descendu trois belles vagues, il faut vite affaler la voilure pour terminer à l’aviron. Il devait y avoir 11 ou 12 nœuds de vent, ce qui rendait l’exercice plaisant, mais le jeu doit vite devenir acrobatique avec une brise plus jolie et une mer à l’avenant. La sortie du port se fait également à l’aviron, et il convient de sérieusement s’éloigner pour sereinement hisser la voilure, le risque de dériver vers des fonds incléments s’imposant rapidement à la conscience, même au plus novice des navigateurs dans ces contrées. Le retour vers Socoa se fit au près dans une houle plus haute que nos coques de bateaux, mais finalement, à part le léger déventement dans les creux, ce fut assez facile à négocier et moins chahutant qu’un clapot court deux fois moins élevé.
Ça valait mieux, car la sécurité aurait eu fort à faire, les consignes de naviguer groupés étant largement tombées dans les oreilles de sourds. Le préposé au bateau motorisé, ancien moniteur du centre de formation de l’UCPA, ne pouvant que constater qu’une armada de voile-avirons est plus difficile à tenir qu’une kyrielle d’Optimists, et que la bonne partie des participants ayant passer l’age de s’accrocher au trapèze se montre plus indisciplinée que de jeunes impétrants moniteurs. De surcroît, la grosse chaloupe du patrimoine naviguant qui devait assurer le sauvetage et le remorquage d’éventuels petits bateaux en difficulté, n’aurait pas été d’un grand secours, s’étant emmêlé la ligne de mouillage dans l’hélice. Mais la SNSM veillait au grain et tout rentra dans l’ordre.

TROISIÈME JOURNÉE

Beau merle sur la Nivelle 2015

Le lendemain fut plus calme, on naviguait sur la Nivelle, du port de Ciboure jusqu’à Ascain, et retour partiel avec le reflux pour trouver une cale accessible avant la marée basse, afin de sortir les bateaux et repartir chez soi. Certains avaient pris l’option tout à l’aviron, quant à Beau-Merle, il a pu quasiment assurer l’aller à la voile, dans un souffle d’air pour accompagner la marée montante, mais l’équipage inattentif a pourtant failli se retrouver à l’eau sur une modeste risée et un clapot d’enfer d’au moins cinq centimètres de haut. On se contenta d’embarquer quelques litres et d’échapper au ridicule.

LA FLOTILLE

Côté bateau, Itsas-begia avait sorti deux fleurons de son patrimoine naviguant pour ces trois jours, outre la chaloupe baleinière Brokoa gréée de deux voiles à livarde, Doga-Dohibane une « petite » chaloupe capable de remonter la Nivelle à la rame, qu’accompagnait une pinasse landaise venue du Vieux-Boucau, la Sauvagine aussi rapide à l’aviron qu’à la voile aux allures portantes.
Dans un registre plus modeste, on notait inévitablement trois plans Vivier, un Youkou-Lili et un Morbic 12 qui disputait le prix du bois verni avec un Ilur construit à petite lattes par un Béarnais natif de Marans ; on admirait de même un monotype d’Arcachon qui tenait fièrement son rôle de doyen encore vert ; une Caravelle pimpante au couleurs d’une marinière d’époque, menée en solitaire juste sous grand voile, qui se laissait distancer par pas grand monde ; un Skerry poids plume d’inspiration scandinave ; un batel basque venu d’Espagne avec une curieuse vergue intermédiaire entre celle d’une voile au tiers et celle d’une voile latine ; et toute une trilochée de plans Saint-Arroman comme il se doit dans la région : couralin habitable, Baléa, Kanoteko, Kanoteko+, Batel traditionnel construit en bois moderne et diverses plates dont on retiendra l’incroyable Beroï. Ce Galipot de 3,80m de long, sorte de grosse annexe munie de roulettes sous le tableau arrière, est gréé d’une voile au tiers de plus de 8 m² et se montre stable à la voile, plus véloce que le Morbic 12 de même longueur, même dans la houle (l’architecte prétend cependant que le clapot n’est pas son fort), très honorable à l’aviron et aisément manipulable à terre du fait d’un poids modeste et des roulettes incorporées.

TOUT A UNE FAIM

Pour finir, on prendra garde de ne pas oublier de souligner l’impeccable logistique de la cantine. Ici on ne badine pas avec le pique-nique. Pour preuve les planchas qui étaient déjà sur place au port de Guéthary pour nous fournir des sandwichs chauds garnis de ventrèche ou de lombes de porc (après le pâté évidemment). Sangria et vin à volonté comme il se doit, le plus difficile restant de trouver une bouteille d’eau. Quant aux repas du soir, il fut ardu de tout digérer dans les délais pour repartir le lendemain.
J’ai dit, je crois, du bien de la chaleur de l’accueil, mais comme c’est trop peu dire, je dirai même plus, tout ça vous laisse un petit goût de revenez-y.

Danilus

Voir les photos de Michel L

Elle est pas belle, la vie?

L'ingénue le voile-aviron parasolVoici l'image buccolique d'un homme qui sait que le plaisir d'être sur l'eau ne vaut que si rien ne vient le troubler. Les esprits facheux disent qu'il ne faut jamais partir sans son ciré. Les nouvelles générations ne partent pas sur l'eau sans avoir le réflexe préventif et la médicale attention de se oindre de crème solaire. Finalement, cette photo nous rappelle que nous vivons une drôle d'époque où de simples pragmatiques sont vus comme des poètes !

« Ça aussi c’est Tramasset ! »

Certains d’entre vous ont déjà entendu parler des Chantiers Tramasset au Tourne, en pays aquitain. Certains même ont entendu parler de la manifestation « Rencontre des bateaux bois et autres instruments à vent ». Du 16 au 22 juillet 2012, lors de la quinzième édition, trois des bateaux de VAP y ont participé : « Pa Stranden », « Josepha », des habitués de l’évènement et « Doody » petit nouveau dans l’aventure.

Petit rappel : Cette manifestation est à la fois une randonnée nautique de 3 à 7 jours sur la Dordogne et la Garonne et un festival de musique, théâtre et danse, porté par une très impressionnante équipe de bénévoles.

La partie rando-nautique a réuni environ 20 bateaux autour de la gabarre « les Deux Frères » et des filadières « La libournaise » et « Amynata », trois des bateaux du chantier. La ballade nous a emmené de Branne, vers Caverne, Bourg, Bordeaux et enfin le Tourne, fief des Chantiers Tramasset. Le mélange entre rando et festivités est véritablement la signature de ce rendez-vous. Mais « l’esprit Tramasset » est ailleurs ; dans la diversité des rencontres et l’amitié qui vous porte. Pour en dire plus, l’esprit Tramasset c’est aussi :

Un accueil familial des habitués comme des nouveaux,
Une solidarité dans l’adversité (draguer, plonger, pour retrouver un moteur arraché par un arbre puis entourer le marin qui a vu la mort de près)
Se retrouver le soir pour faire la fête et finir presque chaque nuit au rhum sur la Gabarre avec ceux qui ne veulent pas que la fête s’arrête.
Des baignades tout au long des navigations et sur un banc à marée basse
Les fameux courants qui peuvent faire perdre la raison aux marins habitués à avancer et non à reculer lorsque le bateau avance !!!
Une succession de spectacles superbes, orchestrés par une équipe « inspirée ». (Vous passez du chanteur à la guitare à l’orchestre symphonique en duo avec un DJ en passant par du rock, du théâtre une fanfare et tant d’autres animations que vous retrouverez en photos sur le site de Tramasset !) 
Et évidemment…

Des rencontres qui ne vous laissent pas indemne et vous font grandir.

Tout au long de la semaine, Bertrand, l’un des piliers de la rencontre, a précisé que chaque petite chose qui arrive est dans l’esprit Tramasset. Et comme le refrain d’une jolie chanson, Bertrand commentait les évènements par : « Ça aussi, c’est Tramasset ! ».

Alors, amis Vélirameurs, ne manquez pas cet évènement, car pour moi, c’est promis, je serai à nouveau à « Tramasset » l’autre pays du naviguer autrement !

Merci à tous les bénévoles et à tous mes nouveaux amis pour cette semaine de décompression et de petits bonheurs ☺ 2013 tramasset yannick benaben 2